10/12/2017

pré-gothiques, gothiques, romantiques, post-gothiques et néo-gothiques dans la tourmente

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et néo-gothiques

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révolutionnaire

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"Le sang, poursuivit-il après un silence, le sang est une chose sainte ; le sang ne doit pas voir le soleil de Dieu.  Le sang est naturellement caché à la lumière et c'est un grand péché d'exposer le sang à la lumière, c'est un grand péché. Ah ! c'est un grand péché !"

                               Ivan Tourguéniev       Récits d'un chasseur

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Rodriguez Guitierrez        les derniers instants d'Atala

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John Joseph Barker         Paysage forestier

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 "Cette impossibilité de durée et de longueur dans les liaisons humaines, cet oubli profond qui nous suit, cet invincible silence qui s'empare de notre tombe et s'étend de là sur notre maison, me ramènent sans cesse à la nécessité de l'isolement. Toute main est bonne pour nous donner le verre d'eau dont nous pouvons avoir besoin dans la fièvre de la mort."

                                                            François René de Chateaubriand       Mémoires d'outre-tombe

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"C'est par la mort qu'on arrive à la présence de Dieu."

                                                                   François René de Chateaubriand

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Girodet         Atala au tombeau

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François René de Chateaubriand

et le château familial de Combourg

"La vie est une peste permanente.  Cette chaîne de deuil et de funérailles qui nous entortille, ne se brise point, elle s'allonge  ; nous en formerons nous-mêmes un anneau."

                                                       idem 

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Jacques Bertaux        Prise du Palais des Tuileries

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 "Ces récits occupaient tout le temps du coucher de ma mère et de ma soeur : elles se mettaient au lit mourantes de peur ; je me retirais au haut de ma tourelle ; la cuisinière rentrait dans la grosse tour, et les domestiques descendaient dans leur souterrain.

La fenêtre de mon donjon s'ouvrait sur la cour intérieure ; le jour, j'avais en perspective les créneaux de la courtine opposée, où végétaient des scolopendres et croissait un prunier sauvage.  Quelques martinets qui, durant l'été, s'enfonçaient en criant dans les trous du mur, étaient  mes seuls compagnons.  La nuit, je n'apercevais qu'un petit morceau du ciel et quelques étoiles.  Lorsque la lune brillait et qu'elle s'abaissait à l'occident, j'en étais averti par ses rayons, qui venaient à mon lit au travers des carreaux losangés de la fenêtre.  Des chouettes, voletaient d'une tour à l'autre, passant et repassant entre la lune et moi, dessinaient sur mes rideaux l'ombre mobile de leurs ailes.  Relégué dans l'endroit le plus désert, à l'ouverture des galeries, je ne perdais pas un murmure des ténèbres.  Quelques fois, le vent semblait courir à pas légers ; quelques fois il laissait échapper des plaintes ; tout à coup, ma porte était ébranlée avec violence, les souterrains poussaient des mugissements, puis ces bruits expiraient pour recommencer encore."

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"Aucun jour n'a suivi la nuit, aucune nuit n'a été suivie de l'aurore, qui n'ait entendu des pleurs mêlés à des vagissements douloureux, compagnons de la mort et du noir trépas."

                                                               idem

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"Ma pensée errait ainsi à l'aventure, lorsqu'une jeune fille s'éleva du milieu des ondes, à quelque distance. Ses beaux cheveux n'étaient pas agités par le vent. Semblable à la lune argentée pendant une nuit d'hiver, elle vint à moi, douce et souriant d'aise.

Elle n'avait ni manteau de pourpre avec de riches broderies, ni souliers avec des nœuds de rubans, ni robe fastueuse de la couleur du ciel. Elle ne portait pas d'autres vêtements que sa beauté. Elle était nue, et semblait jeune. Tout me fit penser que je voyais la Vérité.

Les boucles de sa brune chevelure couvraient modestement ce qui doit être caché à tous les regards. Elles jouaient sur son corps blanc et sans tache comme des veines sombres dans une carrière d'albâtre que le voyageur aperçoit dans le lointain.

Rempli d'étonnement, je restai immobile et sans voix, émerveillé davantage à mesure que la vision approchait. Mes membres engourdis semblaient se refuser à la fuite ; mais je sentis mon trouble s'évanouir quand elle arriva auprès de moi dans toute la splendeur de sa nudité.

Je n'eus pas une seule pensée voluptueuse; je me souvenais bien que j'étais arrêté par des vœux. J'avais d'ailleurs dans ma poche une croix qui devait préserver mon âme de tout péché. Je regardai la jeune fille d'un œil aussi pur que celui d'un ange, et ne fus tourmenté d'aucune pensée diabolique.

Avec un doux maintien et une grâce divine, elle commença à parler. Les paroles de la Vérité sont l'image de son âme. Elle a toujours détesté la fausse éloquence. La douceur éclate dans tous les mots qu'elle prononce, quoiqu'elle s'efforce de ne pas faire briller ce penchant et de paraître sévère.

Elle me dit : Ma simple venue doit t'apprendre mon nom et mon caractère qu'on dédaigne ; je suis la Vérité descendue autrefois du ciel. Les mauvais riches et les courtisans me regardent comme une étrangère. J'ai vu tes plus intimes pensées, et viens t'éveiller de ton rêve."

Thomas Chatterton  (1752-1770)        Les poèmes de Rowley

Histoire de William Ganynge

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Dominique Mertens         Naissance au Gothique (encre)

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Dominique Mertens        Virginité (encre)

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John Barker Thomas         Chatterton dans sa chambre

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Henri Wallis        La mort de Chatterton 

(Thomas Chatterton s'est donné la mort à l'âge de 18 ans)  

 

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"L'argent ne représente qu'une nouvelle forme d'esclavage impersonnel à la place de l'ancien esclavage personnel."

                                           Léon Tolstoi        La Sonate à Kreutzer

 

 "Dès ce moment, j'entrevis que d'aimer et d'être aimé d'une manière qui m'était inconnue, devait être la félicité suprême. Si j'avais fait ce que font les autres hommes, j'aurais bientôt appris les peines et les plaisirs de la passion dont je portais le germe  ; mais  tout prenait en moi un caractère extraordinaire.  L'ardeur de mon imagination, ma timidité, la solitude firent qu'au lieu de me jeter au dehors, je me repliai sur moi-même ; faute d'objet réel, j'évoquai par la puissance de mes vagues désirs un fantôme qui ne me quitta plus.  Je ne sais si l'histoire du coeur humain offre un autre exemple de cette nature."

                                    François René de Chateaubriand        Mémoires d'outre-tombe

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Lucile de Chateaubriand, soeur tant adorée de François René de Chateaubriand

"Je me composai donc une femme de toutes les femmes que j'avais vues : elle avait la taille, les cheveux et le sourire de l'étrangère qui m'avait pressé contre son sein.   (.....) 

Cette charmeresse me suivait partout invisible ; je m'entretenais avec elle, comme avec un être réel ; elle variait au gré de ma folie.   (......)

Sans cesse, je retouchais ma toile ; j'enlevais un appas à ma beauté pour le remplacer par un autre.  Je changeais aussi ses parures.   (.....)  

Ma femme unique se transformait en une multitude de femmes, dans lesquelles j'idolâtrais séparément les charmes que j'avais adorés réunis."

                                                                                                    idem

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Dominique Mertens        Dans la crypte  (encre)       

"Au nord du château s'étendait une lande semée de pierres druidiques ; j'allais m'asseoir sur une de ces pierres au soleil couchant.  La cime dorée des bois, la splendeur de la terre, l'étoile du soir scintillant à travers les nuages de rose, me ramenaient à mes songes : j'aurais voulu jouir de ce spectacle avec l'idéal objet de mes désirs.  Je suivais en pensée l'astre du jour, je lui donnais ma beauté à conduire afin qu'il la présentât radieuse avec lui aux hommages de l'univers. "

                                                                                                     idem

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La Rumeur  

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Claude Lorrain      Coucher de soleil 

"Combien rapidement et que de fois nous changeons d'existence et de chimère !  Des amis nous quittent, d'autres leur succèdent ; nos liaisons varient : il y a toujours un temps où nous ne possédions rien de ce que nous possédons, un temps où nous n'avons rien de ce que nous eûmes.  L'homme n'a pas une seule et même vie ; il en a plusieurs mises bout à bout, et c'est sa misère."

                                                            idem

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 Chateaubriand nous a légué une description minutieuse des différentes péripéties de la Révolution française dans ses "Mémoires d'outre-tombe", contexte indissociable de la littérature gothique.

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"En considérant l'être entier, en pesant le bien et le mal, on serait tenté de désirer tout accident qui porte à l'oubli , comme un moyen d'échapper à soi-même : un ivrogne joyeux est une créature heureuse.  Religion à part, le bonheur est de s'ignorer et d'arriver à la mort sans avoir senti la vie."

                                         François René de Chateaubriand        Mémoires d'outre-tombe

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ci-dessous le texte-type d'une condamnation à mort

Exécuteur des jugements criminets.

Tribunal révolutionnaire.

L'exécuteur des jugements criminels ne fera faute de se rendre à la maison de justice de la Conciergerie,

pour y mettre à exécution le jugement qui condamne

xxxxx (liste des noms)xxxxx

à la peine de mort.

L'exécution aura lieu aujourd'hui, à cinq heures précises, sur la place de la Révolution de cette ville. (Paris)

L'accusateur public,  H.Q.Fouquier.

