22/04/2018

CAUCHEMARS FANTASTIQUES

CAUCHEMARS  FANTASTIQUES

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John Martin     Pandemonium

"Je ne puis appeler cela un cauchemar, car j'avais pleinement conscience d'être endormie.  Mais j'avais également conscience de me trouver dans ma chambre, couchée dans mon lit, comme je m'y trouvais en réalité.  Je voyais, ou croyais voir, la pièce et ses meubles tels que je les avais vus avant de fermer les yeux, à cette exception près qu'il faisait très sombre.  dans cette obscurité j'aperçus une forme vague qui contournait le pied du lit.  tout d'abord je ne pus la distinguer nettement, mais je finis par me rendre compte que c'était un animal noir comme la suie, semblable à un chat monstrueux.  il me parut avoir quatre ou cinq pieds de long, car, lorsqu'il passa sur le devant du foyer, il en couvrit toute la longueur.  il ne cessait pas d'aller et de venir avec l'agitation sinistre et souple d'un fauve en cage.  Malgré la terreur que j'éprouvais, (comme vous pouvez l'imaginer) j'étais incapable de crier.  L'horrible bête précipita son allure tandis que les ténèbres croissaient dans la chambre.  Finalement, il fit si noir que je ne distinguai plus que les yeux de l'animal.  Je le sentis bondir légèrement sur mon lit.  Les deux yeux énormes vinrent tout près de mon visage, et, soudain, j'éprouvai une très vive douleur, comme si deux aiguilles, à quelques centimètres l'une de l'autre, s'enfonçaient profondément dans ma gorge.  Je m'éveillai en hurlant.  La chambre était éclairée par la bougie qui brûlait toute la nuit, et je vis une forme féminine, debout au pied du lit, un peu sur la droite.  Elle portait une ample robe de couleur sombre, et ses cheveux dénoués recouvraient ses épaules.  Un bloc de pierre n'eût pas été plus immobile.  Je ne pouvais déceler le moindre mouvement de respiration.  Tandis que je la regardais fixement, la silhouette me parut avoir changé de place : elle se trouvait maintenant plus près de la porte.  Bientôt, elle fut tout contre ; la porte s'ouvrit, l'apparition disparut."

Sheridan Le Fanu      Carmilla

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La Chasse sauvage       F.W. Heine

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"On eût dit que l'âme avait quitté ce corps sans combattre pour y demeurer."

Sheridan Le Fanu       Le Destin de Sir Robert Ardagh

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La succube Ostärdtenschtein                                      figurine créée par l'auteur dans le cadre 

de sa mise en scène fantastique  

"L'Antre du Vampire"

"Ce soir-là, cependant, on eût dit que, du fond des ténèbres, la comtesse Véra s'efforçait adorablement de revenir dans cette chambre tout embaumée d'elle !  Elle y avait laissé tant de sa personne !  Tout ce qui avait constitué son existence l'y attirait.  Son charme y flottait ; les longues violences faites par la volonté passionnée de son époux y devaient avoir desserré les vagues liens de l'Invisible autour d'elle !...

Elle y était nécessitée.   Tout ce qu'elle aimait, c'était là.

Elle devait avoir envie de venir se sourire encore en cette glace mystérieuse où elle avait tant de fois admiré son lilial visage !  La douce morte, là-bas, avait tressailli, certes, dans ses violettes, sous les lampes éteintes ; la divine morte avait frémi, dans le caveau, toute seule, en regardant la clé d'argent jetée sur les dalles.  Elle voulait s'en venir vers lui, aussi !  Et sa volonté se perdait dans l'idée de l'encens et de l'isolement.  La Mort n'est une circonstance définitive que pour ceux qui espèrent des cieux ; mais la Mort, et les Cieux, et la Vie, pour elle, n'était-ce pas leur embrassement ?  Et le baiser solitaire de son époux attirait ses lèvres, dans l'ombre.  Et le son passé des mélodies, les paroles enivrées de jadis, les étoffes qui couvraient son corps et en gardaient le parfum, ces pierreries magiques qui la voulaient, dans leur obscure sympathie,  -et surtout l'immense et absolue impression de sa présence, opinion partagée à la fin par les choses elles-mêmes, tout l'appelait là, l'attirait là depuis si longtemps, et si insensiblement, que, guérie enfin de la dormante Mort, il ne manquait plus qu' Elle seule !"

