10/05/2016

WOLFRAM MANTEUFEL

W  O  L  F  R  A  M

M  A  N  T  E  U  F  E  L

C'EST  MOI

Wolfram Manteufel dans la nuit.jpg

(cliquez sur les illustrations pour les agrandir)

ET  ENCORE  MOI

dominique mertens photo à Arlon.jpg

 ET  TOUJOURS  MOI

 Wolfram Manteufel buste.jpg

ET  ENCORE  TOUJOURS  MOI

Dominique Mertens profil.jpg

" C'est en sortant de soi-même

qu'on peut contempler d'un autre point de vue son propre moi,

qui apparaît alors comme un instrument

cédant à la volonté supérieure

qu'on a de poursuivre le but qu'on s'est assigné

comme le plus haut dans la vie.

Et sais-tu quelque chose de plus élevé

que d'imposer sa volonté,

que de dominer la vie dans la vie,

que de retenir arbitrairement, à son gré,

comme sous le charme d'une force magique,

tous ses phénomènes et ses joies multiples ? "

E.T.A Hoffmann     Les Elixirs du Diable

 wolfram manteufel,wolfram,manteufel

Venez, suivez-moi

et découvrez pourquoi j'ai transcrit

ce que j'ai vécu au fil des pages de 

ce manuscrit que j'ai intitulé 

"Dans ses yeux je voyais ma mort"

 

 Ivre d'Amour.jpg

Ivre d' amour        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

"Ce'que je suis !  Qui saurait le dire ?  Parfois je l'ignore moi-même.  Pourtant je me comporte comme les autres hommes et j'accomplis les mêmes actes de la vie quotidienne.  Mais quand vient l'heure, quand la puissance est sur moi, alors (...) je chevauche les coursiers de la nuit, je vais de région en région tel une ombre et seul je foule aux pieds les confins de l'être."

Charles-Robert Maturin     Fatale vengeance

couple diabolique 1.jpg

"Chez moi, 

le temps est toujours à son commencement,

la souffrance toujours à venir." 

Charles-Robert Maturin      Fatale vengeance

 Hercules (détail).jpg

Hercules (détail)     gravure d'albrecht-dürer

"Je suis invisible là où il me convient et présent là où il me plaît."

Charles-Robert Maturin      Fatale vengeance

deux sorcières.jpg

"Seul, sans trouver d'issue et sans voir de clarté,

Je tâte dans la nuit ce mur, l'éternité"

Victor Hugo  

bg9.jpg

"Hi !...  Hi !...  Hi !... petit frère... petit frère...

toujours, toujours, je suis près de toi...

Je ne te lâche pas... Je ne te lâche pas..."

E.T.A. Hoffmann     Les Elixirs du Diable

 wolfram manteufel,wolfram,manteufel

"Ce n'est pas par hasard que le thème de l'amour nous ramène ici au thème du double, déjà rencontré dans Les Elixirs.  Comme tout ce qui met l'homme en présence du surnaturel, l'amour provoque un dédoublement de sa personnalité."

max-milner 

le-diable-dans-la-littérature-française

 wolfram manteufel,wolfram,manteufel

invocation-d'-un-esprit

"Une nuit, la neuvième peut-être, alors que l'horreur et l'effroi m'avaient fait perdre à demi connaissance et que j'étais étendu sur la froide dalle, j'entendis distinctement qu'on frappait sous moi à coups légers et réguliers.  Je tendis l'oreille ; les coups continuaient, cependant que, de temps en temps, un éclat de rire étrange semblait sortir du sol !  Je me relevai précipitamment et allai me jeter sur la paille ; mais le bruit persistait, coupé de rires et de gémissements.  Enfin j'entendis appeler à plusieurs reprises, doucement, tout doucement, mais d'une voix balbutiante, rauque et affreuse : "Médard !  Médard ! "  Un frisson glacial me traversa les membres.  Je pris une résolution énergique et criai : "Qui est là ?  Qui est là ?"  A présent, les rires devenaient plus éclatants, les soupirs et les gémissements redoublaient, les coups étaient plus bruyants et les rauques balbutiements plus distincts : "Médard !  Médard !"  Je me levai brusquement : "Qui que tu sois, toi qui fais ici le revenant, montre-toi devant moi, afin que je puisse te voir, ou cesse de rire et de frapper aussi follement !"  m'écriai-je dans les ténèbres épaisses.  Mais juste sous mes pieds les coups et les balbutiements se firent encore mieux entendre : "Hihihi... hihihi... Pe-tit frè-re...  Pe-tit frè-re... Mé-dard...  je suis là... suis là... ou-ou-vre-moi... ou-vre... nous i-rons dans la fo-fo-rêt... irons... forêt..."

A présent, la voix résonnait en moi comme si elle m'eût été vaguement connue ; je l'avais, du reste, déjà entendue, mais alors elle n'était pas décousue de la sorte ; elle ne bégayait pas ainsi, me semblait-il.  Effrayé, je croyais même discerner le son de ma propre voix.  Involontairement, comme si j'eusse voulu voir s'il en était réellement ainsi, je répétai l'appel : "Médard !... Médard !..."  A ce moment, les rires reprirent, mais moqueurs et furieux, et j'entendis appeler : " Pe-tit frè-re..., Pe-tit frè-re... m'as-tu re-connu... re-con-nu... re-con-nu ?  Ou-ou-vre-moi, nous irons dans la fo-forêt... dans la forêt..."