Fait au Tribunal, le trois floréal, l'an second de la République française

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Elisabeth Vigée-Lebrun     Madame Du Barry  (avant !)

"L'exécution de Madame Du Barry eut lieu sur l'actuelle place de la concorde, le 8 décembre 1793.  En hâte, Madame du Barry fit fiévreusement l'énumération de tous ses biens en espérant ainsi sauver sa vie, comme les autorités le lui auraient fait croire. On a affirmé qu'aux derniers instants le courage l'abandonna. Pourtant, elle avait montré, à plusieurs reprises, une indéniable fermeté face à la mort. La certitude d'une erreur ou d'une trahison peuvent expliquer ses sentiments de panique et de désespoir. On dut la traîner jusqu'à l'échafaud. Elle se débattait, pleurait, implorait…"

                                                                                                                               (extrait de Wikipaedia)

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Madame Du Barry (après !)

 

"Dans ces milliers de romans, qui ont inondé l'Angleterre depuis un demi-siècle, deux ont gardé leur place : Calek Williams et Le Moine. Je ne vis point Goldwin pendant ma retraite à Londres ; mais  je rencontrai deux fois Lewis .  C'était un jeune membre des Communes fort agréable, et qui avait l'air et les manières d'un Français.  Les ouvrages d'Anne Radcliffe font une espèce à part.  "

                                                                                                                                         idem

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                  Claude Lorrain      Paysage avec la tentation de Saint-Antoine

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William Blake        illustration pour le "Paradis Perdu" de Milton

 "Enfin il entendit ce petit choc produit par l'échappement de la pendule au moment où l'heure va sonner.  Une pâleur subite et profonde se répandit sur le visage de Luizzi ; il demeura immobile, et ferma les yeux comme un homme qui va se trouver mal.  Le premier coup de deux heures résonna alors dans le silence.  Ce bruit sembla tirer Armand de son affaissement ; et, avant que le second coup fût sonné, il avait saisi une petite clochette d'argent posée sur la table et l'avait violemment agitée en prononçant ce seul mot : 

Viens  !!!

                                                       Frédéric Soulié        Les Mémoires du Diable

 

 "C'était bien l'ange déchu que la poésie a rêvé : type de beauté flétri par la douleur, altéré par la haine, dégradé par la débauche, il gardait encore, tant que son visage restait immobile, une trace endormie de son origine céleste ; mais, dès qu'il parlait, l'action de ses traits dénotait une existence où avaient passé toutes les mauvaises passions."

                                                                                                             idem

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"Le nouveau venu se pencha négligemment à l'arrière et dirigea vers le foyer l'index et le pouce de sa main blanche et effilée ;  ces deux doigts s'allongèrent indéfiniment comme une paire de pincettes et prirent un charbon."

                                                                                                   idem

 

"Damnation !

Vous pouvez dire tout ce qu'il vous plaira ,
vous n'y gagnerez rien ; ce que je
ne me pardonne pas , c'est de vous
avoir écouté ici un moment... Je ne
permettrai pas que l'on arrête le cours
de ma vengeance ; si je fais grâce, ce
ne sera à la sollicitation de personne ;
je ne pardonnerais pas quand toute la
famille serait à mes pieds, et je les
ferais tous pendre , si mon pouvoir
égalait ma volonté. --- C'est fort bien,
monsieur, je vous avertis seulement,
que votre cruelle rigueur vous fera
détester de tous les hommes ; vous
pouvez vous aveugler sur votre pou-
voir et sur l'impunité ; l'opinion gé-
nérale saura bien démêler vos prati-
ques ; elle vengera une aussi cruelle
soif du sang : adieu, monsieur."

William Godwin       "Les Choses telles qu'elles sont"    ou

  "Les Aventures de Caleb Williams"  (1794)

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 "Le temps se passa ainsi, et, la nuit venue, j'attendis sans terreur le moment où j'allais m'échapper de ma chambre.  Seulement alors un frisson me prit ; de vagues images d'une fille séduite, qui fuit la maison paternelle, me passèrent devant les yeux comme des fantômes, pendant que je descendais l'escalier qui criait sous mes pas.  J'avais entrevu des tableaux où cela était représenté, et ils se dessinaient dans l'ombre en prenant ma figure.  Plus instruite que je ne l'étais, j'aurais peut-être reculé devant ces sombres avertissements ; mais j'avais contre moi la pureté de mon âme et l'ignorance de mes sens."

                                                                          Frédéric Soulié          Les Mémoires du Diable

 

"Et je sentais ce qu'il me disait : mon coeur bouillonnait, je frissonnais de tout mon être ; ma pensée, ma raison s'égaraient.  J'étais dans ses bras ; son haleine brûlait mon visage, ses lèvres retrouvèrent les miennes, et , quoique la nuit fût profonde, je fermais les yeux.  Je me laissais entraîner vers un crime que j'ignorais, mais qu'il me semblait que je ne devais pas voir ; je n'étais pas évanouie, mais j'étais dans les mains de Léon comme un corps inerte.  Un anéantissement douloureux du corps et de l'esprit me livrait à lui sans défense, il eût pu me tuer sans que j'en éprouvasse de douleur.  Je ne sentais plus rien ; il étreignit vainement ce corps sans âme, il chercha vainement un battement de mon coeur, il appela vainement un mot de ma bouche : je me sentais mourir, voilà tout.  Et j'étais coupable, déshonorée et flétrie que je ne savais pourquoi j'étais coupable, déshonorée et flétrie !  

Ce fut le cri de son bonheur qui m'éveilla de cet engourdissement ; je voulus le repousser et le maudire, mais ma parole demeura étouffée sous ses lèvres, et mes larmes se perdirent dans ses baisers.  J'étais à lui !  je pleurai : je venais de perdre une illusion, je venais d'apprendre ce que les hommes appellent le bonheur.  Le bonheur !  est-ce donc la profanation de l'amour ?"

                                                                                                                         idem

 

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 "Oui, quand je dirai qu'on m'a enfermée dans une tombe, loin de l'air et du sommeil, quand je donnerai les horribles  détails de cette captivité où je meurs, on me plaindra, on me devinera ; mais pourrais-je faire sentir à d'autres les horreurs d'une brutalité qui écrase et pétrit le coeur et la vie d'une malheureuse sous ses doigts insensibles ?" 

                                                                                 idem         

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"Au bord d'un lac tranquille

Je travaillais un soir à mon dernier asile.

Je creusais mon cercueil ; en moi-même absorbé

Je restai quelque temps sur ma bêche courbé.

Dans ces sombres objets, mon âme ensevelie

Aimait  à contempler le terme de la vie

Sans trouble, sans terreur, trop faible pour mes maux

D'avance je goûtais le calme des tombeaux."

Claude-Joseph Dorat   Lettre du Comte de Comminges à sa mère

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"A présent chacun aspire à séparer sa personnalité des autres, chacun veut goûter lui-même la plénitude de la vie ; cependant, loin d’atteindre le but, tous les efforts humains n’aboutissent qu’à un suicide total, car, au lieu d’affirmer pleinement leur personnalité, ils tombent dans une solitude complète. En effet, en ce siècle, tous sont fractionnés en unités. Chacun s’isole dans son trou, s’écarte des autres, se cache, lui et son bien, s’éloigne de ses semblables et les éloigne de lui. Il amasse de la richesse tout seul, se félicite de sa puissance, de son opulence ; il ignore, l’insensé, que plus il amasse plus il s’enlise dans une impuissance fatale."

                                                  Fiodor Dostoïevski         Les Frères Karamazov

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Un Jour, être Pauvre 

(chanson de Gérard Manset)

Un jour, être pauvre, 
Détaché de tout 
Sans pleurer de rien, 

Sans rire de tout, 
Comme un enfant qui repose 
Dans la vérité des choses.
S'écarter de tout, sortir,
Se tenir debout
Comme un enfant sort du ventre et hurle,
S'écarter de tout.

Un jour, être pauvre,
Détaché du reste,
De l'autre côté du mur.
Pas le moindre geste,
Pas la moindre trace de haine,
Pas la moindre trace de fêlure, trace de brûlure,
Le moindre sentiment d'oubli.
De l'autre côté du mur,
Pas la moindre trace de fêlure, trace de brûlure,
Le calme au fond du lac.

Un jour, être pauvre
Sur un quai désert
Etre un bateau vide.
Tout le monde à terre.
Comme un enfant qui repose
Dans la vérité des choses,
S'éloigner de tout, apprendre
A tenir debout
Sur la mer immense et douce, apprendre,
A tenir debout

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Une infinie tendresse

(chanson de Catherine Ribeiro)

Brisée mais non vaincue

J'observe mes entrailles

Et mon coeur et mon corps

Partout couvert de  traces

Par nous ensanglatés

Par nous mes hommes, mes femmes

Par vous mes tant aimées

Par vous mes libertés

  Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Dix hommes désespérés

 Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Dix hommes désespérés

 Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Dix hommes désespérés

 Je suis dans l'ombre le reflet

 De vos vies sacrifiées

 Ma liberté dépend

De vous entièrement

Vos mots vos désespoirs

 Sont forces vives en moi

 Mes craintes, mes angoisses

 Vos raisons d'espérer

 Oh ! donnez-moi,  donnez-moi

 Cinq hommes désespérés

   Je connais nos faiblesses

Déclins crépusculaires

Formidables  courages

Que nos vies en  survie

Brûlons les  abattoirs

Levons nos poings  serrés

Craquelons nos  carcans

Déchaînons nos enfants

   Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Deux hommes désespérés

 Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Deux hommes désespérés

 Oh ! donnez-moi, donnez-moi

 Deux hommes désespérés

 Donnez-moi, donnez-moi

 Deux hommes désespérés

 J'en ferai des montagnes

Des soleils, des brasiers

Des puissances d'amour

 Des infinies tendresses

 Des sexes gigantesques

 J'en ferai des grands fours

 Des aliénés d'amour

Des armures de  combat

 Des fous de poésies

De grandes symphonies

Nous serons là vivants

Témoignages  vivants

 D'un amour infini

D'une infinie  tendresse.

