24/04/2016

pré-gothiques, gothiques, romantiques, post-gothiques et néo-gothiques dans la tourmente

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révolutionnaire

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"Le sang, poursuivit-il après un silence, le sang est une chose sainte ; le sang ne doit pas voir le soleil de Dieu.  Le sang est naturellement caché à la lumière et c'est un grand péché d'exposer le sang à la lumière, c'est un grand péché. Ah ! c'est un grand péché !"

                               Ivan Tourguéniev       Récits d'un chasseur

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Rodriguez Guitierrez        les derniers instants d'Atala

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John Joseph Barker         Paysage forestier

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 "Cette impossibilité de durée et de longueur dans les liaisons humaines, cet oubli profond qui nous suit, cet invincible silence qui s'empare de notre tombe et s'étend de là sur notre maison, me ramènent sans cesse à la nécessité de l'isolement. Toute main est bonne pour nous donner le verre d'eau dont nous pouvons avoir besoin dans la fièvre de la mort."

                                                            François René de Chateaubriand       Mémoires d'outre-tombe

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"C'est par la mort qu'on arrive à la présence de Dieu."

                                                                   François René de Chateaubriand

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Girodet         Atala au tombeau

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François René de Chateaubriand

et le château familial de Combourg

"La vie est une peste permanente.  Cette chaîne de deuil et de funérailles qui nous entortille, ne se brise point, elle s'allonge  ; nous en formerons nous-mêmes un anneau."

                                                       idem 

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Jacques Bertaux        Prise du Palais des Tuileries

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 "Ces récits occupaient tout le temps du coucher de ma mère et de ma soeur : elles se mettaient au lit mourantes de peur ; je me retirais au haut de ma tourelle ; la cuisinière rentrait dans la grosse tour, et les domestiques descendaient dans leur souterrain.

La fenêtre de mon donjon s'ouvrait sur la cour intérieure ; le jour, j'avais en perspective les créneaux de la courtine opposée, où végétaient des scolopendres et croissait un prunier sauvage.  Quelques martinets qui, durant l'été, s'enfonçaient en criant dans les trous du mur, étaient  mes seuls compagnons.  La nuit, je n'apercevais qu'un petit morceau du ciel et quelques étoiles.  Lorsque la lune brillait et qu'elle s'abaissait à l'occident, j'en étais averti par ses rayons, qui venaient à mon lit au travers des carreaux losangés de la fenêtre.  Des chouettes, voletaient d'une tour à l'autre, passant et repassant entre la lune et moi, dessinaient sur mes rideaux l'ombre mobile de leurs ailes.  Relégué dans l'endroit le plus désert, à l'ouverture des galeries, je ne perdais pas un murmure des ténèbres.  Quelques fois, le vent semblait courir à pas légers ; quelques fois il laissait échapper des plaintes ; tout à coup, ma porte était ébranlée avec violence, les souterrains poussaient des mugissements, puis ces bruits expiraient pour recommencer encore."

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"Aucun jour n'a suivi la nuit, aucune nuit n'a été suivie de l'aurore, qui n'ait entendu des pleurs mêlés à des vagissements douloureux, compagnons de la mort et du noir trépas."

                                                               idem

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"Ma pensée errait ainsi à l'aventure, lorsqu'une jeune fille s'éleva du milieu des ondes, à quelque distance. Ses beaux cheveux n'étaient pas agités par le vent. Semblable à la lune argentée pendant une nuit d'hiver, elle vint à moi, douce et souriant d'aise.

Elle n'avait ni manteau de pourpre avec de riches broderies, ni souliers avec des nœuds de rubans, ni robe fastueuse de la couleur du ciel. Elle ne portait pas d'autres vêtements que sa beauté. Elle était nue, et semblait jeune. Tout me fit penser que je voyais la Vérité.

Les boucles de sa brune chevelure couvraient modestement ce qui doit être caché à tous les regards. Elles jouaient sur son corps blanc et sans tache comme des veines sombres dans une carrière d'albâtre que le voyageur aperçoit dans le lointain.

Rempli d'étonnement, je restai immobile et sans voix, émerveillé davantage à mesure que la vision approchait. Mes membres engourdis semblaient se refuser à la fuite ; mais je sentis mon trouble s'évanouir quand elle arriva auprès de moi dans toute la splendeur de sa nudité.

Je n'eus pas une seule pensée voluptueuse; je me souvenais bien que j'étais arrêté par des vœux. J'avais d'ailleurs dans ma poche une croix qui devait préserver mon âme de tout péché. Je regardai la jeune fille d'un œil aussi pur que celui d'un ange, et ne fus tourmenté d'aucune pensée diabolique.

Avec un doux maintien et une grâce divine, elle commença à parler. Les paroles de la Vérité sont l'image de son âme. Elle a toujours détesté la fausse éloquence. La douceur éclate dans tous les mots qu'elle prononce, quoiqu'elle s'efforce de ne pas faire briller ce penchant et de paraître sévère.

Elle me dit : Ma simple venue doit t'apprendre mon nom et mon caractère qu'on dédaigne ; je suis la Vérité descendue autrefois du ciel. Les mauvais riches et les courtisans me regardent comme une étrangère. J'ai vu tes plus intimes pensées, et viens t'éveiller de ton rêve."

Thomas Chatterton  (1752-1770)        Les poèmes de Rowley

Histoire de William Ganynge

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Dominique Mertens         Naissance au Gothique (encre)

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Dominique Mertens        Virginité (encre)

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John Barker Thomas         Chatterton dans sa chambre

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Henri Wallis        La mort de Chatterton 

(Thomas Chatterton s'est donné la mort à l'âge de 18 ans)  

 

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"L'argent ne représente qu'une nouvelle forme d'esclavage impersonnel à la place de l'ancien esclavage personnel."

                                           Léon Tolstoi        La Sonate à Kreutzer

 

 "Dès ce moment, j'entrevis que d'aimer et d'être aimé d'une manière qui m'était inconnue, devait être la félicité suprême. Si j'avais fait ce que font les autres hommes, j'aurais bientôt appris les peines et les plaisirs de la passion dont je portais le germe  ; mais  tout prenait en moi un caractère extraordinaire.  L'ardeur de mon imagination, ma timidité, la solitude firent qu'au lieu de me jeter au dehors, je me repliai sur moi-même ; faute d'objet réel, j'évoquai par la puissance de mes vagues désirs un fantôme qui ne me quitta plus.  Je ne sais si l'histoire du coeur humain offre un autre exemple de cette nature."