E.T.A. Hoffmann   les-élixirs-du-diable

wolfram manteufel,wolfram,manteufel

mon-âme-et-son-double        encre de Chine de l'auteur

"Je me hâtai à travers la nuit obscure vers la résidence et il me semblait que quelqu'un courait à côté de moi et qu'une voix murmurait :

"Tou... touj... toujours je suis auprès de... de toi..., pe... petit frère... petit frère Médard."

En regardant autour de moi, je m'apercevais bien que ce fantôme, mon double, n'existait que dans mon imagination ; mais je ne pouvais pas me débarasser de cette effroyable vision.  Il me sembla même finalement qu'il me fallait lui parler et lui raconter que j'avais une fois de plus été très sot et que je m'étais laissé effrayer par ce fou d'Hermogène.  Sainte Rosalie allait donc bientôt être à moi, toute à moi, car c'est pour cela que j'étais moine et que j'avais été consacré.  Alors mon double se mit à rire et à soupirer, comme il le faisait d'habitude, et il balbutia :

"Alors vi... vite... vite !

-Prends patience, continuai-je.  Prends patience, mon garçon.  Tout ira bien.  Il n'y a qu'Hermogène que j'aie manqué ; il a au cou une maudite croix, comme nous deux, mais mon petit couteau agile est encore tranchant et bien effilé.  

- Hi... hi... fra... fra... frappe bien... frappe bien..."

Ainsi murmurait la voix de mon double dans le sifflement du vent matinal, qui soufflait du côté où un feu pourpre s'embrasait à l'orient."

E.T.A. Hoffmann        Les Elixirs du diable

 wolfram manteufel,wolfram,manteufel

"Un homme demi-nu, à la mine furieuse, au regard épouvantablement sauvage, portant autour de son corps les lambeaux d'un habit de capucin, se pressait à travers la foule en renversant tout sur son passage, à coups de poing.

Je reconnus mon horrible double ; mais au moment où, pressentant une chose atroce, je voulais m'élancer et me jeter au-devant de lui, le monstre délirant avait bondi par-dessus la galerie qui entourait le maître-autel.  Les nonnes s'enfuyaient en criant ; l'abbesse avait saisi aurélie et la tenait fortement dans ses bras.

"Ah !  Ah !  Ah !  cria le forcené d'une voix puissante, vous voulez me voler la princesse ?  Ah !  Ah !  Ah !  La princesse est ma petite fiancée."

Et, ce disant, il attira à lui Aurélie et lui plongea dans la poitrine jusqu'au manche le couteau qu'il brandissait dans sa main, de telle sorte que le sang jaillit en l'air comme un jet de source.

"Hi !  Hi !  Hi ! ... hi ! hi !  Maintenant, j'ai ma petite fiancée ; maintenant, j'ai pris possession de la princesse."

E.T.A. Hoffmann        Les Elixirs du diable

 wolfram manteufel,wolfram,manteufel

 "Lorsque je me réveillai, comme sortant d'un profond engourdissement, il faisait déjà nuit.  Seule la pensée de fuir, comme une bête aux abois, vivait en mon âme.  Je me levai, mais à peine eus-je fait quelques pas que, bondissant hors du fourré, un homme sauta sur mon dos et de ses bras me serra le cou.  En vain, je cherchai à m'en débarrasser : je me jetai à terre, je me frottai l'échine contre les arbres, tout était inutile.  L'homme ricanait et riait  sarcastiquement ; alors la lune brilla à travers les sapins noirs et le visage hideux, blème comme un cadavre, du moine, du prétendu Médard  -de mon double-  me regardait fixement et horriblement, comme quand il était sur la charrette.

"Hi !... Hi !... Hi !... petit frère... petit frère... toujours, toujours, je suis près de toi...  Je ne te lâche pas...  Je ne te lâche pas...  Je ne puis... cou... courir, comme toi.  Il faut que tu me por... portes...  je viens de l'écha... l'échafaud...  on a voulu me rou... rouer...  Hi !  Hi i..."

E.T.A. Hoffmann        Les Elixirs du diable

 wolfram manteufel,wolfram,manteufel

"C'est moi  qui avais parlé ainsi, mais, lorsque je me sentis séparé de mon propre moi qui était mort, je remarquai que j'étais devenu la pensée immatérielle de mon être, et bientôt je me reconnus comme étant le rouge qui nageait dans l'éther.  Je m'élançais jusqu'aux sommets éclatants des montagnes.  Je voulais entrer par la porte des nuages dorés du matin dansle château de mes pères ; mais des éclairs traversèrent, comme des serpents de feu, la voûte du ciel, et je fis précipité vers le bas, comme un nuage humide et sans couleur.

