13/05/2018

LUMIERES GOTHIQUES

Lumières  gothiques

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Ernst Theodor Wilhelm HOFFMANN

(1776-1822)

brillant fantastiqueur 

et grand admirateur du peintre  baroque

Salvator  ROSA

(1615-1673)

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dont nous pouvons déchiffrer la devise ci-dessus :

« aut tace aut loquere meliora silentio » 

« Tais-toi,

à moins que ce que tu as à dire

vaille mieux que le silence »

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Salvator Rosa        la tentation de Saint-Antoine

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Salvator Rosa       autoportrait

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Salvator Rosa       sorcière

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Salvator Rosa        bandits au détours d'une rivière

"Lorsque la réputation de Salvator  (Rosa) se fut répandue à Naples, à Rome, dans la Toscane et même par toute l’Italie, lorsque les peintres qui voulaient plaire devaient tâcher d’imiter le style étrange de son pinceau, à cette époque même de méchants envieux faisaient naître des bruits fâcheux qui devaient obscurcir la gloire divine de l’artiste. On prétendait qu’à une époque antérieure de sa vie Salvator avait fait partie d’une bande de brigands, et que c’était dans cette société maudite qu’il avait pris les originaux de 77 toutes ces figures féroces, fières, si fantastiquement costumées, qu’il plaça plus tard dans ses tableaux. On disait que les déserts sombres et affreux ! les selve selvage, comme les nomme le Dante, où il s’était tenu caché, étaient fidèlement reproduits dans ses paysages. Mais ce qu’il y avait de pire, c’est qu’on soutenait qu’il avait été entraîné dans la terrible et sanguinaire conspiration tramée à Naples par le fameux Mas’Aniello, et l’on en racontait les particularités avec les plus petits détails.

Aniello Falcone, le peintre de batailles – c’était ainsi qu’on racontait la chose, – s’enflamma de fureur et de vengeance, lorsque les soldats espagnols eurent tué, dans une mêlée, un de ses parents. Il rassembla aussitôt une bande de jeunes gens audacieux, artistes pour la plupart, leur donna des armes, et les appela la Compagnie de la Mort. En effet, cette troupe répondit parfaitement à sa fatale dénomination. Ces jeunes gens parcouraient par bandes la ville de Naples, et poignardaient sans pitié tout Espagnol qu’ils rencontraient. – Ils pénétraient dans les asiles sacrés, et là ils tuaient sans miséricorde le 78 malheureux qui s’était réfugié dans ces lieux. La nuit ils se rendaient auprès de leur chef, le sanguinaire et frénétique Mas’Aniello, qu’ils peignaient à la lueur de flambeaux allumés, de sorte que bientôt ces portraits se répandirent par milliers dans Naples et dans les environs. On disait donc que Salvator faisait partie de cette bande meurtrière ; le jour il égorgeait, et la nuit il peignait assidûment. Un critique célèbre, Taillasson, je crois, a remarqué avec justesse que ses tableaux portent le caractère d’une fierté féroce, d’une énergie bizarre et d’une exécution sauvage. La nature ne se révèle pas à lui dans les charmes riants des vertes prairies, des champs fleuris, des bois odorants, des sources murmurantes, mais dans la terreur des rochers gigantesquement entassés, des arides rivages de la mer, des forêts désertes et inhospitalières. Ce n’est point l’haleine des vents du soir, ni le doux frémissement des feuilles ; c’est le mugissement de l’ouragan, le fracas de la cataracte, qui seuls se sont fait entendre à son oreille. En contemplant dans ses tableaux ces déserts, et les hommes d’un extérieur étrange et sauvage qui se glissent çà et 79 là, tantôt seuls, tantôt en troupe, les pensées sinistres se présentent d’elles-mêmes. On se dit : Ici se commit un meurtre ; là le cadavre sanglant fut jeté dans le précipice."

                         Ernst Theodor Wilhelm Hoffmann       extrait de la nouvelle intitulée Salvator Rosa"

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Salvator Rosa        autoportrait

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Salvator Rosa        Lucrèce en poétesse

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"L'événement le plus marquant de ces courses hardies de Salvator Rosa dans ces montagnes, (les Abbruzes) est sa captivité parmi les bandits qui en étaient les seuls habitants, et son association temporaire (et même, dit-on, volontaire) avec ces hommes terribles.  On ne peut douter qu'il n'ait vécu quelque temps avec les brigands pittoresques dont il a multiplié les portraits à l'infini."

                                                     Lady Morgan (pseudonyme pour Sydney Owenson)

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   "Astre brillant de mon amour, ne t'es-tu donc levé que pour disparaître aussitôt, et me laisser dans une nuit profonde !"

                                Ernst Theodor Wilhelm Hoffmann        L'Homme au sable

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James Arthur o'Connor        Paysage au clair de lune

"La mort est aussi soudaine dans ses caprices qu'une courtisane l'est dans ses dédains ; mais plus fidèle, elle n'a jamais trompé personne."

                                                   Honoré de Balzac       L'Elixir de longue vie

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Salvator Rosa       Scène de sorcellerie

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Salvator Rosa       Scène de sorcellerie

... car le sang est un précieux adjuvant de la volupté... 

c'est le vin de l'amour."

                                       Octave Mirbeau       Le Jardin des supplices

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Salvator Rosa       Scène de sorcellerie

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Le thème du double, thème fantastique par excellence,  illustré par un maître  :

"Couché sur un lit de camp, j’entendais que les soldats s’entretenaient d’un inconnu arrêté comme moi et dont la voix avait retenti dans la même salle. Par un singulier effet de vibration, il me semblait que cette voix résonnait dans ma poitrine et que mon âme se dédoublait pour ainsi dire, — distinctement partagée entre la vision et la réalité. Un instant, j’eus l’idée de me retourner avec effort vers celui dont il était question, puis je frémis en me rappelant une tradition bien connue en Allemagne, qui dit que chaque homme a un double, et que, lorsqu’il le voit, la mort est proche. — Je fermai les yeux et j’entrai dans un état d’esprit confus où les figures fantasques ou réelles qui m’entouraient se brisaient en mille apparences fugitives. Un instant, je vis près de moi deux de mes amis qui me réclamaient, les soldats me désignèrent ; puis la porte s’ouvrit et quelqu’un de ma taille, dont je ne voyais pas la figure, sortit avec mes amis que je rappelais en vain. — Mais on se trompe ! m’écriais-je, c’est moi qu’ils sont venus chercher et c’est un autre qui sort ! Je fis tant de bruit que l’on me mit au cachot."