                                    François René de Chateaubriand        Mémoires d'outre-tombe

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Lucile de Chateaubriand, soeur tant adorée de François René de Chateaubriand

"Je me composai donc une femme de toutes les femmes que j'avais vues : elle avait la taille, les cheveux et le sourire de l'étrangère qui m'avait pressé contre son sein.   (.....) 

Cette charmeresse me suivait partout invisible ; je m'entretenais avec elle, comme avec un être réel ; elle variait au gré de ma folie.   (......)

Sans cesse, je retouchais ma toile ; j'enlevais un appas à ma beauté pour le remplacer par un autre.  Je changeais aussi ses parures.   (.....)  

Ma femme unique se transformait en une multitude de femmes, dans lesquelles j'idolâtrais séparément les charmes que j'avais adorés réunis."

                                                                                                    idem

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Dominique Mertens        Dans la crypte  (encre)       

"Au nord du château s'étendait une lande semée de pierres druidiques ; j'allais m'asseoir sur une de ces pierres au soleil couchant.  La cime dorée des bois, la splendeur de la terre, l'étoile du soir scintillant à travers les nuages de rose, me ramenaient à mes songes : j'aurais voulu jouir de ce spectacle avec l'idéal objet de mes désirs.  Je suivais en pensée l'astre du jour, je lui donnais ma beauté à conduire afin qu'il la présentât radieuse avec lui aux hommages de l'univers. "

                                                                                                     idem

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La Rumeur  

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Claude Lorrain      Coucher de soleil 

"Combien rapidement et que de fois nous changeons d'existence et de chimère !  Des amis nous quittent, d'autres leur succèdent ; nos liaisons varient : il y a toujours un temps où nous ne possédions rien de ce que nous possédons, un temps où nous n'avons rien de ce que nous eûmes.  L'homme n'a pas une seule et même vie ; il en a plusieurs mises bout à bout, et c'est sa misère."

                                                            idem

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 Chateaubriand nous a légué une description minutieuse des différentes péripéties de la Révolution française dans ses "Mémoires d'outre-tombe", contexte indissociable de la littérature gothique.

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"En considérant l'être entier, en pesant le bien et le mal, on serait tenté de désirer tout accident qui porte à l'oubli , comme un moyen d'échapper à soi-même : un ivrogne joyeux est une créature heureuse.  Religion à part, le bonheur est de s'ignorer et d'arriver à la mort sans avoir senti la vie."

                                         François René de Chateaubriand        Mémoires d'outre-tombe

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ci-dessous le texte-type d'une condamnation à mort

Exécuteur des jugements criminets.

Tribunal révolutionnaire.

L'exécuteur des jugements criminels ne fera faute de se rendre à la maison de justice de la Conciergerie,

pour y mettre à exécution le jugement qui condamne

xxxxx (liste des noms)xxxxx

à la peine de mort.

L'exécution aura lieu aujourd'hui, à cinq heures précises, sur la place de la Révolution de cette ville. (Paris)

L'accusateur public,  H.Q.Fouquier.

Fait au Tribunal, le trois floréal, l'an second de la République française

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Elisabeth Vigée-Lebrun     Madame Du Barry  (avant !)

"L'exécution de Madame Du Barry eut lieu sur l'actuelle place de la concorde, le 8 décembre 1793.  En hâte, Madame du Barry fit fiévreusement l'énumération de tous ses biens en espérant ainsi sauver sa vie, comme les autorités le lui auraient fait croire. On a affirmé qu'aux derniers instants le courage l'abandonna. Pourtant, elle avait montré, à plusieurs reprises, une indéniable fermeté face à la mort. La certitude d'une erreur ou d'une trahison peuvent expliquer ses sentiments de panique et de désespoir. On dut la traîner jusqu'à l'échafaud. Elle se débattait, pleurait, implorait…"

                                                                                                                               (extrait de Wikipaedia)

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Madame Du Barry (après !)

 

"Dans ces milliers de romans, qui ont inondé l'Angleterre depuis un demi-siècle, deux ont gardé leur place : Calek Williams et Le Moine. Je ne vis point Goldwin pendant ma retraite à Londres ; mais  je rencontrai deux fois Lewis .  C'était un jeune membre des Communes fort agréable, et qui avait l'air et les manières d'un Français.  Les ouvrages d'Anne Radcliffe font une espèce à part.  "

                                                                                                                                         idem

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                  Claude Lorrain      Paysage avec la tentation de Saint-Antoine

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William Blake        illustration pour le "Paradis Perdu" de Milton

 "Enfin il entendit ce petit choc produit par l'échappement de la pendule au moment où l'heure va sonner.  Une pâleur subite et profonde se répandit sur le visage de Luizzi ; il demeura immobile, et ferma les yeux comme un homme qui va se trouver mal.  Le premier coup de deux heures résonna alors dans le silence.  Ce bruit sembla tirer Armand de son affaissement ; et, avant que le second coup fût sonné, il avait saisi une petite clochette d'argent posée sur la table et l'avait violemment agitée en prononçant ce seul mot : 

Viens  !!!

                                                       Frédéric Soulié        Les Mémoires du Diable

 

 "C'était bien l'ange déchu que la poésie a rêvé : type de beauté flétri par la douleur, altéré par la haine, dégradé par la débauche, il gardait encore, tant que son visage restait immobile, une trace endormie de son origine céleste ; mais, dès qu'il parlait, l'action de ses traits dénotait une existence où avaient passé toutes les mauvaises passions."

                                                                                                             idem

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"Le nouveau venu se pencha négligemment à l'arrière et dirigea vers le foyer l'index et le pouce de sa main blanche et effilée ;  ces deux doigts s'allongèrent indéfiniment comme une paire de pincettes et prirent un charbon."

                                                                                                   idem

 

"Damnation !