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Finir pêcheur

chanson de Gérard Manset

Un jour, finir pêcheur
Parce que ça grandit l'homme
Heureux comme ça
Pas gagner plus d'argent
Le matin, me lever
Pas connu, pas guetté
Parce que ça, ça fait mal
Ça fait mal à l'homme
La célébrité
Finir dans l'eau salée
Juste savoir compter
Vider le sablier
Puis tout oublier
Parce que ça grandit l'homme
De vivre sans parler
De vivre sans paroles
Et d'apprendre à se taire
Regarder sans rien faire
Regarder sans voir
Les enfants qui dansent

 


Au bord du miroir

Mais c'est toujours trop loin
Toujours dans le noir
Inaccessible
Pareil au coeur de la cible
Et c’est toujours trop loin

Un jour, finir quand même
Que personne s'en souvienne
L'écrive ou le dise
Vider sa valise
Brûler les journaux
Les tapis, les photos
Sans rien vouloir apprendre
Pour que les enfants sachent
Qu'on va quelque part
Quand on oublie tout
Qu'on oublie les coups
Qu'on déplie, qu'on secoue
Que la folie s'attrape
Qu'on déchire la nappe
Maladie tout à coup
Que tu portes à ton cou
Comme un collier de fleurs
De larmes et de couleurs

Un jour, finir pêcheur
Mollusque divin
Peau de parchemin
Mais c'est toujours trop loin
A portée de la main
Inaccessible
Pareil au coeur de la cible
Mais c'est toujours trop loin

Un jour, finir meilleur
Tuer le mal de l'homme
Se libérer de tout
Prendre dans la mer
Les coraux, les vipères
Et tout ça dans la main
Sans lumière et sans gaz
Et sans barbe qu'on rase

Un jour, finir pêcheur
Avaler le compteur
Regarder sans voir
Le calendrier
Qui tombe en poussière
Qu'elle est loin, la terre
Qu'elle est loin, la terre

Le calendrier
Qui tombe en poussière
Qu'elle est loin, la terre
Qu'elle est loin, la terre
Le calendrier

Le calendrier
Qui tombe en poussière
Qu'elle est loin, la terre
Qu'elle est loin, la terre

Gérard Manset
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François Richard Fleury         Valentine  de Milan attendant le retour de son époux

"Personne n'apprécie la bonté à sa juste valeur, car malheureusement, chacun y voit un reproche à son adresse."

                                                                                     Léon Tolstoi        Guerre et paix

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Gabriel Cornelius von Max          Lady Macbeth

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"Au second acte, le décor représentait un cimetière couvert de monuments funèbres, et au milieu de la toile de fond on voyait un trou qui figurait la lune.  La nuit se fit sur la scène, au moyen d'abat-jour abaissés sur les quinquets ; les cors et les contrebasses jouèrent en sourdine, et une foule de gens, drapés de longs manteaux noirs, sortirent des coulisses.  Ils se mirent à agiter les bras comme des fous, et ils étaient en train de brandir un objet pointu qui ressemblait de loin à un poignard, lorsque d'autres hommes accoururent, en traînant de force la demoiselle en blanc."

                                                                              Léon Tolstoi           Guerre et paix 

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« Brusquement ma vie s’arrêta… Je n’avais plus de désirs.

Je savais qu’il n’y avait rien à désirer.

La vérité est que la vie était absurde.

J’étais arrivé à l’abîme et je voyais que, devant moi,

il n’y avait rien que la mort. » 

                                                                   Léon Tolstoi

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Léon Tolstoi 

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Léon Tolstoi à Iasnaïa Poliana

 Gothique

  à  la  manière  des maîtres

du  genre

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L'Enfer  est  pavé  de  bonnes  intentions

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Boris Christoff

" Non, il n’est pas mort, c’est impossible ! » se dit-elle. Dominant sa terreur, elle approcha de la couche funèbre, et posa ses lèvres sur la joue de son père ; mais à ce contact elle tressaillit et se rejeta en arrière : toute la tendresse qu’elle venait de ressentir s’évanouit pour faire place à un sentiment d’horreur et de crainte causé par ce qu’elle voyait devant elle. « Il n’est plus, il n’est plus, et à sa place quelque chose d’horrible, un mystère effrayant qui me glace et me repousse, murmurait la pauvre fille… Et, se cachant la figure dans les mains, elle tomba évanouie dans les bras du docteur qui l’avait suivie."                                                  Léon Tolstoi         Guerre et paix

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Dominique Mertens        Là-bas (encre)

« Oui, j’ai souhaité sa mort, disait-elle tout haut dans son émotion. J’ai désiré voir finir cela plus vite, pour me reposer… Mais à quoi me servira ce repos, lorsqu’il ne sera plus ? »                      idem

L'Enfer  est  pavé  de  bonnes  intentions

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 "Dans ce sombre monastère, les religieux se saluent en disant : Frère, il nous faut mourir !"

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"Pleurez, bonnes gens,

car la vie le quitte.

Ses lèvres se sont tues ; 

Il ne répond plus.

Les lamentations funèbres !"

                                                          Modeste Moussorgski        paroles extraites

                                                                                                     de l'opéra "Boris Godounov"

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Fédor Chaliapine, chanteur basse

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Vera Ignatievna Moukhina        L'ouvrier et la kolkhozienne

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L'Enfer  est  pavé  de  bonnes  intentions

"Il s'agite, il tremble, il appelle à l'aide :  

Mon Dieu, je souffre.

Ne pourrai-je donc jamais racheter mes péchés ?"

                               Modeste Moussorsgski             Boris Godounov

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L'Enfer  est  pavé  de  bonnes  intentions

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"L'amour, qu'est-ce que l'amour ? se disait-il. L'amour est la négation de la mort, l'amour c'est la vie ; tout ce que je comprends, je ne le comprends que par l'amour.  Tout est là !  L'amour, c'est Dieu, et mourir c'est le retour d'une parcelle d'amour qui est moi, à la source générale et éternelle."

                                                                           Léon Tolstoi         Guerre et paix

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Charles-Louis Muller      L' Appel des dernières victimes de la Terreur 

08/12/2017

LUMIERES GOTHIQUES

Lumières  gothiques

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Ernst Theodor Wilhelm HOFFMANN

(1776-1822)

brillant fantastiqueur 

et grand admirateur du peintre  baroque

Salvator  ROSA

(1615-1673)

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dont nous pouvons déchiffrer la devise ci-dessus :

« aut tace aut loquere meliora silentio » 

« Tais-toi,

à moins que ce que tu as à dire

vaille mieux que le silence »

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Salvator Rosa        la tentation de Saint-Antoine

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Salvator Rosa       autoportrait

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Salvator Rosa       sorcière

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Salvator Rosa        bandits au détours d'une rivière

"Lorsque la réputation de Salvator  (Rosa) se fut répandue à Naples, à Rome, dans la Toscane et même par toute l’Italie, lorsque les peintres qui voulaient plaire devaient tâcher d’imiter le style étrange de son pinceau, à cette époque même de méchants envieux faisaient naître des bruits fâcheux qui devaient obscurcir la gloire divine de l’artiste. On prétendait qu’à une époque antérieure de sa vie Salvator avait fait partie d’une bande de brigands, et que c’était dans cette société maudite qu’il avait pris les originaux de 77 toutes ces figures féroces, fières, si fantastiquement costumées, qu’il plaça plus tard dans ses tableaux. On disait que les déserts sombres et affreux ! les selve selvage, comme les nomme le Dante, où il s’était tenu caché, étaient fidèlement reproduits dans ses paysages. Mais ce qu’il y avait de pire, c’est qu’on soutenait qu’il avait été entraîné dans la terrible et sanguinaire conspiration tramée à Naples par le fameux Mas’Aniello, et l’on en racontait les particularités avec les plus petits détails.