                                                              Gérard de Nerval       Aurelia (extrait)

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dante_gabriel_rosetti       double

  « Mais la vengeance céleste, poursuivit Estevan après une pause assez solennelle ; mais l’infaillible justice de Dieu n’avait pas perdu ses droits. À peine le sommeil eut commencé à dissiper les vapeurs qui obscurcissaient la raison de Ghismondo, qu’il vit Inès entrer dans sa chambre à pas mesurés, non pas belle, frémissant d’amour et de volupté, et vêtue comme autrefois d’un tissu léger qui allait tomber ; mais pâle, ensanglantée, traînant le long habit des morts, et déployant vers lui une main flamboyante qu’elle vint imposer lourdement sur son cœur, à l’endroit même qu’elle avait inutilement pressé quelques heures auparavant. Lié par une puissance irrésistible, Ghismondo tenta en vain de se soustraire à l’effroyable apparition. Ses efforts et sa douleur ne purent se manifester que par quelques gémissements sourds et confus. L’implacable main restait clouée à sa place, et le cœur de Ghismondo brûlait, et il brûla ainsi jusqu’au lever du soleil, où disparut le fantôme. Ses complices reçurent la même visite et subirent le même supplice."

                                                Charles Nodier       Inès de la sierras    (extrait)

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"Il n’est rien sur la terre qui élève plus

l’homme dans sa plus intime pensée que l’amour ; c’est

l’amour dont l’influence immense et mystérieuse éclaire

notre coeur et y porte à la fois le bonheur et la confusion.

Peut-on s’étonner que don Juan ait espéré d’apaiser par

l’amour les désirs qui déchirent son sein, et que là le

démon ait tendu son piège ? C’est lui qui inspira à don

Juan la pensée que par l’amour, par la jouissance des

femmes, on peut déjà accomplir sur la terre les promesses

célestes que nous portons écrites au fond de notre âme,

désir infini qui nous apparente, dès notre premier jour,

avec le ciel. Volant sans relâche de beauté en beauté,

jouissant de leurs charmes jusqu’à satiété, jusqu’à l’ivresse

la plus accablante ; se croyant sans cesse trompé dans

son choix, espérant atteindre l’idéal qu’il poursuivait, don

Juan se trouva enfin écrasé par les plaisirs de la vie réelle ;

et méprisant surtout les hommes, il dut surtout s’irriter

contre ces fantômes de volupté qu’il avait si longtemps

regardés comme le bien suprême, et qui l’avaient si

amèrement trompé. Chaque femme dont il abusait, n’était

plus pour lui une joie des sens, mais une insulte   

audacieuse à la nature humaine et à son créateur. Un

profond mépris pour la manière vulgaire d’envisager la vie,

au-dessus de laquelle il se sentait élevé ; la gaieté ironique

et intarissable qu’il éprouvait à la vue du bonheur, selon les

idées bourgeoises ; le dédain que lui inspiraient le calme

et la paix de ceux en qui le besoin de remplir les hautes

destinées de notre nature divine ne s’est pas fait sentir, le

portaient à se faire un jeu cruel de ces créatures douces,

humbles et plaintives, à les faire servir de but à son humeur

blasée. Chaque fois qu’il enlevait une fiancée chérie, qu’il

troublait le repos d’une famille unie, c’était un triomphe

remporté sur la nature et sur son Dieu. L’enlèvement

d’Anna, avec les circonstances qui l’accompagnent, est la

plus haute victoire de ce genre à laquelle il puisse

prétendre. Dona Anna est placée en opposition à don

Juan, par les hautes perfections qu’elle a également

reçues. Comme à don Juan, la beauté du corps et de l’âme

lui a été départie ; mais elle a conservé la pureté idéale, et

l’enfer ne peut la perdre que sur la terre. Dès que ce mal

est accompli, la vengeance doit arriver."

                                              Ernst Theodor Wilhelm HOFFMANN       don Juan (extrait)

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Comme à Ostende
chanson musique et paroles de Léo Ferré
On voyait les chevaux de la mer
Qui fonçaient, la tête la première
Et qui fracassaient leur crinière
Devant le casino désert...
La barmaid avait dix-huit ans
Et moi qui suis vieux comme l'hiver
Au lieu d'me noyer dans un verre
Je me  suis baladé dans le printemps
De ses yeux taillés en amande
Ni gris, ni verts
Ni gris, ni verts
Comme à Ostende
Et comme partout
Quand sur la ville
Tombe la pluie
Et qu'on se demande
Si c'est utile
Et puis surtout
Si ça vaut le coup
Si ça vaut le coup
De vivre sa vie !...
Je suis parti vers ma destinée
Mais voilà qu'une odeur de bière
De frites et de moules marinières
M'attire dans un estaminet...
Là y'avait des types qui buvaient
Des rigolos, des tout rougeauds
Qui s'esclaffaient, qui parlaient haut
Et la bière, on vous la servait
Bien avant

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Dominique Mertens       Phare dans le Maelstrom (encre)

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 "Tout d'abord, quand ils ont quittés les contrées habitées pour ne plus rencontrer que de rares paysans ou ermites hébétés, vivant déjà en-deçà du langage, n'est-ce pas la possibilité de communiquer qui s'est refermée derrière eux ? Puis le monde s'est progressivement clos : les tempêtes, les orages, les forêts ont été autant de murailles de feu, d'eau, de ténèbres conjuguant leurs pouvoirs pour les prendre au piège d'un mécanisme de plus en plus rapide. Une fois le seuil du château franchi rien ne change : la topographie intérieure est calquée sur celle de la forêt. L'enchevêtrement des souterrains égare comme l'enchevêtrement végétal, l'apparition du moindre flambeau déchire la nuit et inquiète avec la même fulgurance que les orages du dehors... Seulement, à l'intérieur, tout devient insupportablement concentré et ostentatoire."

