25/04/2016

TRESORS MECONNUS DU GOTHIQUE

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Charlotte Dacre, dite Rosa Matilda

(1771?-1825)

Charlotte Dacre (1771 ou 1772 – 7 novembre 1825) est une femme de lettres anglaise, auteur de romans gothiques.

La plupart des référence que l'on fait aujourd'hui à elle le sont sous le nom de Charlotte Dacre, mais elle écrit tout d'abord sous le pseudonyme de Rosa Matilda, pour adopter ensuite ensuite un second pseudonyme afin de  désorienter ses critiques. Charlotte Dacre reçoit à sa naissance le nom de Charlotte King, et devient plus tard Mrs Byrne, après son mariage avec Nicholas Byrne.

Ses principales oeuvres sont :

  • Hours of Solitude (poèmes, 1805)
  • Confessions of the Nun of St. Omer (1805)
  • Zofloya (1806)
  • The Libertine (1807)
  • The Passions (1811)
  • George the Fourth, a Poem (1822)                  (d'après Wikipedia)

 

 

 

Charlotte Dacre réunit dans son roman tous les ingrédients du genre gothique : jalousie, vengeance, désir, corruption, perversion, cachot, visions nocturnes, victimes innocentes, meurtre, poison, bandits...

Si Zofloya dérange la critique de 1806, c’est en partie parce que son auteure y présente une femme nouvelle, en opposition avec les codes rigides de l’époque. Elle y renverse ou inverse les règles et modèles du genre (elle les dépasse peut-être même) et met pour la toute première fois en scène un personnage féminin fort et mauvais, qui exprime et assume ses désirs sexuels.

                                                                      (d'après Wikipedia)

 

 "Les plans d'Adolphe, toujours bien combinés, manquaient rarement de réussir.  Enivrée par ses séductions, Laurina cherchait à bannir tout souvenir chagrinant, et, telle qu'un misérable attaqué d'une maladie néphrétique, court en désespéré après le secours de l'opium, elle se sauvait des remords de sa conscience , en regardant sans cesse celui qui l'avait souillée.  Autrement eut-elle pu endurer l'idée horrible de son crime ?!  Eut-elle oublié qu'elle s'était élancée du lit de mort de son époux où le sang coulait encore, pour se jeter dans  les bras de son assassin ?!  Qu'elle avait trahi son voeu solemnet, que l'âme du comte s'était arrêtée dans son vol pour l'entendre ?!  Pouvait-elle, même à l'aide des sophismes, trouver la moindre palliation à sa conduite ?"

                                                                                      (extrait 1 du roman "Zofloya...")

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charles desains         femme asphyxiée 

- "Comment, vous hésitez, traître ?  c'est donc  Thérèse que vous aimez ?  Allez, fuyez pour jamais ma présence.

-   Eh ! quoi, Mathilde, rien ne peut-il vous appaiser ?

-  C'en est assez ... Il l'aime, je le vois, dit d'une voix sombre la Strozzi.

-  Oh !  Non, non par le ciel, je ne l'aime pas, je vous jure.

- prouvez-le moi donc, en plongeant ce poignard dans son indigne coeur, car rien autre chose ne m'appaisera, ni ne me persuadera de votre amour."      ........

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Eugène Delacroix      Roméo et Juliette devant le tombeau des Capulets 

 "Stimulé de nouveau par ses caresses, et le poignard en main, le malheureux, perdu de sens, courut plonger l'arme dans le coeur d'un homme qui ne lui avait jamais fait demal... qu'il n'avait jamais vu !...

Telle  était l'influence qu'une femme avait obtenue, par ses artifices, sur les sens embrasés d'un jeune adolescent sans expérience ! et l'événement prouva que si l'amour peut conduire aux grandes actions, elle entraîne aussi quelque fois dans les crimes les plus aveugles."   ........

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"Les idées les plus affreuses prirent alors possession de son esprit : les extrémités de l'horreur du crime ne lui étaient rien en comparaison de n'être point aimée d'Henriquez.  Le voir prodiguer à Lilla les marques du plus tendre attachement, lui donnait une fureur qu'elle pouvait à peine contenir ; c'était alors qu'elle sentait bien n'avoir jamais aimé le comte de Bérenza, et que le circonstances seules et la situation du moment l'avaient portée à fuir pour l'aller trouver, comme l'unique protecteur qu'elle eut à espérer."      ........

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Johannes Sadeler      illustration pour  l'Ecclésiaste  (détail) 

"Ce soir-là Victoria alla se coucher, pleine de sensations délicieuses, et toutes ayant trait au malheur des autres.  Bien loin d'éprouver ce désir permis de partager le bonheur de ses semblables, elle n'en voulait voir à personne.  En nuisant à autrui, elle goûtait le plaisir féroce d'un tyran, qui, condamnant ses sujets à la torture, rit de leur agonie.  C'était la lueur brillante d'un volcan, terrible dans sa beauté, et ne menaçant que ruine."      .......

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 "La nature, madame, étend ses droits sur tout ce qui est destiné à ses jouissances ; et ce sont nos intentions qu'elle nous ordonne de suivre.  Eh ! que deviendrait ce privilège tant vanté de l'homme sur le reste de la création, s'il cédait constamment son bonheur aux chétives représentations des pédants d'école ?  Que deviendrait-il  s'il écoutait leurs définitions verbeuses sur ce qui est bien ou mal ?  Plus des trois-quarts du genre humain a décidé la question : tout est bien, lorsqu'il s'agit de nous rendre heureux, et le mal ne consiste que dans ce qui s'y oppose.  Il faut donc détruire l'un pour jouir de l'autre ; autrement la vie n'est qu'un supplice."      ........

 

 "Elle porta ses pas vers le plus épais de la forêt, où le sombre cyprès, le plus haut pin et le peuplier élancé mêlaient leur ombrage.  au-delà, des rochers amoncelés les uns sur les autres, des montagnes inaccessibles, perçaient à travers les clairières que laissait le feuillage.  Sur le sommet de ces montagnes,  on voyait encore par-ci par-là de vieux chênes que le temps avait noircis, et qui, examinés de loin, ressemblaient à des arbrisseaux manqués par la nature.  il y avait au-dessous de ces masses colossales, des précipices dans lesquels tombaient des torrents qui gémissant continuellement dans un abîme qu'on ne pouvait voir, remplissaient la solitude environnante d'un murmure aussi triste que mystérieux.

Victoria s'arrêta un moment pour regarder autour d'elle.  L'horreur sauvage du lieu lui sembla en conformité avec son âme.  Elle se laissa aller à un enchaînement de pensées qui lui causèrent une oppression violente.  Son coeur, livré à l'anarchie, ne respirait que crime.  Elle souffrait d'avoir laissé jusqu'à ce jour une barrière entre elle et ses désirs.   _ Avec le secours du poignard, s'écriait-elle, j'aurais déjà tout fini.  Je déteste ma folle d'avoir écouté si longtemps les craintes misérables qui ont retenu ma main.-  S'excitant ainsi dans la frénésie de ses passions, elle ne réfléchissait pas que le danger menace quiconque commet ouvertement le crime.  La raison ni la prudence ne pouvaient plus se faire entendre, et l'ardeur des des pratiques du mal conduisait seule cette créature féroce."      .......

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-  "Eh bien soit !  Oh ! la plus admirable des femme,  dit quelqu'un dont l'organe valait les meilleurs chants, car c'était celui du maure, qui se trouva tout à côté de Victoria. 

- Etre étonnant !  Je ne vous ai point entendu ; d'où venez-vous donc ?

-  Me voici, Signora, cela ne vous suffit-il pas ?

-  Comment avez-vous deviné que j'avais besoin de vous ?

_  Par sympathie, aimable dame.  Toutes vos pensées ont le pouvoir de m'attirer.  Celles qui vous occupaient en ce moment m'auraient amené du bout de l'univers.

-  Elles sont vives et hardies ; elles me prouvent que votre génie a du rapport avec le mien, et que vous méritez véritablement mes services. cette assurance est faite pour me plaire.

-  Mais, qui vous donne ce pouvoir de lire dans mes pensées ?

Zofloya se mit à rire, en la regardant d'un oeil perçant.  

-  Je les lis toutes, belle Victoria ; et ces joues colorées, ce regard errant, font preuve de ce que je dis."     ........

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 -  " O maure !  Combien je te remercie ! dit Victoria en prenant sa main d'ébène et la pressant contre son coeur.

Le maure la regarda avec encore plus de feu  : ses yeux brillaient d'un éclat surnaturel.  

-  Ce coeur n'est-il pas à moi, dit-il comme transporté.  

-  il vous est attaché par la reconnaissance, bon Zofloya, lui répondit-elle, d'un air décontenancé.

-  Je dis, à moi, Victoria : puis il ajouta en riant, ne craignez rien, car je ne suis pas jaloux de votre passion pour un autre."

 Victoria était interdite ; elle leva les yeux sur le maure, mais pour les rabaisser aussitôt d'après la fierté des siens... elle voulait parler, et ne pouvait concevoir ce conflit d'émotions qui paralysaient sa langue.  La hardiesse de  Zofloya l'étonnait, mais ayant besoin de lui, elle n'osait la réprimer : victoria s'était mise en son pouvoir, et son âme abjecte et criminelle tremblait devant... un esclave !"       ........

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 "il n'était pas plutôt parti , que le calme apparent dont elle avait joui, laissait renaître mille horreurs qui la rendaient folle.  Une passion emportée à l'excès, une haine des plus fortes, et la soif ardente du sang, envers ceux qui s'opposaient à ses desseins, voilà ce qui remplissait le coeur de Victoria. "      ........

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 "Oui, c'est bien moi, Charlotte Dacre,

dite Rosa Matilda,

qui écrivit tout cela...!"

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"Maîtresse incomparable et adorable, dit-il en posant un genou en terre, et la main sur le coeur, veuillez informer le plus soumis de vos esclaves, de ce que vous désirez de lui ; et croyez que son bonheur sera d'accomplir vos souhaits, avec toute la promptitude d'un être qui vous est entièrement dévoué."

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Ary Scheffer     Faust et Marguerite au jardin

-  "Eh bien, eh bien, la petite Lilla ne mourra point ; mais elle sera à votre disposition, et vous pourrez lui infliger telle punition qu'il vous plaira.

-  Une punition !  dites des tourments..., les tourments les plus horribles, pour tout ce qu'elle m'a fait souffrir, prononça Victoria, l'oeil en furie, et le geste menaçant.  Mais quand, et comment me la livrerez-vous, Zofloya ?"       ........

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 Jan Gossaert         Adam et Eve

"Les étoiles avaient toutes disparu.  On eut dit qu'elles avaient honte de briller devant une femme si criminelle : à leur place s'élevaient des nuages qui couvraient la face du ciel.  Le vent soufflait avec violence à travers les arbres de la forêt, et un murmure sourd partant des cavités du rocher , se répétait d'échos en échos.  Si ce spectacle était fait pour inspirer une sorte de crainte religieuse à l'âme qui se serait trouvée en contemplation pieuse de la nature, il devait, par un effet contraire, agiter et frapper d'un sombre désespoir celle qui ne cherchant que le crime, s'enfonçait dans toutes ses horreurs."      .......

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"Victoria regarda le maure en face, pour voir si ce qu'il disait ne tenait pas de la plaisanterie, et elle fut contente de reconnaître dans ses yeux étincelants la cruauté et l'ardeur du mal dont elle-même était remplie."      ........

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Gustave Doré       illustration (détail) pour Le Roland furieux, roman de l'Arioste  

"Un grand coup de tonnerre coupa cette phrase, et les échos des rochers répétèrent ce bruit terrible.  La foudre étincelait en flammes longues et tremblantes.  Victoria, tout esprit fort qu'elle était, ne put s'empêcher de frémir, car jamais elle n'avait été témoin des phénomènes de la nature, dans un orage au milieu des Alpes.  Elle se serra plus près du maure, qui, passant ses bras autour de son corps, la pressa contre son coeur."

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"Oui, c'est bien moi, Charlotte Dacre,

dite Rosa Matilda,

qui écrivit tout cela...!"

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"Victoria, dit l'esprit d'une voix ferme et douce, je suis ton bon génie.  Je viens t'avertir de ton danger en ce moment, parce que c'est le premier où ton âme criminelle éprouve une étincelle de repentir.  Dieu tout puissant, qui ne veut que le salut de ses créatures, me permet d'apparaître devant toi.  Ecoute-moi bien... si tu consens, dans l'abîme horrible où tu t'es plongée ; si tu consens, dis-je, à changer de conduite, en faisant une sévère pénitence de tes crimes, tu peux encore espérer miséricorde ! mais surtout, fuis Zofloya, car il te trompe... il n'est pas ce qu'il paraît."      ........

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"M'as-tu bien examiné, femme orgueilleuse ? demanda-t-il de sa voix de tonnerre ; sais-tu maintenant qui je suis ?  Je suis, non l'homme charmant, divin, qui avait captivé ton imagination, allumé le feu de tes sens, mais l'ennemi de toute la création..."

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"Oui, c'est bien moi, Charlotte Dacre,

dite Rosa Matilda,

qui écrivit tout cela...!"

 "Lecteur, ne regarde pas ceci comme un simple et futile roman ; les hommes ne sauraient trop  se défier de leurs passions et de leurs faiblesses ; les progrès du vice sont graduels, imperceptibles, et l'ennemi rusé du genre humain est toujours prêt à profiter des fautes de l'espèce humaine, dont la destruction est sa gloire.  Il n'y a pas de doute que ses séductions ne l'emportent souvent ; autrement, comment rendre compte de ces crimes auxquels les hommes se laissent entraîner, et qui sont la honte de la nature ?  Ou nous devons supposer que le mal est né avec nous, (ce qui serait une insulte à la divinité) ou nous devons l'attribuer, (comme plus d'accord avec la raison) aux suggestions de l'influence infernale."

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à suivre.....

 

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Eliza  Parsons  

(1739-1811)

Eliza Parsons est une écrivaine anglaise auteure de romans gothiques dont :

- Le Château de Wolfenbach (1793)

    - Le Mystérieux avertissement (1795)

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ci-dessous, quelques extraits 

traduction : Dominique Mertens

"Cela, la bonne femme le lui promit et, lui souhaitant un doux sommeil, elle retourna à la cuisine. 

-  Que Dieu bénisse la pauvre dame, dit-elle.  Mais pourquoi est-elle aussi faible qu'un enfant ?  Je suis sûre que vous devez provenir d'une excellente maison. 

-  Oui, répondit Albert. (c'était le nom du domestique) C'est cela, en effet, et ma pauvre Dame est usée par le chagrin et la fatigue ; j'ai bien peur qu'elle ne doive se reposer quelque temps avant qu'elle ne puisse poursuivre son voyage.

-  Bien, dit Berthe.  Elle peut rester ici aussi longtemps qu'elle le désire ; personne ne viendra la déranger durant la journée, j'en suis sûre."  .......

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-  "Et qu'est-ce qui pourrait la perturber durant la nuit ? demanda Albert.

-  O mon bon ami, répondit-elle, personne ne dormira dans les chambres du haut.  Les personnes convenables qui y séjournèrent dernièrement ne purent se reposer tant elles entendirent d'étranger bruits, de gémissements, de cris, et de choses terribles.  Ensuite, à l'autre bout de la maison, les chambres ne sont jamais ouvertes ; on dit qu'une oeuvre sanglante y a été exécutée.  