Vous pouvez dire tout ce qu'il vous plaira ,
vous n'y gagnerez rien ; ce que je
ne me pardonne pas , c'est de vous
avoir écouté ici un moment... Je ne
permettrai pas que l'on arrête le cours
de ma vengeance ; si je fais grâce, ce
ne sera à la sollicitation de personne ;
je ne pardonnerais pas quand toute la
famille serait à mes pieds, et je les
ferais tous pendre , si mon pouvoir
égalait ma volonté. --- C'est fort bien,
monsieur, je vous avertis seulement,
que votre cruelle rigueur vous fera
détester de tous les hommes ; vous
pouvez vous aveugler sur votre pou-
voir et sur l'impunité ; l'opinion gé-
nérale saura bien démêler vos prati-
ques ; elle vengera une aussi cruelle
soif du sang : adieu, monsieur."

William Godwin       "Les Choses telles qu'elles sont"    ou

  "Les Aventures de Caleb Williams"  (1794)

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 "Le temps se passa ainsi, et, la nuit venue, j'attendis sans terreur le moment où j'allais m'échapper de ma chambre.  Seulement alors un frisson me prit ; de vagues images d'une fille séduite, qui fuit la maison paternelle, me passèrent devant les yeux comme des fantômes, pendant que je descendais l'escalier qui criait sous mes pas.  J'avais entrevu des tableaux où cela était représenté, et ils se dessinaient dans l'ombre en prenant ma figure.  Plus instruite que je ne l'étais, j'aurais peut-être reculé devant ces sombres avertissements ; mais j'avais contre moi la pureté de mon âme et l'ignorance de mes sens."

                                                                          Frédéric Soulié          Les Mémoires du Diable

 

"Et je sentais ce qu'il me disait : mon coeur bouillonnait, je frissonnais de tout mon être ; ma pensée, ma raison s'égaraient.  J'étais dans ses bras ; son haleine brûlait mon visage, ses lèvres retrouvèrent les miennes, et , quoique la nuit fût profonde, je fermais les yeux.  Je me laissais entraîner vers un crime que j'ignorais, mais qu'il me semblait que je ne devais pas voir ; je n'étais pas évanouie, mais j'étais dans les mains de Léon comme un corps inerte.  Un anéantissement douloureux du corps et de l'esprit me livrait à lui sans défense, il eût pu me tuer sans que j'en éprouvasse de douleur.  Je ne sentais plus rien ; il étreignit vainement ce corps sans âme, il chercha vainement un battement de mon coeur, il appela vainement un mot de ma bouche : je me sentais mourir, voilà tout.  Et j'étais coupable, déshonorée et flétrie que je ne savais pourquoi j'étais coupable, déshonorée et flétrie !  

Ce fut le cri de son bonheur qui m'éveilla de cet engourdissement ; je voulus le repousser et le maudire, mais ma parole demeura étouffée sous ses lèvres, et mes larmes se perdirent dans ses baisers.  J'étais à lui !  je pleurai : je venais de perdre une illusion, je venais d'apprendre ce que les hommes appellent le bonheur.  Le bonheur !  est-ce donc la profanation de l'amour ?"

                                                                                                                         idem

 

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 "Oui, quand je dirai qu'on m'a enfermée dans une tombe, loin de l'air et du sommeil, quand je donnerai les horribles  détails de cette captivité où je meurs, on me plaindra, on me devinera ; mais pourrais-je faire sentir à d'autres les horreurs d'une brutalité qui écrase et pétrit le coeur et la vie d'une malheureuse sous ses doigts insensibles ?" 

                                                                                 idem         

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"Au bord d'un lac tranquille

Je travaillais un soir à mon dernier asile.

Je creusais mon cercueil ; en moi-même absorbé

Je restai quelque temps sur ma bêche courbé.

Dans ces sombres objets, mon âme ensevelie

Aimait  à contempler le terme de la vie

Sans trouble, sans terreur, trop faible pour mes maux

D'avance je goûtais le calme des tombeaux."

Claude-Joseph Dorat   Lettre du Comte de Comminges à sa mère

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"A présent chacun aspire à séparer sa personnalité des autres, chacun veut goûter lui-même la plénitude de la vie ; cependant, loin d’atteindre le but, tous les efforts humains n’aboutissent qu’à un suicide total, car, au lieu d’affirmer pleinement leur personnalité, ils tombent dans une solitude complète. En effet, en ce siècle, tous sont fractionnés en unités. Chacun s’isole dans son trou, s’écarte des autres, se cache, lui et son bien, s’éloigne de ses semblables et les éloigne de lui. Il amasse de la richesse tout seul, se félicite de sa puissance, de son opulence ; il ignore, l’insensé, que plus il amasse plus il s’enlise dans une impuissance fatale."

                                                  Fiodor Dostoïevski         Les Frères Karamazov

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Un Jour, être Pauvre 

(chanson de Gérard Manset)

Un jour, être pauvre, 
Détaché de tout 
Sans pleurer de rien, 

Sans rire de tout, 
Comme un enfant qui repose 
Dans la vérité des choses.
S'écarter de tout, sortir,
Se tenir debout
Comme un enfant sort du ventre et hurle,
S'écarter de tout.

Un jour, être pauvre,
Détaché du reste,
De l'autre côté du mur.
Pas le moindre geste,
Pas la moindre trace de haine,
Pas la moindre trace de fêlure, trace de brûlure,
Le moindre sentiment d'oubli.
De l'autre côté du mur,
Pas la moindre trace de fêlure, trace de brûlure,
Le calme au fond du lac.