                                                                Annie Lebrun       Les châteaux de la subversion

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LÉNORE   poème d' Edgar Allan Poe

Ah ! brisée est la coupe d’or ! l’esprit à jamais envolé ! Que sonne le glas ! — une âme sanctifiée flotte sur le fleuve Stygien ; et toi, Guy de Vere, n’as-tu de larmes ? pleure maintenant ou jamais plus ! Vois ! sur cette morne et rigide bière gît ton amour, Lénore ! Allons ! que l’office mortuaire se lise, le chant funèbre se chante ! Une antienne pour la morte la plus royale qui jamais soit morte si jeune, — une psalmodie pour elle, morte deux fois parce qu’elle est morte si jeune !

« Misérables ! vous l’aimiez pour sa richesse et la haïssiez pour son orgueil, et quand sa santé chancela vous la bénissiez — parce qu’elle mourait. Comment donc le rituel sera-t-il lu ? — le Requiem, chanté — par vous, — par toi, l’œil mauvais, par toi, la langue infamante, qui avez causé la mort de l’innocence qui est morte si jeune ? »

« — Peccavimus ; mais ne délire pas de la sorte ! et qu’un chant du sabbat monte à Dieu si solennellement qua la morte ne sente de mal ! La suave Lénore a “pris les devants” avec l’espoir qui volait à côté, te laissant dans l’égarement à cause de cette chère enfant qui aurait été ton épousée, — elle la belle et de grand air qui maintenant gît si profondément, la vie sur la blonde chevelure, mais pas dans les yeux, — la vie là encore, sur la chevelure, — la mort aux yeux. »

« Arrière ! ce soir j’ai le cœur léger. Je n’entonnerai de chant mortuaire, mais soutiendrai, dans son vol, l’ange par un Péan des vieux jours ! Que ne tinte de glas ! — de peur que son âme suave, parmi sa religieuse allégresse, n’en saisisse la note, comme Elle plane sur la Terre maudite. Vers les amis d’en haut, aux démons d’en bas le fantôme indigné s’arrache — à l’Enfer, vers une haute condition au loin dans les Cieux, — aux pleurs et aux plaintes, vers un trône d’or à côté du Roi des Cieux. »

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Edgar Allan Poe, le Maître dont l'oeuvre traverse les siècles 

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Virginia Clemm, sa cousine germaine qui devint  son épouse en 1836, avant de  décéder en 1847

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Edouard Manet illustration pour le poème Le Corbeau

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la tour de l'Université de Forham qui serait l'inspiratrice de son poème intitulé "Les Cloches"

LES CLOCHES        poème de Edgar Allan Poe

"Entendez les traîneaux à cloches — cloches d’argent ! Quel monde d’amusement annonce leur mélodie ! Comme elle tinte, tinte, tinte, dans le glacial air de nuit ! tandis que les astres qui étincellent sur tout le ciel semblent cligner, avec cristalline délice, de l’œil : allant, elle, d’accord (d’accord, d’accord) en une sorte de rythme runique, avec la « tintinnabulisation » qui surgit si musicalement des cloches (des cloches, cloches, cloches, cloches, cloches, cloches), du cliquetis et du tintement des cloches.

Entendez les mûres cloches nuptiales, cloches d’or ! Quel monde de bonheur annonce leur harmonie ! à travers l’air de nuit embaumé, comme elles sonnent partout leur délice ! Hors des notes d’or fondues, toutes ensemble, quelle liquide chanson flotte pour la tourterelle, qui écoute tandis qu’elle couve de son amour la lune ! Oh ! des sonores cellules quel jaillissement d’euphonie sourd bruyamment ! qu’il s’enfle, qu’il demeure parmi le Futur ! qu’il dit le ravissement qui porte au branle et à la sonnerie des cloches (cloches, cloches — des cloches, cloches, cloches, cloches), au rythme et au carillon des cloches !

Entendez les bruyantes cloches d’alarme — cloches de bronze ! Quelle histoire de terreur dit maintenant leur turbulence ! Dans l’oreille saisie de la nuit comme elles crient leur effroi ! Trop terrifiées pour parler, elles peuvent seulement s’écrier hors de ton, dans une clameur d’appel à la merci du feu, dans une remontrance au feu sourd et frénétique bondissant plus haut (plus haut, plus haut), avec un désespéré désir ou une recherche résolue, maintenant, de maintenant siéger, ou jamais, aux côtés de la lune à la face pâle. Oh ! les cloches (cloches, cloches), quelle histoire dit leur terreur — de Désespoir ! Qu’elles frappent et choquent, et rugissent ! Quelle horreur elles versent sur le sein de l’air palpitant ! encore l’ouïe sait-elle, pleinement par le tintouin et le vacarme, comment tourbillonne et s’épanche le danger ; encore l’ouïe dit-elle, distinctement, dans le vacarme et la querelle, comment s’abat ou s’enfle le danger, à l’abattement ou à l’enflure dans la colère des cloches, dans la clameur et l’éclat des cloches !

Entendez le glas des cloches — cloches de fer ! Quel monde de pensée solennelle comporte leur monodie ! Dans le silence de la nuit que nous frémissons de l’effroi ! à la mélancolique menace de leur ton. Car chaque son qui flotte, hors la rouille en leur gorge — est un gémissement. Et le peuple — le peuple — ceux qui demeurent haut dans le clocher, tous seuls, qui sonnant (sonnant, sonnant) dans cette mélancolie voilée, sentent une gloire à ainsi rouler sur le cœur humain une pierre — ils ne sont ni homme ni femme — ils ne sont ni brute ni humain — ils sont des Goules : et leur roi, ce l’est, qui sonne ; et il roule (roule — roule), roule un Péan hors des cloches ! Et son sein content se gonfle de ce Péan des cloches ! et il danse, et il danse, et il hurle : allant d’accord (d’accord, d’accord) en une sorte de rythme runique, avec le tressaut des cloches — (des cloches, cloches, cloches) avec le sanglot des cloches ; allant d’accord (d’accord, d’accord) dans le glas (le glas, le glas) en un heureux rythme runique, avec le roulis des cloches — (des cloches, cloches, cloches) avec la sonnerie des cloches — (des cloches, cloches, cloches, cloches, cloches — cloches, cloches, cloches) — le geignement et le gémissement des cloches."

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lodovico Carracci       Apparition de la Vierge à Saint-Hyacinth (détail)

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"Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.