-  Mais alors, comment se fait-il que vous et votre mari ayez le courage de vivre ici ? "   .......

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-  "Mon cher, répliqua-t-elle, c'est pourquoi les fantômes ne descendant jamais les escaliers, et je prends bien garde de ne jamais y monter la nuit, de sorte que si Madame  reste ici, je crains fort qu'elle ne doive dormir durant la journée, ou bien avoir une chambre au rez-de-chaussée afin qu'ils ne puissent jamais y aller.  Certains d'entre eux provenaient de votre haut lignage, je vous le garantis, du genre à ne jamais mettre les pieds en cuisine.  

Albert sourit à cette idée mais, reprenant son entretien, il demanda à la femme à qui appartenait le château ? 

-  Au grand Baron, dit-elle, mais j'ai oublié son nom."     .........

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 -  "Elle s'extirpa du lit et, revêtant une robe légère, prit sa chandelle et, ouvrant la porte de l'a pièce suivante, alla jusqu'au lit.  Elle vit qu'il était enseveli sous le couchage.

-  Albert, dit-elle, n'aies pas peur, c'est ta maîtresse avec une lumière .

Il se risqua alors à se lever, et songea, mais avec tristesse, qu'elle ne pouvait s'empêcher de sourire de l'effroi dans lequel il était plongé : des gouttes de sueur coulaient de son visage.  Ses yeux vacillaient,  et il fut un moment incapable de parler. 

-  Je vous prie, Albert, dit la dame, n'avez-vous entendu aucun bruit particulier ?  

-  Des bruits ? répéta-t-il.  O mon Dieu !  Tous les fantômes se sont rassemblés ici pour me terroriser !  

-  Ici ?  Où ?  demanda-t-elle.

-  Dans cette pièce, je le crois bien, répondit-elle."       .........

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-  "Je suis sûr qu'ils étaient dans cette salle ou dans la suivante.  il y eut une succession de  bruits de chaînes, puis vinrent des gémissements et des cris.  Mais je vous en prie, Madame,  laissez la chandelle un instant à la porte ; je vais retirer mes vêtements et descendre à la cuisine, et ne jamais plus revenir dans ces escaliers.  

-  Bien, mais, Albert, ajouta-t-elle, il me faut rester dans ma chambre.  Avez-vous plus de raisons que moi d'avoir peur ?  

-  Non, Madame, Dieu merci, jamais je n'ai fait de mal ni à un homme, ni à une femme, ni à un enfant !

-  Alors, prenez courage, Albert.  J'ai allumé la bougie et je serai  dans la pièce voisine, et laisserai ma porte ouverte.  Vous pouvez m'appeler ou descendre les escaliers si vous êtes une seconde fois alarmé.  

C'est avec quelque réticence qu'il obéit, et insista à plusieurs reprises pour que les portes restassent ouvertes."      .........

 

 à suivre .....

 

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Karl Friedrich Kahlert

(ca 1775 - ?)  

dit aussi 

Ludwig Flammenberg   (pseudonyme)

et

Peter Teuthold (  pseudonyme connu en tant que traducteur)

auteur du roman     "Le Nécromancien, conte de la Forêt Noire"

 (à ce jour, aucun renseignement biographique n'est disponible)

 

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ci-dessous, quelques extraits du "Nécromancien, conte de la forêt Noire" :

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"L'ouragan qui hurlait, les grêlons qui frappaient des fenêtres, le croassement rauque du corbeau aui faisait ses adieux à l'automne, et le grincement lugubre de la girouette, se joignaient au chant funèbre du hibou solitaire."      ........

"Au cours de son voyage de retour chez lui, il discourut sans suite des endroits les plus charmants de l'Allemagne ; pourtant, il recherchait en vain le plaisir, coupé comme il l'était ducher compagnon de ses jeunes années.  A la longue, il trouva dans le cercle familial ce qu'il cherchait vainement à l'étranger.  Le plaisir que ses vieux parents ressentaient à contempler à nouveau la descendance de leur mutuel amour calmait l'inquiétude de son esprit.  La joie qui pétillait dans leurs yeux à la vue de celui qui  soutenait leurs années de déclin, teintait ses joues du rose du contentement, et remplissait son âme d'un intime.  Après dix années d'un délicieux bonheur, son vieux père mourut au cours de sa soixante deuxième année, clôturant une vie bien dépensée.  L'ange gardien de la vertu porta son âme intacte  à l'heureux foyer de la paix éternelle.  Le doux sourire d'une bonne conscience se posa encore sur ses lèvres lorsque son esprit sanctifié arriva au ciel, salué par des millions de saints anges."

                                                                                traduction : Dominique Mertens 

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 "La vie de Wolfe sera épargnée en raison de sa loyale confession et de l'importante aide qu'il a apportée à ses juges en mettant un terme définitif aux déprédations commises durant bon nombre d'années aux environs de la Forêt Noire.  Il fut confié à vie à la maison de correction où il aura eu toute liberté de réfléchir à sa conduite passée, et de se préparer à rencontrer ce Juge éternel qui, tôt ou tard, rattrape les méchants dans leurs viles occupations.  J'ai dès lors exécuté ma tâche aussi bien qu'il était en mon pouvoir, et je crois avec confiance que vous daignerez négliger avec bienveillance les défauts de mon récit, et garderez toujours foi en ma plus grande sincérité."

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Ivan TOURGUENIEV  (1818-1883)

 auteur de plusieurs nouvelles fantastiques ou gothiques,

dont  "Clara Militch"  (voir extrait ci-dessous)

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 Le Gothique  est l'héritier  du

Siècle des Lumières  ;

il est né dans les soubresauts de la 

Révolution  Française  

et dans les affres de 

la Terreur...

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Petrus BOREL   (1809-1859)      

                           Gottfried Wolfgang  (extrait de la nouvelle)

 "Je me trouvais depuis quelque temps à Boulogne, et comme le jour de mon départ approchait, un matin, mon hôte m’aborde gracieusement et me présentant un rouleau de paperasses assez volumineux :

— Tenez, me dit-il, permettez-moi. Monsieur, vous offrir ceci, vous en pourrez sans doute tirer un meilleur parti que moi. Un jeune Anglais fort taciturne et fort bizarre logeait ici : il y a bien de cela deux ans… Un soir, il sortit ; on le vit se diriger vers la jetée, et depuis je n’ai plus eu de lui ni trace ni nouvelles. Ces papiers sont restés en ma possession, ainsi que tout son bagage, assez mince du reste, fort mince même… Hélas ! il passait toutes ses journées et toutes ses nuits à penser ou à écrire, le pauvre jeune homme !…

La fin si cruelle de ce jeune étranger qui comme tant d’autres avait rêvé sans doute une mort bien douce après une carrière pleine de gloire et de félicité… cette douleur si isolée, si obscure, que les flots de la mer où elle était allée s’éteindre en connaissaient seuls le secret, m’avaient touché vivement ; j’étais dans une émotion pénible ; je m’enfermai dans ma chambre, et je me pris à parcourir avec avidité, l’âme remplie de découragement, les papiers qui venaient de m’être confiés, tristes et derniers vestiges d’une intelligence qui avait succombé dans la lutter ! — perdue sans retour, anéantie !… Je me disais : au moins, s’il était possible de sauver de l’oubli quelqu’une de ces pages, ce serait une consolation pour l’ombre de cet infortuné jeune homme, qui sans doute est là errante autour de moi, me trouvant bien hardi de porter la main sur ses dépouilles !…

Au milieu d’un monceau de poésies à peine ébauchées, parmi des fragments de toute sorte, sans liaison et sans suite, mais toujours empreints d’un certain caractère de grandeur et de superstition, je ne tardai pas à découvrir un petit cahier sans date ni titre, sur lequel était écrit d’une façon presque illisible l’étrange récit qui va suivre.

Cette bizarre composition fut-elle l’ouvrage de ce pauvre inconnu ? N’était-ce simplement qu’une imitation ou une traduction qu’il avait faite de quelque morceau fantasmagorique éclos dans le cerveau vaporeux d’un Allemand, ou venu de France, et qui avait séduit son esprit malade ? Je ne sais… le hasard me l’a mis entre les mains ; comme le hasard me l’a donné, je le donne. — Que l’insensé à qui cela pourrait appartenir, le déclare ! — Et sur le champ il lui sera fait réparation.

C’était au temps de la Révolution française. Par une nuit d’orage, à cette heure qu’on est convenu communément d’appeler indue, un jeune Allemand traversait le vieux Paris et regagnait silencieusement sa demeure. Les éclairs éblouissaient ses yeux, le bruit du tonnerre, les éclats de la foudre retentissaient et trouvaient de l’écho dans les rues tortueuses de la cité décrépite… Mais souffrez, avant tout, que je vous dise quelque chose de mon jeune Saxon.

 

Gottfried Wolfgang était un jeune homme de bonne famille. Il avait étudié quelques temps à Gœttingue ; mais visionnaire et enthousiaste, il s’était livré à ces doctrines spéculatives qui ont égaré si souvent la jeunesse d’Allemagne. La vie retirée qu’il menait, son application constante et la singulière nature de ses études avaient affecté peu à peu toutes ses facultés morales et physiques. Sa santé était altérée, son imagination malade. Il avait poussé si loin ses rêveries abstraites sur les essences spirituelles, qu’il avait fini par se former, comme Svedenborg, un monde idéal gravitant autour de lui ; et il s’était persuadé, dans son égarement, qu’une influence maligne, un esprit malfaisant, planait sans cesse au-dessus de sa tête, cherchant l’occasion de le perdre. Une idée si extravagante, agissant sur son idiosyncrasie déjà très mélancolique, avait produit les plus déplorables effets. Devenu farouche et tombé dans le plus morne découragement, la maladie mentale à laquelle il était en proie, n’avait pas tardé à se trahir ; et comme le changement de lieu avait pu devoir être le remède le plus efficace dans sa cruelle situation, il avait été envoyé pour finir ses études, au milieu des splendeurs et du tourbillon de Paris.

Au moment où Wolfgang arrivait dans la capitale, les premiers troubles révolutionnaires éclataient. D’abord son esprit exalté, captivé par les théories politiques et philosophiques du temps, avait payé son tribut au délire populaire. Mais les scènes sanglantes qui avaient suivi, ayant blessé sa nature sensible, dégoûté de la société et du monde, et rendu bientôt à ses habitudes monastiques, il s’était retiré dans un petit logement solitaire, choisi dans une rue obscure, non loin de la vieille Sorbonne, au centre du quartier des étudiants. Là Wolfgang avait donné de nouveau libre cours à ses spéculations favorites. S’il quittait quelquefois sa chère cellule, c’était seulement pour aller s’enfermer pendant des journées entières, dans les grands dépôts de livres de Paris, ces catacombes des auteurs en deliquium, ces Rome souterraines de la pensée, où il fouillait avec ardeur, en quête de nourriture pour satisfaire son esprit maladif, les bouquins les plus poudreux, les grimoires les plus surannés. Notre étudiant était en quelque sorte (passez-moi cette légère absence de goût) une manière de vampire littéraire s’engraissant au charnier de la science morte et de la littérature en dissolution.

Malgré son penchant pour la retraite, Gottfried était d’un tempérament ardent et voluptueux, qui d’ordinaire n’agissait guère que sur son esprit. Il était trop réservé et trop neuf pour s’avancer avec le sexe ; mais en même temps il s’avouait admirateur passionné de la beauté. Souvent il se perdait dans des rêves infinis sur des figures ou des formes qu’il avait vues, et son imagination lui créait des idoles qu’elle ornait de perfections surpassant de beaucoup toute réalité.

Dans le temps que son esprit se trouvait dans cet état de surexcitation, il eut un songe qui l’affecta d’une manière extraordinaire. La vision lui avait représenté une femme d’une beauté transcendante, et l’impression que cette image avait faite sur lui avait été si forte, qu’il la voyait sans cesse, à toute heure, en tout lieu ; le jour, la nuit, son cerveau en était plein. Enfin il s’était passionné tellement pour cette vapeur, et cette extravagance avait duré si longtemps, qu’elle s’était changée en une de ces idées fixes que l’on confond quelquefois, chez les hommes mélancoliques, avec la folie.

Reprenons le récit que nous avons interrompu plus haut, et suivons notre jeune Allemand dans sa course nocturne. Comme il traversait la place de Grève, soudain il se trouva près de la g… Non, jamais ma plume ne saura écrire ce mot hideux… Il recula avec effroi… C’était au fort de la Terreur. Alors cet horrible instrument était en permanence et le sang le plus pur et le plus innocent ruisselait continuellement sur l’échafaud. Il avait été ce jour même employé à l’œuvre de carnage et présentait encore, dans l’attente de nouvelles victimes, à la cité endormie, son appareil lugubre et menaçant.

Wolfgang se sentait défaillir, et il se détournait en frémissant, quand il aperçut tout à coup un personnage mystérieux accroupi, pour ainsi dire, au pied de l’échafaud. Une suite de vifs éclairs rendit bientôt sa forme plus distincte aux yeux de l’étudiant : c’était une femme habillée tout de noir, paraissant appartenir à la classe supérieure. Plus d’une belle tête habituée aux douceurs de l’oreiller de duvet se posait sur la pierre dans ces temps d’affreuses vicissitudes. Elle était assise sur le plus bas degré, le corps penché en avant et la figure cachée dans son giron. Ses longues tresses épaisses pendaient jusques à terre, égouttant comme un toit de chaume, la pluie qui tombait par torrents. Devant ce monument solitaire du malheur, Wolfgang s’arrêta court : — Peut-être, se dit-il, que du rivage de l’existence où cette infortunée gît le cœur brisé, l’effroyable couteau a lancé dans l’éternité tout ce qui lui était cher au monde !… Poussé par une puissance irrésistible, il s’avance alors dans un timide embarras, et adresse à celle qui lui inspirait à la fois tant de pitié et d’intérêt quelques paroles de sympathie. Elle lève la tête et le fixe du regard d’un air égaré. Mais quel est l’étonnement de Wolfgang en reconnaissant à la lueur brillante des éclairs, la réalité dont l’ombre subjuguait depuis longtemps toutes ses facultés. La figure de l’inconnue, quoique couverte en ce moment d’une pâleur mortelle, et portant l’empreinte profonde du désespoir, était d’une ravissante beauté.

Les émotions les plus violentes et les plus diverses agitaient le cœur passionné de Wolfgang. Tremblant, il lui adresse de nouveau la parole. Il s’étonne de la voir ainsi exposée seule à une pareille heure, dans un tel lieu, en butte à la furie de l’orage, et finit par lui offrir gracieusement de la conduire en sûreté à sa famille ou à ses amis. Mais elle, avec un geste épouvantablement significatif, et d’une voix qui impressionna singulièrement son interlocuteur, répondit

— Je n’ai point d’amis sur la terre.

— Mais vous avez peut-être un asile ?

— Oui, dans la tombe !

L’âme de l’étudiant était déchirée.

— Si un simple bachelier, reprit-il avec une modeste hésitation, pouvait, sans crainte d’être mal compris, offrir son humble demeure pour abri et son bras pour protection… Je suis étranger au sol de la France et aussi bien que vous sans amis dans cette ville ; mais si ma vie peut vous être de quelque service, elle est à votre disposition et serait sacrifiée avant qu’aucun mal ou que le plus léger affront vous atteignit !