"C'est moi, moi, disait la pensée, c'est moi qui colore vos fleurs et votre sang : les fleurs et le sang sont la parure de votre noce que je prépare."

Et, en descendant toujours plus bas, j'apercevais le cadavre, avec sa plaie béante à la poitrine, d'où coulait à flots cette eau impure.  Mon souffle devait changer cette eau en sang ; mais cela ne se produisit pas : le cadavre se dressait et me regardait fixement avec des yeux vides et hideux et il hurlait, comme le vent du nord dans la profondeur des abîmes : "Pensée folle et aveugle, il n'y a pas de combat entre la lumière et le feu, mais la lumière est le baptême du feu par le rouge que tu as essayé d'empoisonner."   ...  

Ainsi parla en moi une voix intérieure et je me mis à prier.  J'entendis frapper doucement à ma porte.  je crus que quelque moine voulait me voir, mais j'entendis bientôt, avec une profonde frayeur, les rires et ricanements épouvantables du fantôme qui était mon double, et il s'écriait sarcastiquement et pour me taquiner :

"Petit frère... me voici de nouveau près de toi... la blessure saigne... la blessure saigne, rouge...  

Viens avec moi, petit frère Médard...

 Viens avec moi."

E.T.A.  Hoffmann        Les Elixirs du diable

wolfram manteufel,wolfram,manteufel

 "En un sens, on ne regagne jamais qui l'on a commencé de perdre.

Mais on peut rencontrer l'autre qui se cache derrière."

pierre-mertens      "perdre"

 wolfram manteufel,wolfram,manteufel

Façonnée à son image        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

 "Accablé de regrets, Rodolphe revint sur ses pas. Il traversa le pays sans projet ; mais bientôt, trompé par une nouvelle illusion, il s'enfonça dans la forêt de Spessart.  Il y avait entendu une voix qui criait et l'appelait par son nom.  Cette voix le détourna de sa route et l'attira dans un endroit sauvage.  "Tu te crois malheureux ; Agnès se croit sans secours, criait la voix du sommet d'un rocher.  Regarde-moi et juge lequel de nous est le plus abandonné, le plus misérable !"  Rodolphe leva les yeux et vit le Petit Pierre enchaîné dans les airs au-dessus du rocher escarpé."

 Christian Heinrich Spiess        Le Petit Pierre

wolfram manteufel,wolfram,manteufel

 "Me dévorant des yeux, elle m'attirait vers elle, et ses lèvres brûlantes couvraient mes joues de baisers tandis qu'elle murmurait d'une voix entrecoupée : "Tu es mienne, tu seras mienne, et toi et moi  nous ne ferons qu'une à jamais !"  Après quoi, elle se rejetait en arrière sur sa chaise-longue, couvrait ses yeux de ses petites mains, et me laissait toute tremblante.

-  Sommes-nous donc apparentées ? lui demandais-je.  Que signifient tous ces transports ?  Peut-être retrouves-tu en moi l'image d'un être que tu chéris ; mais tu ne dois pas te comporter de la sorte.  Je déteste cela.  Je ne te reconnais pas, je ne me reconnais pas moi-même, quand tu prends ce visage, quand tu prononces ces paroles."

Sheridan Le Fanu      Carmilla

wolfram manteufel,wolfram,manteufel

"C'est moi qui avais parlé ainsi, mais, lorsque je me sentis séparé de mon propre moi qui était mort, je remarquai que j'étais devenu la pensée immatérielle de mon être, et bientôt je me reconnus comme étant le rouge qui nageait dans l'éther.  Je voulais entrer par la porte des nuages dorés du matin dans le château de mes pères ; mais des éclairs traversèrent, comme des serpents de feu, la voûte du ciel, et je fus précipité vers le bas, comme un nuage humide et sans couleur."

E.T.A. Hoffmann      Les Elixirs du Diable 

wolfram manteufel,wolfram,manteufel

"Les morts se lèvent hors du tombeau et célèbrent l'office divin."

Ainsi parla en moi une voix intérieure et je me mis à prier. J'entendis frapper doucement à ma porte.  Je crus que quelque moine voulait me voir, mais j'entendis bientôt, avec une profonde frayeur, les rires et ricanements épouvantables du fantôme qui était mon double, et il s'écriait sarcastiquement et pour me taquiner : 

"Petit frère... me voici de nouveau près de toi... la blessure saigne... la blessure saigne, rouge...  Viens avec moi, petit frère Médard... viens avec moi."

E.T.A. Hoffmann      Les elixirs du Diable

wolfram manteufel,wolfram,manteufel

"Mon double était devant mes yeux.  Non, ce n'était pas l'affreux démon immatériel du délire qui courait derrière moi et qui, comme un monstre me dévorant jusqu'au plus profond de mon être, était monté sur mes épaules ; c'était le moine fugitif et insensé qui me poursuivait et qui enfin, lorsque j'étais étendu sur le sol profondément évanoui, me prit mes vêtements et jeta sur moi le froc.  C'était lui qui était couché devant la porte du couvent et qui me ressemblait, me ressemblait de façon abominable."

