08/11/2013

BAISER GOTHIQUE

BAISER  GOTHIQUE

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"A nouveau, il reprit ses paroles, mais elle sentit que cette fois il le faisait exprès. "Je t'aime bien, dit-il, tu as été bonne pour moi, aujourd'hui.  Bien des lèvres rouges ont embrassé les miennes et sont devenues très pâles.  Maintenant, maintenant ton tour viendrait.  Voilà pourquoi il vaut mieux que tu ne m'embrasses pas."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

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"Il alla vers le large divan et s'y allongea ; puis il appuya sa tête sur les coussins, étendit les bras de chaque côté et ferma les yeux.

"Maintenant viens, Mandragore !"

Elle s'approcha, s'agenouilla devant lui.  Elle hésita, le regarda puis s'élança soudain vers lui, saisit sa tête et pressa ses lèvres avec passion sur les siennes.

il ne l'étreignit pas, ne bougea pas les bras.  Mais ses doigts se crispèrent sur ses poings.  Il sentit sa langue, et la légère morsure de ses dents..."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

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"Embrasse-moi, supplia-t-il, embrasse-moi !"

Il buvait ses baisers, buvait le sang brûlant de ses lèvres, déchirées par les dents de Mandragore.  Et il s'enivrait, le sachant et le voulant, comme avec un vin mousseux, comme avec les poisons qu'il avait ramenés d'Orient..."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

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"Les lèvres de Mandragore étaient à demi ouvertes.  Avide, la pointe de sa langue se faufilait entre ses dents blanches.  Ses seins mats se soulevaient rapidement et une lueur folle brillait dans ses yeux hagards.  Soudain, elle se jeta sur lui, pressa sa bouche contre la blessure et but, but..."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

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Baiser gothique         Dominique Mertens

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"Ses baisers étaient bons, caressants et tendres comme le chant d'une harpe par une nuit d'été, mais aussi sauvages, rudes et violents, comme le vent de la tempête sur la mer du Nord, brûlants comme le souffle de feu de la bouche de l'Etna, déchirants et impétueux comme le tourbillon du Maelstrôm...

Tout s'engloutit, pensa-t-elle, tout sombre.

 Puis le feu s'alluma, les flammes montèrent jusqu'au ciel.  Quand le loup, les babines sanglantes, se rua dans le sanctuaire, les tisons volèrent et brûlèrent les autels.

Elle l'étreignit, se pressant contre sa poitrine...

"Je brûle, exulta-t-elle, je me consume..."

Un à un, il arracha les vêtements de son corps.

Le soleil était haut lorsqu'elle s'éveilla.  Elle vit qu'elle était nue, mais ne se couvrit pas.  Elle tourna la tête et le vit allongé à son côté, nu comme elle.

Elle demanda : "Partiras-tu aujourd'hui ?

- Veux-tu que je parte ?

- Reste, murmura-t-elle, reste !"

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"Lorsqu'il fut auprès d'elle, elle vit qu'il saignait.  Des gouttes tombaient de ses joues, de son cou et de son oreille gauche.  "Je t'ai mordu", murmura-t-elle.

Il acquiesça d'un signe de tête.  Alors elle se dressa, lui enlaça la nuque et, de ses lèvres brillantes, but le sang rouge."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

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Leurs caresses, leur tendresse et tous les mots doux étaient morts et fanés, comme les fleurs, comme le fin gazon sur lequel  la  tempête de leur amour avait roulé.  Le feu qui les avait dévorés de ses dents avides était mort de lui-même, et de ses cendres une haine terrible, implacable, naissait.

Ils se regardèrent.  Maintenant, ils savaient qu'ils étaient des ennemis mortels.

La longue ligne rouge des cuisses de Mandragore lui parut dégoûtante et odieuse.  Sa bouche était amère, comme s'il avait porté un poison à ses lèvres.  Et les morsures de ses dents, les égratinures de ses ongles devenaient douloureuses et le brûlaient...

Elle va m'empoisonner, pensa-t-il, comme elle le fit autrefois pour le docteur Petersen."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

 

"Les yeux verts de Mandragore le regardaient, moqueurs, effrontés et excitants.  Il ferma les yeux, se mordit les lèvres ; ses doigts se crispèrent.  Mais elle se leva, se détourna et négligemment marcha sur lui avec mépris.