Un jour, être pauvre
Sur un quai désert
Etre un bateau vide.
Tout le monde à terre.
Comme un enfant qui repose
Dans la vérité des choses,
S'éloigner de tout, apprendre
A tenir debout
Sur la mer immense et douce, apprendre,
A tenir debout

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Une infinie tendresse

(chanson de Catherine Ribeiro)

Brisée mais non vaincue

J'observe mes entrailles

Et mon coeur et mon corps

Partout couvert de  traces

Par nous ensanglatés

Par nous mes hommes, mes femmes

Par vous mes tant aimées

Par vous mes libertés

  Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Dix hommes désespérés

 Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Dix hommes désespérés

 Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Dix hommes désespérés

 Je suis dans l'ombre le reflet

 De vos vies sacrifiées

 Ma liberté dépend

De vous entièrement

Vos mots vos désespoirs

 Sont forces vives en moi

 Mes craintes, mes angoisses

 Vos raisons d'espérer

 Oh ! donnez-moi,  donnez-moi

 Cinq hommes désespérés

   Je connais nos faiblesses

Déclins crépusculaires

Formidables  courages

Que nos vies en  survie

Brûlons les  abattoirs

Levons nos poings  serrés

Craquelons nos  carcans

Déchaînons nos enfants

   Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Deux hommes désespérés

 Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Deux hommes désespérés

 Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Deux hommes désespérés

 Donnez-moi, donnez-moi

 Deux hommes désespérés

 J'en ferai des montagnes

Des soleils, des brasiers

Des puissances d'amour

 Des infinies tendresses

 Des sexes gigantesques

 J'en ferai des grands fours

 Des aliénés d'amour

Des armures de  combat

 Des fous de poésies

De grandes symphonies

Nous serons là vivants

Témoignages  vivants

 D'un amour infini

D'une infinie  tendresse.

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Finir pêcheur

chanson de Gérard Manset

Un jour, finir pêcheur
Parce que ça grandit l'homme
Heureux comme ça
Pas gagner plus d'argent
Le matin, me lever
Pas connu, pas guetté
Parce que ça, ça fait mal
Ça fait mal à l'homme
La célébrité
Finir dans l'eau salée
Juste savoir compter
Vider le sablier
Puis tout oublier
Parce que ça grandit l'homme
De vivre sans parler
De vivre sans paroles
Et d'apprendre à se taire
Regarder sans rien faire
Regarder sans voir
Les enfants qui dansent

 


Au bord du miroir

Mais c'est toujours trop loin
Toujours dans le noir
Inaccessible
Pareil au coeur de la cible
Et c’est toujours trop loin

Un jour, finir quand même
Que personne s'en souvienne
L'écrive ou le dise
Vider sa valise
Brûler les journaux
Les tapis, les photos
Sans rien vouloir apprendre
Pour que les enfants sachent
Qu'on va quelque part
Quand on oublie tout
Qu'on oublie les coups
Qu'on déplie, qu'on secoue
Que la folie s'attrape
Qu'on déchire la nappe
Maladie tout à coup
Que tu portes à ton cou
Comme un collier de fleurs
De larmes et de couleurs

Un jour, finir pêcheur
Mollusque divin
Peau de parchemin
Mais c'est toujours trop loin
A portée de la main
Inaccessible
Pareil au coeur de la cible
Mais c'est toujours trop loin

Un jour, finir meilleur
Tuer le mal de l'homme
Se libérer de tout
Prendre dans la mer
Les coraux, les vipères
Et tout ça dans la main
Sans lumière et sans gaz
Et sans barbe qu'on rase

Un jour, finir pêcheur
Avaler le compteur
Regarder sans voir
Le calendrier
Qui tombe en poussière
Qu'elle est loin, la terre
Qu'elle est loin, la terre

Le calendrier
Qui tombe en poussière
Qu'elle est loin, la terre
Qu'elle est loin, la terre
Le calendrier

Le calendrier
Qui tombe en poussière
Qu'elle est loin, la terre
Qu'elle est loin, la terre

Gérard Manset
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François Richard Fleury         Valentine  de Milan attendant le retour de son époux

"Personne n'apprécie la bonté à sa juste valeur, car malheureusement, chacun y voit un reproche à son adresse."

                                                                                     Léon Tolstoi        Guerre et paix

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Gabriel Cornelius von Max          Lady Macbeth

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"Au second acte, le décor représentait un cimetière couvert de monuments funèbres, et au milieu de la toile de fond on voyait un trou qui figurait la lune.  La nuit se fit sur la scène, au moyen d'abat-jour abaissés sur les quinquets ; les cors et les contrebasses jouèrent en sourdine, et une foule de gens, drapés de longs manteaux noirs, sortirent des coulisses.  Ils se mirent à agiter les bras comme des fous, et ils étaient en train de brandir un objet pointu qui ressemblait de loin à un poignard, lorsque d'autres hommes accoururent, en traînant de force la demoiselle en blanc."

                                                                              Léon Tolstoi           Guerre et paix 

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« Brusquement ma vie s’arrêta… Je n’avais plus de désirs.

Je savais qu’il n’y avait rien à désirer.

La vérité est que la vie était absurde.

J’étais arrivé à l’abîme et je voyais que, devant moi,

il n’y avait rien que la mort. » 

                                                                   Léon Tolstoi

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Léon Tolstoi 

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Léon Tolstoi à Iasnaïa Poliana

 Gothique

  à  la  manière  des maîtres

du  genre

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L'Enfer  est  pavé  de  bonnes  intentions

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Boris Christoff

" Non, il n’est pas mort, c’est impossible ! » se dit-elle. Dominant sa terreur, elle approcha de la couche funèbre, et posa ses lèvres sur la joue de son père ; mais à ce contact elle tressaillit et se rejeta en arrière : toute la tendresse qu’elle venait de ressentir s’évanouit pour faire place à un sentiment d’horreur et de crainte causé par ce qu’elle voyait devant elle. « Il n’est plus, il n’est plus, et à sa place quelque chose d’horrible, un mystère effrayant qui me glace et me repousse, murmurait la pauvre fille… Et, se cachant la figure dans les mains, elle tomba évanouie dans les bras du docteur qui l’avait suivie."                                                  Léon Tolstoi         Guerre et paix

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Dominique Mertens        Là-bas (encre)

« Oui, j’ai souhaité sa mort, disait-elle tout haut dans son émotion. J’ai désiré voir finir cela plus vite, pour me reposer… Mais à quoi me servira ce repos, lorsqu’il ne sera plus ? »                      idem

L'Enfer  est  pavé  de  bonnes  intentions

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 "Dans ce sombre monastère, les religieux se saluent en disant : Frère, il nous faut mourir !"

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"Pleurez, bonnes gens,

car la vie le quitte.

Ses lèvres se sont tues ; 

Il ne répond plus.

Les lamentations funèbres !"