E.T.A Hoffmann      Les Elixirs du Diable

wolfram manteufel,wolfram,manteufel

zurbaran     saint-françois

"Tou... touj... toujours je suis auprès de ... de toi...,

pe... petit frère... petit frère Médard."

E.T.A.  Hoffmann      Les Elixirs du diable

 wolfram manteufel,wolfram,manteufel

vergara       caïn-tuant-abel

"En regardant autour de moi, je m'apercevais bien que ce fantôme, mon double, n'existait que dans mon imagination ; mais je ne pouvais pas me débarasser de cette effroyable vision.  Il me sembla même finalement qu'il me fallait lui parler et lui raconter que j'avais une fois de plus été très sot et que je m'étais laissé effrayer par ce fou d'Hermogène.  Sainte Rosalie allait donc bientôt être à moi, toute à moi, car c'est pour cela que j'étais moine et que j'avais été consacré.  Alors mon double se mit à rire et à soupirer, comme il le faisait d'habitude, et il balbutia : 

"Alors vi... vite... vite !

-  Prends patience, continuai-je.  Prends patience, mon garçon.  Tout ira bien.  Il n'y a qu'Hermogène que j'aie manqué ; il a au cou une maudite croix, comme nous deux, mais mon petit couteau agile est encore tranchant et bien affilé.  

-  Hi... hi... fra... fra... frappe bien... frappe bien..."

Ainsi murmurait la voix de mon double dans le sifflement du vent matinal, qui soufflait du côté où un feu pourpre s'embrasait à l'orient."

E.T.A. Hoffmann      Les Elixirs du diable

wolfram manteufel,wolfram,manteufel

"Les jours, les nuits, les semaines s'envolèrent.  Ni l'un ni l'autre ne savait ce qu'ils accomplissaient.  Et des phénomènes singuliers se passaient maintenant, où il devenait difficile de distinguer le point où l'imaginaire et le réel étaient identiques.  Une présence flottait dans l'air : une forme s'efforçait de transparaître, de se tramer sur l'espace devenu indéfinissable. 

D'Athol vivait double, en illuminé.  Un visage doux et pâle, entrevu comme l'éclair, entre deux clins d'yeux ; un faible accord frappé au piano, tout à coup ; un baiser qui lui fermait la bouche au moment où il allait frapper, des affinités de pensées  féminines qui  s'éveillaient  en lui en réponse à ce qu'il disait, un dédoublement de lui-même tel qu'il sentait, comme en un brouillard fluide, le parfum vertigineusement doux de sa bien-aimée auprès de lui, et, la nuit, entre la veille et le sommeil, des paroles entendues très bas : tout l'avertissait.  C'était une négation de la Mort élevée, enfin, à une puissance inconnue ! "

auguste-villiers-de-l'-isle-adam      véra

 

wolfram manteufel,wolfram,manteufel

 Et maintenant, sois-moi,

DOMINIQUE   MERTENS,

et suis-moi...

wolfram manteufel,wolfram,manteufel

...car le temps nous est compté !!!

wolfram manteufel,wolfram,manteufel

 "Quelquefois, par un suprême effort, je parviens à reculer l'instant fatal.  Quelle n'est pas alors ma joie lorsque j'entends sonner la première heure après minuit  - c'est autant de dérobé à l'ennemi !  Mais cette nuit, aucun répit ne me sera accordé.  Déjà je sens s'insinuer en moi le sommeil de la mort."

Charles-Robert Maturin      Fatale vengeance

wolfram manteufel,wolfram,manteufel

abbaye-de-flône      châsse-de-sainte-denise

"Ma tâche est la mort, répéta-t-il.  Entreprise longtemps différée, longtemps mûrie, mais pas encore conclue.  C'est pour elle que j'ai été rappelé ; c'est à cause d'elle que j'erre depuis tant d'années, sans espérance ni repos.  J'ai voyagé seul, j'ai agi dans l'ombre : nul ne me connaissait, nul ne s'enquérait de mon nom et de mes intentions.  Mais le moment est proche qui verra l'accomplissement de ma mission.  C'est pourquoi il m'est permis de venir à vous et de vous parler."

Charles-Robert Maturin       Fatale vengeance

wolfram manteufel,wolfram,manteufel

wolfram manteufel,wolfram,manteufel

"Du miroir me vint la connaissance, du vieux miroir au cadre d'or, qui vit tant de jeux amoureux dans la grande pièce du château de San Costanzo.  De ce miroir me vint la vérité, en feuilletant le livre de cuir rouge : l'innocence est le plus doux de tous les péchés."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

wolfram manteufel,wolfram,manteufel

Ich wil auch mit (moi aussi je veux en être)

   gravure de hans-sebald-beham

MOI  AUSSI  JE  VEUX  EN  ETRE... !

18/04/2012

Le JARDIN DES SEVICES

Entrez,

entrez sans crainte

au Jardin des sévices...

 daphne1-0836.jpg

Giovanni Biliverti    Apollon et Daphné

La   Belle   est   au   jardin   d'amour

(chanson populaire française)

La Belle est au jardin d’amour
Elle y a passé la semaine
Son père l chercahe partout

Et son amant qu’en est en peine
Faut demander à ce berger
S’il l’a pas vu dedans la plaine
Berger, berger n’as-tu point vu
Passer ici la beauté même?