Il se leva d'un bond, se tint devant elle, croisant son regard...

Pas un mot ne sortit de ses lèvres, elle se taisait, puis elle leva le bras et le frappa au visage.  Alors, il se jeta sur elle, la secoua brutalement, la traîna à terre par les cheveux, la frappa, la piétina et lui serra violemment le cou.

Elle se défendait bien.  Ses ongles déchiraient son visage, ses morsures déchiquetaient ses bras et sa poitrine.  Et, baveuses et sanglantes, leurs lèvres se cherchèrent, se trouvèrent et se prirent dans de violentes souffrances...

Soudain il la repoussa et la jeta au loin, elle retomba sans connaissance sur le gazon."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

 

 

 

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"Sur l'épaule de son amant, elle aperçut 

Trois cicatrices, trois morsures de sa bouche,

Trois témoins indiscrets de leur amour farouche

Et posa les lèvres dessus."

Hanns Heinz Ewers      L'apprenti sorcier

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Gage d'amour       Dominique Mertens

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Entre moi et mon ami

(complainte médiévale)

Ensemble, mon ami et moi

En un bois près de Béthune,

Nous allâmes jouant mardi

Toute la nuit sous la lune,

Si bien que le jour se leva

Et que l'alouette chanta

Disant "Ami, allons-nous en."

Et il répondit doucement :

"Il n'est point encore jour,

Savoureuse au corps gentil,

Que m'assiste l'Amour ;

L'alouette nous a menti !"

Alors il se rapprocha de moi,

Et je ne fus pas rebelle.

Bien trois fois il m'embrassa.

Je le fis moi aussi plus d'une

Et cela ne m'ennuya pas.

Comme nous aurions voulu

Que cette nuit durât cent nuits

Et que plus jamais il n'eût à dire 

"Il n'est point encore jour !"

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Départir  (Se séparer)

complainte médiévale

Quand je vois l'aube du jour venir

Mille choses je ne dois tant haïr

Car elle fait de moi se séparer

Mon ami que j'aime par amour.

Maintenant je ne hais rien tant que le jour,

Ami, qui me sépare de vous.

Quand je suis couchée dans mon lit,

Que je regarde à mon côté

Et n'y trouve pas mon ami,

Je m'en plains aux parfaits amoureux.

Bel ami, vous vous en irez.

Que votre personne soit recommandée à Dieu.

Par Dieu, je vous prie, ne m'oubliez pas !

Je n'aime rien tant que vous.

Maintenant, je prie tous les vrais amants

De cheminer en chantant cette chanson

Et ce en dépit des médisants,

Et des mauvais maris jaloux.

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Baiser gothique

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Départir         Dominique Mertens

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Lasse (Hélas !)

complainte médiévale

Hélas, pourquoi repoussai-je

Celui qui m'a tant aimée ?

Longtemps à moi il a pensé et n'y a trouvé pitié.

Hélas, si très dur coeur ai, qu'en dirai

Egarée je fus plus cruelle 

Quand je le repoussai.

J'en ferai droit à son plaisir

S'il m'en daigne ouïr.

Certes, bien me dois clamer et épuisée et malheureuse

Quand s'il n'a pas d'amour,

Mais grande douceur et rosée

Tant doucement me pria et n'y a recouvré merci.

Egarée fus quand ne l'aimais.

J'en ferai droit à son plaisir

S'il m'en daigne ouïr.

Chanson va sans délais à celui qui tant m'agrée.

Car Dieu je prie et demande qu'il vienne à moi sans retard.

En sa merci je me mettrais toute.

Puisse trouver celui qui m'agrée,

Que j'ai trop mal trahi.

J'en ferai droit à son plaisir

S'il m'en daigne ouïr.

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Je vivrai liement 

complainte médiévale

Je vivrai  dans la liesse

Douce créature

Si vous saviez vraiment

Qu'en vous est tout mon souci.

Dame de maintien joli,

Plaisant, clair et pur,

Souvent me fait dire : "Aïe, moi ! !"