Aniello Falcone, le peintre de batailles – c’était ainsi qu’on racontait la chose, – s’enflamma de fureur et de vengeance, lorsque les soldats espagnols eurent tué, dans une mêlée, un de ses parents. Il rassembla aussitôt une bande de jeunes gens audacieux, artistes pour la plupart, leur donna des armes, et les appela la Compagnie de la Mort. En effet, cette troupe répondit parfaitement à sa fatale dénomination. Ces jeunes gens parcouraient par bandes la ville de Naples, et poignardaient sans pitié tout Espagnol qu’ils rencontraient. – Ils pénétraient dans les asiles sacrés, et là ils tuaient sans miséricorde le 78 malheureux qui s’était réfugié dans ces lieux. La nuit ils se rendaient auprès de leur chef, le sanguinaire et frénétique Mas’Aniello, qu’ils peignaient à la lueur de flambeaux allumés, de sorte que bientôt ces portraits se répandirent par milliers dans Naples et dans les environs. On disait donc que Salvator faisait partie de cette bande meurtrière ; le jour il égorgeait, et la nuit il peignait assidûment. Un critique célèbre, Taillasson, je crois, a remarqué avec justesse que ses tableaux portent le caractère d’une fierté féroce, d’une énergie bizarre et d’une exécution sauvage. La nature ne se révèle pas à lui dans les charmes riants des vertes prairies, des champs fleuris, des bois odorants, des sources murmurantes, mais dans la terreur des rochers gigantesquement entassés, des arides rivages de la mer, des forêts désertes et inhospitalières. Ce n’est point l’haleine des vents du soir, ni le doux frémissement des feuilles ; c’est le mugissement de l’ouragan, le fracas de la cataracte, qui seuls se sont fait entendre à son oreille. En contemplant dans ses tableaux ces déserts, et les hommes d’un extérieur étrange et sauvage qui se glissent çà et 79 là, tantôt seuls, tantôt en troupe, les pensées sinistres se présentent d’elles-mêmes. On se dit : Ici se commit un meurtre ; là le cadavre sanglant fut jeté dans le précipice."

                         Ernst Theodor Wilhelm Hoffmann       extrait de la nouvelle intitulée Salvator Rosa"

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Salvator Rosa        autoportrait

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Salvator Rosa        Lucrèce en poétesse

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"L'événement le plus marquant de ces courses hardies de Salvator Rosa dans ces montagnes, (les Abbruzes) est sa captivité parmi les bandits qui en étaient les seuls habitants, et son association temporaire (et même, dit-on, volontaire) avec ces hommes terribles.  On ne peut douter qu'il n'ait vécu quelque temps avec les brigands pittoresques dont il a multiplié les portraits à l'infini."

                                                     Lady Morgan (pseudonyme pour Sydney Owenson)

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   "Astre brillant de mon amour, ne t'es-tu donc levé que pour disparaître aussitôt, et me laisser dans une nuit profonde !"

                                Ernst Theodor Wilhelm Hoffmann        L'Homme au sable

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James Arthur o'Connor        Paysage au clair de lune

"La mort est aussi soudaine dans ses caprices qu'une courtisane l'est dans ses dédains ; mais plus fidèle, elle n'a jamais trompé personne."

                                                   Honoré de Balzac       L'Elixir de longue vie

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Salvator Rosa       Scène de sorcellerie

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Salvator Rosa       Scène de sorcellerie

... car le sang est un précieux adjuvant de la volupté... 

c'est le vin de l'amour."

                                       Octave Mirbeau       Le Jardin des supplices

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Le thème du double, thème fantastique par excellence,  illustré par un maître  :

"Couché sur un lit de camp, j’entendais que les soldats s’entretenaient d’un inconnu arrêté comme moi et dont la voix avait retenti dans la même salle. Par un singulier effet de vibration, il me semblait que cette voix résonnait dans ma poitrine et que mon âme se dédoublait pour ainsi dire, — distinctement partagée entre la vision et la réalité. Un instant, j’eus l’idée de me retourner avec effort vers celui dont il était question, puis je frémis en me rappelant une tradition bien connue en Allemagne, qui dit que chaque homme a un double, et que, lorsqu’il le voit, la mort est proche. — Je fermai les yeux et j’entrai dans un état d’esprit confus où les figures fantasques ou réelles qui m’entouraient se brisaient en mille apparences fugitives. Un instant, je vis près de moi deux de mes amis qui me réclamaient, les soldats me désignèrent ; puis la porte s’ouvrit et quelqu’un de ma taille, dont je ne voyais pas la figure, sortit avec mes amis que je rappelais en vain. — Mais on se trompe ! m’écriais-je, c’est moi qu’ils sont venus chercher et c’est un autre qui sort ! Je fis tant de bruit que l’on me mit au cachot."

                                                              Gérard de Nerval       Aurelia (extrait)

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dante_gabriel_rosetti       double

  « Mais la vengeance céleste, poursuivit Estevan après une pause assez solennelle ; mais l’infaillible justice de Dieu n’avait pas perdu ses droits. À peine le sommeil eut commencé à dissiper les vapeurs qui obscurcissaient la raison de Ghismondo, qu’il vit Inès entrer dans sa chambre à pas mesurés, non pas belle, frémissant d’amour et de volupté, et vêtue comme autrefois d’un tissu léger qui allait tomber ; mais pâle, ensanglantée, traînant le long habit des morts, et déployant vers lui une main flamboyante qu’elle vint imposer lourdement sur son cœur, à l’endroit même qu’elle avait inutilement pressé quelques heures auparavant. Lié par une puissance irrésistible, Ghismondo tenta en vain de se soustraire à l’effroyable apparition. Ses efforts et sa douleur ne purent se manifester que par quelques gémissements sourds et confus. L’implacable main restait clouée à sa place, et le cœur de Ghismondo brûlait, et il brûla ainsi jusqu’au lever du soleil, où disparut le fantôme. Ses complices reçurent la même visite et subirent le même supplice."

                                                Charles Nodier       Inès de la sierras    (extrait)

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"Il n’est rien sur la terre qui élève plus

l’homme dans sa plus intime pensée que l’amour ; c’est

l’amour dont l’influence immense et mystérieuse éclaire

notre coeur et y porte à la fois le bonheur et la confusion.

Peut-on s’étonner que don Juan ait espéré d’apaiser par

l’amour les désirs qui déchirent son sein, et que là le

démon ait tendu son piège ? C’est lui qui inspira à don

Juan la pensée que par l’amour, par la jouissance des

femmes, on peut déjà accomplir sur la terre les promesses

célestes que nous portons écrites au fond de notre âme,

désir infini qui nous apparente, dès notre premier jour,

avec le ciel. Volant sans relâche de beauté en beauté,

jouissant de leurs charmes jusqu’à satiété, jusqu’à l’ivresse

la plus accablante ; se croyant sans cesse trompé dans

son choix, espérant atteindre l’idéal qu’il poursuivait, don

Juan se trouva enfin écrasé par les plaisirs de la vie réelle ;

et méprisant surtout les hommes, il dut surtout s’irriter

contre ces fantômes de volupté qu’il avait si longtemps

regardés comme le bien suprême, et qui l’avaient si

amèrement trompé. Chaque femme dont il abusait, n’était

plus pour lui une joie des sens, mais une insulte   

audacieuse à la nature humaine et à son créateur. Un

profond mépris pour la manière vulgaire d’envisager la vie,

au-dessus de laquelle il se sentait élevé ; la gaieté ironique

et intarissable qu’il éprouvait à la vue du bonheur, selon les

idées bourgeoises ; le dédain que lui inspiraient le calme

et la paix de ceux en qui le besoin de remplir les hautes

destinées de notre nature divine ne s’est pas fait sentir, le

portaient à se faire un jeu cruel de ces créatures douces,

humbles et plaintives, à les faire servir de but à son humeur

blasée. Chaque fois qu’il enlevait une fiancée chérie, qu’il

troublait le repos d’une famille unie, c’était un triomphe

remporté sur la nature et sur son Dieu. L’enlèvement

d’Anna, avec les circonstances qui l’accompagnent, est la

plus haute victoire de ce genre à laquelle il puisse

prétendre. Dona Anna est placée en opposition à don

Juan, par les hautes perfections qu’elle a également

reçues. Comme à don Juan, la beauté du corps et de l’âme

lui a été départie ; mais elle a conservé la pureté idéale, et

l’enfer ne peut la perdre que sur la terre. Dès que ce mal

est accompli, la vengeance doit arriver."

                                              Ernst Theodor Wilhelm HOFFMANN       don Juan (extrait)

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Comme à Ostende
chanson musique et paroles de Léo Ferré
On voyait les chevaux de la mer
Qui fonçaient, la tête la première
Et qui fracassaient leur crinière
Devant le casino désert...
La barmaid avait dix-huit ans
Et moi qui suis vieux comme l'hiver
Au lieu d'me noyer dans un verre
Je me  suis baladé dans le printemps
De ses yeux taillés en amande
Ni gris, ni verts
Ni gris, ni verts
Comme à Ostende
Et comme partout
Quand sur la ville
Tombe la pluie
Et qu'on se demande
Si c'est utile
Et puis surtout
Si ça vaut le coup
Si ça vaut le coup
De vivre sa vie !...
Je suis parti vers ma destinée
Mais voilà qu'une odeur de bière
De frites et de moules marinières
M'attire dans un estaminet...
Là y'avait des types qui buvaient
Des rigolos, des tout rougeauds
Qui s'esclaffaient, qui parlaient haut
Et la bière, on vous la servait
Bien avant

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Dominique Mertens       Phare dans le Maelstrom (encre)

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 "Tout d'abord, quand ils ont quittés les contrées habitées pour ne plus rencontrer que de rares paysans ou ermites hébétés, vivant déjà en-deçà du langage, n'est-ce pas la possibilité de communiquer qui s'est refermée derrière eux ? Puis le monde s'est progressivement clos : les tempêtes, les orages, les forêts ont été autant de murailles de feu, d'eau, de ténèbres conjuguant leurs pouvoirs pour les prendre au piège d'un mécanisme de plus en plus rapide. Une fois le seuil du château franchi rien ne change : la topographie intérieure est calquée sur celle de la forêt. L'enchevêtrement des souterrains égare comme l'enchevêtrement végétal, l'apparition du moindre flambeau déchire la nuit et inquiète avec la même fulgurance que les orages du dehors... Seulement, à l'intérieur, tout devient insupportablement concentré et ostentatoire."