Comment est-elle donc vêtue
Est-ce de soie ou bien de laine?
Elle est vêtue de satin blanc
Dont la doublure est de futaine
Elle est là-bas dans ce vallon
Assise au bord d’une fontaine
Entre ses mains elle tient un oiseau
La Belle lui conte ses peines

Petit oiseau que t’es heureux
D’être entre les mains de ma Belle
Et moi qui suis son amoureux
Je ne puis pas m’approcher d’elle

Faut-il être auprès du ruisseau
Sans pouvoir boire à la fontaine?
Buvez mon cher amant buvez
Car cette eau-là est souveraine
Faut-il être auprès du rosier
Sans en pouvoir cueillir la rose?
Cueillez mon cher amant cueillez
Car c’est pour vous qu’elle est éclose

774px-Liebespaar_auf_der_Gartenbank.jpg

Le Jardin des délices

 Sévices d'amour.jpg

Dominique Mertens           Agression

Le Jardin des sévices

sorcières au bucher sculptées.jpg

Sorcières au bucher

Gentil coquelicot  

(chanson poupulaire pour enfants)

J'ai descendu dans mon jardin (bis)

Pour y cuieillir du romarin

Gentil coquelicot Mesdames, (refrain)

Gentil coquelicot nouveau.

Un rossignol vint sur ma main (bis)

Il me dit trois mots en latin.

Que les hommes ne valent rien (bis)

Et les garçons encore bien moins.

Des dames il ne me dit rien (bis)

Des demoiselles beaucoup de bien.

Tarquin et Lucrèce.jpg

Le Tintoret        Tarquin et Lucrèce

"L'Impression que je crus avoir faite sur la belle me mit tout juste dans l'état qu'elle voulait : je perdis la tête et je la suivis dès lors avec mille peines, à la faveur de l'ombre et du crépuscule, partout où je pouvais.  Toute ma vanité était de la rendre vaine de moi, et je ne parvenais pas, avec la meilleure volonté, à chasser de mon cerveau cette ivresse pour la faire pénétrer dans mon coeur."

Adelbert von Chamisso 

"L'étrange histoire de Peter Schlemihl"

 

Mon seul Amour.jpg

Dominique Mertens           Ecrit sur la pierre

"Brièvement, il posa un baiser sur le front de son épouse et s'en fut, happé par cette insatiable nuit qui n'avait semble-t-il d'autre but que de dévorer le peu d'espoir qui nous restait encore."

Françoise-Sylvie Pauly    L'Invitée de Dracula

   

"Les images que je jetais en son âme devaient, sans qu'elle s'en rendît compte, prendre un développement merveilleux, devenir plus brillantes et plus étincelantes ; apparaissant alors dans leur véritable signification, elles devaient la remplir de l'idée de jouissances inconnues, jusqu'à ce que, martyrisée et déchirée par un désir indicible, elle se jetât d'elle-même dans mes bras."

E.TA Hoffmann      Les Elixirs du Diable

 

Anna Nurmi, ex chanteuse du groupe Two Witches

"Elle aimait en femme,

faisant le sacrifice d'elle-même,

s'oubliant, se dévouant sans réserve,

occupée seulement de celui qui était sa vie

et ne se souciant pas de savoir

si elle n'allait pas elle-même à sa perte..."

Adelbert von Chamisso  

"L'étrange histoire de peter Schlemihl"

L'enlèvement d'une licorne.jpg

L'Enlèvement d'une licorne         gravure d'Albrecht Dürer

"Impossible de décrire le changement qui s'opéra alors en moi, la soif dévorante des joies du monde que j'éprouvai, le sentiment qui me faisait voir le vice sous les formes les plus séduisantes et comme le summum du bonheur qu'on puisse goûter sur terre."

E.T.A. Hoffmann     Les elixirs du Diable

10670_bg.jpg

Hans Sebald Beham    Haust du mich, so stich ich dich

 Orphée battu par les Bacchantes  gravure d'Albrecht Dürermg082.jpg

Orphée battu par les Bacchantes        gravure d'Albrecht Dürer

 Amour éconduit.jpg

    Dominique Mertens            Amour éconduit        

fr_114_341v.jpg

Prison d'Amour

 image025.jpg

Jardin d'Amour gothique,  jardin de cauchemar ?

 

 couple nb.jpg

Le couple en noir... et blanc

 Prison d'Amour.jpg

Dominique Mertens           Amoureux  gothiques         

"Au moment où la malheureuse croyait étourdiment pouvoir se jouer des enchaînements périlleux de la vie, elle était livrée au hasard, ou mieux à la destinée maligne qui conduisait ma main.  Car c'était uniquement ma force enflammée par des puissances mystérieuses qui la contraignait à prendre pour ami et allié l'homme qui ne se couvrait des apparences de l'amitié que pour la tenir prisonnière comme une ennemie et la conduire à sa perte."