Le malheur que j'endure

Pour vous servir loyalement

Et soyez sûre 

Que je ne puis plus vivre ainsi

Si longtemps cela dure,

Car vous m'êtes dure

Sans merci et sans pitié,

Et ainsi vous avez mis mon coeur

En telle ardeur

Qu'il pourra certainement de mort très laide

Si pour son soulagement

Votre pitié n'est pas prochainement mûre.

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...le baiser de la Mort... 

...le baiser de l'Amour...

 

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De toutes flours

complainte médiévale

Pour toute fleur et pour tout fruit

Dans mon verger il n'y avait qu'une seule rose,

Le reste était gâté et détruit

Par Fortune qui durement s'oppose

A cette douce fleur pour flétrir sa couleur et son odeur.

Mais si je la vois cueillir ou se laisser choir

Jamais ne désire avoir une autre après elle.

Mais vraiment je ne puis imaginer

Que la vertu  où ma rose est enclose,

Vienne par toi et par tes faux conduits,

Mais au contraire est droit, donc naturel. 

Aussi je suppose 

Que tu n'auras jamais la vigueur

D'amoindrir son prix et sa valeur.

Laisse-la moi, puisque nulle part en mon verger

Je ne désire avoir une autre après elle.

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Baiser gothique

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El  Arbol de las Lagrimas de Cristal

chanson du groupe

Trobar de Morte

Narran las leyendas que existía un árbol sin igual
Nacido de las lágrimas de un hada al llorar.
Sus hojas son frondosas, luminosas de cristal.
Radiaba una azul luz que permitía al alma volar.

Susurra el viento alegre una hermosa cancion al pasar
Meciendo cuidadoso prístinas lágrimas de cristal
La luna y las estrellas en éstas se reflejarán
Y el hermoso firmamento de azul se alumbrará

 

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"Dès sa première jeunesse, elle montra une sensibilité ardente et une imagination plus ardente encore.  Son âme voleta sur les traces du bonheur idéal, et le bonheur resta pour elle inaccessible idéal : car elle aima, quand aimer ne pouvait entraîner que folie et perdition.  De ce moment pesa sur son existence un nuage épais, que les éclairs d'une passion sauvage et rebelle réussissaient parfois à percer mais jamais à dissiper.  A l'insu de tous, elle s'enfonça dans la détresse et chercha consolation dans le rêve.  Mais il est un lieu où cessent les plaintes et où s'apaisent les orages de la passion. Là, le pèlerinage mortel retrouve les chemins de l'espoir.  Là, l'esprit fatigué du monde est rendu à la quiétude.  Là, elle repose enfin auprès de son bien-aimé ; son coeur redevient poussière auprès de celui pour qui il avait battu jusqu'à se briser ; ses lèvres qu'autrefois enfiévrait le désir, se décolorent et s'étiolent contre les siennes.  Oui, elle repose enfin auprès de son bien-aimé

 Nul ne pourra maintenant les séparer, et nul ne voudra maintenant la blâmer.  Est-il en effet quelqu'un qui, songeant à ses souffrances et à sa fin, aurait la cruauté de lui reprocher ses erreurs ?"

Charles-Robert Maturin       Fatale vengeance

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lady-angellyca, l'âme du groupe forever-slave

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"VIENS...!"

 

 

 

"... ET  DEVIENS !"

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"OUI, DEVIENS !"

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28/04/2012

FANTASMES GOTHIQUES

MOURIR  DE  PLAISIR...   meurtre1 NB.jpg

Meurtre           Dominique Mertens

"C'est elle... elle vient... je vis la revoir..."

disait en moi une voix intérieure,

et mon coeur tressaillait d'angoisse et de ravissement."