Il y eut un homme envoyé de Dieu: son nom était Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n'était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière.

Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l'a point connue. Elle est venue chez les siens, et les siens ne l'ont point reçue. Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu."                         

                                                                                                         Saint-Jean apôtre salvator rosa,peinture baroque,littératurre fantastique,gothique,gérard de nerval,octave mirbeau,charles nodier,ernst theodor hexperos,wilhelm hoffmann

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« Où ai-je donc lu, pensait Raskolnikoff en s’éloignant, 

ce propos qu’on prête à un condamné à mort une heure avant l’exécution ? 

S’il lui fallait vivre

 sur une cime escarpée, sur un rocher perdu au milieu de l’océan

 et où il n’aurait que juste la place pour poser ses pieds ; 

s’il devait passer ainsi toute  son existence, mille ans, 

l’éternité, debout sur un espace d’un pied carré,

 dans la solitude, dans les ténèbres, 

exposé à toutes les intempéries de l’air,

 il préférerait encore cette vie-là à la mort ! 

Vivre n’importe comment, mais vivre !"

                                             Fiodor Dostoïevski          Crime et châtiment

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 Fiodor Dostoïevski

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pages dessinées et calligraphiées par Fiodor Dostoïevski

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 "Il existe un assez grand nombre de gens de la même espèce que Harry ; beaucoup d'artistes notamment appartiennent à cette catégorie.  Ces hommes ont tous en eux deux âmes, deux essences ; le divin et le diabolique, le sang maternel et le sang paternel, le don du bonheur et le génie de la souffrance coexistent et interexistent en eux aussi haineusement et désordonnément que le loup et l'homme en Harry."

                                                                Hermann Hesse       Le Loup des steppes

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 "Par malheur, je ne suis ni philosophe ni théologien. Je sais très bien que je ne vivrai pas plus de six mois ; il semblerait donc que les questions des ténèbres funèbres et des visions qui hanteront mon sommeil sépulcral devraient m'occuper avant tout. Mais, je ne sais pourquoi, mon âme ne veut pas s'occuper de ces questions-là, bien que mon esprit en reconnaisse toute l'importance. Maintenant, en face de la mort, comme il y a vingt ou trente ans, la science seule m'intéresse. En rendant le dernier soupir, je continuerai à croire que la science est ce qu'il y a d'essentiel, de plus beau et de plus nécessaire dans la vie de l'homme, qu'elle a toujours été et sera la plus haute manifestation d'amour, et que, par elle seule, l'homme vaincra la nature et lui-même. Cette foi est peut- être naïve et mal fondée, mais est-ce ma faute si je crois ainsi et non autrement? Je ne puis vaincre en moi cette foi."

Anton Tchékov       Une banale histoire (extrait)

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Giovanni Baglione        autoportrait et nature morte 

"Ce sommeil fut troublé par des rêves effrayants, et lorsqu’elle se réveilla, son front était couvert d’une sueur froide. Elle soulève ses paupières appesanties et promène ses regards sur la sombre muraille, où la lueur mourante de sa lampe lutte à peine contre les premières clartés du jour. Un bruit léger se fait entendre auprès d’elle ; elle prête l’oreille, et elle croit distinguer les pas lents d’une personne foulant avec précaution la paille de son cachot. Saisie d’effroi, elle jette les yeux sur la porte qui est exactement fermée. L’épaisseur des voûtes et des murs, et l’étroitesse de la lucarne défendue par deux barreaux de fer, ne permettent pas de supposer qu’une créature humaine ait pu s’introduire dans ce lieu. Et pourtant, à peu de distance de son oreille, une voix forte et éclatante prononce ces mots : Malheureuse victime ! — Ciel ! s’écrie Victoria, en recommandant son âme à Dieu, que me présage ce cri terrible ? — La torture… la mort ! répond la voix dont l’accent exprimait la dérision plutôt que la pitié. Et ces effroyables mots, plusieurs fois répétés, sont suivis d’un éclat de rire satanique. L’infortunée, plus morte que vive, se cache la tête dans ses mains, comme pour se dérober à quelque effroyable vision ; aussitôt un sifflement se fait entendre, auquel répond un cri aigu ; un choc violent renverse la lampe ; puis tout se tait ; l’ombre et le silence règnent seuls dans le souterrain. Quand le grand jour permit à l’orpheline d’examiner l’intérieur de son cachot, elle put se convaincre plus fermement que jamais, que nul effort, nul moyen imaginable n’avait pu en ouvrir l’accès à quelque personne que ce fût ; et, cependant, plus elle y songeait, plus elle se rappelait que ce qu’elle avait entendu ne pouvait être l’effet d’une hallucination." 

Catherine Cuthbertson  (1775?-1842?)     Romance des Pyrénées     (ou)

Les Visions du château des Pyrénées

(ce roman serait douteusement attribué à Ann Radcliffe)

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         Johann Heinrich Füssli

 "Je suis loin d'être brave, repartit la jeune fille ; mais pourquoi aurais-je peur des morts ?  Je n'ai pas à craindre que l'âme d'aucun d'eux vienne me reprocher d'avoir troublé ou détruit sa vie."

Catherine Cuthbertson         La Romance des Pyrénées     (ou)

Les Visions du château des Pyrénées

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  .... à  suivre.....

 

11/05/2018

MON LIVRE D'HEURES GOTHIQUE

Mon livre d'heures gothique

Mon livre d'heurts gothique

livre d'heures noir de Charles le Téméraire Pierpont Morgan Library de New-York 1475.jpg

Livre d'Heures noir de Charles le Téméraire 

 Livre d'heures noir de Charles le Téméraire (Pierpont Morgan Library  de New-York).jpg

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 La Caravage   La Trahison de JudasREC.jpg

 Le Caravage      La Trahison de Judas

"Il y a à la vérité, dit le marquis, des esprits si faibles qu'ils sont effrayés de faire des choses qu'ils sont accoutumés de regarder comme mauvaises, quelque avantageuses qu'elles puissent être.  Ils ne se laissent jamais guider par les circonstances, mais adoptent un plan fixe de vie dont ils ne veulent jamais, sous aucune considération, se départir.  La conservation de soi-même est la première loi de la nature.  Quand un reptile nous nuit ou qu'un animal de proie nous menace, nous ne pensons qu'à l'écraser.  Quand ma vie ou ce qui est essentiel à ma vie exige le sacrifice d'un autre ou même si quelque passion invincible l'exigeait, je serais un fou d'hésiter. "

ann-radcliffe      les-mystères-de-la-forêt

 violence, couple, fantastique

Tu me fais horreur        encre de chine de l'auteur, Dominique Mertens

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 Quelques extraits de

"l'apprenti-sorcier"

de

Hanns Heinz Ewers

violence au sein du couple

"Frank Braun s'interposa entre l'image sainte et la jeune fille.