Il y avait dans la manière du jeune homme un honnête empressement qui produisit son effet. Le véritable enthousiasme possède une élégance particulière à laquelle on ne peut se méprendre. La femme de l’échafaud se confia implicitement à la protection de Gottfried.

L’orage avait perdu de son intensité, le tonnerre ne grondait plus que dans l’éloignement. Tout Paris était encore dans le repos, le grand volcan des passions humaines sommeillait pour quelques instants, afin de rassembler de nouvelles forces pour l’éruption du lendemain.

 

Nos deux héros marchèrent ensemble pendant plus d’une heure : Gottfried soutenait les pas chancelants de sa compagne, et tous deux gardaient un religieux silence. Enfin, après avoir longé les murs sombres de la Sorbonne, ils arrivèrent au bout de leur course à l’étroite et antique masure, demeure de l’étudiant. — Wolfgang l’anachorète, dans la compagnie d’une femme ! À ce spectacle extraordinaire, le vieux concierge qui s’était levé pour ouvrir resta dans un étonnement indicible.

Comme il entrait dans son logement, notre jeune Allemand rougit pour la première fois à la pensée de sa misérable apparence. Il n’avait qu’une seule chambre, assez grande à la vérité, mais encombrée de l’arsenal ordinaire de l’étudiant ; le lit occupait un réduit profond à l’une des extrémités de la pièce.

Gottfried pouvait alors contempler à loisir sa compagne. Il se sentit plus que jamais enivré de sa beauté. Son teint, d’une blancheur éblouissante, était comme relevé par une profusion de cheveux noirs comme du jais, qui flottaient négligemment sur l’ivoire de ses épaules. Ses yeux étaient grands et pleins d’éclat ; mais on remarquait dans leur expression quelque chose de hagard. Sa taille, autant que son vêtement noir permettait d’en juger, était d’une forme parfaite. L’ensemble de son extérieur était extrêmement noble et distingué, en dépit de la simplicité de sa mise. La seule chose qu’elle portât, ayant quelque apparence de luxe ou de parure, était une large bande de velours noir, une sorte de cravate, agrafée avec des diamants.

Cependant l’étudiant se trouvait quelque peu embarrassé sur le moyen d’exercer convenablement l’hospitalité avec l’être infortuné qu’il avait pris sous sa protection. Il avait bien pensé à lui abandonner sa chambre et à aller chercher pour lui-même un autre abri ; mais il était tellement fasciné ; mais son esprit et ses sens étaient sous l’empire d’un charme si puissant, qu’il ne pouvait s’arracher à sa présence. D’un autre côté, la conduite de l’inconnue contribuait à le retenir. Elle paraissait avoir oublié sa douleur et les effroyables circonstances auxquelles Wolfgang devait sa rencontre. Les attentions du jeune homme, après avoir gagné sa confiance, avaient apparemment aussi gagné son cœur.

Dans l’ivresse du moment, Wolfgang lui déclara sa passion. Il lui raconta ses rêves mystérieux ; il lui dit comment elle avait possédé son cœur avant qu’il l’eût jamais vue. Étrangement agitée à mesure qu’il parlait, elle avoua à son tour qu’elle s’était sentie portée vers lui par une impulsion tout aussi surnaturelle.

— Alors, pourquoi nous séparerions-nous ? s’écria Wolfgang au comble du délire, nos cœurs sont unis par une puissance sympathique ; aux yeux de la raison et de l’honneur ; nous ne faisons plus qu’un… Est-il besoin de formules vulgaires pour lier deux grandes âmes !…

La femme au collier noir écoutait attentivement et avec une attention toujours croissante.

— Vous n’avez ni toit ni famille, continua Wolfgang, eh bien que je sois tout pour vous, ou plutôt soyons tout l’un pour l’autre ! Voici ma main, je m’engage à vous pour toujours.

— Pour toujours ? dit-elle solennellement.

— Pour toujours, affirma Wolfgang.

L’étrangère saisit la main qu’il lui présentait.

— Donc, je suis à vous, à jamais, murmura-t-elle.

En prononçant ces derniers mots, elle laissait tomber sur son amant un long regard, plein de mélancolie et de tendresse.

 

Le lendemain matin, Gottfried sortit de bonne heure pour chercher un appartement plus spacieux et plus convenable après le changement qui venait de s’opérer dans sa condition. Il avait laissé sa fiancée paisiblement endormie. À son retour, il la trouva encore plongée dans un profond sommeil, mais sa tête pendait hors du vaste fauteuil sur lequel elle avait voulu passer la nuit, enveloppée pudiquement dans son manteau. Un de ses bras était jeté sur son front d’une façon étrange. Il lui parle, mais ne reçoit point de réponse. Il s’avance pour l’éveiller et lui faire quitter cette position incommode et dangereuse ; mais sa main était froide ; mais son pouls était nul, mais son visage était livide et contracté…   Elle était morte !!!

Éperdu, épouvanté, Gottfried pousse des cris aigus. Tout le voisinage accourt ; — la scène était déchirante…

Requis par le concierge, enfin un officier de police se présente ; mais en pénétrant dans la chambre, à la vue du cadavre il recule d’effroi…

- Grand Dieu, s’écrie-t-il, comment cette femme est-elle ici ?

— La connaissez-vous donc ? demande vivement le pauvre Gottfried.

— Si je la connaissais !… reprend l’officier. Moi !… cette femme !… Hier elle est morte sur l’échafaud !

À ces mots, plus prompt que la foudre, Wolfgang s’avance et détache la bande noire qui entourait le col si beau de son amie.

Et aussitôt se découvre à son regard la trace horrible et sanglante du fatal couteau !!!

— Horreur ! Horreur !… s’écrie-t-il, dans un accès enrayant de délire. Oh, je le vois bien, le mauvais génie a pris possession de moi, je suis perdu pour toujours. Mon ennemi a ranimé ce cadavre pour me tendre le piège cruel dans lequel je suis tombé. Affreuse déception…"

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 Camille Bodin  (1792-1851)

(pseudonyme : Jenny BASTIDE) 

"Le Monstre"

des extraits paraîtront prochainement ici même...

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 Théophile Dinocourt  (Pierre Théophile, 1791-1862)

"L'Homme des ruines"   

 

 "Les Fantômes nocturnes, ou les Terreurs des coupables, théâtre de forfaits offrant, par nouvelles historiques, des visions infernales de monstres fantastiques, d’images funestes, de lutins homicides, de spectres et d’échafauds sanglants, supplices précurseurs des scélérats"

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William Henry Ireland (1775-1835)

"L'Abbesse"

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"Les yeux du  Comte demeurèrent rivés sur elle ; elle s'en aperçut, rougit et baissa les yeux.  Il désirait beaucoup connaître son nom et sa famille.  Pour y parvenir, il résolut de le demander à l'un des religieux qui était près de lui . Son empressement fut bientôt repoussé : à ses côtés, un moine à la figure pâle et décharnée, enveloppée d'un capuchon,  fixait les yeux  sur lui avec attention.  Ce  visage hideux lui fit horreur.  Il détourna les yeux et contempla à nouveau Maddalena Rosa.   Leurs regards se rencontrèrent à nouveau ; elle baissa aussitôt les yeux, confuse."

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Diego Velasquez        Abbesse Jeronima de la Fuente

 "Je meurs, victime de la trahison ; une main cruelle et sanguinaire a tranché le fil de mes jours.  Mon meurtrier se croit en sécurité, mais le Temps qui progresse à pas lents, emporte avec lui la vengeance."

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 John Joseph Barker        Churchyard scene in the moonlight

 

FIODOR  DOSTOIEVSKI  (1821-1881)

 

 

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à suivre.....

 

 

24/04/2016

pré-gothiques, gothiques, romantiques, post-gothiques et néo-gothiques dans la tourmente

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révolutionnaire

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"Le sang, poursuivit-il après un silence, le sang est une chose sainte ; le sang ne doit pas voir le soleil de Dieu.  Le sang est naturellement caché à la lumière et c'est un grand péché d'exposer le sang à la lumière, c'est un grand péché. Ah ! c'est un grand péché !"

                               Ivan Tourguéniev       Récits d'un chasseur

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Rodriguez Guitierrez        les derniers instants d'Atala

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John Joseph Barker         Paysage forestier

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 "Cette impossibilité de durée et de longueur dans les liaisons humaines, cet oubli profond qui nous suit, cet invincible silence qui s'empare de notre tombe et s'étend de là sur notre maison, me ramènent sans cesse à la nécessité de l'isolement. Toute main est bonne pour nous donner le verre d'eau dont nous pouvons avoir besoin dans la fièvre de la mort."

                                                            François René de Chateaubriand       Mémoires d'outre-tombe

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"C'est par la mort qu'on arrive à la présence de Dieu."

                                                                   François René de Chateaubriand

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Girodet         Atala au tombeau

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François René de Chateaubriand

et le château familial de Combourg

"La vie est une peste permanente.  Cette chaîne de deuil et de funérailles qui nous entortille, ne se brise point, elle s'allonge  ; nous en formerons nous-mêmes un anneau."

                                                       idem 

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Jacques Bertaux        Prise du Palais des Tuileries

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 "Ces récits occupaient tout le temps du coucher de ma mère et de ma soeur : elles se mettaient au lit mourantes de peur ; je me retirais au haut de ma tourelle ; la cuisinière rentrait dans la grosse tour, et les domestiques descendaient dans leur souterrain.

La fenêtre de mon donjon s'ouvrait sur la cour intérieure ; le jour, j'avais en perspective les créneaux de la courtine opposée, où végétaient des scolopendres et croissait un prunier sauvage.  Quelques martinets qui, durant l'été, s'enfonçaient en criant dans les trous du mur, étaient  mes seuls compagnons.  La nuit, je n'apercevais qu'un petit morceau du ciel et quelques étoiles.  Lorsque la lune brillait et qu'elle s'abaissait à l'occident, j'en étais averti par ses rayons, qui venaient à mon lit au travers des carreaux losangés de la fenêtre.  Des chouettes, voletaient d'une tour à l'autre, passant et repassant entre la lune et moi, dessinaient sur mes rideaux l'ombre mobile de leurs ailes.  Relégué dans l'endroit le plus désert, à l'ouverture des galeries, je ne perdais pas un murmure des ténèbres.  Quelques fois, le vent semblait courir à pas légers ; quelques fois il laissait échapper des plaintes ; tout à coup, ma porte était ébranlée avec violence, les souterrains poussaient des mugissements, puis ces bruits expiraient pour recommencer encore."

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"Aucun jour n'a suivi la nuit, aucune nuit n'a été suivie de l'aurore, qui n'ait entendu des pleurs mêlés à des vagissements douloureux, compagnons de la mort et du noir trépas."

                                                               idem

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"Ma pensée errait ainsi à l'aventure, lorsqu'une jeune fille s'éleva du milieu des ondes, à quelque distance. Ses beaux cheveux n'étaient pas agités par le vent. Semblable à la lune argentée pendant une nuit d'hiver, elle vint à moi, douce et souriant d'aise.

Elle n'avait ni manteau de pourpre avec de riches broderies, ni souliers avec des nœuds de rubans, ni robe fastueuse de la couleur du ciel. Elle ne portait pas d'autres vêtements que sa beauté. Elle était nue, et semblait jeune. Tout me fit penser que je voyais la Vérité.

Les boucles de sa brune chevelure couvraient modestement ce qui doit être caché à tous les regards. Elles jouaient sur son corps blanc et sans tache comme des veines sombres dans une carrière d'albâtre que le voyageur aperçoit dans le lointain.

Rempli d'étonnement, je restai immobile et sans voix, émerveillé davantage à mesure que la vision approchait. Mes membres engourdis semblaient se refuser à la fuite ; mais je sentis mon trouble s'évanouir quand elle arriva auprès de moi dans toute la splendeur de sa nudité.

Je n'eus pas une seule pensée voluptueuse; je me souvenais bien que j'étais arrêté par des vœux. J'avais d'ailleurs dans ma poche une croix qui devait préserver mon âme de tout péché. Je regardai la jeune fille d'un œil aussi pur que celui d'un ange, et ne fus tourmenté d'aucune pensée diabolique.

Avec un doux maintien et une grâce divine, elle commença à parler. Les paroles de la Vérité sont l'image de son âme. Elle a toujours détesté la fausse éloquence. La douceur éclate dans tous les mots qu'elle prononce, quoiqu'elle s'efforce de ne pas faire briller ce penchant et de paraître sévère.

Elle me dit : Ma simple venue doit t'apprendre mon nom et mon caractère qu'on dédaigne ; je suis la Vérité descendue autrefois du ciel. Les mauvais riches et les courtisans me regardent comme une étrangère. J'ai vu tes plus intimes pensées, et viens t'éveiller de ton rêve."

Thomas Chatterton  (1752-1770)        Les poèmes de Rowley

Histoire de William Ganynge

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Dominique Mertens         Naissance au Gothique (encre)

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Dominique Mertens        Virginité (encre)

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John Barker Thomas         Chatterton dans sa chambre

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Henri Wallis        La mort de Chatterton 

(Thomas Chatterton s'est donné la mort à l'âge de 18 ans)  

 

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"L'argent ne représente qu'une nouvelle forme d'esclavage impersonnel à la place de l'ancien esclavage personnel."

                                           Léon Tolstoi        La Sonate à Kreutzer

 

 "Dès ce moment, j'entrevis que d'aimer et d'être aimé d'une manière qui m'était inconnue, devait être la félicité suprême. Si j'avais fait ce que font les autres hommes, j'aurais bientôt appris les peines et les plaisirs de la passion dont je portais le germe  ; mais  tout prenait en moi un caractère extraordinaire.  L'ardeur de mon imagination, ma timidité, la solitude firent qu'au lieu de me jeter au dehors, je me repliai sur moi-même ; faute d'objet réel, j'évoquai par la puissance de mes vagues désirs un fantôme qui ne me quitta plus.  Je ne sais si l'histoire du coeur humain offre un autre exemple de cette nature."

                                    François René de Chateaubriand        Mémoires d'outre-tombe

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Lucile de Chateaubriand, soeur tant adorée de François René de Chateaubriand

"Je me composai donc une femme de toutes les femmes que j'avais vues : elle avait la taille, les cheveux et le sourire de l'étrangère qui m'avait pressé contre son sein.   (.....) 

Cette charmeresse me suivait partout invisible ; je m'entretenais avec elle, comme avec un être réel ; elle variait au gré de ma folie.   (......)

Sans cesse, je retouchais ma toile ; j'enlevais un appas à ma beauté pour le remplacer par un autre.  Je changeais aussi ses parures.   (.....)  

Ma femme unique se transformait en une multitude de femmes, dans lesquelles j'idolâtrais séparément les charmes que j'avais adorés réunis."

                                                                                                    idem

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Dominique Mertens        Dans la crypte  (encre)       

"Au nord du château s'étendait une lande semée de pierres druidiques ; j'allais m'asseoir sur une de ces pierres au soleil couchant.  La cime dorée des bois, la splendeur de la terre, l'étoile du soir scintillant à travers les nuages de rose, me ramenaient à mes songes : j'aurais voulu jouir de ce spectacle avec l'idéal objet de mes désirs.  Je suivais en pensée l'astre du jour, je lui donnais ma beauté à conduire afin qu'il la présentât radieuse avec lui aux hommages de l'univers. "

                                                                                                     idem

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La Rumeur  

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Claude Lorrain      Coucher de soleil 

"Combien rapidement et que de fois nous changeons d'existence et de chimère !  Des amis nous quittent, d'autres leur succèdent ; nos liaisons varient : il y a toujours un temps où nous ne possédions rien de ce que nous possédons, un temps où nous n'avons rien de ce que nous eûmes.  L'homme n'a pas une seule et même vie ; il en a plusieurs mises bout à bout, et c'est sa misère."