E.T.A. Hoffmann      Les Elixirs du Diable

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La beauté et la mort        Dominique Mertens

"Rodolphe, parvenu sur le sommet de la colline qui dominait la cabane se retourna et vit Agnès encore à la porte ; elle lui souhaita par signes un bon voyage et un prompt retour.  Le chevalier se coucha sur l'herbe tendre, pour tenir conseil avec son coeur et sa raison.  Avec le premier il eut bientôt fait : rempli de l'image de la jeune fille, la posséder était son unique désir ; et il était déterminé à l'épouser.  Avec raison, le débat ne fut pas aussi court.  "Tu peux fort bien l'épouser, dit celle-ci et même ta conscience n'aura rien à te reprocher ; mais comment pourras-tu vous nourrir toi et ta femme ?  Travailleras-tu avec elle ?  - Oui, dit son coeur sans hésiter.-  Mais sais-tu travailler ?  se demanda-t-il à lui-même.  Un fardeau que tu n'as pas l'habitude de porter ne te fera-t-il pas succomber ?  Ne fera-t-il pas le tourment de tes jours ?  N'altérera-t-il pas tous tes plaisirs ?  Gouteras-tu quelque bonheur lorsque tu rentreras chez toi harassé de fatigue, dégouttant de sueur et que tu retrouveras ta femme gémissant sous le poids de sa misère ?  Lorsque tu seras forcé de lui refuser ce qu'elle désirera le plus vivement, faute d'avoir le moyen de te le procurer ?  ne voudrais-tu que jouir de ses charmes, lui ravir l'innocence, unique bien qu'elle possède et retomber encore dans cette vie criminelle dont tu n'as pu te retirer que par un miracle ?"

Sa conscience et son coeur même s'élevèrent contre cette idée ; il aimait la jeune fille comme il n'avait encore aimé.  Il voulait la rendre heureuse, être heureux avec elle, vivre et mourir dans ses bras."

Christian Heinrich Spiess      Le Petit Pierre

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Daphnis et Chloé

"Des filles belles comme les roses, sveltes comme les peupliers, voltigeaient devant ses regards et occupaient son imagination.  Sa couche lui sembla un lit d'épines, sa chambre une cellule, son château un désert."

Christian Heinrich Spiess     Le Petit Pierre

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Hans Makart     Les cinq sens

"Elle était belle, elle était faite pour inspirer l'amour et le sentir.  Elle avait une taille élancée, des yeux noirs, un teint de lys, les plus longs cheveux qui flottèrent jamais sur les épaules d'une jeune fille.  Le voile qui couvrait son sein trahissait les mouvements d'un coeur trop ému et toute sa personne commandait à la fois l'amour et le respect."

Christian Heinrich Spiess      Le Petit Pierre

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extase

"Jouis alors de ses charmes autant que durera l'ivresse de ton amour."

Christian Heinrich Spiess      Le Petit Pierre

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nymphe des eaux     herbert-james-draper

"Au moment même où il lisait leur histoire, dans cette bibliothèque silencieuse, les deux amants rugissaient comme des bêtes sous l'éternelle morsure de la flamme justicière pour n'avoir songé qu'à l'assouvissement de leurs désirs."

Julien Green     Moïra

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Elle repose sur un tronc         Dominique Mertens

"Ainsi fortifiée, je pouvais, me semblait-il, reposer en paix.  Mais les rêves traversent les pierres des murs, éclairent des chambres enténébrées ou enténèbrent des chambres éclairées ; et leurs personnages, narguant tous les serruriers du monde, font leurs entrées, ou leurs sorties comme il leur plaît."

Sheridan Le Fanu      Carmilla

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Frederick Sandy     Danaë

Phasmes et fantasmes,

Ombres sans nombre...

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Mise en scène de Ciceri pour l'opéra de Meyerbeer "Robert le diable" 

"L'embrasser avec toute la passion

d'un désir furieux

et puis lui donner la mort, 

telle était la pensée

qui me poursuivait irrésistiblement."

E.T.A. Hoffmann       Les Elixirs du Diable

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Embrassement et embrasement         Dominique Mertens

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chagrin-d'-amour poursuivra jusque dans la tombe...

"Etes-vous vraiment victime d'une passion effrénée ?  

Serait-il possible que... 

j'ai entendu parler de femmes vénales qui,

même à un être tel que vous, 

préfèrent un vieillard cassé et décrépit, mais cousu d'or.  

Vous ne devez pas languir pour une de leurs pareilles."