                                                                Annie Lebrun       Les châteaux de la subversion

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LÉNORE   poème d' Edgar Allan Poe

Ah ! brisée est la coupe d’or ! l’esprit à jamais envolé ! Que sonne le glas ! — une âme sanctifiée flotte sur le fleuve Stygien ; et toi, Guy de Vere, n’as-tu de larmes ? pleure maintenant ou jamais plus ! Vois ! sur cette morne et rigide bière gît ton amour, Lénore ! Allons ! que l’office mortuaire se lise, le chant funèbre se chante ! Une antienne pour la morte la plus royale qui jamais soit morte si jeune, — une psalmodie pour elle, morte deux fois parce qu’elle est morte si jeune !

« Misérables ! vous l’aimiez pour sa richesse et la haïssiez pour son orgueil, et quand sa santé chancela vous la bénissiez — parce qu’elle mourait. Comment donc le rituel sera-t-il lu ? — le Requiem, chanté — par vous, — par toi, l’œil mauvais, par toi, la langue infamante, qui avez causé la mort de l’innocence qui est morte si jeune ? »

« — Peccavimus ; mais ne délire pas de la sorte ! et qu’un chant du sabbat monte à Dieu si solennellement qua la morte ne sente de mal ! La suave Lénore a “pris les devants” avec l’espoir qui volait à côté, te laissant dans l’égarement à cause de cette chère enfant qui aurait été ton épousée, — elle la belle et de grand air qui maintenant gît si profondément, la vie sur la blonde chevelure, mais pas dans les yeux, — la vie là encore, sur la chevelure, — la mort aux yeux. »

« Arrière ! ce soir j’ai le cœur léger. Je n’entonnerai de chant mortuaire, mais soutiendrai, dans son vol, l’ange par un Péan des vieux jours ! Que ne tinte de glas ! — de peur que son âme suave, parmi sa religieuse allégresse, n’en saisisse la note, comme Elle plane sur la Terre maudite. Vers les amis d’en haut, aux démons d’en bas le fantôme indigné s’arrache — à l’Enfer, vers une haute condition au loin dans les Cieux, — aux pleurs et aux plaintes, vers un trône d’or à côté du Roi des Cieux. »

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Edgar Allan Poe, le Maître dont l'oeuvre traverse les siècles 

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Virginia Clemm, sa cousine germaine qui devint  son épouse en 1836, avant de  décéder en 1847

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Edouard Manet illustration pour le poème Le Corbeau

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la tour de l'Université de Forham qui serait l'inspiratrice de son poème intitulé "Les Cloches"

LES CLOCHES        poème de Edgar Allan Poe

"Entendez les traîneaux à cloches — cloches d’argent ! Quel monde d’amusement annonce leur mélodie ! Comme elle tinte, tinte, tinte, dans le glacial air de nuit ! tandis que les astres qui étincellent sur tout le ciel semblent cligner, avec cristalline délice, de l’œil : allant, elle, d’accord (d’accord, d’accord) en une sorte de rythme runique, avec la « tintinnabulisation » qui surgit si musicalement des cloches (des cloches, cloches, cloches, cloches, cloches, cloches), du cliquetis et du tintement des cloches.

Entendez les mûres cloches nuptiales, cloches d’or ! Quel monde de bonheur annonce leur harmonie ! à travers l’air de nuit embaumé, comme elles sonnent partout leur délice ! Hors des notes d’or fondues, toutes ensemble, quelle liquide chanson flotte pour la tourterelle, qui écoute tandis qu’elle couve de son amour la lune ! Oh ! des sonores cellules quel jaillissement d’euphonie sourd bruyamment ! qu’il s’enfle, qu’il demeure parmi le Futur ! qu’il dit le ravissement qui porte au branle et à la sonnerie des cloches (cloches, cloches — des cloches, cloches, cloches, cloches), au rythme et au carillon des cloches !

Entendez les bruyantes cloches d’alarme — cloches de bronze ! Quelle histoire de terreur dit maintenant leur turbulence ! Dans l’oreille saisie de la nuit comme elles crient leur effroi ! Trop terrifiées pour parler, elles peuvent seulement s’écrier hors de ton, dans une clameur d’appel à la merci du feu, dans une remontrance au feu sourd et frénétique bondissant plus haut (plus haut, plus haut), avec un désespéré désir ou une recherche résolue, maintenant, de maintenant siéger, ou jamais, aux côtés de la lune à la face pâle. Oh ! les cloches (cloches, cloches), quelle histoire dit leur terreur — de Désespoir ! Qu’elles frappent et choquent, et rugissent ! Quelle horreur elles versent sur le sein de l’air palpitant ! encore l’ouïe sait-elle, pleinement par le tintouin et le vacarme, comment tourbillonne et s’épanche le danger ; encore l’ouïe dit-elle, distinctement, dans le vacarme et la querelle, comment s’abat ou s’enfle le danger, à l’abattement ou à l’enflure dans la colère des cloches, dans la clameur et l’éclat des cloches !

Entendez le glas des cloches — cloches de fer ! Quel monde de pensée solennelle comporte leur monodie ! Dans le silence de la nuit que nous frémissons de l’effroi ! à la mélancolique menace de leur ton. Car chaque son qui flotte, hors la rouille en leur gorge — est un gémissement. Et le peuple — le peuple — ceux qui demeurent haut dans le clocher, tous seuls, qui sonnant (sonnant, sonnant) dans cette mélancolie voilée, sentent une gloire à ainsi rouler sur le cœur humain une pierre — ils ne sont ni homme ni femme — ils ne sont ni brute ni humain — ils sont des Goules : et leur roi, ce l’est, qui sonne ; et il roule (roule — roule), roule un Péan hors des cloches ! Et son sein content se gonfle de ce Péan des cloches ! et il danse, et il danse, et il hurle : allant d’accord (d’accord, d’accord) en une sorte de rythme runique, avec le tressaut des cloches — (des cloches, cloches, cloches) avec le sanglot des cloches ; allant d’accord (d’accord, d’accord) dans le glas (le glas, le glas) en un heureux rythme runique, avec le roulis des cloches — (des cloches, cloches, cloches) avec la sonnerie des cloches — (des cloches, cloches, cloches, cloches, cloches — cloches, cloches, cloches) — le geignement et le gémissement des cloches."

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lodovico Carracci       Apparition de la Vierge à Saint-Hyacinth (détail)

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"Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.

Il y eut un homme envoyé de Dieu: son nom était Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n'était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière.

Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l'a point connue. Elle est venue chez les siens, et les siens ne l'ont point reçue. Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu."                         

                                                                                                         Saint-Jean apôtre salvator rosa,peinture baroque,littératurre fantastique,gothique,gérard de nerval,octave mirbeau,charles nodier,ernst theodor hexperos,wilhelm hoffmann

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« Où ai-je donc lu, pensait Raskolnikoff en s’éloignant, 

ce propos qu’on prête à un condamné à mort une heure avant l’exécution ? 

S’il lui fallait vivre

 sur une cime escarpée, sur un rocher perdu au milieu de l’océan

 et où il n’aurait que juste la place pour poser ses pieds ; 

s’il devait passer ainsi toute  son existence, mille ans, 

l’éternité, debout sur un espace d’un pied carré,

 dans la solitude, dans les ténèbres, 

exposé à toutes les intempéries de l’air,

 il préférerait encore cette vie-là à la mort ! 

Vivre n’importe comment, mais vivre !"

                                             Fiodor Dostoïevski          Crime et châtiment

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 Fiodor Dostoïevski

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pages dessinées et calligraphiées par Fiodor Dostoïevski

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 "Il existe un assez grand nombre de gens de la même espèce que Harry ; beaucoup d'artistes notamment appartiennent à cette catégorie.  Ces hommes ont tous en eux deux âmes, deux essences ; le divin et le diabolique, le sang maternel et le sang paternel, le don du bonheur et le génie de la souffrance coexistent et interexistent en eux aussi haineusement et désordonnément que le loup et l'homme en Harry."

                                                                Hermann Hesse       Le Loup des steppes

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 "Par malheur, je ne suis ni philosophe ni théologien. Je sais très bien que je ne vivrai pas plus de six mois ; il semblerait donc que les questions des ténèbres funèbres et des visions qui hanteront mon sommeil sépulcral devraient m'occuper avant tout. Mais, je ne sais pourquoi, mon âme ne veut pas s'occuper de ces questions-là, bien que mon esprit en reconnaisse toute l'importance. Maintenant, en face de la mort, comme il y a vingt ou trente ans, la science seule m'intéresse. En rendant le dernier soupir, je continuerai à croire que la science est ce qu'il y a d'essentiel, de plus beau et de plus nécessaire dans la vie de l'homme, qu'elle a toujours été et sera la plus haute manifestation d'amour, et que, par elle seule, l'homme vaincra la nature et lui-même. Cette foi est peut- être naïve et mal fondée, mais est-ce ma faute si je crois ainsi et non autrement? Je ne puis vaincre en moi cette foi."