Auguste de Villiers de l'Isle-Adam       Véra

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 "Tout à coup je crus apercevoir une figure qui sortait du mur à l'une des extrémités du couloir puis s'approchait d'un pas lent et mal assuré. Sous les vêtements aux plis lâches devait se cacher une forme humaine, mais l'obscurité ne permettait pas d'en rien distinguer."

Charles-Robert Maturin

"Il me semble que je rêve, et je cherche vainement à donner une forme

et une réalité aux ombres qui planent autour de moi."

Charles-Robert Maturin         Fatale vengeance

 

"Le soleil ne pénétrait jamais dans notre demeure ; nous avions besoin d'être éclairés continuellement par la lumière d'une bougie (...)  Ce lieu ténébreux est appelé Rummey Hole par les habitants du pays ; les environs sont déserts ; on en trouve l'ouverture dans le fonds d'une vallée si étroite qu'elle est remplie presque entièrement par un ruisseau qui sort du pied de la montagne à côté de l'entrée de la caverne. (...)  Le roc qui sert de voûte naturelle s'abaisse quelques fois si près de la terre, et les bords du ruisseau sont si escarpés dans ces endroits, qu'on ne saurait pénétrer plus avant sans s'exposer à un péril manifeste.  Mais le souterrain est si vaste et si exhaussé à droite et à gauche qu'on ne cesse point d'admirer la nature qui a formé, l'on ne sait pour quel usage, des salles immenses qu'on se lasse de parcourir.  La caverne se rétrécit néanmoins en certains lieux.  On y trouve des espèces de salons et de cabinets, les uns servent de communication à d'autres salles de la grandeur des premières, d'autres n'ont point de deuxième ouverture après leur entrée."

abbé_prévost     le_philosophe_anglais_ou-histoire_de_monsieur_cleveland

 

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19/04/2018

La CHAMBRE AUX ENTITES

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vers_le_néant        encre de l'auteur

*********

Regarde toutes ces tombes.  

Cent, deux cents.  

Tu n'aimes pas les morts, mon enfant ?

Je t'apprendrai à les aimer.

Tu vas me voir morte ici, 

aujourd'hui,

pendant une demie heure, parmi eux.

Voilà ce que j'aime."

Sheridan_Le_Fanu      L'Oncle_Silas

 

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******

"Allons, viens !"

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toutes_ces_tombes          encre de l'auteur

*******

"Allons, viens !

{...}  Nous en sommes tout près.  

Tu les aimeras tout comme moi.

Tu vas en voir cinq.

ah ça ira, ça ira, ça ira !

Viens, traverse, vite !

Je suis madame la Morgue.  

Mrs Deadhouse !

Je vais te présenter mes amis, 

Mr Cadavre et Mr Squelette. 

Viens, viens petite mortelle, amusons-nous."

Sheridan_Le_Fanu     L'Oncle_Silas

 

   *********

"Allons, viens !"

********

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 "Tout cela était dans l'ordre des choses, 

les hommes ayant été créés pour se faire souffrir

les uns les autres."

dostoïevski   l'_idiot

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"Allons, viens !"

*******

 

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"Tout à coup, sur l'herbe devant la maison,

se dessina une figure bizarre enveloppée de draperies grises

qui paraissaient presque blanches sous la lune."

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 "Allons, viens !"

 

"Il est là... là... devant mes yeux." goethe       faust

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"Allons, viens !"

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apparition d'un esprit         encre de l'auteur

"Allons, viens !"