Charles Robert Maturin       Fatale vengeance

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"Vous vous perdez dans les labyrinthes de la casuistique.  Cessez d'empoisonner votre esprit avec le remords de fautes imaginaires.  Mais je ne saurais vous laisser la consolation de penser que mes souffrances ont une cause ordinaire ou que l'on peut y porter remède.  Plût au ciel que toutes vos présomptions fussent vraies !  Car rien ne peut être  comparé à ce qui est."

Charles-Robert maturin      Fatale vengeance

 

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"J'admire la beauté partout où je la rencontre, mais seule la femme qui sait aimer pourra de moi être aimée."

Charles-Robert Maturin      Fatale vengeance

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la succube Ostärdtenschtein           figurine créée par l'auteur,

Dominique Mertens

pour la mise en scène de L'antre du vampire

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Comme morte          Dominique Mertens

"Tandis qu'elle recouvrait lentement ses esprits, Ippolito admirait sa beauté, qui ne laissait pas d'être captivante sous le masque de la mort.  Ses longs cheveux noirs, qui retombaient gracieusement sur son visage et sur sa poitrine comme les branches d'un saule sur la stèle d'une tombe, lui firent connaître qu'elle n'était point religieuse  -bien qu'il l'eût sortie d'un lieu qui, à l'évidence, était un couvent."

Charles-Robert Maturin      Fatale vengeance

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sainte-philomène gisante

 

à   suivre...

 

01/12/2011

le FANTASTIQUE ET LA DESTINEE HUMAINE

"In culpa est animus,

qui se non effugit unquam"

"Nostre mal nous tient en l'âme :

or elle ne se peut eschapper à elle mesme" 

Michel de Montaigne

"L'esprit seul est en faute, 

qui ne peut jamais échapper à lui-même"

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Et à présent, que tournent les ailes du moulin des illusions !!!

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Façonné à son image        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens 

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Ses meules jamais ne cesseront de broyer, de broyer encore,

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 de toujours broyer, inlassablement...

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"Souviens-toi que tu es poussière,

et que tu retourneras à la poussière"

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Broyer, encore et toujours, pour réduire en poussière...

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La fragilité de l'être         encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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Ainsi s'écoulent les grains de sable dans le sablier de la Vie...

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Autant de grains de sable, autant d'âmes humaines...

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tilman-riemenschneider par lui-même, le visage du désenchantement

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Sainte Barbara, par Tilman Riemenschneider

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"noli me tangere"  

une oeuvre de Tilman Riemenschneider

ne me touche pas...!!! " 

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Toute la lumière        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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daniel-hopfer        illustration des Proverbes

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"Misérable railleur, tu veux être artiste et jamais la foi et l'amour n'ont brûlé dans ton coeur.  Aussi tes oeuvres seront-elles froides et sans vie, comme toi-même.  Comme un réprouvé, tu désespéreras dans le vide de ton âme et tu succomberas sous le poids de ton impuissance."

E.T.A.  Hoffmann        Les Elixirs du diable

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L'Horloge  

poème de Charles Baudelaire 

Horloge !  dieu sinistre, effrayant, impassible

Dont le doigt nous menace et nous dit :  Souviens-toi !

Les vibrantes douleurs dans ton coeur plein d'effroi

Se planteront bientôt comme dans une cible.

 

Le plaisir vaporeux fuira vers l'horizon

Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;

Chaque instant te dévore un morceau du délice

A chaque homme accordé pour toute sa saison.

 

Trois mille six cents fois par heure, la seconde

Chuchote : Souviens-toi !  Rapide avec sa voix

D'insecte, maintenant dit : Je suis autrefois,

Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

 

Remember !  Souviens-toi !  Prodigue !  Esto memor !

(mon gosier de métal parle toutes les langues)

Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues

Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

 

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide

Qui gagne sans tricher, à tout coup !  C'est la loi.

Le jour décroît ; la nuit augmente ; souviens-toi !

Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

 

Tantôt sonnera l'heure où le divin hasard,

Où l'auguste vertu, ton épouse encore vierge,

Où le repentir même, (oh ! la dernière auberge !)

Où tout te dira : Meurs, vieux lâche !  Il est trop tard !