                                                          Modeste Moussorgski        paroles extraites

                                                                                                     de l'opéra "Boris Godounov"

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Fédor Chaliapine, chanteur basse

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Vera Ignatievna Moukhina        L'ouvrier et la kolkhozienne

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L'Enfer  est  pavé  de  bonnes  intentions

"Il s'agite, il tremble, il appelle à l'aide :  

Mon Dieu, je souffre.

Ne pourrai-je donc jamais racheter mes péchés ?"

                               Modeste Moussorsgski             Boris Godounov

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L'Enfer  est  pavé  de  bonnes  intentions

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"L'amour, qu'est-ce que l'amour ? se disait-il. L'amour est la négation de la mort, l'amour c'est la vie ; tout ce que je comprends, je ne le comprends que par l'amour.  Tout est là !  L'amour, c'est Dieu, et mourir c'est le retour d'une parcelle d'amour qui est moi, à la source générale et éternelle."

                                                                           Léon Tolstoi         Guerre et paix

 

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16/06/2011

Mon ROMAN GOTHIQUE

   Wolfram  Manteufel

       Wolf  ram      Mann         Teufel

                   Loup                 Homme            Diable

Wolf Man.jpg

Mi-homme, mi-bête       encre de Chine de l'auteur,

Dominique Mertens

 

 Un petit aperçu

de ce qui vous attend dans mon nouveau  roman...

toujours en cours d'écriture !!!

Wolfram délivre Adelheide NB.jpg

Délivrance          encre de Chine de l'auteur, Domiique Mertens

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gisant fracassé à même la peau de ce bas monde

" Tu enfanteras dans la douleur..."

tu enfanteras dans la douleur....jpg

l'accouchement     dessin à l'encre de Chine de l'auteur,

Dominique Mertens

Concevoir la Vie : un processus alchimique...

in utero.jpg

 

"Celui qui acquiert la Sagesse sera maître de l'Univers"

in utero    dessin à l'encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

l'Amour est un feu...

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l'amour est un feu      encre de Chine de l'auteur,

Dominique Mertens

 

...qui ravage tout sur son passage

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 le mystère de l'amour        encre de Chine de l'auteur,

Dominique Mertens

 

MAIS...

cette citation

étonnemment

sulfureuse  :

" ...En particulier, je parvins à mépriser,

sinon à exécrer la beauté des femmes,

et à la considérer comme le plus grand piège

auquel est sujette l'humanité."

James HOGG      

Confession du pécheur justifié

...

"Pense à tout ce qui s'est passé aujourd'hui et dis-moi s'il n'y a pas d'autres infortunes que celles de l'amour !"

Horace Walpole     Le Château d'Otrante

...

 Cranach.jpg

Lucas Cranach         Vénus et Amour  gravure

 "Pour les amants, aucun plaisir n'égale celui de parler de leur maîtresse !"

Horace Walpole     Le Château d'Otrante

"...et je me consolai par la certitude que la vie du croyant, à mesure qu'elle avance, est marquée par le combat et par la souffrance."

James Hogg     Confession du pécheur justifié

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664px-Riemenschneider_Trauernde_Frauen_Detail assombri 2.jpg

Tilman Riemenschneider     Femmes éplorées

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la Main de Gloire

"J'y reconnus de sinistres mains brunâtres, desséchées et refermées sur elles-mêmes, l'index sentencieusement pointé..."

(Dans ses yeux je voyais ma mort, chap.11, p.435)

 dessins à l'encre de Chine de l'auteur

entrer des mots clefs

la crypte éclairée par les  Mains de Gloire

 

 

 

 

 

 

18/03/2010

JAN POTOCKI ECRIVAIN FANTASTIQUE ATYPIQUE

Jan  POTOCKI, 

personnage atypique, et

écrivain fantastique précurseur du gothique

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Jan Potocki, (1761-1815)

Comte et illustre descendant d'une  famille polonaise de haute noblesse,

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blason de la famille potocki

auteur du célèbre roman atypique,

"Manuscrit trouvé à Saragosse"

une oeuvre inséparable des paysages 

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Martinez  del Mazo       Vue de Zaragoza

 

et des personnages rencontrés par l'auteur

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au cours de ses pérégrinations en terre d'Espagne

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Découvrons cet écrivain atypique dans la préface d'une des nombreuses rééditions de son roman,

écrite par Roger Caillois.  (extrait)

"Issu d'une illustre famille polonaise, contemporain

et parfois acteur des plus graves événements,

le comte Jan (Jean) Potocki (1761-1815) acquit de son vivant

 une bizarre réputation d'excentrique et d'érudit.

Il monte en ballon avec l'aéronaute Blanchard,

exploit de moins de conséquence mais de plus de

retentissement que de noter, le premier, le langage

secret des princes tcherkesses lors de réunions

liturgiques. Il fréquente les salons parisiens les plus

avancés et se lie, plus tard, avec les Jacobins.

Il fonde une imprimerie libre et se prononce contre

la monarchie héréditaire, en même temps

qu'il ridiculise les démocrates dans une saynète

bouffonne. Il voyage depuis le Maroc jusqu'aux

confins de la Mongolie. Il combat contre les Russes

et devient conseiller privé du tsar Alexandre I".

Il est l'un des fondateurs de l'archéologie slave

et termine, avant de se suicider d'une manière affreuse,

un long roman de la plus grande fantaisie

qu'il laisse presque entièrement inédit.

Il l'a écrit en français, comme toutes ses œuvres

d'ailleurs. L'ouvrage demeure pratiquement inconnu.

Il en est d'autant plus pillé. Il fait l'objet d'un procès

retentissant à Paris. Le manuscrit original est perdu,

mais la traduction polonaise, parue en 1847

et plusieurs fois rééditée, devient une sorte de classique

dans cette littérature. Elle est alors peu lue,

d'ailleurs comme beaucoup de classiques.

Plus d'un siècle après, en 1958, à la suite du plus fortuit

 des hasards, l'œuvre, qui est intitulée

Manuscrit trouvé à Saragosse, est publiée, (la première,

partie du moins), dans sa langue originale.

On s'aperçoit qu'il s'agit pour le style

et pour le contenu d'un véritable chef-d'œuvre."  

……..

 

Son protégé Klaproth écrira après sa mort :

Né en Pologne, le comte Potocki devait

dans sa jeunesse, être sectateur de cette liberté,

qui est toujours en péril quand on en parle trop.