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élévation       encre de l'auteur

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(romance extraite de "La Vampire, ou la Vierge de Hongrie", voir ci-dessous)

 

"L'horloge du château sonna une heure du matin... Alors la figure d'Alinska se décompose, une affreuse joie contracte ses traits ; elle ôte précipitamment le gant qui cache sa main gauche, et soudain se précipite sur le lit.  Elle pose sa bouche fétide sur la bouche pure de l'enfant, et semble boire à longs traits le sang qu'elle aspire de la poitrine de cet être infortuné."     ........

(ci-contre, quelques extraits du roman du baron de Lamothe-Langon, publié en 1825,  "La Vampire, ou La Vierge de Hongrie)

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"Elle vit encore, l'infortunée ! Ah !  Sauvons-la à l'horreur de sa position !"

"Ils s'approchèrent avec empressement du cercueil dans lequel Alinska était couchée ; ils la soulevèrent doucement, et sans la débarrasser de son suaire, ils la transportèrent,  avec précaution,  dans la chambre qu'elle avait occupée."      .......

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... trois blessures alors r'ouvertes s'épanchaient les flots d'un sang impur et corrompu."    (fin du roman)

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"Elle batailla d'abord, avec acha rnement ; puis elle en arriva par degrés au silence, au silence complet.  Ses yeux seuls écoutaient, de plus en plus attentifs et grands, grands de terreur.  Et... et, de plus, je vis poindre un sourire défiant, fermé, mauvais.  C'est avec ce sourire-là que je l'ai amenée dans ma maison.  Il est vrai qu'elle n'avait plus d'autre refuge."

                                                              Fiodor Dostoïevski        La douce

entités,occultisme,esprits,invocations,magie noire,magie blanche,spiritisme,blogs gothiques

  

 

 

à suivre....

17/04/2018

AMOUR ET FANTASTIQUE

Explorer les rapports

qu'entretiennent

Amour et Fantastique.... 

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Dominique Mertens       Echeveau d'Amour (encre)

Les Règles de l'Amour 

1. Le prétexte de mariage n’est pas une excuse valable contre l’amour. 

2. Qui n’est pas jaloux ne peut pas aimer. 

3. Personne ne peut avoir deux liaisons à la fois.

4. Toujours l’amour doit croître ou décroître.

5. Il n’y a point de saveur à ce que l’amant obtient sans le gré de son amante.

6. L’homme ne peut aimer qu’après la puberté. 

7. A la mort de son amant, le survivant attendra deux ans.

8. Personne ne doit sans raison suffisante être privé de l’objet de son amour. 

9. Personne ne peut aimer vraiment sans être poussé par l’espoir de l’amour.

10. L'amour est toujours étranger dans la maison de l'avarice.

11. Il n'est pas bon d'aimer une femme qu'on aurait quelque honte à épouser.

12. L’amant véritable ne désire d’autres baisers que ceux de son amante.

13. Rendu public, l'amour résiste peu.

14. Une conquête facile rend l’amour sans valeur, une conquête difficile lui donne du prix.

15. Tout amant doit pâlir en présence de son amante.

16. A la vue soudaine de son amante, le coeur d’un amant doit tressaillir. 

17. Un nouvel amour fait partir l'ancien.

18. Rien que le bon caractère rend l'homme digne d'amour. 

19. Quand l'amour diminue, il diminue vite et se renforce rarement.

20. L’amoureux est toujours craintif. 

21. Vraie jalousie fait toujours croître l’amour.

22. Un soupçon sur son amante, jalousie et ardeur d’aimer augmentent. 

23. Il ne dort ni ne mange celui que passion d’amour démange. 

24. N’importe quel acte de l’amant se termine dans la pensée de son amante. 

25. L’amant véritable ne trouve rien de bien, qui à son amante ne plaise bien.

26. L’amant ne saurait rien refuser à son amante.

27. L’amant ne peut se rassasier des plaisirs de son amante.

28. La moindre présomption pousse l’amant à soupçonner le pire sur son amante. 

29. Il n’aime pas vraiment celui qui possède une trop grande luxure. 

30. L’amant véritable est toujours absorbé par l’image de son amante.

              31. Rien ne défend à une femme d’être aimée de deux hommes, ni à un homme          d’être aimé de deux femmes.

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Dominique Mertens       Miroir d'amour (encre) 

Quelques poésies du Moyen age...