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 "Lorsque l'amour, parvenu à un certain degré, dépasse toutes les bornes et touche à l'infini, il se manifeste soudain à l'objet aimé.  Bravant les obstacles, il rompt les chaînes de la bienséance, ces chaînes qui trop souvent attachent l'amant timoré aux tortures de l'incertitude pour des années entières."

Christian Heinrich Spiess       Le petit Pierre             

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Le fardeau de la vie        encre de l'auteur, Dominique Mertens

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"Délivre-nous, saigneur !" 

 

"Les  voies  du  saigneur  sont  impénétrables..." 

paroles prononcées par Don Sculi, moine de la Congrégation des  Passionistes

ayant reçu l'inestimable don d'ubiquité

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"... Eh bien, je vous l'ai dit une fois, et je vous l'ai dit deux fois

que quelqu'un devra en payer le prix.

Mais voici une chance de changer d'avis,

parce que je ne serai plus là pendant très très longtemps.

Eh bien, ce pourrait être la dernière fois..."

(extrait de "The last time", chanson mémorable des Rolling Stones

composée par M.Jagger et K.Richard)

 

avec de tels yeux,

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VOIR

au-delà

des

apparences

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Divination        encre de Chine de l'auteur , Dominique Mertens

 

Le Miroir de la Vie et de la Mort

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"Mondains qui faites cas des beautés d'un visage,

Sachez que les aimer ce n'est pas être sage,

Puisque le temps enfin les doit faire périr.  

Nous n'avons ici-bas chose aucune assurée.

Tout change et notre vie a si peu de durée,

Qu'en commençant à vivre, on commence à mourir."

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tombeau d'Elizabeth Nightingale à Westminster Abbey,

oeuvre du sculpteur Louis-François Roubillac

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"Bientôt le jour va tirer le verrou.

L'ombre du soir s'avance à pas de loup ;

Il traîne au ciel un rayon de lumière,

Qui maintenant vit son heure dernière.

 

Il m'a guidé, hors des voies du salut,

Sur un chemin que je n'ai pas voulu.

Mais quand mourra la clarté inféconde

S'achèvera ma course vagabonde.

.....  .....  ....."

Maturin     Fatale vengeance

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Salve Regina, virgo immaculata      encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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"Dorian, Dorian, s'écria-t-elle, avant de vous connaître, jouer était toute ma vie.  Je ne respirais que pour la scène.  Tout m'y semblait réel.  J'étais un soir Rosalinde ; le soir suivant, Portia.  La joie de Béatrice était ma joie ; les douleurs de Cordelia, mes douleurs.  Ma foi était sans bornes.  Les gens vulgaires qui jouaient avec moi me semblaient des dieux.  Les décors étaient mon univers.  Je ne connaissais que des ombres et je les prenais pour la réalité.  Mais vous êtes venu, ô mon bel amour, et vous avez tiré mon âmes de sa prison.  Vous m'avez révélé la réalité vivante.  Ce soir, pour la première fois, j'ai vu nettement le vide, le contenu et le grotesque de la vaine parade où depuis si longtemps je jouais mon rôle.  Ce soir, pour la première fois, j'ai découvert que Roméo était hideux, vieux et fardé, que le clair de lune dans le jardin était truqué, que la mise en scène était vulgaire, que les paroles mises sur mes lèvres étaient mensongères, qu'elles n'étaient pas mes paroles à moi, qu'elles n'exprimaient pas ce que j'avais à dire. C'est que vous m'aviez apporté une rélité plus haute, une réalité dont l'art n'est qu'un reflet.  Vous m'aviez fait comprendre ce qu'est l'amour, le réel amour.  Mon bien-aimé, mon bien-aimé !  Prince charmant !  Prince de la Vie !  Je n'ai plus que dégoût pour les ombres.  Quel art approchera jamais de ce que vous êtes pour moi ?  Qu'ai-je à faire à présent de ces jeux de marionnettes ?

Oscar Wilde      Le Portrait de Dorian Gray

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Tapisserie du triomphe-de-la-mort ou des trois-destinées

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giorgio-ghisi         allégorie-de-la-vie

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 une profonde réflexion sur le sujet...

à suivre...