                                                            idem

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 Chateaubriand nous a légué une description minutieuse des différentes péripéties de la Révolution française dans ses "Mémoires d'outre-tombe", contexte indissociable de la littérature gothique.

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"En considérant l'être entier, en pesant le bien et le mal, on serait tenté de désirer tout accident qui porte à l'oubli , comme un moyen d'échapper à soi-même : un ivrogne joyeux est une créature heureuse.  Religion à part, le bonheur est de s'ignorer et d'arriver à la mort sans avoir senti la vie."

                                         François René de Chateaubriand        Mémoires d'outre-tombe

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ci-dessous le texte-type d'une condamnation à mort

Exécuteur des jugements criminets.

Tribunal révolutionnaire.

L'exécuteur des jugements criminels ne fera faute de se rendre à la maison de justice de la Conciergerie,

pour y mettre à exécution le jugement qui condamne

xxxxx (liste des noms)xxxxx

à la peine de mort.

L'exécution aura lieu aujourd'hui, à cinq heures précises, sur la place de la Révolution de cette ville. (Paris)

L'accusateur public,  H.Q.Fouquier.

Fait au Tribunal, le trois floréal, l'an second de la République française

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Elisabeth Vigée-Lebrun     Madame Du Barry  (avant !)

"L'exécution de Madame Du Barry eut lieu sur l'actuelle place de la concorde, le 8 décembre 1793.  En hâte, Madame du Barry fit fiévreusement l'énumération de tous ses biens en espérant ainsi sauver sa vie, comme les autorités le lui auraient fait croire. On a affirmé qu'aux derniers instants le courage l'abandonna. Pourtant, elle avait montré, à plusieurs reprises, une indéniable fermeté face à la mort. La certitude d'une erreur ou d'une trahison peuvent expliquer ses sentiments de panique et de désespoir. On dut la traîner jusqu'à l'échafaud. Elle se débattait, pleurait, implorait…"

                                                                                                                               (extrait de Wikipaedia)

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Madame Du Barry (après !)

 

"Dans ces milliers de romans, qui ont inondé l'Angleterre depuis un demi-siècle, deux ont gardé leur place : Calek Williams et Le Moine. Je ne vis point Goldwin pendant ma retraite à Londres ; mais  je rencontrai deux fois Lewis .  C'était un jeune membre des Communes fort agréable, et qui avait l'air et les manières d'un Français.  Les ouvrages d'Anne Radcliffe font une espèce à part.  "

                                                                                                                                         idem

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                  Claude Lorrain      Paysage avec la tentation de Saint-Antoine

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William Blake        illustration pour le "Paradis Perdu" de Milton

 "Enfin il entendit ce petit choc produit par l'échappement de la pendule au moment où l'heure va sonner.  Une pâleur subite et profonde se répandit sur le visage de Luizzi ; il demeura immobile, et ferma les yeux comme un homme qui va se trouver mal.  Le premier coup de deux heures résonna alors dans le silence.  Ce bruit sembla tirer Armand de son affaissement ; et, avant que le second coup fût sonné, il avait saisi une petite clochette d'argent posée sur la table et l'avait violemment agitée en prononçant ce seul mot : 

Viens  !!!

                                                       Frédéric Soulié        Les Mémoires du Diable

 

 "C'était bien l'ange déchu que la poésie a rêvé : type de beauté flétri par la douleur, altéré par la haine, dégradé par la débauche, il gardait encore, tant que son visage restait immobile, une trace endormie de son origine céleste ; mais, dès qu'il parlait, l'action de ses traits dénotait une existence où avaient passé toutes les mauvaises passions."

                                                                                                             idem

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"Le nouveau venu se pencha négligemment à l'arrière et dirigea vers le foyer l'index et le pouce de sa main blanche et effilée ;  ces deux doigts s'allongèrent indéfiniment comme une paire de pincettes et prirent un charbon."

                                                                                                   idem

 

"Damnation !

Vous pouvez dire tout ce qu'il vous plaira ,
vous n'y gagnerez rien ; ce que je
ne me pardonne pas , c'est de vous
avoir écouté ici un moment... Je ne
permettrai pas que l'on arrête le cours
de ma vengeance ; si je fais grâce, ce
ne sera à la sollicitation de personne ;
je ne pardonnerais pas quand toute la
famille serait à mes pieds, et je les
ferais tous pendre , si mon pouvoir
égalait ma volonté. --- C'est fort bien,
monsieur, je vous avertis seulement,
que votre cruelle rigueur vous fera
détester de tous les hommes ; vous
pouvez vous aveugler sur votre pou-
voir et sur l'impunité ; l'opinion gé-
nérale saura bien démêler vos prati-
ques ; elle vengera une aussi cruelle
soif du sang : adieu, monsieur."

William Godwin       "Les Choses telles qu'elles sont"    ou

  "Les Aventures de Caleb Williams"  (1794)

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 "Le temps se passa ainsi, et, la nuit venue, j'attendis sans terreur le moment où j'allais m'échapper de ma chambre.  Seulement alors un frisson me prit ; de vagues images d'une fille séduite, qui fuit la maison paternelle, me passèrent devant les yeux comme des fantômes, pendant que je descendais l'escalier qui criait sous mes pas.  J'avais entrevu des tableaux où cela était représenté, et ils se dessinaient dans l'ombre en prenant ma figure.  Plus instruite que je ne l'étais, j'aurais peut-être reculé devant ces sombres avertissements ; mais j'avais contre moi la pureté de mon âme et l'ignorance de mes sens."

                                                                          Frédéric Soulié          Les Mémoires du Diable

 

"Et je sentais ce qu'il me disait : mon coeur bouillonnait, je frissonnais de tout mon être ; ma pensée, ma raison s'égaraient.  J'étais dans ses bras ; son haleine brûlait mon visage, ses lèvres retrouvèrent les miennes, et , quoique la nuit fût profonde, je fermais les yeux.  Je me laissais entraîner vers un crime que j'ignorais, mais qu'il me semblait que je ne devais pas voir ; je n'étais pas évanouie, mais j'étais dans les mains de Léon comme un corps inerte.  Un anéantissement douloureux du corps et de l'esprit me livrait à lui sans défense, il eût pu me tuer sans que j'en éprouvasse de douleur.  Je ne sentais plus rien ; il étreignit vainement ce corps sans âme, il chercha vainement un battement de mon coeur, il appela vainement un mot de ma bouche : je me sentais mourir, voilà tout.  Et j'étais coupable, déshonorée et flétrie que je ne savais pourquoi j'étais coupable, déshonorée et flétrie !  

Ce fut le cri de son bonheur qui m'éveilla de cet engourdissement ; je voulus le repousser et le maudire, mais ma parole demeura étouffée sous ses lèvres, et mes larmes se perdirent dans ses baisers.  J'étais à lui !  je pleurai : je venais de perdre une illusion, je venais d'apprendre ce que les hommes appellent le bonheur.  Le bonheur !  est-ce donc la profanation de l'amour ?"

                                                                                                                         idem

 

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 "Oui, quand je dirai qu'on m'a enfermée dans une tombe, loin de l'air et du sommeil, quand je donnerai les horribles  détails de cette captivité où je meurs, on me plaindra, on me devinera ; mais pourrais-je faire sentir à d'autres les horreurs d'une brutalité qui écrase et pétrit le coeur et la vie d'une malheureuse sous ses doigts insensibles ?" 

                                                                                 idem         

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"Au bord d'un lac tranquille

Je travaillais un soir à mon dernier asile.

Je creusais mon cercueil ; en moi-même absorbé

Je restai quelque temps sur ma bêche courbé.

Dans ces sombres objets, mon âme ensevelie

Aimait  à contempler le terme de la vie

Sans trouble, sans terreur, trop faible pour mes maux

D'avance je goûtais le calme des tombeaux."

Claude-Joseph Dorat   Lettre du Comte de Comminges à sa mère

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"A présent chacun aspire à séparer sa personnalité des autres, chacun veut goûter lui-même la plénitude de la vie ; cependant, loin d’atteindre le but, tous les efforts humains n’aboutissent qu’à un suicide total, car, au lieu d’affirmer pleinement leur personnalité, ils tombent dans une solitude complète. En effet, en ce siècle, tous sont fractionnés en unités. Chacun s’isole dans son trou, s’écarte des autres, se cache, lui et son bien, s’éloigne de ses semblables et les éloigne de lui. Il amasse de la richesse tout seul, se félicite de sa puissance, de son opulence ; il ignore, l’insensé, que plus il amasse plus il s’enlise dans une impuissance fatale."

                                                  Fiodor Dostoïevski         Les Frères Karamazov

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Un Jour, être Pauvre 

(chanson de Gérard Manset)

Un jour, être pauvre, 
Détaché de tout 
Sans pleurer de rien, 

Sans rire de tout, 
Comme un enfant qui repose 
Dans la vérité des choses.
S'écarter de tout, sortir,
Se tenir debout
Comme un enfant sort du ventre et hurle,
S'écarter de tout.

Un jour, être pauvre,
Détaché du reste,
De l'autre côté du mur.
Pas le moindre geste,
Pas la moindre trace de haine,
Pas la moindre trace de fêlure, trace de brûlure,
Le moindre sentiment d'oubli.
De l'autre côté du mur,
Pas la moindre trace de fêlure, trace de brûlure,
Le calme au fond du lac.

Un jour, être pauvre
Sur un quai désert
Etre un bateau vide.
Tout le monde à terre.
Comme un enfant qui repose
Dans la vérité des choses,
S'éloigner de tout, apprendre
A tenir debout
Sur la mer immense et douce, apprendre,
A tenir debout

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Une infinie tendresse

(chanson de Catherine Ribeiro)

Brisée mais non vaincue

J'observe mes entrailles

Et mon coeur et mon corps

Partout couvert de  traces

Par nous ensanglatés

Par nous mes hommes, mes femmes

Par vous mes tant aimées

Par vous mes libertés

  Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Dix hommes désespérés

 Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Dix hommes désespérés

 Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Dix hommes désespérés

 Je suis dans l'ombre le reflet

 De vos vies sacrifiées

 Ma liberté dépend

De vous entièrement

Vos mots vos désespoirs

 Sont forces vives en moi

 Mes craintes, mes angoisses

 Vos raisons d'espérer

 Oh ! donnez-moi,  donnez-moi

 Cinq hommes désespérés

   Je connais nos faiblesses

Déclins crépusculaires

Formidables  courages

Que nos vies en  survie

Brûlons les  abattoirs

Levons nos poings  serrés

Craquelons nos  carcans

Déchaînons nos enfants

   Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Deux hommes désespérés

 Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Deux hommes désespérés

 Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Deux hommes désespérés

 Donnez-moi, donnez-moi

 Deux hommes désespérés

 J'en ferai des montagnes

Des soleils, des brasiers

Des puissances d'amour

 Des infinies tendresses

 Des sexes gigantesques

 J'en ferai des grands fours

 Des aliénés d'amour

Des armures de  combat

 Des fous de poésies

De grandes symphonies

Nous serons là vivants

Témoignages  vivants

 D'un amour infini

D'une infinie  tendresse.

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Finir pêcheur

chanson de Gérard Manset

Un jour, finir pêcheur
Parce que ça grandit l'homme
Heureux comme ça
Pas gagner plus d'argent
Le matin, me lever
Pas connu, pas guetté
Parce que ça, ça fait mal
Ça fait mal à l'homme
La célébrité
Finir dans l'eau salée
Juste savoir compter
Vider le sablier
Puis tout oublier
Parce que ça grandit l'homme
De vivre sans parler
De vivre sans paroles
Et d'apprendre à se taire
Regarder sans rien faire
Regarder sans voir
Les enfants qui dansent

 


Au bord du miroir

Mais c'est toujours trop loin
Toujours dans le noir
Inaccessible
Pareil au coeur de la cible
Et c’est toujours trop loin

Un jour, finir quand même
Que personne s'en souvienne
L'écrive ou le dise
Vider sa valise
Brûler les journaux
Les tapis, les photos
Sans rien vouloir apprendre
Pour que les enfants sachent
Qu'on va quelque part
Quand on oublie tout
Qu'on oublie les coups
Qu'on déplie, qu'on secoue
Que la folie s'attrape
Qu'on déchire la nappe
Maladie tout à coup
Que tu portes à ton cou
Comme un collier de fleurs
De larmes et de couleurs

Un jour, finir pêcheur
Mollusque divin
Peau de parchemin
Mais c'est toujours trop loin
A portée de la main
Inaccessible
Pareil au coeur de la cible
Mais c'est toujours trop loin

Un jour, finir meilleur
Tuer le mal de l'homme
Se libérer de tout
Prendre dans la mer
Les coraux, les vipères
Et tout ça dans la main
Sans lumière et sans gaz
Et sans barbe qu'on rase

Un jour, finir pêcheur
Avaler le compteur
Regarder sans voir
Le calendrier
Qui tombe en poussière
Qu'elle est loin, la terre
Qu'elle est loin, la terre

Le calendrier
Qui tombe en poussière
Qu'elle est loin, la terre
Qu'elle est loin, la terre
Le calendrier

Le calendrier
Qui tombe en poussière
Qu'elle est loin, la terre
Qu'elle est loin, la terre

Gérard Manset
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François Richard Fleury         Valentine  de Milan attendant le retour de son époux

"Personne n'apprécie la bonté à sa juste valeur, car malheureusement, chacun y voit un reproche à son adresse."

                                                                                     Léon Tolstoi        Guerre et paix

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Gabriel Cornelius von Max          Lady Macbeth

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"Au second acte, le décor représentait un cimetière couvert de monuments funèbres, et au milieu de la toile de fond on voyait un trou qui figurait la lune.  La nuit se fit sur la scène, au moyen d'abat-jour abaissés sur les quinquets ; les cors et les contrebasses jouèrent en sourdine, et une foule de gens, drapés de longs manteaux noirs, sortirent des coulisses.  Ils se mirent à agiter les bras comme des fous, et ils étaient en train de brandir un objet pointu qui ressemblait de loin à un poignard, lorsque d'autres hommes accoururent, en traînant de force la demoiselle en blanc."

                                                                              Léon Tolstoi           Guerre et paix 

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« Brusquement ma vie s’arrêta… Je n’avais plus de désirs.

Je savais qu’il n’y avait rien à désirer.

La vérité est que la vie était absurde.