- C'est la Madone qui m'a appelé, fit-il, le verbe ardent.

Il arracha la chemise virginale, découvrant la chair blanche comme l'écume.  Il répéta sourdement :

- C'est la Madone qui m'envoie !                                         

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Maria von Mörl

"La jeune fille jeta un cri et, des poings et des ongles, tenta d'échapper à l'étreinte.  Frank Braun la saisit aux hanches, la repoussa et lui renversa la tête, de la main droite.  Alors, sans qu'il sût comment, son doigt se trouva pris entre des dents solides.  Il cria de douleur, mais tordit autour de son poignet les nattes de la jeune fille.  Les dents lachèrent prise.  De la main droite il lui serra la gorge, tandis que de la gauche il lui maintenait les bras derrière le dos. 

C'est ainsi qu'il la prit."

Elle ne baissa pas les paupières.  Douloureuse, sans un geste, en silence elle considérait l'étranger, son bourreau.  Ses yeux étaient rivés sur cette impitoyable main qui lui emprisonnait le bras, sur cette main, hideuse et terrible !  Pas une plainte ne tomba de ses lèvres, pas une larme de ses yeux.

Frank Braun sentit, peu à peu, la force qui guidait ses mains refluer vers son âme.  Sa poitrine en feu s'apaisa.  Une harmonie, seraine et subite, se prit à sourdre en lui.  Il parla.

Sa voix avait la douceur des musiques lointaines.  Et les mots tombaient dans l'oreille de la jeune fille qui ne pouvait s'empêcher de les écouter : mots de tendresse infinie, mots étranges et persuasifs qu'il avait dits, jadis, à d'autres femmes, et d'autres mots encore, dont la douceur l'enivrait lui-même.  Ils descendaient, pluie merveilleuse et rafraîchissante, sur le pauvre corps martyrisé.

Alors, elle pleura."

 violence au sein du couple

rené-gabriel-ojeda      jeune femme fuyant avec son enfant dans les bras

"Il la prit dans ses bras, avec mille précautions, comme un petit enfant.

- La Madone l'a voulu !  murmura-t-il.

Elle tourna la tête et le regarda.  Etait-ce bien le même homme que tout à l'heure ?  Cependant tout à l'heure...  Mais savait-elle, au juste, ce qui s'était passé tout à l'heure ?  Elle se retrouvait dans les bras d'un être nouveau.  Elle lui pressa inconsciemment le bras, puis retira sa main, effrayée du geste involontaire."

 

"Lui, continuait à parler.  Il tissait, lentement, le tendre réseau d'amour autour de l'âme de la jeune fille.  Elle ferma les yeux et sentait les pulsations du corps de Frank Braun contre sa chair, à elle.  Une chaleur infinie la pénétra.  Cet amour, débordant de caresses, amollissait sa volonté.  Elle ne se défendit plus, quand il chercha ses lèvres.  Le cauchemar s'était mué en rêve.  Elle s'abandonna."

 violence au sein du couple

"Frank perçut, entre ses bras, l'éveil d'une vie nouvelle.  Le vainqueur savoura l'ivresse de sa victoire.  Une femme venait de naître.  Elle emprisonna la tête de Frank Braun, dans ses deux mains, l'attira à soi et la baisa fougueusement.

-  Oui, cria-t-elle, enfin, c'est la Madone qui t'a envoyé.  Je suis à toi !

Et ses étreintes se firent plus ardentes.

Elle lui prit les mains, ne se rappelant plus l'impression terrifiante qu'elle en avait ressentie quelques instants auparavant.  Elle les porta à ses lèvres, heureuse et docile.

Ils restèrent étendus, sans dormir, sans parler.  Un long frémissement de volupté les agitait.  L'amour les avait emportés dans son tourbillon..."

violence au sein du couple

Dominique Mertens       L'amour est illumination         

 

 

 

 

09/05/2018

RENAITRE GOTHIQUE

 

renaître   gothique

c'est renaître à la vie

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       Dominique Mertens          L'Oeil de Dieu donne vie aux spermatozoïdes    

(détail de La Fresque de la Vie)     

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Dominique Mertens          L'Oeil-de-Dieu        

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     Dominique Mertns           La Migration des spermatozoïdes        

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Dominique Mertens           In utero 1   

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Dominique Mertens           In utero  2     

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Dominique Mertens           In utero  3 

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Dominique Mertens          Le sablier-uterus        

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 Parcourons le journal d'une gothique,

extrait du chef-d'oeuvre  de Charles-Robert Maturin,

"Fatale vengeance", publié aux éditions José Corti,

notre fournisseur attitré de Gothique.

jose-corti.fr

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  "Ce 1er avril"

"Il est minuit... tout se tait autour de moi... pas un souffle de vent, pas un murmure.  Et moi, au sein de ce repos de la nature, comment suis-je ,  Que suis-je ? ... Quel est ce trouble de mon âme que semble encore accentuer la paix qui m'entoure ?  Qui ai-je vu ?  Je n'en sais rien ; je ne veux pas prononcer son nom ; je ne veux pas penser à ce qu'il est.  Je ressens un tel bonheur !  Il n'y a place pour rien d'autre.  Mes sentiments m'appartiennent ; ils sont mon trésor secret.  La joie que je sens en moi est suave et caressante comme une belle journée de printemps.  Il n'y a personne d'aussi heureux que moi cette nuit... Sauf lui peut-être ?  Il est si beau ! ... Comment peut-on être à la fois bercée par une douce quiétude et secouée par la tempête ?  Mes esprits sont agités, mais mon âme est paisible..."                                                                                     (suite ci-dessous)

Charles-Robert Maturin        Fatale vengeance

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Dominique Mertens          Naissance au gothique    

  

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Dominique Mertens           Naissance au gothique      

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 Dominique Mertens          La dame sans espoir de retour        

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Dominique Mertens           La Femme est née de l'eau          

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Viens...!!!