E.T.A. Hoffmann       Les Elixirs du Diable

  Tintoret la mort de Lucrèce  détail.jpg

Tintioret        La Mort de Lucrèce (détail)

399px-Master_E._S’s_Feast_in_the_Garden_of_Love.jpg

Fête au Jardin d'Amour

"Car il est des jardins  -plantés par des monarques

qui un moment s'y délassèrent

avec de jeunes femmes qui à la musique

étrange  de leur rire mêlaient des fleurs.

Elles animaient ces parcs las ;

murmuraient comme souffles en les buissons,

étincelaient dans leurs fourrures et peluches,

et les ruches soyeuses de leurs robes matinales

comme un ruisseau bruissaient sur le gravier."

Rainer Maria Rilke

Le Livre de la pauvreté et de la mort

Amour fait perdre la tête.jpg

Dominique Mertens           Amour fait perdre la tête et rendre l'âme

les âmes crient.jpg

Gustave Doré   gravure pour  La divine comédie  de Dante

 

 

Amour coule de source.jpg

Dominique Mertens          Au jardin d'Amour

      

Amour dévoyé.jpg

Dominique Mertens            Amour craint  dévoiement      

 

 

Amour gothique...

1311464-Roman_de_la_Rose__amants_dans_un_lit.jpg

... au Jardin des Délices

fruit d'Amour.jpg

Dominique Mertens          Fruit de l'Amour cueilli au Jardin des délices      

 

daniel Hopfer  scène des Proverbes.jpg

Daniel Hopfer    scène tirée des Proverbes

 Aristotle and Phyllis - 1485 - Master of the Housebook.jpg

Aristote et Phyllis     le Maître du Housebook 

Daniel Hopfer.jpg

Daniel Hopfer    Gib Frid  (Trois vieilles femmes battant à mort un diable) 

 Pilori.jpg

Dominique Mertens           A quelques pas de là...        

 

 

 Au jardin d'Amour.jpg

"L'Amour sacré,

l'amour virginal,

l'amour plus fort que le tombeau

ne cherche que le dévouement

et fuit, éperdu, devant l'égoïsme du désir."

Eliphas Lévi

a0005ffb.jpg

"Vous qui par malheur dans ce lieu solitaire,

Peut-être fûtes amenés,

Sachez qu'il est des mortels sur la terre

Autant que vous infortunés."

Ann Radcliffe

Les Mystères de la forêt

souterrains nb1.jpg

"Je fus rappelée de cette mort momentanée par le soin d'une voix qui me fit désirer qu'elle eût été éternelle.  C'était la voix terrible de Williams.  De quelle horreur mon âme fut à l'instant frappée !  Quelles affreuses images s'offrirent à mes yeux, que j'ouvrais à peine !  J'osai enfin jeter en tremblant quelques regards autour de moi.  Je vis que l'on m'avait transportée dans le grand appartement du souterrain.  Ce lieu, consacré jadis  à l'innocence et à la piété, n'était plus qu'une caverne de brigands, peut-être, hélas, de meurtriers.  Ils étaient une bande nombreuse, et paraissaient prêts à exécuter au premier signal les ordres de leur féroce commandant.  Williams contemplait avec une joie maligne deux malheureuses victimes que le ciel semblait livrer à sa vengeance.  Je me crus perdue sans ressource, aussi bien que Lord Leicester qui, désarmé, et demeurant à mes côtés, les regardait d'un oeil intrépide, et recueillait son âmes en silence.  J'aperçus autour de nous divers ustensiles qui m'étaient inconnus ; je crus voir autant d'instruments de torture et de mort.  

"Dieu tout puissant, dis-je en moi-même, épargne-nous les tortures, si la mort est inévitable !"

Sophia Lee

Le Souterrain

kaethchenvonheilbronn.jpg

 "Je me trouvai dans une petite chambre carrée dont une table à moitié brisée, une chaise et un matelas composaient tout l'ameublement.  Les murailles qui avaient été revêtués de plâtre, étaient dégradées en quelques endroits, et dans d'autres, recouvertes d'une croûte verte qui me confirma dans l'opinion où j'étais de l'humidité de cette prison, car en y entrant, j'avais été saisi de froid."

 Francis Lathom     La Cloche de minuit

 la prisonnière.jpg

Dominique Mertens          La Prisonnière          

"Il n'est pas nécessaire de croire en une source surnaturelle du mal.  Les hommes sont, par eux-mêmes, capables de toutes les méchancetés." 

Joseph Conrad

Je t'en supplie, mon Dieu.jpg

Dominique Mertens           Je t'en supplie !        

"Fais ce que tu voudras, pauvre insensée !  Je remplis mon devoir.  Si tu te crois intéressée à protéger ton suborneur, à ne pas corriger un méchant par des épreuves, à ne pas le garantir de sa perte par les châtiments, suis ton inclination ; tu le peux sans obstacle.  Mais si tu veux écouter le conseil de la vieillesse et de l'expérience, fuis ce monstre qui se fait un jeu des lois les plus sacrées.  Sa conscience est chargée de l'opprobe de toutes les femmes qu'il a déshonorées, son âme est souillée de sang."