Anton Tchékov       Une banale histoire (extrait)

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Giovanni Baglione        autoportrait et nature morte 

"Ce sommeil fut troublé par des rêves effrayants, et lorsqu’elle se réveilla, son front était couvert d’une sueur froide. Elle soulève ses paupières appesanties et promène ses regards sur la sombre muraille, où la lueur mourante de sa lampe lutte à peine contre les premières clartés du jour. Un bruit léger se fait entendre auprès d’elle ; elle prête l’oreille, et elle croit distinguer les pas lents d’une personne foulant avec précaution la paille de son cachot. Saisie d’effroi, elle jette les yeux sur la porte qui est exactement fermée. L’épaisseur des voûtes et des murs, et l’étroitesse de la lucarne défendue par deux barreaux de fer, ne permettent pas de supposer qu’une créature humaine ait pu s’introduire dans ce lieu. Et pourtant, à peu de distance de son oreille, une voix forte et éclatante prononce ces mots : Malheureuse victime ! — Ciel ! s’écrie Victoria, en recommandant son âme à Dieu, que me présage ce cri terrible ? — La torture… la mort ! répond la voix dont l’accent exprimait la dérision plutôt que la pitié. Et ces effroyables mots, plusieurs fois répétés, sont suivis d’un éclat de rire satanique. L’infortunée, plus morte que vive, se cache la tête dans ses mains, comme pour se dérober à quelque effroyable vision ; aussitôt un sifflement se fait entendre, auquel répond un cri aigu ; un choc violent renverse la lampe ; puis tout se tait ; l’ombre et le silence règnent seuls dans le souterrain. Quand le grand jour permit à l’orpheline d’examiner l’intérieur de son cachot, elle put se convaincre plus fermement que jamais, que nul effort, nul moyen imaginable n’avait pu en ouvrir l’accès à quelque personne que ce fût ; et, cependant, plus elle y songeait, plus elle se rappelait que ce qu’elle avait entendu ne pouvait être l’effet d’une hallucination." 

Catherine Cuthbertson  (1775?-1842?)     Romance des Pyrénées     (ou)

Les Visions du château des Pyrénées

(ce roman serait douteusement attribué à Ann Radcliffe)

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         Johann Heinrich Füssli

 "Je suis loin d'être brave, repartit la jeune fille ; mais pourquoi aurais-je peur des morts ?  Je n'ai pas à craindre que l'âme d'aucun d'eux vienne me reprocher d'avoir troublé ou détruit sa vie."

Catherine Cuthbertson         La Romance des Pyrénées     (ou)

Les Visions du château des Pyrénées

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..... à  suivre.....

 

27/04/2016

DOMINIQUE MERTENS

D O M I N I Q U E  

M E R T E N S

C'EST MOI

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ET ENCORE MOI

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ET TOUJOURS MOI

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ET ENCORE TOUJOURS MOI

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WOLFRAM

MANTEUFEL

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l'-ermite-de-la-forêt        encre de Chine de l'auteur

"Je me rapprochai donc peu à peu de cette vérité, dont la découverte partielle a entraîné pour moi un si terrible naufrage : à savoir, que l’homme n’est en réalité pas un, mais bien deux. Je dis deux, parce que l’état de mes connaissances propres ne s’étend pas au-delà. D’autres viendront après moi, qui me dépasseront dans cette voie ; et j’ose avancer l’hypothèse que l’on découvrira finalement que l’homme est formé d’une véritable confédération de citoyens multiformes, hétérogènes et indépendants."

robert-louis-stevenson       le-cas-étrange-du-dr.-jekyll-et-de- M.-hyde

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"Mais, lorsque j'eus délibéré ainsi en moi-même, il me sembla que les pensées les plus secrères sortaient de mon âme et se métamorphosaient en un être corporel qui, bien qu'étant affreux, était mon moi."

E.T.A. Hoffmann     Les Elixirs du Diable

 

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"Et ils s'aperçurent, alors,

qu'ils n'étaient, réellement,

qu'un seul être."

auguste-villiers-de-l-'isle-adam        véra

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 WOLFRAM  

WOLFMAN

WOLF  MAN

M A N T E U F E L

MAN  TEUFEL

WOLFRAM  MANTEUFEL

 

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"Notre passage sur la Terre n'est jamais qu'une parcelle infime du Temps.  Et soyez assuré que nous emporterons avec nous les moments de plénitude, comme celui-ci, que nous aurons soustraits à l'agitation maladive du monde.  Les plus belles heures de sa vie ne sont pas perdues pour l'homme, et ces heures sont, je crois, celles que nous passons dans le repos de la Nature et dans le silence de la méditation."

Charles-Robert Maturin      Fatale vengeance

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22/09/2014

La NUIT GOTHIQUE

LA  N U I T    G O T H I Q U E

"Ah !  Que revienne l'ombre de la nuit,

Qu'elle transforme les monde des humains !

Que par lambeaux le jour sera.

A toutes ces lumières sordides,

A ces méthodes particulières,

A ces cruelles habitudes,

O nuit, viens rôder dans mon corps,

Serre-moi, viens t'abîmer en moi, 

Viens me faire oublier le jour !

Nuit, transfuge de ma déraison,

Epanouissement de mes sens,

Délivrée de toute mascarade,

Insoutenable aube à venir,

Je me dévore tant et si bien

Que le sommeil devient repos.

Pénètre-moi de ton silence,

Couvre-moi de ta plénitude.

Que l'aube devienne supportable.

Que l'aube devienne supportable."

(extraits de la chanson "La Nuit des errants"

 album "Tapages nocturnes"  de Catherine Ribeiro

avec la sublîmissime musique de Patrice Moullet

et de son groupe Alpes)

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     Dominique Mertens          La Dame de la nuit          

 

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 L A  N U I T  M Y S T I Q U E

Par une nuit obscure

(texte poétique de Saint-Jean de la Croix)

Par une nuit obscure,

enflammée d'un amour plein d'ardeur,
ô l'heureuse aventure,
j'allai sans être vue,
sortant de ma maison apaisée.

Dans l'obscur et très sûre,
par l'échelle secrète, déguisée,
ô l'heureuse aventure,
dans l'obscur, en cachette,
ma maison désormais apaisée.

 Dans cette nuit heureuse,
en secret, car nul ne me voyait,
ni moi ne voyais rien,
sans autre lueur ni guide
que celle qui en mon cœur brûlait.

Celle-ci me guidait,
plus sûre que celle de midi
au lieu où m'attendait,
moi, je savais bien qui,
à un endroit où nul ne paraissait.

Ô nuit qui a conduit,
ô nuit plus aimable que l'aurore,
ô nuit qui a uni
l'ami avec l'aimée,
l'aimée en son ami transformée.

Contre mon sein fleuri
qui entier, pour lui seul, se gardait,
il resta endormi,
moi je le caressais
et l'éventail des cèdres l'éventait.

L'air venant du créneau,
quand mes doigts caressaient ses cheveux,
avec sa main légère
à mon cou me blessait,
et tenait en suspens tous mes sens.

M'oubliant, je restai 
le visage penché sur l'ami.
Tout cessa, je cédai,
délaissant mon souci,
parmi les fleurs de lis oublié.

*exégèse exhaustive sur le site

abbaye-saint-benoit.ch/saints/carmel/jeandelacroix   

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Dominique Mertens          détail de la fresque de la Vie

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"La pensée ne livre rien de la pureté et des profondeurs de l'âme

ni de la vie du cœur, sinon les motifs qui la conduisent."

Edith Stein      La Crèche et la croix

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"Les enfants du monde appellent « liberté » le fait de n'être soumis à aucune volonté étrangère, et de n'être restreints par personne dans la satisfaction de leurs désirs et de leurs inclinations. Pour ce rêve de liberté, ils se jettent dans des combats sanglants, sacrifiant leur vie et leurs biens.

Par liberté, les enfants de Dieu entendent tout autre chose : suivre sans entrave l'Esprit de Dieu ; ils savent bien que les plus grands obstacles de sont pas à l'extérieur mais en nous. Quand la raison et la volonté poussent l'homme à être son propre maître, il ne remarque pas à quel point il se laisse abuser et asservir par ses désirs naturels."

Edith Stein      La Crèche et la croix

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 "Arrivée au terme d'une longue et pénible carrière, le coeur flétri par les souffrances, et les yeux épuisés de larmes, mes pensées ne se tournent plus que vers le tombeau où je suis prête à descendre : pourquoi donc, trop généreuse amie, exigez-vous que je me nourrisse encore de ces douloureux souvenirs ?  Telle a été la singularité de ma destinée, qu'après m'être vue attachée à l'humanité par les liens les plus sacrés, et par les plus douces espérances, il ne restera pourtant après moi aucune trace de mon existence, si ce n'est dans la conscience épouvantée de ceux qui m'ont marquée comme une victime expiatoire des crimes réunis de mes ancêtres, car sûrement je n'ai jamais mérité par moi-même le malheur de vivre comme j'ai vécu, et de mourir comme je mourrai bientôt."

sophia-lee        le-souterrain

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ce lieu où la nuit gothique

 n'a ni commencement ni fin... 

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 "Cette retraite n'était point, proprement parlant, une caverne, car elle était divisée en plusieurs compartiments et les murs étaient visiblement construits de main d'homme.  Chaque appartement était séparé du reste par des passages qui aboutissaient à divers escaliers.  Le jour nous venait par des lucarnes de verre peint si au-dessus de notre portée que nous ne soupçonnions point qu'il y eût un monde au-delà et si obscures que les rayons du soleil étaient presque un objet nouveau pour nous, quand nous sortîmes de cette retraite."                

sophia-lee         le-souterrain (the-recess)

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 sophia-lee (1750-1824)  une des précurseures-du-genre-littéraire-gothique,

(son nom est souvent associé à celui de sa soeur, Harriet Lee)

dont le roman "le souterain" est à découvrir sur Google Books

 

 

"ô monde, 

que les sentiments

qu'on puise dans tes cercles brillants

sont faux !"

 sophia-lee          le souterrain

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 Dominique Mertens           L'Enjeu de toutes les manipulations

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 Dominique Mertens          L' Enjeu de toutes les manipulations  

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cet indescriptible chaos

que nous portons en nous...