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Viens...!!!

 

Et  prends-moi...!

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naître au gothique

c'est naître à la mort   

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 naître-au-gothique         encre de l'auteur

"Enlever ses vêtements, reprit-il, comporte une autre signification, positive celle-ci, et dont tu ne peux qu'être fier.  Par ce geste on rejette, pour renaître à la vérité, ce qui nous a été imposé par la coutume, on disparaît du monde pour rejaillir dans la lumière, purifié.  Si le grain ne meurt, comment porterait-il son fruit ?"

Dominique Fernandez       La Société du mystère

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et

remonter le courant

de

 la Vie, cette vierge blanche

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 Dominique Mertens          Vierge blanche        

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  et  de

 la Mort, cette vierge noire

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Dominique Mertens          Vierge noire          

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        "Que j'aime à voir la décadence

de ces vieux chasteaux ruinez                                   

                    """""""""""""""                         

Contre qui les ans mutinez

Ont déployé leur insolence !

Les sorciers y ont leur sabat ;

Les démons follets s'y retirent,

Qui d'un malicieux ébat

Trompent nos sens et nous martirent ;

Là se nichent en mille trou,

Les couleuvres et les hyboux.

L'orfraye, avec ses cris funèbres,

Mortels augures des destins,

Fait rire et danser les lutins,

Dans ces leix remplis de ténèbres.

Sous un chevron de bois maudit

Y branle le squelette horrible

D'un pauvre amant qui se pendit

Pour une bergère insensible ..."

marc-antoine-de-gérard-de-saint-amant         la-solitude

du sieur de Saint-Amant

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"Les cheveux hérissez, j'entre en des resveries

De contes de sorciers, de sabaths, de furies ;

J'erre dans les enfers, je raude dans les cieux ;

L'âme de mon ayeul se présente à mes yeux ;

Ce fantôme léger, coiffé d'un vieux suaire,

Et tristement vestu d'un long drap mortuaire,

A pas affreux et lents, s'approche de mon lit ;

Mon sang en est glacé, mon visage en paslit,

De frayeur mon bonnet sur mes cheveux se dresse,

Je sens sur l'estomach un fardeau qui m'oppresse.

Je voudrais bien crier, mais je l'essaye en vain :

il me ferme la bouche avec sa froide main..."

 marc antoine de gérard de saint amant      les visions

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"... Au travers  de ce feu puant, bleuastre et sombre,

J'entrevoy cheminer la figure d'une ombre,

J'entends passer dans l'air certains gémissements,

J'avise, en me tournant, un spectre d'ossements,

Lors, jettant un grand cry qui jusqu'au ciel transperce,

Sans poux et sans couleur, je tombe à la renverse."

marc antoine de gérard de saint amant      les visions

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malédiction !!!

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Claudine

Guérin de Tencin 

 une des innombrables précurseures du genre littéraire gothique

 dont voici un extrait de l'adaptation de son roman  "Mémoires du Comte de Comminge " au théâtre par Baculard d'Arnaud 

sous le titre "Les Amants malheureux, ou Le Comte de Comminge" :

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 "un souterrain vaste et profond consacré aux sépultures de la trappe ; deux ailes du cloître, fort longues et à perte de vue, y viennent aboutir ; on y descend par deux escaliers de pierres grossièrement taillées et d'une vingtaine de degrés.  il n'est éclairé que d'une lampe.  au fond s'élève une grande croix, telle qu'on en voit dans nos cimetières, au bas de laquelle est adossé un sépulchre peu élevé, et formé de pierres brutes ; plusieurs têtes de mort amoncelées lient ce monument avec la croix ; c'est le tombeau du célèbre abbé de Rancé, fondateur de la Trappe.  Plus avant, du côté gauche, est une tombe qui paraît nouvellement creusée, sur les bords de laquelle sont une pioche, une pelle, etc.  Au devant  de la scène, dans un des côtés à droite, est une autre fosse.  Sur les ailes du souterrain, se distinguent de distance en distance, et à peu de hauteur de terre, une infinité de petites croix qui désignent les sépultures des religieux."

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 malédiction !!!

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illustration de l'ouvrage de Baculard d'Arnaud,

" Le Comte de Comminges ou Les Amants malheureux"

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"En disant ces derniers mots, le marquis sortit avec fureur de son cabinet.  Julia avait succombé à l'effroi de cette sorte de malédiction.  Ses jambes ayant cessé de la soutenir, elle était tombée à la renverse sur le parquet.  Seule et sans secours, ce ne fut qu'au bout de quelques heures qu'elle revint de son évanouissement.  Alors elle essaya de sortir de ce funeste cabinet, en s'appuyant tantôt contre un meuble, tantôt contre le mur."

anne_radcliffe       julia_ou_les_souterrains_du_château_de_mazzini

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 "Je m'avance, égaré, dans des plaines désertes :

De la destruction elles étaient couvertes,

Du fonds de noirs tombeaux, antiques monuments

J'entendais s'échapper de longs gémissements ;

Dans les débris épars de ces vieux mausollées,

Je voyais se traîner des ombres désollées ;

D'un lamentable écho ces champs retentissaient ;

Des monceaux de cercueils jusqu'aux cieux s'entassaient..."

Baculard d'Arnaud    

  Le Comte de Comminges ou Les Amants malheureux

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 Dominique Mertens          détail de la fresque de la Vie 

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illustration pour le roman de "emmeline_ou_l'_orpheline_du_château" 

de charlotte_turner_smith

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Dominique Mertens           détail de la fresque de la Vie

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illustration pour le roman "emmeline_ou_l'_orpheline_du_château" de charlotte_turner_smith

                   

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Et maintenant,

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      que se déchaîne

           le souffle de l'esprit...          

"Ida Munster, sorcière accusée de meurtre et de haute trahison,  apparais !  