Christian Heinrich Spiess        Le Petit Pierre

rembrandt nb.jpg

 Rembrandt van Rijn         Le Philosophe

"J'exige, dit-il enfin avec emportement, j'exige une confession simple et pure de ton crime ; c'est le seul moyen de te sauver !  Cet aveu, s'il est sincère, peut seul amortir dans mon coeur la soif de vengeance."

Christian Heinrich Spiess     Le Petit Pierre

 

63.jpg

illustration de Sc. Huyot pour "Quentin Durward" de Walter Scott

Emile_Friant_La_Douleur_1898.jpg

Emile Friant       La Douleur

"Et de cette ombre incertaine surgit peu à peu  une silhouette qui paraissait tourner le dos à la dormeuse.  C'était celle d'une femme qui, dans le plus profond silence, exprimait, autant que le pouvait son langage gestuel, la souffrance la plus extrême, en se tordant les mains, en jetant sa tête de part et d'autre, à la manière de quelqu'un que l'ultime affliction a mené à l'épuisement et qui n'en peut plus de souffrir."

Sheridan Le Fanu      Le Destin de Sir Robert Ardagh

 massacre de la Saint-barthélémy.jpg

le massacre de la Saint-Barthélémy

"Dois-je comprendre que vous avez commis un de ces actes terribles qui sont les stigmates de notre société civilisée ?  Exerçant une implacable vengeance, auriez-vous banni de ce monde l'un de vos semblables qui, à son insu peut-être, vous aurait offensé ?  L'auriez-vous envoyé devant son souverain juge avant que son temps fût accompli, sa tâche achevée, son âme absoute, son salut assuré ?  Si vous êtes l'auteur d'un crime que la société pardonne mais que la conscience réprouve, il n'y a oas lieu de perdre espoir.  Et si la justice humaine vous poursuit, alors fuyons !

Charles-Robert Maturin      Fatale vengeance

 155_vieillevoye_cain_x.jpg

Barthélémy Vieillevoye       Caïen

"Femme !  Femme !  A la fois fragile et téméraire.  Vous vous évanouissez en entendant parler de sang, et l'instant d'après vous m'incitez à le verser."

Charles-Robert Maturin      Fatale vengeance

 le Titien  Viol de Lucrèceversion rougeoyante.jpg

Le Titien       Le viol de Lucrèce

 werner peiners  Europa und der Stier REC.jpg

Werner Peiners      Europa und der Stier

(ce tableau trônait dans la chambre à coucher du sinistre officier nazi Herman Göring)

"Dans le jardin de l'amour, ses mains cueillaient tous les fruits empoisonnés et elle les dégustait en riant..."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

 ill roman noir.jpg

 "L'horreur du spectacle, l'ignorance de tout ce qui  concernait la façon dont ce malheur était arrivé,  et surtout le caractère extraordinaire du phénomène, avaient rendu le Prince complètement muet."

horace_walpole         le_château_d'_otrante

 ill d'un roman noir2.jpg

 "Il ne manque souvent à la cruauté, à la vengeance et au libertinage, pour commettre les plus grands crimes, que les faveurs de la fortune ; si vous voulez connaître jusqu'où ces passions peuvent aller, mettez-les dans le coeur d'un homme puissant."

sénèque       lettres_ à_ lucilius

chien_rouge_en_avant.jpg

homme_menaçant_sa_femme   gravure_de_abraham_bosse.jpg

abraham_bosse       homme_menaçant_sa_femme

homme_menaçant _sa_femme.jpg

(détail)

  ...au  nom  du  seul...  

" Tu  es  à  moi  ! "

 

 à suivre...

15/03/2012

CAUCHEMARS FANTASTIQUES

CAUCHEMARS  FANTASTIQUES

John_Martin_Le_Pandemonium_Louvre.JPG

John Martin     Pandemonium

"Je ne puis appeler cela un cauchemar, car j'avais pleinement conscience d'être endormie.  Mais j'avais également conscience de me trouver dans ma chambre, couchée dans mon lit, comme je m'y trouvais en réalité.  Je voyais, ou croyais voir, la pièce et ses meubles tels que je les avais vus avant de fermer les yeux, à cette exception près qu'il faisait très sombre.  dans cette obscurité j'aperçus une forme vague qui contournait le pied du lit.  tout d'abord je ne pus la distinguer nettement, mais je finis par me rendre compte que c'était un animal noir comme la suie, semblable à un chat monstrueux.  il me parut avoir quatre ou cinq pieds de long, car, lorsqu'il passa sur le devant du foyer, il en couvrit toute la longueur.  il ne cessait pas d'aller et de venir avec l'agitation sinistre et souple d'un fauve en cage.  Malgré la terreur que j'éprouvais, (comme vous pouvez l'imaginer) j'étais incapable de crier.  L'horrible bête précipita son allure tandis que les ténèbres croissaient dans la chambre.  Finalement, il fit si noir que je ne distinguai plus que les yeux de l'animal.  Je le sentis bondir légèrement sur mon lit.  Les deux yeux énormes vinrent tout près de mon visage, et, soudain, j'éprouvai une très vive douleur, comme si deux aiguilles, à quelques centimètres l'une de l'autre, s'enfonçaient profondément dans ma gorge.  Je m'éveillai en hurlant.  La chambre était éclairée par la bougie qui brûlait toute la nuit, et je vis une forme féminine, debout au pied du lit, un peu sur la droite.  Elle portait une ample robe de couleur sombre, et ses cheveux dénoués recouvraient ses épaules.  Un bloc de pierre n'eût pas été plus immobile.  Je ne pouvais déceler le moindre mouvement de respiration.  Tandis que je la regardais fixement, la silhouette me parut avoir changé de place : elle se trouvait maintenant plus près de la porte.  Bientôt, elle fut tout contre ; la porte s'ouvrit, l'apparition disparut."