 C'était un sentiment honorable chez lui,

 comme il est chez tous ceux qui ne cherchent pas

 dans des déclamations libérales un moyen de parvenir.

Un voyage qu'il fit en Hollande, en 1787,

pendant la révolution contre le Stathouder,

et le spectacle des fureurs populaires paraissent avoir

singulièrement diminué son enthousiasme

pour la liberté des peuples et le bonheur qu'elle verse

sur le genre humain."

 

Généalogie de Jan Potocki

Le Comte Jan Nepomuck Potocki(1761-1815) nacquit le 08 mars 1761 à Lezajsk, Pikow, Ukraine. (ou Vladowska, Podolie, région historique européenne située au centre-ouest de l’Ukraine)

Il était l'enfant de Josef et Teresa Potocki.  

Jan Potocki fut un écrivain célèbre, entre autres, pour son fameux roman  "Manuscrit trouvé à Saragosse", écrit (et non entièrement achevé) entre 1804 et 1815, ce dernier est calqué sur sa propre existence, toute entière faite de voyages et d'une extraordinaire érudition. (il préparait une grande Histoire du peuple slave)   Jan partagea son éducation entre Genève et Lausanne. Il fut un scientifique compétent, un artiste et un politicien engagé. Il établit les études des langues et civilisations slaves, et publia  quantité d'ouvrages relatifs aux  recherches ethnologiques, historiques, et linguistiques.  Il composa également des pièces musicales et une opérette. A trente-cinq ans, il écrivit des récits et descriptions de ses voyages au Maroc, au pays des Scythes, Sarmates, Slaves, Turcs, et Egyptiens.  On le surnomma le "Cervantes français". Il parlait couramment  le russe, l'italien, le grec, l'espagnol, et le français, langue dans laquelle il écrivit son célèbre roman.

Il épousa la Princesse Julia Lubomirska, (née en 1760 à Lancut, et décédée à Cracow en 1799) fille de la haute noblesse polonaise Lubomirski-Czartoryska en 1783.

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blason de la famille Lubomirska

Jan Potocki mourut le 02 September 1815 dans sa propriété de Uladowa en Podolie, en se suicidant macabrement au terme d'une longue maladie mentale.                                             (d'après Wikipedia)

 

affiche du film réalisé par Wojciech J. HAS,

auteur du célèbre film  "La Clepsydre"

ci-dessous, quelques extraits du "Manuscrit trouvé à Saragosse"

"Je vis entrer dans la cabane une figure plus effrayante que tout ce que j’avais vu jusqu’alors. C’était un homme qui paraissait jeune, mais d’une maigreur hideuse. Ses cheveux étaient hérissés ; un de ses yeux était crevé et il en sortait du sang ; sa langue pendait hors de sa bouche et laissait couler une écume baveuse. Il avait sur le corps un assez bon habit noir, mais c’était son seul vêtement ; il n’avait même ni bas, ni chemise."      ……..

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Francisco Goya       Le Songe de la Raison produit des monstres, gravure

"Enfin je me réveillai réellement ; le soleil brûlait mes paupières, je les ouvris à peine, je vis le ciel, je vis que j’étais en plein air, mais le sommeil appesantissait encore mes yeux. Je ne dormais plus, mais je n’étais pas encore éveillé. Des images de supplices se succédèrent les unes aux autres, j’en fus épouvanté. Je me soulevai en sursaut."      ……….

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francisco goya      homme garoté

"Je crus encore n’être pas bien éveillé et faire un rêve pénible. Je refermai les yeux et je cherchai dans ma mémoire où j’avais été la veille… Alors je sentis que des griffes s’enfonçaient dans mes flancs. Je vis qu’un vautour s’était perché sur moi et dévorait un des compagnons de ma couche. La douleur que me causait l’impression de ses serres acheva de me réveiller."      ………

 

 "Alors je sentis qu’un des pendus me saisissait par la cheville du pied gauche. Je voulus m’en débarrasser mais l’autre pendu me coupa le chemin. Il se présenta devant moi, faisant des yeux épouvantables et tirant une langue rouge comme du fer que l’on sortirait du feu. Je demandai grâce, ce fut en vain. D’une main, il me saisit la gorge et de l’autre il m’arracha l’œil qui me manque. A la place de mon œil, il entra sa langue brûlante. Il m’en lécha le cerveau et me fit rugir de douleur."      ……..

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des aventures picaresques

au coeur des paysages désertiques de

la Sierra Morena (Espagne)

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 "Le voyageur qui se hasarderait dans cette sauvage contrée s'y trouvait, disait-on, assailli par mille terreurs capables de glacer les plus hardis courages.  Il entendait des voix lamentables se mêler au bruit des torrents et aux sifflements de la tempête, des lueurs trompeuses l'égaraient et des mains invisibles le poussaient vers des abîmes sans fond."      ........

 

 "Comme j'avais beaucoup entendu parler de tout cela à Cordoue, j'eus la curiosité de m'approcher de la potence.  Le spectacle en était d'autant plus dégoûtant que les hideux cadavres, agités par le vent, faisaient des balancements extraordinaires, tandis que d'affreux vautours les tiraillaient pour arracher des lambeaux de leur chair."      .........

 

 la Sierra Morena,

tout juste peuplée de brigands

et de créatures gothiques

 

 "Je les contemplai quelque temps avec une sorte de sang-froid, enfin leurs mouvements pressés par une cadence plus vive, le bruit étourdissant de la musique mauresque, mes esprits soulevés par une nourriture soudaine, en moi, hors de moi, tout se réunissait pour troubler ma raison.  Je ne savais plus si j'étais avec des femmes ou bien d'insidieux succubes.  Je n'osais voir  -et je ne voulais pas regarder.  Je mis ma main sur mes yeux et je me sentis défaillir."      ........

 

"Zibeddé me demanda ce que c'était qu'un médaillon qu'elle voyait dans mon sein et si c'était le portrait d'une maîtresse.

-  Cest, lui répondis-je, un joyau que ma mère m'a donné et que j'ai promis de porter toujours ; il contient un morceau de la vraie croix.

A ces mots, je vis Zibeddé reculer et pâlir.