Nous, les secrets vengeurs de l'Eternel,

nous te citons à comparaître devant le tribunal de Dieu

endéans les trois jours !"

christiane_bénédicte-naubert        herman_of_unna    

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illustration pour"le_spectre_du_château", pièce de théâtre de matthew_gregory_lewis

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david_teniers       scène de sabbath_des_sorcières

 accoucher !  accoucher au plus vite !!

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Dominique Mertens         Naissance gothique (encre et crayon)

Apparais...!!!

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"Apparais...!!!"

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"Apparais...!!!"

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               " Apparais...!!! "                              littérature gothique,fantastique,amour

                                        

"Apparais !!!" 

                                                                                                     

 

                                                        ..... à suivre.....

 

08/05/2018

Le JARDIN DES SEVICES

Entrez,

entrez sans crainte,

entrez

au Jardin des sévices...

 daphne1-0836.jpg

Giovanni Biliverti    Apollon et Daphné

  La Belle est au jardin d’amour
Elle y a passé la semaine
Son père l cherche partout

Et son amant qu’en est en peine
Faut demander à ce berger
S’il l’a pas vu dedans la plaine
Berger, berger n’as-tu point vu
Passer ici la beauté même?

Comment est-elle donc vêtue
Est-ce de soie ou bien de laine?
Elle est vêtue de satin blanc
Dont la doublure est de futaine
Elle est là-bas dans ce vallon
Assise au bord d’une fontaine
Entre ses mains elle tient un oiseau
La Belle lui conte ses peines

Petit oiseau que t’es heureux
D’être entre les mains de ma Belle
Et moi qui suis son amoureux
Je ne puis pas m’approcher d’elle

Faut-il être auprès du ruisseau
Sans pouvoir boire à la fontaine?
Buvez mon cher amant buvez
Car cette eau-là est souveraine
Faut-il être auprès du rosier
Sans en pouvoir cueillir la rose?
Cueillez mon cher amant cueillez
Car c’est pour vous qu’elle est éclose

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Le Jardin des délices

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Dominique Mertens           Agression

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Gentil coquelicot  

(chanson poupulaire pour enfants)

J'ai descendu dans mon jardin (bis)

Pour y cuieillir du romarin

Gentil coquelicot Mesdames, (refrain)

Gentil coquelicot nouveau.

Un rossignol vint sur ma main (bis)

Il me dit trois mots en latin.

Que les hommes ne valent rien (bis)

Et les garçons encore bien moins.

Des dames il ne me dit rien (bis)

Des demoiselles beaucoup de bien.

Tarquin et Lucrèce.jpg

Le Tintoret        Tarquin et Lucrèce

"L'Impression que je crus avoir faite sur la belle me mit tout juste dans l'état qu'elle voulait : je perdis la tête et je la suivis dès lors avec mille peines, à la faveur de l'ombre et du crépuscule, partout où je pouvais.  Toute ma vanité était de la rendre vaine de moi, et je ne parvenais pas, avec la meilleure volonté, à chasser de mon cerveau cette ivresse pour la faire pénétrer dans mon coeur."

Adelbert von Chamisso 

"L'étrange histoire de Peter Schlemihl"

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Dominique Mertens           Ecrit sur la pierre

"Brièvement, il posa un baiser sur le front de son épouse et s'en fut, happé par cette insatiable nuit qui n'avait semble-t-il d'autre but que de dévorer le peu d'espoir qui nous restait encore."

Françoise-Sylvie Pauly    L'Invitée de Dracula

   

"Les images que je jetais en son âme devaient, sans qu'elle s'en rendît compte, prendre un développement merveilleux, devenir plus brillantes et plus étincelantes ; apparaissant alors dans leur véritable signification, elles devaient la remplir de l'idée de jouissances inconnues, jusqu'à ce que, martyrisée et déchirée par un désir indicible, elle se jetât d'elle-même dans mes bras."

E.TA Hoffmann      Les Elixirs du Diable

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"Elle aimait en femme,

faisant le sacrifice d'elle-même,

s'oubliant, se dévouant sans réserve,

occupée seulement de celui qui était sa vie

et ne se souciant pas de savoir

si elle n'allait pas elle-même à sa perte..."

Adelbert von Chamisso  

"L'étrange histoire de Peter Schlemihl"

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L'Enlèvement d'une licorne         gravure d'Albrecht Dürer

"Impossible de décrire le changement qui s'opéra alors en moi, la soif dévorante des joies du monde que j'éprouvai, le sentiment qui me faisait voir le vice sous les formes les plus séduisantes et comme le summum du bonheur qu'on puisse goûter sur terre."

E.T.A. Hoffmann     Les elixirs du Diable

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Hans Sebald Beham    Haust du mich, so stich ich dich

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Orphée battu par les Bacchantes        gravure d'Albrecht Dürer

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    Dominique Mertens            Amour éconduit        

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Prison d'Amour

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Jardin d'Amour gothique,  jardin de cauchemar ?

 

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Le couple en noir... et blanc

      

"Au moment où la malheureuse croyait étourdiment pouvoir se jouer des enchaînements périlleux de la vie, elle était livrée au hasard, ou mieux à la destinée maligne qui conduisait ma main.  Car c'était uniquement ma force enflammée par des puissances mystérieuses qui la contraignait à prendre pour ami et allié l'homme qui ne se couvrait des apparences de l'amitié que pour la tenir prisonnière comme une ennemie et la conduire à sa perte."

E.T.A. Hoffmann       Les Elixirs du Diable

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le Tintoret        La Mort de Lucrèce (détail)

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Fête au Jardin d'Amour

"Car il est des jardins  -plantés par des monarques

qui un moment s'y délassèrent

avec de jeunes femmes qui à la musique

étrange  de leur rire mêlaient des fleurs.

Elles animaient ces parcs las ;

murmuraient comme souffles en les buissons,

étincelaient dans leurs fourrures et peluches,

et les ruches soyeuses de leurs robes matinales

comme un ruisseau bruissaient sur le gravier."

Rainer Maria Rilke

Le Livre de la pauvreté et de la mort

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Dominique Mertens           Amour fait perdre la tête et rendre l'âme

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Gustave Doré   gravure pour  La divine comédie  de Dante

 

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Dominique Mertens          Au jardin d'Amour

      

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Dominique Mertens            Amour craint  dévoiement      

 

 

Amour gothique...