Sheridan Le Fanu      Carmilla

  Wodan's_wilde_Jagd_by_F._W._Heine.jpg

La Chasse sauvage       F.W. Heine

800px-Lord_Byron_on_his_Death-bed_c._1826par odevaereREC.jpg

"On eût dit que l'âme avait quitté ce corps sans combattre pour y demeurer."

Sheridan Le Fanu       Le Destin de Sir Robert Ardagh

succube OstärdtenschteinREC.jpg

La succube Ostärdtenschtein                                      figurine créée par l'auteur dans le cadre 

de sa mise en scène fantastique  

"L'Antre du Vampire"

"Ce soir-là, cependant, on eût dit que, du fond des ténèbres, la comtesse Véra s'efforçait adorablement de revenir dans cette chambre tout embaumée d'elle !  Elle y avait laissé tant de sa personne !  Tout ce qui avait constitué son existence l'y attirait.  Son charme y flottait ; les longues violences faites par la volonté passionnée de son époux y devaient avoir desserré les vagues liens de l'Invisible autour d'elle !...

Elle y était nécessitée.   Tout ce qu'elle aimait, c'était là.

Elle devait avoir envie de venir se sourire encore en cette glace mystérieuse où elle avait tant de fois admiré son lilial visage !  La douce morte, là-bas, avait tressailli, certes, dans ses violettes, sous les lampes éteintes ; la divine morte avait frémi, dans le caveau, toute seule, en regardant la clé d'argent jetée sur les dalles.  Elle voulait s'en venir vers lui, aussi !  Et sa volonté se perdait dans l'idée de l'encens et de l'isolement.  La Mort n'est une circonstance définitive que pour ceux qui espèrent des cieux ; mais la Mort, et les Cieux, et la Vie, pour elle, n'était-ce pas leur embrassement ?  Et le baiser solitaire de son époux attirait ses lèvres, dans l'ombre.  Et le son passé des mélodies, les paroles enivrées de jadis, les étoffes qui couvraient son corps et en gardaient le parfum, ces pierreries magiques qui la voulaient, dans leur obscure sympathie,  -et surtout l'immense et absolue impression de sa présence, opinion partagée à la fin par les choses elles-mêmes, tout l'appelait là, l'attirait là depuis si longtemps, et si insensiblement, que, guérie enfin de la dormante Mort, il ne manquait plus qu' Elle seule !"

Auguste de Villiers de l'Isle-Adam       Véra

fantome femme.png

 "Tout à coup je crus apercevoir une figure qui sortait du mur à l'une des extrémités du couloir puis s'approchait d'un pas lent et mal assuré. Sous les vêtements aux plis lâches devait se cacher une forme humaine, mais l'obscurité ne permettait pas d'en rien distinguer."

Charles-Robert Maturin

"Il me semble que je rêve, et je cherche vainement à donner une forme

et une réalité aux ombres qui planent autour de moi."

Charles-Robert Maturin         Fatale vengeance

 

"Le soleil ne pénétrait jamais dans notre demeure ; nous avions besoin d'être éclairés continuellement par la lumière d'une bougie (...)  Ce lieu ténébreux est appelé Rummey Hole par les habitants du pays ; les environs sont déserts ; on en trouve l'ouverture dans le fonds d'une vallée si étroite qu'elle est remplie presque entièrement par un ruisseau qui sort du pied de la montagne à côté de l'entrée de la caverne. (...)  Le roc qui sert de voûte naturelle s'abaisse quelques fois si près de la terre, et les bords du ruisseau sont si escarpés dans ces endroits, qu'on ne saurait pénétrer plus avant sans s'exposer à un péril manifeste.  Mais le souterrain est si vaste et si exhaussé à droite et à gauche qu'on ne cesse point d'admirer la nature qui a formé, l'on ne sait pour quel usage, des salles immenses qu'on se lasse de parcourir.  La caverne se rétrécit néanmoins en certains lieux.  On y trouve des espèces de salons et de cabinets, les uns servent de communication à d'autres salles de la grandeur des premières, d'autres n'ont point de deuxième ouverture après leur entrée."

abbé_prévost     le_philosophe_anglais_ou-histoire_de_monsieur_cleveland

 

mine5.jpg