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et qui, tous, nous aspirera

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inexorablement !

"Tu te dérobes à ma vue, et ne veux pas me voir.  tous les feux du ciel  see sont voilés.  Dans cette nuit profonde, il ne se trouve rien, sous la voûte obscure du firmament, d'aussi ténébreux que mon coeur ; ma gloire infernale m'a même quitté"

charles_robert_maturin        bertram_ou-le_château_d'_aldobrand

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 Dominique Mertens           Détail de la Fresque de la Vie         

 

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extraits et illustration de "Julia,ou Le Château d'Aldobrand", roman d'Anne Radcliffe

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Dominique Mertens           détail de la Fresque de la Vie

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extrait de "emmeline,-ou_l'_orpheline_du-château", roman de charlotte-smith

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salvator_rosa        paysage_avec_un_ermite 

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16/06/2011

Mon ROMAN GOTHIQUE

   Wolfram  Manteufel

       Wolf  ram      Mann         Teufel

                   Loup                 Homme            Diable

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Mi-homme, mi-bête       encre de Chine de l'auteur,

Dominique Mertens

 

 Un petit aperçu

de ce qui vous attend dans mon nouveau  roman...

toujours en cours d'écriture !!!

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Délivrance          encre de Chine de l'auteur, Domiique Mertens

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gisant fracassé à même la peau de ce bas monde

" Tu enfanteras dans la douleur..."

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l'accouchement     dessin à l'encre de Chine de l'auteur,

Dominique Mertens

Concevoir la Vie : un processus alchimique...

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"Celui qui acquiert la Sagesse sera maître de l'Univers"

in utero    dessin à l'encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

l'Amour est un feu...

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l'amour est un feu      encre de Chine de l'auteur,

Dominique Mertens

 

...qui ravage tout sur son passage

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 le mystère de l'amour        encre de Chine de l'auteur,

Dominique Mertens

 

MAIS...

cette citation

étonnemment

sulfureuse  :

" ...En particulier, je parvins à mépriser,

sinon à exécrer la beauté des femmes,

et à la considérer comme le plus grand piège

auquel est sujette l'humanité."

James HOGG      

Confession du pécheur justifié

...

"Pense à tout ce qui s'est passé aujourd'hui et dis-moi s'il n'y a pas d'autres infortunes que celles de l'amour !"

Horace Walpole     Le Château d'Otrante

...

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Lucas Cranach         Vénus et Amour  gravure

 "Pour les amants, aucun plaisir n'égale celui de parler de leur maîtresse !"

Horace Walpole     Le Château d'Otrante

"...et je me consolai par la certitude que la vie du croyant, à mesure qu'elle avance, est marquée par le combat et par la souffrance."

James Hogg     Confession du pécheur justifié

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Tilman Riemenschneider     Femmes éplorées

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la Main de Gloire

"J'y reconnus de sinistres mains brunâtres, desséchées et refermées sur elles-mêmes, l'index sentencieusement pointé..."

(Dans ses yeux je voyais ma mort, chap.11, p.435)

 dessins à l'encre de Chine de l'auteur

entrer des mots clefs

la crypte éclairée par les  Mains de Gloire

 

 

 

 

 

 

06/05/2011

SORCIERES JETEUSES DE SORTS

disee

        behis

                artares

                           arbora

                                     bergonote

                                                      etenobre

                                                                     briegrase

                                                                                    irtrasi

                                                                                              hebeesid

un carré magique au pouvoir terrifiant...carré magique.jpg

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 les Lavandières de la Nuit 

crayonné de l'auteur

...et ce que j'en fis...!!!

 

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les Lavandières de la Nuit     

encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

 

 

 

26/07/2010

La FORET FANTASTIQUE

Cette forêt fantastique au coeur de laquelle,

par un certain jour de l'hiver 1493,

se perdirent mes pas...

 

J'étais alors à mille lieues de soupçonner

que ce serait là le point de départ

de cette terrifiante odyssée

dont j'ai fait le récit

intitulé :

"Dans ses yeux je voyais ma mort"

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La Forêt de Lutzehardt

peinture originale de l'auteur, 2010

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étude (encre) préparatoire à La Forêt de Lutzelhardt

étude 1 pour La Forêt de Lutzelhardt.jpg

étude (encre) préparatoire à La forêt de Lutzelhardt

Mais déjà les nuages s'annoncellent,

 et la forêt va incessamment changer de visage...

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La Nature  entière chante un hymne de louange à la Vie...

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Chercher à voir bien au-delà des apparences... 

Dans ce fouilli inextricable,

il me faut impérativement rechercher quelque bribe de sens...

Les quelques ébauches de mots que je parviens à grand peine à distinguer semblent être là pour m'y aider...

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Mais qu'y a-t-il donc qui se dissimule derrière tout cela ?100_1601.jpg

Quelle fantastique féerie de feuilles, de tiges, de rameaux et de branches! Tout s'épanouit et se déploie ici sous mes yeux émerveillés...

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Mais... !!!  Quelque chose ne vient-il pas de se produire...?  

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Contempler cette merveille de la création, cela suffit-il ?

Assurément non !

Chercher à décrypter le langage unique de la Nature, interprêter ses signes, et répondre à ses muettes invites...

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Les feuillages affolés sous la caresse du vent semblent vouloir me parler...

Mais qu'ont-ils donc à me révéler ?

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Dans cette clairière perdue au beau milieu de l'immensité de la forêt,je ressentis puissamment monter en moi l'appel à la Vie que me lançait la multitude des arbres qui, pourtant, m'apparaissaient comme tristement cloués  dans un sol,  immuable à jamais...

Indubitablement, leurs feuillages aux couleurs éclatantes m'embrasaient d'une ferveur nouvelle, comme s'ils tentaient de communiquer avec moi dans un même élan vers l'absolu...

"Tout est tellement éphémère, me dis-je, et pourtant se perpétue sans cesse comme une sorte d'irrésistible tension vers l'éternité..."

Mais dans quel dessein, tout cela...? 

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  Dans son ouvrage incontournable pour tout amateur de Fantastique, 

(L'Art Fantastique, réédité aux éditions Albin Michel en 1989) 

Marcel Brion évoque la forêt fantastique en ces termes:

"La selva oscura, pleine de dangers extérieurs, représente également la forêt intérieure à l'homme, le labyrinthe des passions et des vices, dans lequel il s'égare et dont il faut qu'il sorte pour atteindre la lumière.  car la lumière ne pénètre pas plus dans la forêt que dans le labyrinthe.  ...   La forêt est l'endroit où l'on se perd, matériellement, moralement.  La région qu'il faut traverser, selon les romans de chevalerie, pour atteindre le château.  Château et forêt s'opposent ainsi, l'un signifiant sécurité, ordre humain, protection ; le formel contre l'informe, l'immuable contre le perpétuel mouvant.  Le chevalier qui s'aventure dans la fprêt  -la forêt obscure des mystiques-  afin d'arriver au château  -les châteaux de l'âme, de sainte Thérèse-  est un nouveau Thésée : il affronte les minotaures et les dragons, qu'il tuera, afin que vices et passions bestiales ne fassent plus obstacle à la marche vers la lumière"

 

"Comme l'écrivait Mircea Eliade : Il y a là déjà un symbole de la mort : la forêt, la jungle, les ténèbres, symbolisent l'au-delà, les enfers.

La forêt est un monde inhumain, d'où l'homme est exclu, où il n'est admis qu'à regret.  Les êtres et les choses, les plantes et les animaux y confondent leurs formes, leurs couleurs, leurs propriétés.  C'est un monde irrationnel, où se rassemblent, féroces et tranquilles, les éléments hostiles, un monde autre, qui ne devient accueillant que dans les clairières, aux endroits où la cognée du bûcheron a ouvert un passage pour la lumière."

 

"Inchangée depuis les origines du monde, dressant dans un colossal pullulement la foule des jeunes arbres sur les débris des troncs antiques qui se décomposent en humus aux fortes odeurs, la forêt incarne les forces élémentaires et primordiales, ce qui était à l'origine, ce qui demeure des temps disparus et ce qui survivra lorsque l'humanité aura disparu de la surface de la terre.  Elle est un être, aussi, multiforme, capable de passions, habité par une âme que l'on sent palpiter dans le frisson des branches et le craquement des troncs, et dont le souffle vient au-devant du voyageur, redoutable à l'égaré."

 

"Seuls poussent jusqu'au creux de la forêt l'ermite c'est à dire l'homme qui va se combattre lui-même, vaincre son minotaure, son dragon intérieur, et le chevalier dont la vocation est de détruire les monstres..."

 

"Il y a aussi le saint-chasseur, dont la forêt triomphe par sa propre conversion au christianisme, et qui fait apparaître aux yeux émerveillés de saint-Hubert un cerf portant une croix entre ses bois ; c'est parce qu'il s'est dompté lui-même que, contrairement à ce qui se passe d'ordinaire, le cerf triomphe du chasseur : non pas en fuyant, mais en atteignant avant lui le havre du salut, la Croix."