-  Vous vous troublez, lui dis-je, cependant la croix ne peut épouvanter que l'esprit des ténèbres.

 

 "Puis elle posa son bougeoir sur ma table de nuit, s'assit sur mon lit, prit une de mes mains et me parla en ces termes :

-  Mon cher Pascheco, voici le moment où je puis vous donner les plaisirs que je vous ai promis.  Il y a une heure que nous sommes arrivés à ce cabaret.  Votre père est aller coucher à la ferme, mais, comme j'ai su que vous étiez ici, j'ai obtenu la permission d'y passer la nuit avec ma soeur Inésille.  Elle vous attend et se dispose à ne rien vous refuser ; mais il faut vous informer des conditions que j'ai mises à votre bonheur.  Vous aimez Inésille, et je vous aime.  Il ne faut pas que de nous trois, deux soient heureux aux dépens du troisième.  Je prétends qu'un seul lit nous serve cette nuit.  Venez."

 

"Enfin minuit sonna.  Alors la porte de la sacristie s'ouvrit, et Trivulce vit entrer le sacristain, tenant sa lanterne dans une main et un balai dans l'autre.  Mais ce sacristain n'était qu'un squelette.  Il avait un peu de peau sur le visage et, comme des yeux fort creux, mais son surplis qui collait sur ses os faisait assez voir qu'il n'avait pas de chair du tout.  

L'affreux sacristain posa sa lanterne sur le maître-autel et alluma les cierges comme pour vêpres.  Ensuite il se mit à balayer l'église et épousseter les bancs.  Il passa même plusieurs fois près de Trivulce, mais il ne parut point l'apercevoir.

Enfin il alla à la porte de la sacristie et sonna la petite cloche qui y est toujours.  Alors les tombeaux s'ouvrirent, les morts y parurent enveloppés de leurs linceuls et entonnèrent des litanies sur un ton fort mélancolique."

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"Le chef des bandits eut  un soin  tout particulier de nous pendant notre détention et, même, il en abrégea le terme.  Ma mère, au sortir de la prison, fut très bien reçue par le voisines et tout le quartier, car, dans le midi de l'Italie, les bandits sont les héros du peuple, comme les contrebandiers le sont en Espagne.  Nous avions notre part dans l'estime universelle et moi en particulier, j'étais regardé comme le prince des polissons de notre rue."

 

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Francisco Goya         la guerre, gravure

 

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à  suivre... 

31/10/2009

Au-delà du Gothique et du Fantastique

Au-delà  du  Gothique

 

“Il y a dans le coeur d'une femme qui commence à aimer

un immense besoin de souffrir."

                                                                                Charles Nodier        Smarra

la voie de la moindre résistance…

 

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"La souffrance est l'unique cause

 de la conscience" 

                                                                                    Fiodor Dostoïevski

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"Il fait nuit ! ... et l'enfer va se rouvrir !"

                                                      Charles Nodier       Smarra

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"Tous avaient écouté en silence le récit d'Anne Savichena, surtout les dames.  Beaucoup d'entre elles en secret voulaient du bien à Doubrovski, (un brigand notoire) voyant en lui un type de héros romanesque, principalement Marie Kirilovna, à cause de son imagination ardente nourrie des horreurs mystérieuses de (Anne) Radcliffe." 

                                                               Alexandre Pouchkine       Doubrovski

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"Sa souffrance faisait peine à voir.  C'était le tourment d'un esprit consciencieux, indicible, torturé par une responsabilité incompréhensible concernant des vies humaines."

                                                                        Charles Dickens       Le signaleur

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« Hé ! Vous, là-bas ! Attention ! Attention ! Pour l'amour du ciel, écartez-vous ! »

                                          Charles Dickens       Le signaleur

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"Je repris ma descente et parvins au niveau de la ligne de chemin de fer ; je m'avançai alors vers lui et, en m'approchant, je constatai que c'était un homme au teint jaunâtre et qu'il avait une barbe noire et des sourcils épais. Son poste était situé dans l'un des endroits les plus solitaires et les plus lugubres que j'eusse jamais vus. De chaque côté une paroi ruisselante de pierre tailladée qui, pour tout paysage, ne laissait voir qu'une étroite bande de ciel ; la perspective à une extrémité n'était qu'une prolongation tortueuse de ce vaste cachot ; dans l'autre direction la perspective était moins étendue ; elle se terminait par un morne signal rouge et par l'entrée, plus morne encore, d'un tunnel noir dont l'architecture massive avait un aspect primitif, rébarbatif et accablant. Le soleil avait tant de peine à se glisser jusqu'à ce lieu qu'il y flottait une odeur mortelle de terre humide ; d'autre part un vent froid y soufflait si vigoureusement que je me sentis glacé tout à coup, comme si je venais de quitter le monde des vivants."

                                            Charles Dickens              Le signaleur

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"Et alors s'écroulera la puissance factice de ceux qui ne sont forts que de leur avidité, la terre se dérobera sous leurs pas, ils ne sauront plus sur quoi s'appuyer."

                                                                                                                     Maxime Gorki       La Mère

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 "Pour être heureux jusqu'à un certain point, il faut que nous ayons souffert  jusqu'au même point"

                                                                                                             Edgar Allan Poe

Friedrich Nietsche a dit :

"Vivre, c'est souffrir,

 et survivre, c'est trouver un sens

 à la souffrance"

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Lovis Corinth     la déposition du corps du Christ

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"Depuis longtemps réprouvé, il  (un ange déchu) errait dans les solitudes du monde sans trouver un asile. Et cependant les siècles succédaient aux siècles, les instants aux instants. Lui, dominant le misérable genre humain, semait le mal sans plaisir et nulle part ne rencontrait de résistance à ses habiles séductions. Aussi le mal l’ennuyait…"

                                                   Lermontov       Le Démon (extrait)

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"Et le démon la vit !… Et à l’instant même il ressentit dans tout son être une agitation étrange. Une bienfaisante harmonie vibra dans la solitude de son âme muette, et de nouveau il put comprendre cette divine merveille d’amour de douceur et d’incomparable beauté. Longtemps il admira cette tendre image et les rêves d’un bonheur évanoui se déroulèrent encore devant lui, comme une longue chaîne ou comme les groupes d’étoiles au firmament. Cloué par une force invisible, il fit connaissance avec une nouvelle tristesse et soudain le sentiment fit résonner en lui sa puissante voix d’autrefois. Était-ce un symptôme de régénération ? au fond de son âme, il ne pouvait trouver des paroles de perfide séduction. Devait-il oublier ? Mais Dieu lui refusa l’oubli et du reste, il ne l’eût point accepté !"