J’étais arrivé à l’abîme et je voyais que, devant moi,

il n’y avait rien que la mort. » 

                                                                   Léon Tolstoi

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Léon Tolstoi 

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Léon Tolstoi à Iasnaïa Poliana

 Gothique

  à  la  manière  des maîtres

du  genre

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L'Enfer  est  pavé  de  bonnes  intentions

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Boris Christoff

" Non, il n’est pas mort, c’est impossible ! » se dit-elle. Dominant sa terreur, elle approcha de la couche funèbre, et posa ses lèvres sur la joue de son père ; mais à ce contact elle tressaillit et se rejeta en arrière : toute la tendresse qu’elle venait de ressentir s’évanouit pour faire place à un sentiment d’horreur et de crainte causé par ce qu’elle voyait devant elle. « Il n’est plus, il n’est plus, et à sa place quelque chose d’horrible, un mystère effrayant qui me glace et me repousse, murmurait la pauvre fille… Et, se cachant la figure dans les mains, elle tomba évanouie dans les bras du docteur qui l’avait suivie."                                                  Léon Tolstoi         Guerre et paix

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Dominique Mertens        Là-bas (encre)

« Oui, j’ai souhaité sa mort, disait-elle tout haut dans son émotion. J’ai désiré voir finir cela plus vite, pour me reposer… Mais à quoi me servira ce repos, lorsqu’il ne sera plus ? »                      idem

L'Enfer  est  pavé  de  bonnes  intentions

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 "Dans ce sombre monastère, les religieux se saluent en disant : Frère, il nous faut mourir !"

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"Pleurez, bonnes gens,

car la vie le quitte.

Ses lèvres se sont tues ; 

Il ne répond plus.

Les lamentations funèbres !"

                                                          Modeste Moussorgski        paroles extraites

                                                                                                     de l'opéra "Boris Godounov"

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Fédor Chaliapine, chanteur basse

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Vera Ignatievna Moukhina        L'ouvrier et la kolkhozienne

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L'Enfer  est  pavé  de  bonnes  intentions

"Il s'agite, il tremble, il appelle à l'aide :  

Mon Dieu, je souffre.

Ne pourrai-je donc jamais racheter mes péchés ?"

                               Modeste Moussorsgski             Boris Godounov

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L'Enfer  est  pavé  de  bonnes  intentions

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"L'amour, qu'est-ce que l'amour ? se disait-il. L'amour est la négation de la mort, l'amour c'est la vie ; tout ce que je comprends, je ne le comprends que par l'amour.  Tout est là !  L'amour, c'est Dieu, et mourir c'est le retour d'une parcelle d'amour qui est moi, à la source générale et éternelle."

                                                                           Léon Tolstoi         Guerre et paix

 

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22/10/2014

Une VIE GOTHIQUE

 UNE  VIE  GOTHIQUE

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"Oui, je ris de l'humanité et du mensonge perpétuel qu'elle commet en parlant de son coeur.

Je ris des passions humaines, du vice et de la vertu, de la religion et de l'impiété, car ce n'est autre chose que le résultat des conventions locales et des situations artificielles.    (.....)

Misérables humains !  Comédiens de bonne foi, d'un ridicule amer, débitant de grands mots, et n'éprouvant rien de profond !"

charles_robert_maturin      melmoth_l'_homme_errant

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 mon  roman  

est  en  vente  

à  la  librairie  des

éditions des tourments

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et

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     Dominique Mertens           L'Axe de l'Univers       

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 " Qui donc est parmi nous, s'écria enfin le moine ?

Là où il mange, la nourriture devient poison ;

là où il marche, l'herbe se sèche.  Son oeil est un éclair.

Qui est-il ? "        (.....)

" Qui l'a amené ici , qui le connaît ? répétait le moine. 

Et comme personne ne lui répondait, Olavida s'adressa personnellement à chacun d'eux et chacun d'eux lui fit un signe négatif.

 Alors moi seul puis le connaître, s'écria-t-il, et je sens déjà ses marques sur moi."  (.....)

" Sa voix s'éteignit un instant, puis reprenant avec effort : 

 Je le connais et je lui ordonne de sortir, car il s'appelle le ... "

charles_robert_maturin       melmoth,_l'_homme_errant

   

 

Pourquoi teinter ainsi d'hypocrisie

nos relations humaines ?

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"Non, je ne connais pas cet homme !"

gerrit_van_honthorst        le_reniement_de_saint_pierre 

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Est-ce ainsi que les hommes vivent ?  

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

(chanson de Léo Ferré - extrait)

Tout est affaire de décor

Changer de lit changer de corps

A quoi bon puisque c´est encore

Moi qui moi-même me trahis

Moi qui me traîne et m´éparpille

Et mon ombre se déshabille

Dans les bras semblables des filles

Où j´ai cru trouver un pays.

Cœur léger cœur changeant cœur lourd

Le temps de rêver est bien court

Que faut-il faire de mes jours

Que faut-il faire de mes nuits ?

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                     Dominique Mertens          Wolfram Manteufel    

Deviens  un  autre !!!

DEVIENS  AUTRE !!!

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       charles_robert_maturin

Charles Robert Maturin (1782-1824)  est issu d'une famille de la bourgeoisie irlandaise protestante.  Il mena toute sa vie durant une carrière d'ecclésiastique à la paroisse de Saint-Peter de Dublin.  Il fut constamment en proie à de grandes difficultés financières, ce qui le poussa à développer sa production littéraire, laquelle fut taxée d'athéisme.

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"Il en est ainsi de la curiosité et de l'amour, qui sont certes les deux plus grands moteurs du monde, et qui colorent tous les faits, toutes les erreurs, d'une sorte de grandeur romanesque, en donnant naissance à de grandes dépenses d'énergie pour obtenir la possession d'êtres ou de choses bien souvent fort misérables, hélas !"

charles_robert-maturin       melmoth,_l'homme_errant

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 les âmes anéanties pleurent sur le misérable orgueil des hommes 

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 "Seigneur, prends pitié !"

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Requiem  pour  l'espèce  humaine...

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"Et comme si, à cet instant même, dans mes yeux qui ressemblaient aux yeux de ma mère, il eût deviné toute une destinée de souffrance, il m'étreignit avec force contre sa poitrine et fondit en larmes."

octave_mirbeau        le_calvaire

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Dominique Mertens          L'Enfer m'étreint        

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"D'ailleurs, signor, je vous le répète : n'allez pas vous mêler des affaires

qui peuvent intéresser les Frères Noirs ou tout autre habitant de la forêt sombre ;

on ne peut jamais avoir qu'à s'en repentir !"

étienne_léon_de_lamothe_langon        le_monastère_des_frères-noirs

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 "Parce que les malheureux aiment à avoir des compagnons d'infortune.  Les oiseaux en cage désirent voir enfermer les autres oiseaux.  Il est possible que ce soit le désir d'une âmes corrompue, mais il est très naturel."

charles_robert_maturin       melmoth,_l'_homme_errant

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"C'était la beauté dormant au sein de l'horreur."

ann_radcliffe        les_mystères_d'_udolphe

 

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

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Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

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"Puis tout à coup ma vision s'obscurcit et une tempête éclata dans tout mon être.  Je me redressai sous l'influence d'un pouvoir plus fort que la raison, la nature reprenait son empire, ma jeunesse me criait : tu peux encore changer les rôles dans cette atroce comédie, et de victime sacrificateur.  Je puis faire rougir ma mère devant moi ; mon père demeurera confondu.  A mon tour, je puis jeter le désespoir dans l'âme de ceux qui m'entourent et leur rendre souffrance pour souffrance."

charles_robert_maturin       melmoth_l'_homme_errant

Est-ce ainsi que les hommes vivent ? 

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Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

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"Et comme si, à cet instant même, dans mes yeux qui ressemblaient aux yeux de ma mère, il eût deviné toute une destinée de souffrane, il m'étreignit avec force contre sa poitrine et fondit en larmes."

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Dominique Mertens             Crime odieux

 Tout, tout, tout au nom du seul ARGENT  !!!!

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L'argent, ce sang impur qui vicie les pensées et les actes  des êtres humains...

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un chaos de sentiments et d'actes frelatés, 

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que le feu seul parviendrait éventuellement à purifier... en les anéantissant !

  médaille décernée par le gouvernement russe aux liquidateurs (décédés)

 de la centrale nucléaire de Tchernobyl

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"Quel dommage que tant de riches qui pourraient se procurer à volonté un soleil brillant laissent flétrir leurs jours dans les brouillards de l'égoïsme!"

ann_radcliffe_les_mystères_d'_udolphe

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ASSEZ  de ces  financiers

et autres spéculateurs!!!

 Ils  dénaturent  la  Vie

et transforment toutes choses,

et  jusqu'aux sentiments-mêmes,

en viles marchandises.

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La Vie n'est ni un spectacle, ni une marchandise...

(lire à ce sujet "La Société du spectacle", ouvrage fondamental de Guy Debord)

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      Dominique Mertens          Enchaînée et dénaturée       

 

Dénaturer, c'est déjà détruire...

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  La mer n'est pas la mer

(extrait de la chanson de  Félix Leclerc)

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La mer n'est pas la mer,

C'est un gouffre sans fond       

Qui avale les garçons

Par les matins trop clairs...

L'amour n'est pas l'amour...

C'est un faux carrefour

Où les filles entrent en chantant

En ressortent en pleurant...

La vie n'est pas la vie...

Mais triste comédie

Qu'il faut vite quitter

Avant que d'y goûter...

Moi je sais un pays

Qui est bien loin d'ici

Où la mer et la vie

Et l'amour sont unis...

...Où la mer et la vie

 Et l'amour sont unis

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Sur les traces de l'infâme Montorio...

( héros du roman "fatale_vengeance",  de charles_robert_maturin ) et du tout aussi sinistre montoni... (héros du roman "les_mystères_d'_udolphe", de ann_radcliffe)

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... qui  va  jusqu'à  faire  de  l'amour  une  simple  marchandise...

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éviter les mauvaises rencontres

 en s'enfouissant au plus profond de soi-même

 

"  - Tu es parfois d'une naïveté incroyable !

-  Qu'est-ce qui te fait croire qu'il a des

sentiments pour moi ?

-  Il ne te touche jamais ! "

dialogue extrait du film le_village,  de m_night-shyamalan

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"L'idée de s'ensevelir dans des caves profondes et de se mettre à la merci des esprits infernaux, loin de la lumière du jour, et pour ainsi dire dans les entrailles de la terre, glaça les domestiques d'une terreur si forte que tous se refusèrent à obéir à l'ordre de leur maître."

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"Mon geolier me conduisit, les yeux bandés, à travers une multitude de passages, jusqu'à ce qu'enfin nous arrivâmes à une salle de la partie méridionale du château."

julia_ou_les_souterrains_du_château_de_mazzini       ann_radcliffe

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et  chercher  inlassablement  la  lumière

  afin d'accueillir l'énergie

 

 

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Dominique Mertens          Attachée à la vie par de simples ronces         

 car l'amour

est

transformation

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"Le Monde tourne grâce à l'Amour.  

Chacun s'incline respectueusement devant lui."

dialogue extrait du film le_village, de m_night_shyamalan

 

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amphitheatrum_sapientiae_aeternae

  "Pour arriver à tout savoir, veillez à ne posséder quoi que ce soit.  (...)  Pour arriver à être tout, veillez à n'être rien de rien,  (...)  car  pour venir du tout au tout, il faut renoncer à soi du tout au tout."

jean_de_la_croix   citant maître_eckart   ("Du détachement")

  Voici que l'été est passé

(poème d'Arseni Tarkovski , fils d'Andréi Tarkovski,  extrait du film  Stalker)

Voici que l'été est passé,

Autant dire un mirage !

Au soleil il fait bon

Mais on en voudrait davantage.

Tout ce qui devait arriver

Comme une feuille échancrée

Est tombé sur ma page,

Mais j'en voudrais davantage.

Ni le mal, ni le bien,

Rien ne s'est perdu en vain.

Tout à fait flamme claire et sage,

Mais j'en voudrais davantage.

La vie m'a accueilli sous son aile

Pour me garder et me sauver,

Et c'est vrai que j'ai évité le naufrage,

Mais j'en voudrais davantage.

Pas de feuilles brûlées,

Pas de branches brisées,

Un jour propre comme le vitrage,

 Mais j'en voudrais davantage !

 

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"Qu'ai-je à craindre ?  dit-elle ;

si les âmes de ceux que nous chérissons reviennent,

ce ne peut être que par bonté."

 ann_radcliffe      les_mystères-d'_udolphe

 

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philip_galle       le_triomphe_du_temps     

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philip_galle       le_triomphe_de_la_mort

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les roues du Temps, les roues de la Mort

sont-elles bien les seules à nous broyer, 

nous, pauvres humains... ?

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"Quand son esprit fut remis de ce premier choc, elle comprit le danger de céder à l'indolence ; et pensant qu'une activité soutenue pourrait seule lui donner de la force, elle s'attacha scrupuleusement à bien employer toutes ses heures.  C'est bien alors qu'elle connut le prix de l'éducation qu'elle avait reçue.  En cultivant son esprit, Saint-Aubert lui avait assuré un refuge contre l'ennui et l'oisiveté, la dissipation, les brillants amusements, les distractions de la société dont sa position la séparait, ne lui étaient point nécessaires.  Mais en même temps, Saint-Aubert avait développé les touchantes qualités de son âme ; elle répandait sa bienveillance autour d'elle, et les maux qu'elle ne pouvait écarter par ses secours, elle les adoucissait par la compassion et la bonté ; en un mot, elle savait compatir aux douleurs de tous les êtres qui souffraient."

ann_radcliffe       les-mystères_d'_udolphe

 

Enfin libre !!

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 Oui, mais libre de quoi ?

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Enfin seul(e) !!

Oui, mais seul(e) avec qui ?

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amour_désarmé

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 Sur les pas d'une héroïne gothique exemplaire,

en feuilletant le roman d'Ann Radcliffe

"Julia, ou les souterrains du château de Mazzini"

("a sicilian romance")

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 "Près de cette porte que l'on referma, le marquis fit découvrir une trappe que des broussailles et des pierres détachées de l'escalier masquaient en quelque sorte.  Le terrain étant déblayé, il ordonna encore au valet le plus proche de lever cette trappe, qui nécessairement devait conduire à quelques souterrains.  L'idée de s'ensevelir dans des caves profondes et de se mettre à la merci des esprits infernaux loin de la lumière du jour et pour ainsi dire dans les entrailles de la terre glaça les domestiques d'une terreur si forte que tous se refusèrent d'obéir à l'ordre de leur maître."

.....

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Sur les pas d'une héroïne gothique...

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 Dominique Mertens          C'est ici que le chemin s'efface        

..... "Il n'en fallut pas davantage pour décider Julia à fuir à travers l'espace ténébreux qu'elle avait à parcourir.  Après avoir couru longtemps sans trouver le terme de cette vaste enceinte, elle s'arrêta pour respirer.  Tout était calme en ce moment, et comme elle regardait autour d'elle, la sombre obscurité du lieu porta dans son imagination les images les plus effrayantes.  Elle fut étonnée de la profondeur de cet abîme, dont elle ne découvrait qu'imparfaitement l'étendue.  Cet asile ne semblait propre qu'à servir de repaire aux brigands."

.....

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photo extraite du film "der_turm_ des_schweigens"  de johannes_guter

..... "L'escalier, arrivé à la plus déplorable vétusté, était composé de marches rompues et de pierres toutes disjointes.  Le mur même contre lequel il était appuyé, était entamé à plusieurs endroits.  Tout donnait à craindre que le moindre poids ou la plus légère secousse n'entraînât l'escalier et le mur.  Il y avait donc au moins de l'imprudence à se hasarder au milieu de ces effrayantes ruines.   Mais le désir de fixer ses idées et d'arriver à un résultat quelconque, l'emporta sur l'imminence du péril.  Ferdinand hasarda le pied sur la première marche de l'escalier, et passant de pierre en pierre, toujours en évitant les points dégradés, il arriva à la seizième marche.   Il espère aller plus loin, mais par suite de l'ébranlement qu'il vient de donner à cet amas de pierres disjointes, les marches inférieures se rompent subitement, et il reste suspendu sur le point où il se trouve, à dix ou douze pieds de terre, ayant au-dessous de lui un monceau de pierres et de décombres qui le briseront infailliblement s'il tombe de la hauteur où il est en quelque sorte suspendu."