 

Et, enfin, ce bref passage où l'auteur évoque les liens qu'entretiennent la Mort et le Fantastique :

"L'idée de la mort ajoute, à la souffrance de la séparation du corps et de l'âme, le pressentiment du châtiment qui attend l'homme dans l'au-delà s'il a manqué aux préceptes de la religion.  Le thème fantastique de la mort est ainsi lié aux deux autres grands thèmes fantastiques, celui de la Tentation, c'est à dire de l'incidieux assaut du péché, et de la damnation qui menace le pécheur, de l'enfer."

 

Une bien étrange présence...

perdu au coeur de la forêt,

vit

un humble ermite.

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La forêt, toute entière emplie du bruissement des arbres

et des conversasions des corbeaux...

Soudain,

dans l'intimité d'une chambre obscure,

jaillissent les imprécations de quelque un pauvre humain

à l'encontre de l'un de ceux-ci...

 "Que cette parole soit le signal de notre séparation,

oiseau ou démon !  -hurlai-je en me redressant.-

Rentre dans la tempête, retourne au rivage de la nuit plutonienne ;

ne laisse pas ici une seule plume noire comme souvenir du mensonge que

ton âme a proféré ; laisse ma solitude inviolée ;

quitte ce buste au-dessus de ma porte ;

arrache ton bec de mon coeur,

et précipite ton spectre loin de ma porte.

Le corbeau dit :  "Jamais plus ! "

(extrait du poème   Le Corbeau  d'Edgar Allan Poe)

Mais que serait la forêt sans l'intrusion bouleversante

du fracas d'une puissante locomotive ?

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Dans la forêt sans heure

On abat un grand arbre.

Un vide vertical

Tremble en forme de fût

près du tronc étendu.

Cherchez, cherchez, oiseaux,

La place de vos nids

dans ce haut souvenir

Tant qu'il murmure encore.

(poème extrait du Forçat innocent

de Jules Supervielle)

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La Rivière de sang           gouache de l'auteur  

  A chacun de nos pas, alors que nous empruntions les sentes effacées qui nous rapprochaient, Adelheide et moi, du sinistre repaire de Loewenstein, je pensais en moi-même à l'insurmontable difficulté qu'il y avait à rendre témoignage de l'émouvante -autant qu'angoissante-  beauté de la Nature : l'incroyable foisonnement des ramures, l'inextricable chaos des rochers, le fugitif moutonnement  des halliers, tout ce paysage sublîme livré à la tyrannie des vents...!

Je ne pouvais m'empêcher de songer à cette peinture admirable d'Albrecht Altdorfer que j'avais découvert un beau jour à Munich  -Coin de forêt avec saint-Georges terrassant le dragon- et à la réflexion que je m'étais faite alors : ce peintre seul avait bel et bien réussi à capter l'essence même de la forêt et de la Vie jaillissante qu'elle recellait.

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Coin de forêt à Falkenstein   encre de Chine de l'auteur 

 

Comment rendre les visages infiniment changeants de la Nature, et plus particulièrement ceux de la forêt ?

 

Chaque peintre, chaque écrivain, chaque artiste apporte sa propre réponse.

 

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Toute forêt ne renferme-t-elle pas en elle le désir inavoué d'égarer et de perdre le visiteur, cet intrus ?!

 

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Le recours au noir et blanc 

-et donc le plus souvent à la gravure- 

assure un rendu et une efficacité sans pareils :

le regard, enfin libéré de toute distraction indue par le chatoiement des couleurs, acquiert cette concentration rare et pourtant tellement indispensable à la juste appréciation d'une oeuvre.

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                                   Albrecht Altdorfer           Paysage avec pin double   (gravure)

                                                           Art Institute of Chicago

 

La forêt, lieu de toutes les malédictions !

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Coin de forêt à Berwartstein          encre de Chine de l'auteur

La forêt, lieu de tous les sortilèges !

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Coin de forêt à Hohenburg

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 Coin de forêt à Windstein         encre de Chine de l'auteur 

 

"Voyez donc !    Voyez ce qui reste des rêves de ces hommes.

Les obsessions dont ils étaient prisonniers résonnent encore en ce lieu.

Hantés par les passions les plus folles,

ces hommes sont tombés dans la voie du sang.

Hommes d'hier, hommes d'aujourd'hui, rien n'a changé."

dialogue extrait du film "Le Château de l'arraignée"

d'Akira Kurosawa, 1957

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monogramme de Niklaus Manuel  dit Deutsch

La forêt, terre de toutes les convergences,

espace de toutes les fécondations,

enclos sacré où se célèbrent toutes les unions,

creuset alchimique dans lequel fusionnent tous les principes.

La forêt, haut lieu du grand oeuvre...

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Albrecht Dürer   Adam et Eve, gravure

La silhouette d'un arbre ne suffit-elle pas déjà à en deviner le tempérament, l'âme, le coeur, et même l'esprit ?

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Albrecht Altdorfer    Paysage avec un pin et un bucheron

Sonder l'âme de la forêt, et explorer ses plus intimes arcanes...

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Coin de forêt à Bingen         encre de Chine de l'auteur 

 

Le ruissellement de l'eau sous les feuilles,

 

puis son écoulement joyeux parmi les pierres.

 

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Coin de forêt à Rheinfels    encre de Chine de l'auteur

Retrouver aussi le même regard,

et s'immerger alors  totalement

au sein de

LEUR

forêt.

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Coin de forêt à Bacharach    encre de Chine de l'auteur

 Emprunter les mêmes gestes

qu'Albrecht Dürer et qu'Albrecht Altdorfer,

lorsqu'ils gravaient leurs plaques de cuivre

voici plus de 500 ans maintenant,

c'est comme inciser une écorce, 

et revivre les tourments même de l'arbre, et du graveur,

unis dans leur création

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Coin de forêt au Trifels        encre de Chine de l'auteur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10/06/2010

FRESQUE FANTASTIQUE

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Peinte à la gouache sans le moindre plan ni dessin préalables, la Fresque de la Vie fait appel à la simple juxtaposition des éléments, des formes, et des couleurs, dans la spontanéité la plus totale.

Sous l'oeil d'une humanité qui va à sa perte, se déroule, indifférent au sort des êtres humains, le spectacle du Monde et de la Vie.

La fresque de la Vie, (3m80 long x 2m10 ht) je l'ai patiemment peinte de 1992 à 1996 durant mes rares heures "perdues".

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Cette oeuvre reprend, en les revisitant de mémoire, les principaux éléments de ma fresque L'Alchimie de la Vie, (exécutée vers 1966 et aujourd'hui perdue) qui se caractérisait par son foisonnement de personnages et de symboles ésotériques.

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Dans ses filatures fantastiques,

la  Vie tisse la trame de nos destinées...

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 Pratiquer le Fantastique,

c'est suivre désespérément

le fil qui nous mène jusqu'à la mort..img194.jpg     

Un rendez-vous sur la toile ?

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Suivez le fil...............................................................................

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 Comment, dans la toile de la Vie, démêler le vrai du faux ?

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ARCHITECTURES FANTASTIQUES

Tout enfant déjà, je bâtissais des châteaux féériques habités de princesses inaccessibles, et protégés de sortilèges inviolables.  L'esprit des chevaliers avait forgé en moi son imagerie fascinante qu'alimentaient mes lectures inspirées. Ainsi je me constituai un bréviaire dans lequel il ne me restait plus qu'à puiser. Adolescent, je rêvais d'architectures et d'ambiances fantastiques, comme on en trouve par exemple dans la peinture de Desiderio Monsu, dans les gravures de Piranèse, dans le Palais idéal du facteur Cheval ou dans la tour d'Eben-Ezer à Eben-Emael, conçue et réalisée par Robert Garcet. (1912-2001)

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Avec le temps, mes rêves ont peu à peu pris corps et, de simples décors pour théatre de marionnettes, au départ, se sont matérialisés en une crêche de Noël (collection  Michel Vincent) reprenant simultanément divers épisodes de la Nativité.  Puis, ce fut  la réalisation d'une mise en scène grandiose pour la fête de Pâques (collection Krippana, Manderfeld - Büllingen) qui déployait les tableaux de la Passion et de la Mort du Christ dans diverses architectures fantastiques, et recelait déjà en germes l'oeuvre qui allait lui succéder immédiatement : l'Antre du Vampire...

 

« L’Antre du Vampire » est la mise en scène de tout un décor fantastique conçu au début des années 2000 pour un public de pré-adolescents à l’occasion des premières fêtes d’Halloween qui furent célébrées en Belgique. 

 

L’Aventure débuta par un simple empilement de cageots solidarisés à l’aide de colle et de plâtre, et qui ébaucha petit à petit la silhouette massive d’un château fantastique au fur et à mesure de son agrandissement.  J’y perçai des ouvertures que je dissimulai par des tentures.  J’en garnis les murailles de hautes fenêtres murées, construisis des tours inaccessibles que je cernai de plateformes crénelées, forgeai des barreaux, et aménageai des salles.

 Il ne me restait plus qu’à peupler cette citadelle que je résolus d’entourer d’un vaste cimetière encombré de chapelles, de tombes et de croix. Lorsque je les eu façonnées dans l’argile, quelques succubes parmi les plus dévouées rejoignirent aussitôt la crypte où repose  pour l’éternité leur maître vampire, tandis que leurs compagnes se disséminèrent au coeur du cimetière, au service de leur seigneur, prêtes à séduire quiconque aurait l’imprudence de s’aventurer là…    

 La représentation pouvait commencer… !