                                                                    Lermontov       Le Démon (extrait)

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"La pauvre Tamara s’est jetée sur sa couche en sanglotant, ses larmes coulent avec abondance, et son sein gonflé se soulève péniblement !… tout à coup au-dessus d’elle une voix surnaturelle se fait entendre : « Ne pleure pas enfant, ne pleure pas en vain ; tes larmes ne peuvent tomber sur ce cadavre muet comme une rosée vivifiante ; les larmes ne peuvent que ternir le regard limpide des jeunes filles et creuser leurs joues. Il est bien loin déjà ; il ne connaîtra point ta douleur et ne pourra l’apprécier ; la lumière céleste réjouit maintenant ses yeux qui n’ont plus rien de ce monde et il n’entend plus que les concerts du paradis. Que sont les rêves insignifiants de la vie, et les gémissements et les larmes d’une pauvre fille, pour un hôte des cieux ? Rien. Non ! le sort d’une créature mortelle, crois-moi, mon ange terrestre, ne vaut pas un seul instant de ta chère tristesse. À travers les océans éthérés sans gouvernail et sans voiles, les chœurs des astres brillants voguent doucement au milieu des vapeurs ; dans les espaces infinis des cieux, les groupes floconneux des nuages impalpables passent sans laisser de trace ; l’heure de la séparation, l’heure du retour, n’ont pour eux ni joie ni tristesse ; pour eux l’avenir est vide de désirs et le passé sans regret. En ce jour d’affreux malheurs souviens-toi d’eux, bannis toute pensée terrestre, et comme eux, écarte de toi tout souci : dès que la nuit enveloppera de son ombre les sommets du Caucase ; dès que sous la puissance d’une voix magique, le monde charmé se taira ; dès que la brise du soir agitera sur les rochers l’herbe fanée, que les petits oiseaux cachés sous elle sautilleront plus gaiement dans l’ombre, et que sous les branches de la vigne la fleur des nuits s’épanouira pour boire avide- -ment la rosée céleste ; dès que la lune argentée montera lentement derrière la montagne et jettera sur toi ses regards indiscrets, je volerai aussitôt vers toi, je serai ton hôte jusqu’au jour et sur tes paupières aux cils soyeux je ferai éclore des songes d’or. » 

                                                                             Lermontov       Le démon (extrait)

     

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« O Père ! O Père ! cesse tes reproches ; ne gronde pas ta Tamara. Tu vois ses larmes ? Hélas ! ce ne sont pas les premières ! Je ne serai la femme de personne !... Dis à ceux qui demandent ma main, que mon époux repose dans la terre humide et que je ne puis donner mon cœur ! Depuis le jour où nous ensevelîmes son cadavre sanglant dans la montagne, un esprit perfide me poursuit avec une vision que je ne puis écarter et au milieu du calme des nuits, des songes tristes et étranges viennent jeter le trouble en moi. Mes pensées et mes paroles s’égarent confusément ; une flamme emplit tout mon sang ; je me dessèche et me flétris de jour en jour. O mon père ! Mon âme souffre ! Aie pitié de moi ! Livre au saint lieu ta fille déraisonnable ; là, je serai sous la protection du Sauveur et à ses pieds j’épancherai ma douleur. Ici-bas, il n’y a déjà plus de joie pour moi..... Que bientôt à l’ombre paisible des autels, une sombre cellule se referme sur moi, comme une tombe. »

                                                                        Lermontov       Le démon (extrait)

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Giuseppe Molteni       La Signora di Monza

"Le brouillard du soir a déjà couvert de ses vapeurs légères les collines de la Géorgie, et fidèle à sa douce habitude, le démon a dirigé son vol vers le couvent. Mais bien longtemps il n’osa violer ce paisible asile de la vertu. Il y eut même un moment où il parut prêt à abandonner ses affreux projets. Il errait mélancoliquement autour des murs élevés et ses pas, plus légers que le vent, faisaient doucement frissonner les feuilles dans l’ombre. Puis il levait les yeux vers cette fenêtre, qu’illuminait l’éclat de la lampe. C’est là qu’elle attendait depuis si longtemps. Soudain, au milieu de ce silence universel, une harpe harmonieuse vibra et des chants sonores résonnèrent ; ces sons semblaient se suivre avec mesure comme coulent des pleurs. C’était une mélodie si tendre, qu’elle paraissait avoir été composée au ciel pour la terre. On aurait dit un ange descendu ici-bas mystérieusement, qui venait en visiter un autre oublié et qui lui parlait du passé, afin d’adoucir sa souffrance ! Et le démon comprit alors pour la première fois les douleurs et les agitations de l’amour. Effrayé, il veut s’éloigner ; mais ses ailes restent immobiles ! et ô prodige ! une larme roule lentement de ses yeux obscurcis !… On voit encore près de cette cellule une pierre que cette larme brûlante a traversée comme une flamme et ce n’était point une larme humaine !"

                                                                  Lermontov       Le démon (extrait)

 

 « Disparais, esprit de doute et de ténèbres ; répondit le messager des cieux : tu as assez longtemps triomphé ; mais l’heure du jugement est venue, et que la sentence divine soit bénie ! Les jours de la tentation sont passés ; en quittant son enveloppe terrestre et périssable elle a secoué à jamais les chaînes du mal. Sache-le ! Depuis longtemps nous l’attendions ! Son âme était de celles dont la vie se compose d’un court instant  de souffrances intolérables et de délices qu’on ne peut comprendre. Le Créateur les a tissées avec les cordes vivantes d’un meilleur monde ; elles ne sont point créées pour la terre et la terre n’est pas faite pour elles ; elle a expié ses doutes par d’atroces douleurs ; elle a souffert et aimé et le paradis lui est ouvert pour cet amour !"

                                                  Lermontov       Le Démon

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