.....

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..... "Au risque de périr, il se saisit d'une solive placée le long des marches de l'escalier ; il espère qu'elle pourra supporter le poids de son corps, et qu'en se laissant glisser tout au long, il lui sera possible de parvenir sans accident au pied des degrés.  Mais à l'instant où il avance la main pour la porter sur la pièce de bois, sa lampe lui échappe, elle s'éteint et tombe au milieu des décombres."

.....

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 ..... "Le ciel était couvert de nuages, la lune ne devait pas paraître, ainsi la nuit était extrêmement obscure.  En vain essaya-t'-il d'ouvrir la petite fenêtre qui lui donnait un peu d'air et de jour.  Elle était scellée, cadenassée et garnie en dehors d'énormes barreaux."

.....

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"Des rochers semi-circulaires s'élevaient en groupe, et dans leurs formes fantastiques présentaient les attitudes de la nature les plus frappantes et les plus hardies : sa vaste magnificence élevait ici l'âme du spectateur jusqu'à l'enthousiasme  ; l'imagination ravie exerçait encore son empire sur les objets ; elle ajoutait à l'obscurité du bas, à l'horreur des cavernes, à l'aspect effrayant des rochers, au murmure des vents."

.....

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 "Elle marcha quelque temps en tâtonnant ; elle fut encore arrêtée par une autre porte qu'elle essaya également d'ouvrir.  Le désespoir doublait ses forces.  Après une assez longue résistance, la porte céda, et Julia vit un très petit appartement, éclairé par une petite fenêtre pratiquée dans la voûte.  Au milieu, dans une espèce de fauteuil à bras, était une femme pâle, défigurée, les yeux à moitié fermés."

 .....

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Dominique Mertens          Tout près d'Eux       

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"Si la compassion n'est pas un sentiment voluptueux, comment se fait-il que rien ne nous bouleverse autant que la beauté souffrante ?"

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 "Je ne peux vivre  plus longtemps dans cette confusion, cette incohérence...  L'amour profane m'est interdit.  Le Très-haut est ma seule nourriture, ma seule consolation.  Vers Lui j'élève mes regards.  Vers Lui montent mes prières.  Je ne puis aimer nul autre que Lui...  Mon sang  bouillonne...  Que m'arrive-t'-il ?  Je ne sais pas, je ne sais plus.  Oh !  vers où porter mes pas ?  Les journées me sont une torture.  Je voudrais trouver refuge dans les bras de Celui que j'ai offensé... Une voix résonne à mes oreilles : "Tu vis dans le péché."  Est-ce donc péché que d'aimer ?"

charles_robert-maturin        fatale_vengeance

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"Est-ce moi cette créature tombée en faute, est-ce moi cette créature échevelée, hagarde, qui s'enfonce dans des terres stériles à la poursuite d'un objet insaisissable, et qui se retournant soudain découvre avec horreur qu'elle est perdue ?"

idem

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 "Je ne peux plus nier l'évidence.  Oui, j'aime d'amour.  J'étais ballottée de-ci de-là dans la nuit sombre.  Un courant m'emportait sans que j'en eusse conscience.   Quand le jour a paru, je flottais à la dérive sur le vaste océan : seule, frissonnante, désemparée.  Si autrefois j'avais entendu raconter une histoire semblable à la mienne, je n'aurais pas eu de mots assez durs pour condamner les illusions et les mensonges dont se serait bercée la triste héroïne.  Moi aussi je me targuais d'une vertu qui n'avait pas encore été mise à l'épreuve.  Moi aussi je me croyais au-dessus des tentations alors que j'ignorais tout de leur puissance.  Moi aussi j'étais pure, j'étais fière.  Aujourd'hui je suis une brebis égarée dans le désert.  La servante du Seigneur s'est détournée de l'amour divin, du Guide de sa jeunesse, et s'attache aux pas d'un inconnu."

idem

 

"Il est venu à ma rencontre souriant comme un ange, brillant des mille feux de l'aurore.  L'allégresse, la beauté, la splendeur, tous les attraits et ornements de la vie, tout ce qui est capable de captiver les sens, lui faisaient cortège.  Je regardai, écoutai et succombai.  Il me tendit la coupe que j'approchai de mes lèvres tremblantes.  Je bus.  Oh !  le doux, le délicieux breuvage !  C'est ainsi qu'Amour prit possession de moi."

idem

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       Dominique Mertens         Confrontation des lumières       

 

"Lumières"

chanson de Gérard Manset

Mais où sont passées les lumières
Qui nous guidaient ?
Peut-être étions-nous trop fiers
Pour baisser la tête.
Le monde a tourné sans nous,
Sans nous attendre.
Les ténèbres sont partout
Couvertes de cendres.

Mais souviens-toi
Que l'on s'aimait quand même.
Nous étions si jeunes, si fiers
Et, comment le dire,
Nous avons perdu la lumière,
L'étoile qui caressait nos paupières.
Tout m'est égal.

Et quand même
On se souvient,
On se rappelle
De quelque chose
Qu'on pose près du lit,
D'une lumière
Qui brillait la nuit.

Mais où sont passées les lumières
Qui nous guidaient ?
Devenus statues de pierre,
Qu'avons nous fait ?
Les instants, comme des clous de fer
Qu'on enfonce
Et rien que le bruit de la mer
Pour seule réponse.

Souviens-toi, c'était hier,
Mais aujourd'hui,
Le lion secoue sa crinière.
Peur de la nuit,
Gratte le fond de la rivière
Où il venait boire.
Nous avons perdu la lumière.
Nous sommes dans le noir.

Mais où sont passées les lumières
Qui nous guidaient ?
Le lion secoue sa crinière
A chaque coup de fouet
Derrière les barreaux de fer,
Sans illusion.
Derrière les barreaux de fer,
De sa prison

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"Est-ce ainsi que les hommes meurent ?"

chanson de Gérard Manset

                                      Depuis bien longtemps déjà,
J'ai cessé d'écrire,
Cesser de lever les yeux,
Cessé de relire.
Dans le parc, devant la grille,
Les hommes arrivent
Et juste une trace de pas
Le long des rives,
Juste une trace de pas
Le long des rives.

Depuis bien lontemps,
Je ne dirige plus les musiciens.
Depuis bien lontemps,
Laissé pendu l'habit de magicien
Dans le parc, devant la mer.
Les robes blanches,
Enfants fragiles comme du verre,
Jouent sous les branches,
Enfants fragiles comme du verre,
Jouent sous les branches...

Est-ce ainsi que les hommes meurent ?
Et leur parfum, au loin, demeure.

Depuis bien longtemps déjà,
J'ai cessé de vivre,
De toucher du bout des doigts
La tranche des livres.
Dans le parc, devant la rive,
Des bruits étranges,
Bruissements d'ailes, lumières,
Cheveux des anges,
Le bruissements des ailes, les lumières,
Les cheveux des anges...

Depuis bien lontemps déjà,
Le seul souvenir
D'une miette de vie encore
Que je respire,
Dans le parc devant l'allée,
Le vide immense.
Bruits des pas sur le gravier,
De mon enfance,
Les bruit des pas sur le gravier,
Les ombres dansent...

Est-ce ainsi que les hommes meurent ?
Et leur parfum, au loin, demeure,
Et leur parfum, au loin, demeure.

 

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"Samuel Hall"

chanson d'Alain Bashung

J'suis parti à 15 heures trente

J'étais fatigué j'avais mal
Tu es fatigué c'est tout
Dit-elle

Acheté une livre et demie de viande hachée
Haricots en boîte plus chips
Quel besoin avais-tu d'acheter tout ca
Dit-elle

Tu ferais mieux de nous pondre un truc qui marche mon garçon
Dit-elle
Tu ferais mieux de nous pondre un truc qui marche

Allez continue comme ça
Continue comme ça

Ohé ohé

Avale me disais-je
Allez avale

Allez au diable je m'appelle Samuel Hall
Je vous déteste tous
Allez au diable je m'appelle Samuel Hall
Je vous déteste tous

Mon estomac s'est contracté oh de la mortadelle ou Dieu sait quoi
Oh Seigneur j'ai dit Oh
Tu ferais mieux de revoir tes vieux amis
Dit-elle
Tu ferais mieux de revoir tes vieux amis

Glissé le carbone plus papier dans la machine et au travail
C'est ça oui c'est ça
Dit-elle

Avale me disais-je
Allez avale

Allez au diable je m'appelle Samuel Hall
Je vous déteste tous
Allez au diable je m'appelle Samuel Hall
Je vous déteste tous

Allez continue comme ça
Continue comme ça

Ohé ohé

Continue comme ça ...

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"Toi à qui m'enchaîne une passion fatale, approche et regarde ce que tu as fait de moi.  Non, ne viens pas !  Je ne veux pas que tu me voies vautrée dans le péché.  Je ne veux pas d'un soupir   de compassion devant des souffrances qui me procurent d'atroces volupés."

idem

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"Rien ne sert de lutter contre un sort misérable.  Renoncer à ma faute serait renoncer à la vie.  Je ne le puis ; je m'y refuse.  Mon malheur m'est cher.  De l'amour j'ai goûté les fruits amers, la solitude, les larmes.  Si cela est souffrance, alors je veux souffrir encore."

idem

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      Dominique Mertens          L'angelus  ou  le combat pour la vie         

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          Dominique Mertens            Le rond de sorcière           

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 fonthill_abbey

 

"Ses yeux se posent sur moi et semblent demander : "Est-ce que tu gémis ?" Et monte à ses lèvres un sourire enchanteur et caressant qui ranime mes forces défaillantes.  Lorsque la lune, déchirant la sombre masse d'un ciel d'orage, répand sur les flots tumultueux des gerbes de douce lumière, l'infortuné navigateur relève la tête et bénit l'apparition de l'astre nocturne.  C'est ainsi qu'il illumine mes ténèbres de son éclat et de sa splendeur."

idem

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dossier complet 

à  découvrir sur le site

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           Dominique Mertens          Prière à la vierge             

"Je suis ébranlée par le flux et le reflux de sentiments discordants que seuls connaissent ceux qui aiment.  En société, j'ai peur à tout instant qu'un geste inconsidéré ne trahisse mon agitation au regard d'autrui.  Je reste impassible quand j'entends son nom  - mais appliqué à un autre membre de sa famille.  A l'inverse, quand il est prononcé  -serait-ce de manière négligente-  pour le désigner, lui, tout mon corps se met à trembler, mes yeux s'embuent, mon esprit ébauche un sourire triste et coupable."

idem

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amour, quand tu nous tiens...!

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photos des  "amants_de_teruel "

  

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          Dominique Mertens          Meurtre dans la forêt         

 

"Si encore je me cantonnais dans une prudente expectative !  Mais non !  Je ne me fie pas au hasard.  Toutes les ruses me sont bonnes, les plus grossières comme les plus subtiles, pour imprimer à la conversation un cours qui tôt ou tard amènera son nom sur les lèvres d'un des convives.  Et quand j'y réussis, quand il est fait mention de lui, alors mon coeur se dilate.  se peut-il que jamais oeil inquisiteur n'ait lu dans mon jeu... ?"

idem

 les 12 coups de minuit sonnent,

le Gothique est sur le point de naître...

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 le Gothique est né du feu...

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le grand incendie de Londres en 1666, peinture anonyme

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colonne commémorative du grand incendie de Londres en 1666

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le Gothique s'est répandu avec la révolution française, cet événement majeur qui mit le feu aux inégalités sociales

issues du Moyen Age

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c'est en 1764 qu'Horace Walpole publia son premier

roman gothique, "Le Château d'Otrante"...

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tandis qu'Ann Radcliffe publia ses "Mystères d'Udolphe" en 1794

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scène de rue à Paris en 1789

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 Tu viens d'incendier la Bibliothèque ? 

- Oui. J'ai mis le feu là.
       - Mais c'est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !


 victor_hugo    extrait du recueil "L'année terrible",  

dialogue intitulé "à qui la faute ?"

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le Gothique met le feu...

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 la prise de la Bastille, prélude à la révolution, et espoir de justice sociale 

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à  propos  du  Tribunal  des Terres  Rouges ..... 

(voir  dans mon roman)

Le Tribunal secret ou la Sainte-Vehme.

(d'après la notice rédigée par Jean-Nicolas-Etienne de Bock accompagnant le drame historique intitulé "Le Tribunal secret", 1791)

 

L'origine des francs-comtes et des francs-juges remonte au règne de Charlemagne.  Ils prétendaient avoir été substitués aux commissaires impériaux qui allaient tous les ans, et même plus souvent, faire leur tournée dans l'empire.  Chacun pouvait leur porter ses plaintes contre les gouverneurs de provinces et autres principaux officiers, ainsi que plaider par devant eux les causes dont la décision était réservée exclusivement à l'empereur.

Ces commissaires jugeaient souverainement presque toutes les affaires et ils avaient seuls le droit d'infliger, au nom de l'empereur, des peines corporelles.  Comme ces commissaires ne pouvaient pas demeurer longtemps dans le même lieu, l'instruction des procès se faisait sommairement et de la manière suivante : on choisissait dans chaque district deux personnes d'une probité reconnue, et quelques fois davantage ; on les prenait à serment, puis on les chargeait d'examiner les crimes de ceux qui étaient accusés, et d'après leur rapport on rendait un jugement définitif.  

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Les francs-comtes et les francs-juges de Westphalie, que leur puissance et leur constitution rendirent, vers le commencement du XVè siècle, si célèbres et si redoutables qu'il s'en fallut de peu qu'on ne sévît contre eux avec la même rigueur que contre les templiers, sont aujourd'hui tellement oubliés qu'à peine l'histoire en conserve quelques traces. 

 La nature de cette commission exigeait deux sortes de procédures : l'une publique et l'autre secrète. La sorcellerie, la magie et les vols commis dans les églises, étant rangés dans la classe des crimes irrémissibles, il fallait nécessairement faire à ce sujet des informations secrètes ; de là on peut induire que si les premières séances de ce tribunal se tenaient publiquement, il y en avait ensuite d'autres où personne n'était admis.

Comme ces commissaires ne pouvaient pas demeurer longtemps dans le même lieu, l'instruction des procès se faisait sommairement et de la manière suivante : on choisissait dans chaque district deux personnes d'une probité reconnue, et quelques fois davantage ; on les prenait à serment, puis on les chargeait d'examiner les crimes de ceux qui étaient accusés, et d'après leur rapport on rendait un jugement définitif.  Nous observons qu'on avait grand soin de cacher au peuple le nom de ces jurés, afin qu'il ne s'en méfiât point.

On tenait des séances publiques en plein air, et il y avait d'autres secrètes où se traitaient les principales affaires, d'où lui est venu le nom de tribunal secret. (heimliche Acht) Le peuple ne connaissait pas les francs-juges, et ceux-ci s'étaient engagés par le serment le plus terrible à livrer père, mère, frère, sœur, ami ou parent sans exception, s'ils avaient commis quelque crime qui fût dans le cas d'être dénoncé au tribunal secret.  Les francs-juges étaient alors obligés de lui faire part de ce qu'ils avaient appris relativement à l'affaire dont il s'agissait, d'aller citer les coupables et, si la sentence l'ordonnait, de les pendre partout où ils les trouvaient. 