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... au Jardin des Délices

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Dominique Mertens          Fruit de l'Amour        

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Aristote et Phyllis     le Maître du Housebook 

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Daniel Hopfer    Gib Frid  (Trois vieilles femmes battant à mort un diable) 

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Dominique Mertens           A quelques pas de là...        

 

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"L'Amour sacré,

l'amour virginal,

l'amour plus fort que le tombeau

ne cherche que le dévouement

et fuit, éperdu, devant l'égoïsme du désir."

Eliphas Lévi

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"Vous qui par malheur dans ce lieu solitaire,

Peut-être fûtes amenés,

Sachez qu'il est des mortels sur la terre

Autant que vous infortunés."

Ann Radcliffe

Les Mystères de la forêt

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"Je fus rappelée de cette mort momentanée par le soin d'une voix qui me fit désirer qu'elle eût été éternelle.  C'était la voix terrible de Williams.  De quelle horreur mon âme fut à l'instant frappée !  Quelles affreuses images s'offrirent à mes yeux, que j'ouvrais à peine !  J'osai enfin jeter en tremblant quelques regards autour de moi.  Je vis que l'on m'avait transportée dans le grand appartement du souterrain.  Ce lieu, consacré jadis  à l'innocence et à la piété, n'était plus qu'une caverne de brigands, peut-être, hélas, de meurtriers.  Ils étaient une bande nombreuse, et paraissaient prêts à exécuter au premier signal les ordres de leur féroce commandant.  Williams contemplait avec une joie maligne deux malheureuses victimes que le ciel semblait livrer à sa vengeance.  Je me crus perdue sans ressource, aussi bien que Lord Leicester qui, désarmé, et demeurant à mes côtés, les regardait d'un oeil intrépide, et recueillait son âmes en silence.  J'aperçus autour de nous divers ustensiles qui m'étaient inconnus ; je crus voir autant d'instruments de torture et de mort.  

"Dieu tout puissant, dis-je en moi-même, épargne-nous les tortures, si la mort est inévitable !"

Sophia Lee

Le Souterrain

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 "Je me trouvai dans une petite chambre carrée dont une table à moitié brisée, une chaise et un matelas composaient tout l'ameublement.  Les murailles qui avaient été revêtués de plâtre, étaient dégradées en quelques endroits, et dans d'autres, recouvertes d'une croûte verte qui me confirma dans l'opinion où j'étais de l'humidité de cette prison, car en y entrant, j'avais été saisi de froid."

 Francis Lathom     La Cloche de minuit

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Dominique Mertens          La Prisonnière          

"Il n'est pas nécessaire de croire en une source surnaturelle du mal.  Les hommes sont, par eux-mêmes, capables de toutes les méchancetés." 

Joseph Conrad

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Dominique Mertens           Je t'en supplie !        

"Fais ce que tu voudras, pauvre insensée !  Je remplis mon devoir.  Si tu te crois intéressée à protéger ton suborneur, à ne pas corriger un méchant par des épreuves, à ne pas le garantir de sa perte par les châtiments, suis ton inclination ; tu le peux sans obstacle.  Mais si tu veux écouter le conseil de la vieillesse et de l'expérience, fuis ce monstre qui se fait un jeu des lois les plus sacrées.  Sa conscience est chargée de l'opprobe de toutes les femmes qu'il a déshonorées, son âme est souillée de sang."

Christian Heinrich Spiess        Le Petit Pierre

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 Rembrandt van Rijn         Le Philosophe

"J'exige, dit-il enfin avec emportement, j'exige une confession simple et pure de ton crime ; c'est le seul moyen de te sauver !  Cet aveu, s'il est sincère, peut seul amortir dans mon coeur la soif de vengeance."

Christian Heinrich Spiess     Le Petit Pierre

 

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illustration de Sc. Huyot pour "Quentin Durward" de Walter Scott

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Emile Friant       La Douleur

"Et de cette ombre incertaine surgit peu à peu  une silhouette qui paraissait tourner le dos à la dormeuse.  C'était celle d'une femme qui, dans le plus profond silence, exprimait, autant que le pouvait son langage gestuel, la souffrance la plus extrême, en se tordant les mains, en jetant sa tête de part et d'autre, à la manière de quelqu'un que l'ultime affliction a mené à l'épuisement et qui n'en peut plus de souffrir."

Sheridan Le Fanu      Le Destin de Sir Robert Ardagh

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le massacre de la Saint-Barthélémy

"Dois-je comprendre que vous avez commis un de ces actes terribles qui sont les stigmates de notre société civilisée ?  Exerçant une implacable vengeance, auriez-vous banni de ce monde l'un de vos semblables qui, à son insu peut-être, vous aurait offensé ?  L'auriez-vous envoyé devant son souverain juge avant que son temps fût accompli, sa tâche achevée, son âme absoute, son salut assuré ?  Si vous êtes l'auteur d'un crime que la société pardonne mais que la conscience réprouve, il n'y a oas lieu de perdre espoir.  Et si la justice humaine vous poursuit, alors fuyons !

Charles-Robert Maturin      Fatale vengeance

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Barthélémy Vieillevoye       Caïen

"Femme !  Femme !  A la fois fragile et téméraire.  Vous vous évanouissez en entendant parler de sang, et l'instant d'après vous m'incitez à le verser."

Charles-Robert Maturin      Fatale vengeance

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Le Titien       Le viol de Lucrèce

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Werner Peiners      Europa und der Stier

(ce tableau trônait dans la chambre à coucher du sinistre officier nazi Herman Göring)

"Dans le jardin de l'amour, ses mains cueillaient tous les fruits empoisonnés et elle les dégustait en riant..."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

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 "L'horreur du spectacle, l'ignorance de tout ce qui  concernait la façon dont ce malheur était arrivé,  et surtout le caractère extraordinaire du phénomène, avaient rendu le Prince complètement muet."

horace_walpole         le_château_d'_otrante

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 "Il ne manque souvent à la cruauté, à la vengeance et au libertinage, pour commettre les plus grands crimes, que les faveurs de la fortune ; si vous voulez connaître jusqu'où ces passions peuvent aller, mettez-les dans le coeur d'un homme puissant."

sénèque       lettres_ à_ lucilius

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abraham_bosse       homme_menaçant_sa_femme

 

 

 

 

 à suivre...