D'être avec elle

D'être avec elle tant m'étonne

Que n'ose avouer mon désir

Et quand m'en vais d'elle il me semble 

Que perds tout sens et tout savoir.

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Joyssance vous donneray

Joyssance vous donneray,

Mon amy, et vous meneray

Là où pretend vostre esperance.

Vivante ne vous laisseray ;

Encore quant morte je seray,

L'esprit en aura souvenance.

 

Si pour moy avez du soucy,

Pour vous n'en ay pas moins aussi ;

Amour le vous doit faire entendre.

Mais s'il vous greve d'estre ainsi,

Apaisez vostre cueur transy ;

Tout vient à point qui peult attendre.

 

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Dominique Mertens       Temple d'amour (encre)  

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Dont vient cela

Dont vient cela, belle, je vous supply,

Que plus à moy ne vous recommandez ?

Toujours seray de tristesse remply,

Jusques a tant qu'au vray me le mandez.

Je croy que plus d'amy ne demandez.

Ou maulvais bruyt de moy on vous revelle

ou vostre coeur a fait Amour nouvelle.

 

Si vous laissez d'Amour le train joly,

Vostre beauté prisonnrendez ;

Si pour autruy m'avez mis en oubly,

Dieu vous y doint le bien que pretendez ;

Mais si de mal en rien m'apprehendez,

Je veulx qu'autant que vous me semblez belle,

D'autant ou plus vous me soyez rebelle.

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Dominique Mertens       Plaisir d'amour ne dure qu' un instant (encre)   

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Dominique Mertens       Chagrin d' amour dure toute une vie  (encre)   

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Dominique Mertens       Amour éconduit  (encre)   

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L'Amour, la Mort et la Vie

L'Amour, la Mort et la Vie

Me tourmentent à toute heure.

De me laysser ont envye

Et veullent que j'y demeure.

Quand je veulx rire je pleure

Du feu d'Amour qui s'avive

La Vie veult que je meure

Et la Mort veult que je vive.

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Dominique Mertens       Amour fortifié  (encre)   

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amour-champêtre        encre de Chine de l'auteur

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Dominique Mertens       Amours ancillaires  (encre)   

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Dominique Mertens       Amour contrarié (encre)   

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Dominique Mertens       Amour aveugle (encre)   

 

Cet   Enfer   au   Paradis

une chanson de

Dark  Sanctuary

Je ne sais que faire de cette vie,

Dans cet Enfer au Paradis.

J'ai perdu mes ailes et ma liberté,

A cause de celle que j'ai tant aimé.

Des larmes de glace sont comme des espoirs,

Lentement ils s'effacent de ma mémoire.

J'aurais tant voulu ne jamais exister,

Ni jamais avoir cru pouvoir aimer.

J'ai tant de haine contre ceux qui ont

Créé mes peines et mes passions.

Je crie de douleur, j'ai mal et j'ai peur,

J'aimerais tant pouvoir encore la revoir.

J'ai beau crier, elle ne m'entend pas,

J'ai beau pleurer, elle ne m'aimera pas.

 

"Brièvement, il posa un baiser sur le front  de son épouse

et s'en fut, happé par cette insatiable nuit

qui n'avait semble-t-il 

d'autre but que de dévorer le peu d'espoir

qui nous restait encore."

Françoise-Sylvie Pauly

L'Invitée de Dracula, roman

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"Il  serait trop long de vous conter toute ma souffrance

Mais ce qui me torture avant tout,

c'est une bouche rouge dont mon coeur est meurtri jusqu'à l'amère mort.