Les membres de ce tribunal maintenaient par là l'autorité de l'empereur, en qualité de commissaires impériaux, dans toute l'étendue de l'empire, sans s'embarrasser des droits des états chez lesquels ils exerçaient.

Les tribunaux secrets restèrent longtemps dans cet état, mais, vers la fin du XIVè siècle, on les vit tout à coup s'élever à un degré de puissance si formidable que l'Allemagne entière en fut épouvantée.  

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Lorsqu'en Bavière, en Autriche, en franconie et en Souabe, quelqu'un refusait de comparaître devant ses juges naturels, on avait aussitôt recours à un des francs-tribunaux de Westphalie où l'on rendait une sentence qui, dès qu'elle était connue de l'ordre des francs-juges, mettait en mouvement cent mille assassins qui avaient juré de n'épargner ni leurs parents, ni leurs meilleurs amis. 

Il n'y avait aucune objection à faire contre les sentences de ce trribunal.  Il fallait les exécuter sur le champ avec la dernière ponctualité et la plus parfaite obéissance.

Cela engagea presque tous ceux qui avaient de la naissance ou de la fortune à se faire agréger à cet ordre.  Chaque prince avait quelques francs-juges dans son conseil ; il en était de même parmi les magistrats des villes impériales.

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Il était très rare qu'on pût se soustraire aux procédures de ce tribunal, car les francs-juges n'étant pas connus, épiaient le moment où un prince sortait de son palais, un gentilhomme de son château, ou un bourgeois de sa ville, pour aller pendant la nuit afficher à sa porte l'assignation qu'on lui donnait de comparaître devant le tribunal.  Si, après avoir renouvelé cette formalité par 3 fois, il ne se présentait pas, il était condamné, mais avant que de faire exécuter la sentence, on le citait encore une dernière fois, après quoi on l'abandonnait à la vengeance de cette armée invisible de francs-juges qui le poursuivaient jusqu'à ce qu'il fût mis à mort.

Le plus profond mystère accompagnait toutes leurs opérations, et l'on ignore à l'aide de quels signes les sages (c'était le nom qu'on leur donnait) se reconnaissaient entre eux. 

Quoique l'empereur fût sensé être le chef suprême de cet ordre, il était défendu de lui révéler ce qu'il s'y passait. 

L'empereur seul  avait le droit de donner une sauve-garde à ceux qui avaient été condamnés par le tribunal secret. 

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peinture d'un artiste inconnu (johann_heinrich_füssli ?)

illustrant le thème de la malédiction cher à m_g_lewis, auteur du roman  "le_moine"

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la persécution, un thème abondement mis en scène dans la littérature gothique...

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 la "boîte aux lettres" aux servant aux dénonciations dans la Venise de la Renaissance 

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paru aux

editionsdestourments.fr 

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alfred_rethel_nemesis

une version plus que sombre glanée sur le web

 

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 "Entrez, entrez, beau monde !

Choisissez votre tombe,

Dans le cimetière des arlequins !

Entrez, entrez, braves gens,

Recherchez le tourment

Dans le cimetière des arlequins !

(extrait de la chanson "le cimetière des arlequins"

du groupe Ange,  paroles de christian_decamps)

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"Cesse de pleurer celui qui a disparu  !" 

dante_alighieri      la_divine_comédie

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 "Je te mènerai à la cité des tourmentés.

Je te mènerai à l'éternelle douleur.

 Je te montrerai l'infernal séjour !"

                                                      

            

 






 

01/11/2011

AUX SOURCES DU GOTHIQUE

Ann RADCLIFFE

aux sources du gothique

Ann WARD naquit à londres en 1764 dans une famille de commerçants estimés.  Elle y reçut une éducation anglicane stricte.  Toute jeune encore, elle aurait connu l'écrivaine Sophia Lee, auteure du roman pré-gothique "Le Souterrain, ou Mathilde", (1785) laquelle dirigeait une école pour jeunes filles de bonnes familles, et sa soeur, Harriet Lee, elle aussi écrivaine.  Ce serait ce roman dont tout le monde parlait alors, qui l'aurait influencée dans l'écriture de ses trois principaux romans que sont La Romance de la forêt, (1791) Les Mystères d'Udolphe, (1794) et L'Italien, ou le Confessionnal des Pénitents Noirs. 1797)

C'est dans le respect de la tradition bourgeoise et conservatrice que grandit Ann.  A l'âge de 23 ans, elle épousa William Radcliffe, un juriste propriétaire de la gazette The English Chronicle.  Ensemble, ils voyagèrent en Allemagne où ils sillonnèrent la vallée du Rhin, admirant au passage les anciennes forteresses qui émaillent son cours.

Restée sans enfants, Ann consacra son temps libre à l'écriture de ses cinq romans, de 1789 à 1797, après quoi elle mit un terme définitif à sa carrière littéraire.  A l'époque où elle les écrivit, Horace Walpole connaissait la célébrité pour son roman Le Château d'Otrante, (1764) et la vogue du gothique était en plein essor. Hélas, d'insistantes rumeurs ne tardèrent pas à circuler au sujet de l'état mental de la romancière, rumeurs qui finirent par provoquer l'exaspération de son mari au point pour celui-ci de se voir dans l'obligation d'exhiber un certificat médical attestant du parfait équilibre mental de son épouse.  

Ann Radcliffe décédera en 1823 à l'âge de 59 ans.  Son succès littéraire fut tel qu'il suscita un engouement sans précédent, engouement qui se traduisit par un florilège d'imitations souvent plus insignifiantes les unes que les autres.  

...

Reportons-nous à présent à l'érudite approche du roman Les Mystères d'Udolphe, telle que nous la livre Maurice Lévy dans sa préface du dit roman, non sans rappeler au préalable que ce dernier en a revu et corrigé la traduction originellement établie par la comtesse Louise Marie Victorine de Chastenay de Lanty en 1797.

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Hans Burgmaier        Amants surpris par la mort

"Il faut retenir de ces premiers romans l'essentiel de ce qu'ils ont en commun : une intrigue plus complexe à mesure que l'art de la romancière se confirme, mais toujours centrée sur des aventures qui ne font sens que lorsqu'elles sont vécues dans le cadre d'architectures médiévales : des châteaux ou des abbayes sui, en Ecosse, en Sicile ou en France sont un même décor et illustrent un symptomatique rêve labyrinthique.  Poursuites effénées, rencontres terrifiantes, découvertes macabres et autres aventures au sens propre déroutantes disent la perte d'une difficile orientation dans des sites nocturnes, toujours tragiquement traversés."

...

"L'espace narratif a toujours des murailles pour limites, comme pour enfermer ensemble héroïne et lecteur dans un univers où n'ont plus cours les codes de la vie ordinaire."

...

"Toutes les héroïnes d'ann Radcliffe font à un moment ou un autre l'expérience de l'angoisse du seuil : Emilie n'échappe pas à la règle.  Quand elle franchit le portail de la forteresse, son coeur se serre et lui viennent à l'esprit des pensées de longues souffrances et de meurtres.  Pressentiment qui se vérifie sans tarder : il y a dans une salle d'Udolphe un fauteuil de fer fixé au sol, dont les pieds et les bras sont garnis de barres et de chaînes, et au-dessus duquel pend un effrayant collier d'acier.  A toutes fins utiles et pour qu'on ne croie pas que ces instruments sont purement décoratifs, un corps ensanglanté gît dans un recoin de la pièce.  Les souffrances infligées par Montoni à sa femme, sa séquestration dans une tour du château et sa mort sont une autre preuve, s'il en était besoin, des tourments associés à l'image du château.  tout se passe comme si l'effrayante demeure était la matérialisation dans l'espace de la volonté de puissance de son infâme propriétaire... et bien sûr pèse sur des centaines de pages l'horreur incertaine de la scène initiale (ou faut-il dire primitive ?) tue par la romancière, orientant l'imaginaire vers d'innombrables supplices : qu'a bien pu voir Emilie derrière le sinistre voile noir ?  Udolphe, aperçu de l'extérieur, paraît suspendu entre deux abîmes : ses remparts prolongent la paroi abrupte du roc et ses tours donnent sur le vide qui s'ouvre à son pied. La verticalité du château continue celle de la montagne.  Des dangers analogues y guettent l'explorateur, liés à la nature du site : danger du vertige, crainte de la chute.  Chute physique et déchéance morale : l'une est souvent dans l'écriture gothique une représentation figurée de l'autre."

...

"Lourde d'un sens pudiquement tu est cette porte sans verrou intérieur qui donne sur les noirs abysses du château, sur l'en dessous des choses, du monde et de la ceinture.  Lieu de tous les dangers, c'est une chambre à coucher, où l'intimité risque à chaque instant l'outrage."

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Charles-marie Bouton        Moine en prières dans une église gothique en ruines

"Il y a beaucoup de non-dit dans le discours d'Ann radcliffe, des opacités, une violence le plus souvent contenue mais qui parfois éclate en descriptions sanglantes, en corps mutilés, en duels meurtriers, en séquestrations et tortures.  Troubles, textuellement parlant, sont les imaginations d'une romancière réputée pour sa pudibonderie : le texte est plein d'appétits inassouvis.  Il s'écrit simultanément sur deux faces : à l'endroit, il y a beaucoup de dignité, de decorum, de décence et d'honnêtes sentiments : rien que de très avouable.  Un côté vertu, dont on pourrait même dire que la romancière l'exhibe avec quelque ostentation.  A l'envers, il y a du désir.  Il y aurait certes quelque ridicule à faire d'Ann Radcliffe une émule ou une rivale du marquis embastillé  -elle qui, lorsqu'elle prévoit une intrusion masculine dans la chambre de son héroïne, la fait providentiellement aller au lit toute habillée... Mais il y a aussi en elle des zones d'ombre, du ténébreux, des choses tues ou qu'il faut lire entre les lignes : de l'inter-dit.  Le XVIIIè siècle voulait que le gothique empruntât à la forêt sa pénombre, en même temps que l'ogive de ses voûtes naturelles et la verticalité de ses troncs."

...

"Métaphorique obscurité : le château cache aussi bien les desseins du maître des lieux.  On ne sait jamais très exactement ce qui se passe à Udolphe : décisions floues et contradictoires concernant Emilie, allées et venues de soldats à figure patibulaire, arrivée de femmes dont le comportement dit avec une tacite véhémence la profession.  Mais que veut donc Montoni ?  Qu'attend-il exactement de celle qui est, depuis qu'il a épousé sa tante, sous sa tutelle légale ?"

...

"En fait, le seigneur d'Udolphe se comporte plus en geôlier jaloux qu'en tuteur légal.  Ou plus exactement, il se dresse, au seuil de son redoutable repaire, tel l'un de ces pères des origines écartant, l'arme à la main, la horde primitive des fils conquérants."

...

"On a souvent désigné le mystère de la chambre close imaginé par Ann Radcliffe comme étant à l'origine de maintes situations analogues du roman policier contemporain : mais a-t-on suffisamment fait remarquer que ces lieux clos sont surtout des appartements interdits ?  Mieux : des chambres à coucher qui ont un passé et une histoire, avec un lit pour principal mobilier ?"

...

"Les déambulations nocturnes de la jeune fille à la recherche de sa tante (image d'une mère de substitution, si peu digne que Mme Montoni soit de l'être) dans les entrailles d'Udolphe peuvent s'interpréter classiquement comme l'exploration du corps maternel, en quête d'une problématique origine.  N'est-il pas significatif que les demeures dont Emilie ne se lasse pas de parcourir nuitamment les couloirs et les appartements, soient toutes deux encore très fortement habitées, hantées par le souvenir des femmes à qui elles ont jadis appartenu ?"

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"Le message est clair : toute tentative d'affranchissement ou d'émancipation conduit au crime, à la folie et au désespoir."

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"Mais la romancière ne se contente pas de donner de ses toiles favorites des reproductions sans relief ou des chromos de mauvais goût : son art se situe bien plus haut.  Tout se passe comme si les scènes qu'elle transpose, loin d'être passivement incorporées à l'intrigue, agissaient sur le discours narratif, l'activaient, et d'une certaine manière, l'orientaient.  Les images, devenues texte, colorent et contrôlent l'écriture.  Chaque nouvelle vignette crée l'événement, impose au récit un nouveau régime.  A mesure que l'intrigue se noue et se développe, le texte se plie aux exigences de nouvelles images qui se pressent, s'enchaînent ou se superposent."

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"Le gothique, de par sa nature, exclut la lumière."

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"Tout l'art d'Ann Radcliffe tient dans cette écriture nocturne et dissimulatrice, qu'éclairent seules de l'intérieur, des compositions picturales qui sont des pauses, des intervalles, de brefs instants de répit."

Maurice Lévy

(extraits de la préface des Mystères d'Udolphe, éditions Gallimard)

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Les Mystères d'Udolphe

roman gothique de Ann Radcliffe

 

Quelle oeuvre colossale !  Pensez donc : en édition de poche, (Gallimard, collection Folio classique) ce roman ne totalise pas moins de 800 pages d'une rare densité !  Pour une oeuvre qui fut écrite en 1794, cela représente quand même un certain exploit compte tenu de l'indéniable qualité littéraire de celle-ci.  Ann Radcliffe s'y montre sous le jour d'une écrivaine scrupuleuse, soucieuse de vraisemblance, minutieuse dans ses descriptions, fidèle dans l'étude psychologique de ses personnages, sensible, novatrice et, ce qui ne gâte rien, passionnante à lire, même si son écriture élégante date évidemment d'un autre âge et peut donc nous  sembler parfois quelque peu désuète.

Féréol de bonnemaison  Jeune femme surprise par un orage (détail)  couverture de l'édition Gallimard des Mystères d'Udolphe.jpg

Féréol de Bonnemaison     jeune femme surprise par un orage

En guiser d'introduction à ce grand roman gothique, voici un échantillon typique du style de son auteur. Vous remarquerez au passage l'usage particulier qu'elle fait de la ponctuation...

"Sa femme était retirée dans son appartement ; la langueur et l'abattement qui l'avaient accablée, et que l'arrivée des étrangers avait comme suspendue, la saisirent de nouveau, mais avec des symptômes plus fâcheux.  Le lendemain, la fièvre se déclara ; le médecin y reconnut les mêmes caractères qu'à celle dont Saint-Aubert venait d'échapper ; elle en avait reçu le poison en soignant son époux ; sa complexion trop faible n'avait pu y résister ; le mal s'était répandu dans ses veines, et l'avait jetée dans la langueur."

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Dès le début du roman  -dont le déroulement s'avère extrêmement lent- nos esprits cartésiens sont quelque peu étonnés par la caractérisation souvent fantaisiste des paysages que traversent les héros : la Garonne y sert de liaison expresse entre la Guyenne et le Languedoc-Roussillon, la notion des distances semblant réduite à son minimum pour les besoins de l'action.  Qu'il suffise de se reporter à la description du Voyage en Espagne de Théophile Gautier pour se représenter les incroyables difficultés que comportait ce genre d'entreprise...