Devant elle mon corps était baigné de sueur,

Et mon visage devenait rouge puis blème, 

Quand je rendais mes devoirs à la délicate jeune fille.

A force de soupirer et frémir,

Souvent je ne sentais plus mon propre corps,

Comme si je m'étais consumé.

Souvent m'a l'épouvante fait fuir à deux cents milles d'elle,

Et jamais je ne reprenais espoir.

Gel, pluie, neige ne m'ont pas tant glacé

Que le soleil de la bien-aimée ne pût m'enflammer.

Lorsque je suis près d'elle,

Je perds ma mesure.

Ainsi dois-je à cause d'elle aller par les chemins lointains,

En désarroi, jusqu'à ce que la grâce ait remplacé la haine.

Ah, ma tristesse serait allégresse si elle voulait bien m'aider."

Oswald von Wolkenstein

 

 

........

"Je suis à toi pour l'éternité"

 

"Rejoins-moi à jamais..."

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Giovanni Lorenzo Bernini        Santa Ludovica Albertoni

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Giovanni Lorenzo Bernini        Extase de Sainte-Thérèse

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"Rappelle-toi ce jour du plus lointain passé

Où ma voix ranima ton cadavre glacé.

Je vis un feu si beau sous ta noire prunelle

Que je te dis alors : Courtisane éternelle,

Toujours jeune et toujours soumise tu vivras,

Et les plus nobles coeurs s'éteindront dans tes bras !"

     Gérard de Nerval       L'Imagier

 

"Le soleil du matin traversait en rayons colorés les verrières du cloître.  Assis au confessionnal, j'étais plongé solitaire dans mes pensées.  Seuls les pas des frères servants qui nettoyaient l'église résonnaient sous la voûte.  Soudain, j'entendis près de moi un frôlement, et j'aperçus une dame grande et svelte, habillée d'une façon étrange,.  un voile couvrait sa figure ; elle était entrée par une porte latérale et s'approchait de moi pour se confesser.  Ses mouvements avaient une grâce indescriptible.  

Elle s'agenouilla.  Un profond soupir s'échappa de sa poitrine.  Je sentais son haleine brûlante ; avant même qu'elle parlât, j'étais sous l'emprise d'un charme étourdissant.  Comment décrire le ton tout à fait particulier de sa voix, qui pénétrait au plus profond du coeur ?  Chacune de ses paroles me saisissait l'âme, lorsqu'elle m'avoua qu'elle nourrissait un amour défendu.  Cet amour, elle le combattait en vain depuis longtemps ; il était d'autant plus coupable que des chaînes sacrées liaient à jamais l'objet de son amour.  Mais dans la folie d'un désespoir sans bornes, elle avait maudit ces chaînes.

Elle s'arrêta.  Puis, au milieu d'un flot de larmes, qui étouffaient presque ses mots, elle s'écria :

"Médard !  c'est toi, toi-même, que j'aime d'un amour indicible."

Comme saisi d'un spasme mortel, tous mes nerfs se mirent à trembler ; j'étais hors de moi ; un sentiment inconnu me déchirait la poitrine.  Je voulais la voir, la presser contre mon coeur, mourir de joie et de souffrance !  Pour une minute de cette félicité, j'étais prêt à endurer le martyre éternel de l'enfer !"

E.T.A  Hoffmann        Les Elixirs du diable

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Cornelis van Haarlem       le-moine-et-la-religieuse

"Effrayé, je m'avançai en courant ; la porte du cabinet était entrouverte.  Aurélie était agenouillée, le dos tourné vers moi, devant un tabouret sur lequel était placé un livre ouvert.  Rempli de crainte, je regardai involontairement derrière moi ; je ne vis rien et je m'écriai, dans un ravissement suprême :  "Aurélie, Aurélie !"

Elle se retourna rapidement, mais , avant qu'elle se fût levée, j'étais déjà à ses genoux et je l'avais enlacée avec force.

"Léonard !  mon bien-aimé", murmura-t-elle tout bas.

Alors fermenta et bouillonna dans mon être un désir furieux, une passion coupable et sauvage.  Elle était là inerte dans mes bras; ses cheveux dénoués tombaient en boucles épaisses sur mes épaules ; sa gorge juvénile se soulevait ; elle gémissait sourdement.  Je ne me connaissais plus moi-même.  Je la relevai ; elle parut animée d'une force nouvelle ; une ardeur inconnue brûlait dans ses yeux et elle rendait avec plus de feu mes baisers délirants."

E.T.A. Hoffmann        Les Elixirs du diable

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Edenfall pochette cd 

"Dis seulement que tu m'aimes

et tu seras délivrée de toute détresse." 

 E.T.A.  Hoffmann        Les Elixirs du diable

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Dominique Mertens       Rappelle-toi ce jour  (encre)  

"Coeur qui soupire n'a pas ce qu'il désire..."

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"Diffamée, méprisée, oubliée de tous, à l'exception des généreuses soeurs de la famille de Sydnei, je résignai mes volontés à celles de Lord Arlington, et repris la route de cette abbaye, destinée, dès mon enfance, à me servir de tombeau.  La même main qui avait ruiné l'édifice de mon bonheur, avait dépouillé cette demeure de ce qui en faisait pour moi l'unique charme.  Toutes les ruines étaient abattues, et les bois épais qui nous avaient si longtemps protégés, avaient fait place à des plantations naissantes.  Je détournai les yeux de cette scène de désolation, et me renfermai dans la chambre la plus reculée et la plus obscure, résolue d'y passer le reste de ma vie à méditer et à pleurer."

Sophia Lee         Le souterrain

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"... en vérité, on n'a pas encore appris à aimer.  Nous n'utilisons qu'une fraction infime de nos possibilités dans ce domaine.  L'amour est indivisible.  Il parle toutes les langues de Babel.  Mais, à chaque instant, nous en faisons l'économie.  Nous lésinons.  A certaines heures désespérées parce que nous y sommes acculés, nous acceptons d'aimer enfin."

pierre-mertens     "Perdre"

 

"Car s'il est vrai, comme l'a affirmé un écrivain célèbre, qu'aucune jeune fille n'a le droit de tomber amoureuse avant que le monsieur n'ait déclaré sa flamme, il serait des plus inconvenants qu'une jeune fille rêvat d'un jeune homme avant qu'on sache d'abord si le jeune homme a été le premier à rêver d'elle."

jane-austen       l'-abbaye-de-northanger

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Dominique Mertens       Etreinte_1  (encre)  

"Amour, tes jouissances sont infinies, comme tes peines !  Tu es plus amer que l'absinthe, mais le miel est moins doux que toi."

Christian Heinrich Spiess      Le petit Pierre

 

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Dominique Mertens       Etreinte  (encre)   

"L'embrasser avec toute la passion d'un désir furieux

et puis lui donner la mort, telle était la pensée

qui me poursuivait irrésistiblement."

E.T.A. Hoffmann      Les Elixirs du diable

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Dominique Mertens       Comme morte (encre)   

 

Amours me fait désirer

Amours me fait désirer et aimer ;

Mais si follettement 

Que je ne puis espérer

Ni penser

N'imaginer nullement

Que le doux et beau visage

Duquel je suis tombé amoureux

Me donnera joie,

A moins qu'Amour n'agisse proprement et tellement 

Que je l'obtienne sans le demander.

Guillaume de Machaut

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Dominique Mertens       Pleur -d' amour (encre)   

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"Sur l'épaule de son amant,

elle aperçut trois cicatrices, 

trois morsures de sa bouche, 

trois témoins indiscrets 

de leur amour farouche

et posa les lèvres dessus !

Hanns Heinz Ewers      L'apprenti sorcier

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 Il n'y a pas de rose sans épines...

 

 

à  suivre...