Mais poursuivons nos observations au fil du récit qui s'ouvre sous nos yeux : Ann Radcliffe ne craint pas de s'engager au devant de sa propre part de ténèbres, fascinée qu'elle est sans doute par l'insondable mystère du masochisme féminin.  Dans sa quête, elle apportera sa sensibilité et ses hautes exigences morales, qualités qu'elle ne manquera pas de répandre dans toute son oeuvre comme un parfum quelque peu entêtant. En voici un témoignage tout à fait exemplaire :

"Le monde, disait-il en suivant sa pensée, le monde ridiculise une passion qu'il connaît à peine ; ses mouvements, ses intérêts distraient l'esprit, dépravent les goûts, corrompent le coeur ; et l'amour ne peut exister dans un coeur quand il n'a plus la douce dignité de l'innocence.  La vertu et le goût sont presque la même chose ; la vertu, c'est le goût mis en action, et les plus délicates affections de deux coeurs forment ensemble le véritable amour.  Comment pourrait-on chercher l'amour au sein des grandes villes ?  La frivolité, l'intérêt, la dissipation, la fausseté y remplacent continuellement la simplicité, la tendresse et la franchise."

...

"Ma soeur, ajouta-t-elle gravement ; et prenant de sa main froide et humide une des mains d'Emilie, que cet attouchement fit frémir : ma soeur, prenez bien garde au premier mouvement des passions !  prenez garde au premier !  si l'on n'arrête leur course, elle est rapide ; leur force ne connaît aucun frein ; elles nous entraînent aveuglément ; elles nous mènent à des crimes que des années de prières et de pénitence n'effacent pas.  Tel est l'empire d'une passion !  Elle domine toutes les autres, elle s'empare de tous les chemins du coeur ; c'est une furie qui nous possède, et qui nous fait agir en furie, qui nous rend insensible à la pitié, à la conscience ; et quand son but est rempli, furie toujours plus impitoyable, elle nous livre, pour notre tourment, à tous ces sentiments qu'elle avait suspendus, qu'elle n'avait point étouffés, aux supplices de la compassion, du remords, du désespoir.  Nous nous éveillons comme dans un songe : un nouveau monde nous entoure, nous sommes étonnés, épouvantés, mais le forfait est commis.  les pouvoirs réunis du ciel et de la terre ne sauraient plus l'anéantir, les fantômes nous poursuivent.  Que sont les richesses, la grandeur, la santé même, auprès de l'inestimable avantage d'une conscience pure, auprès de la santé de l'âme ?  Que sont les chagrins de la pauvreté, du mépris, de la misère, près des angoisses d'une conscience affligée ?  Oh ! quel temps s'est écoulé depuis que j'ai perdu cette richesse de l'innocence !  je croyais avoir épuisé l'excès des maux, l'amour, la jalousie, le désespoir : ces peines étaient des jouissances, auprès des tourments de ma conscience.  J'ai goûté ce qu'on appelait les douceurs de la vengeance : mais qu'elles sont passagères !  Elles expirent avec leur objet.  Souvenez-vous-en, ma soeur : les passions sont le germe du vice aussi bien que de la vertu !  Tous deux en peuvent sortir, selon qu'on les gouverne.  Malheur à ceux qui n'ont jamais appris l'art si nécessaire de les régler."

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Singulier roman que celui-là, disséminant au fil des pages des principes moraux bien arrêtés, et considérant par ailleurs d'un oeil critique les choses de la religion :

"Qui donc a pu inventer les couvents ? se disait-elle.  Qui donc a pu le premier persuader à des humains de s'y rendre, et, prenant la religion pour prétexte, les éloigner de tous les objets qui l'inspirent ?  L'hommage d'un coeur reconnaissant est celui que Dieu nous demande ; et quand on voit sa gloire, n'est-on pas bien reconnaissant ?  je n'ai jamais senti tant de dévotion pendant les heures d'ennui que j'ai passées au couvent, que pendant le peu de minutes que j'ai passées ici : je regarde autour de moi, et j'adore Dieu du fond de mon coeur."

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Terminons ce  bref hommage à Ann Radcliffe par ces quelques mots de Joseph Méry écrits en 1840 :

"Chaque page semble tourner avec accompagnement de ferailles ; chaque ligne est sablée avec de la poudre de tombe ; chaque lettre est un oeil éteint qui regarde le lecteur.  un homme nerveux ne peut dormir dans une chambre habitée par ces quatre volumes sulfureux ; il est obligé de les exiler, dans l'intérêt de son sommeil."

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 La   Cloche   de   minuit  

(the midnight bell) 

                                           roman gothique (extraits)

                                                   de

                                          Francis LATHOM   

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 "A peine avait-il fait quelques pas, que le son  éloigné d’une cloche frappa son oreille.  Il regretta beaucoup d’avoir été obligé de partir plus tard qu’il ne l’avait projeté, mais toujours résolu de poursuivre son entreprise, il accéléra le pas.

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Albrecht Dürer     château de Trient (aquarelle)

 Arrivé sous les murs du château, et favorisé par la lumière de la lune, il en fit le tour en cherchant des yeux la poterne.  Un instant, il crut apercevoir une lumière dans une des croisées du second étage.  Il s’arrêta, mais la lumière n’ayant pas reparu, il passa outre, persuadé que son imagination l’avait trompé.

 Il arriva enfin à la poterne ; elle était fermée !  Il la poussa d’un bras vigoureux.  Elle céda  sous ses efforts.  Il entra, fit quelques pas, tendit l’oreille et regarda tout  autour de lui ; il n’entendit que le silence, et ne vit que les ténèbres.

Il retourna alors sur ses pas, et franchit à nouveau la porte.  Là, ayant allumé sa lanterne qu’il a soin de tenir de manière à pouvoir la cacher promptement sous son large manteau, il rentra dans le château, et ferma sur lui la porte, juste comme il l’avait trouvée. 

 Il s’avança le long d’un passage voûté à l’extrémité duquel, en tournant à gauche, il trouva une porte ; il la franchit, et entra dans la grande cour du château.  Il fit encore quelques pas, puis leva sa lanterne afin de mieux voir les objets qui l’environnaient.  Tout autour de la cour, il aperçut de nombreuses colonnes de marbre, et à l’extrémité, une grande porte de fer.  En face se trouvaient quelques marches  bordées d’une rampe aux côtés de laquelle il y avait deux portes hautes et étroites.  C’est par l’une de ces portes que le comte était entré dans la cour.

 Il monta les marches.  Une longue galerie s’étendait sur la droite et sur la gauche.   Levant à nouveau sa lanterne, il porta d’abord son regard vers l’extrémité de la galerie, à droite.  Il aperçut des portes de chacun des côtés.  Cette galerie se terminait par un mur blanc.  Il obliqua à gauche.  Cette seconde galerie était plus étendue que la première.  Pendant qu’il l’examinait, il crut voir passer rapidement une silhouette cernée d’ombre.

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Il avança lentement.  Au bout de la galerie de droite se trouvait un corridor  qui conduisait en descendant à une autre galerie fort semblable à celle qu’il venait de quitter.  Au fond de cette galerie, il découvrit soudain une porte entrouverte.  Cachant sa lanterne, il regarda au travers de cette porte.  Tout était enténébré.  Il tira sa lanterne de dessous son manteau, et entra dans une chambre magnifiquement meublée.  Rien n’indiquait qu’elle eût été récemment habitée.  Ne trouvant pas d’autre issue, il retourna dans la galerie.  Le bruit d’une porte à peu de distance attira son attention.  Il ne put pas déterminer de façon précise de quelle partie du château provenait le bruit, mais il conjectura qu’il était parti de la galerie située à droite des escaliers qui l’avaient conduit de la cour au château.  Il suivit le son.  Cette galerie se terminait elle aussi par quelques escaliers donnant sur un corridor de même longueur.

 Après avoir réfléchi un instant sur la marche à suivre, il descendit les escaliers.  Au bas de ceux-ci se trouvait une porte, comme de l’autre côté.  Il remit sa lanterne sous son manteau, et il se disposait déjà à tenter de forcer la porte, quand il entendit un long gémissement qui lui parut poussé par une personne proche de lui.  Il tourna la tête, mais n’aperçut rien.  Il commençait à croire que ses sens l’avaient trompé, et il était sur le point de poser la main sur la porte, quand il en fut empêché par un cri étouffé en provenance de l’appartement auquel menait cette porte.  Il écouta.  Par deux fois encore le même bruit se fit entendre.  Il ne douta plus qu’il ne vint de l’appartement fermé par la porte devant laquelle il se trouvait.  Le silence se fit à nouveau.  Pour la troisième fois, il se disposait à entrer quand plusieurs voix parlant ensemble et d’un ton suppliant, se firent entendre.  Son étonnement fut à son comble.  Tout à coup, les voix se modifièrent et entonnèrent un chant solennel.  Le comte reconnut un chant religieux.  Toujours inébranlable dans son dessein, il cacha à nouveau sa lanterne, ouvrit la porte, et entra.

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En face de la porte par laquelle il était entré, il y avait une autre porte, plus petite, et voûtée, d’où s’échappait une faible lumière.  En regardant autour de lui, il remarqua qu’il se trouvait dans une petite sacristie située juste derrière l’autel d’une chapelle à laquelle aboutissait la porte voûtée.  Il marcha avec précaution vers un endroit à partir duquel il put découvrir tout l’intérieur de la chapelle.  A faible distance des marches de l’autel, une figure pâle et décharnée était agenouillée auprès d’un cercueil, une croix dans la main gauche, et une discipline dans la main droite.

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Albrecht Dürer      le pénitent 

Trois moines étaient agenouillés de l’autre côté du cercueil.  C’étaient leurs voix qu’avait entendues le comte.  Ils poursuivaient leur chant.  Lorsqu’ils en eurent fini, tout trois se signèrent du signe de la croix, et commencèrent une prière dans laquelle 

ils  imploraient la miséricorde divine en faveur du pénitent.  En même temps, la figure dont l’ample vêtement noir ne permettait pas de distinguer le sexe, se leva et se fustigea les épaules avec la discipline qu’elle tenait dans la main droite.  La douleur lui arracha bientôt de sourds gémissements, comme ceux que le comte avait entendus.  Bientôt les moines firent une autre prière à laquelle se joignit le pénitent.  Après cela, ils quittèrent ensemble la chapelle par la porte faisant face à l’autel.  L’un des moines portait une lampe qui, durant leurs dévotions, était placée sur le cercueil devant lequel ils s’étaient agenouillés. 

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Francisco Zurbaran    Saint Sérapion (détail)

 A la vue de cette scène, la ferme résolution du comte Byroff de débrouiller enfin le mystère qui enveloppait ce château, s’était évanouie.  La psalmodie résolument religieuse des moines, la douleur de la personne pour le salut de laquelle ceux-ci imploraient le ciel, ne l’autorisèrent pas à troubler l’impressionnante et terrible cérémonie, et quand celle-ci fut terminée, il sentit une répugnance insurmontable à se présenter devant des hommes qui auraient le droit de lui reprocher son intrusion furtive dans le château, et qui refuseraient probablement ses excuses. 

 Il perdit quelques instants à réfléchir sur le parti à prendre. Il entendit des pas dans la galerie, mais le bruit expira sur le  champs. Il ne douta pas, d’après ce que Jacques lui avait dit, que ce bruit ne fût fait par les moines en se retirant.  Le bruit d’une porte qui retentit dans tout le château le confirma dans son opinion.

 

Il se détermina à entrer dans la chapelle, et chercha à découvrir ce qu’était devenue l’apparition qu’il avait entrevue, car il croyait fermement, sans trop cependant savoir pourquoi, que celle-ci n’avait pas quitté le château.  Il ne doutait plus que cette personne ne fût, ou le comte Frédéric, ou la comtesse Anna.  Naturellement, il inclinait à croire que c’était le premier.  Cependant, les propos d’Alphonse semblaient indiquer que c’était cette dernière. 

Arrivé au fond de la chapelle, il trouva que la porte par laquelle étaient passés les moines, était fermée.  Il voulut l’ouvrir, mais elle résista à ses efforts.  A ce moment-là, une lumière frappa ses yeux.  Il cacha aussitôt sa lanterne.  La lumière s’avança, et lui permit d’apercevoir une autre porte de fer, laquelle menait à un long et étroit passage à l’extrémité duquel parut presque simultanément, portant une lampe, la silhouette qu’il avait vue dans la chapelle.  Elle ouvrit une porte en face de celle où était le comte, et la referma sur elle.  L’obscurité revint. 

Il reprit sa lanterne à la main, mais la porte par laquelle la personne était entrée, était trop éloignée  pour qu’il put en discerner  les traits à la faible lueur que procurait sa lanterne.  Il résolut néanmoins de la poursuivre, et s’il parvenait jamais à la rattraper, de s’adresser à elle. 

Après avoir traversé successivement plusieurs passages, une suite d’appartements le conduisit à une chambre et à un petit cabinet attenant.  Au fond de ce cabinet, il aperçut un escalier dérobé du pied duquel  partait la galerie à l’extrémité de laquelle s’ouvrait la porte de la chapelle.  Il se précipita de ce côté dans l’espoir d’y retrouver la porte par laquelle avait disparu l’obscure silhouette.  La muraille était de forme semi-circulaire.  Il en conclut qu’il se trouvait à présent dans une des tours qui enserrait les quatre coins du château ; mais toutes ses recherches ne purent lui faire découvrir la moindre porte en cet endroit du château.

Posant sa lanterne à même le sol, il passa et repassa la main sur toutes les parties de la muraille.  Finalement, il crut sentir une légère proéminence qui, au toucher, lui parut être un gond.  Il reprit sa lanterne afin de s’en assurer.  A son grand désespoir, il vit que la mèche de sa lampe était sur le point de se consumer.  Il se hâta donc de retourner à la galerie tant qu’il lui restait quelque lumière.  Il craignait, si elle venait à s’éteindre, qu’en cherchant son chemin dans l’obscurité, son absence ne se prolongeât jusqu’au moment où il fût impossible de la dissimuler à Lauretta dont le courage n’arriverait certes pas à surmonter cette nouvelle épreuve.  A pas précipités, il suivit le couloir qui l’avait mené à la chapelle, mais à peine arrivé dans la galerie, sa lampe expira. 

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Heureusement, le jour commençait à poindre.  Il descendit sans peine jusqu’à la cour.  Il se remémora bien le chemin qu’il avait suivi, et gagna la poterne.  Mais quelle fut sa surprise en la trouvant fermée !

Il se reprocha de n’être pas sorti du château avant les moines, d’autant plus qu’il savait par le récit de Jacques que ceux-ci fermaient la porte lorsqu’ils quittaient les lieux.  Il retourna dans la cour, et essaya d’ouvrir la grande porte.  Ses efforts furent vains ! 

« Mais comment, se disait-il à lui-même, Alphonse a-t-il pu sortir d’ici après le départ des moines ? »

Cette idée lui redonna espoir de trouver une autre issue.  Après de longues et pénibles recherches, force lui fut de renoncer.  Il s’inquiétait que Lauretta ne découvrît son absence et n’en soupçonnât le motif.

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 Après avoir passé ainsi deux heures en recherches stériles et en vaines lamentations, il crut entendre le bruit d’une clef tourner dans la serrure de la poterne.  Il s’arrêta pour mieux écouter et n’entendit plus rien.  Il s’imagina alors qu’il s’était trompé.  Néanmoins, il voulut s’assurer de la vérité, et courut à la porte.  Elle était ouverte !!!  Il tressaillit de joie et, franchissant le seuil de la poterne, il s’éloigna rapidement du château sans plus chercher à savoir par qui et pour quelle cause la porte avait été ouverte."

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à suivre...