15/04/2018

DANS SES YEUX JE VOYAIS MA VIE

DANS  SES  YEUX

JE  VOYAIS  MA  VIE 

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

 bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique

"Il aimait ce moment où les dernières clartés s'éteignent, où les étoiles, l'une après l'autre, viennent briller dans l'espace et se réfléchir sur le miroir des eaux ; moment touchant et doux, où l'âme dilatée s'ouvre aux plus tendres sentiments, aux contemplations les plus sublimes."

Ann Radcliffe          Les Mystères d'Udolphe 

libellule2.jpg

Juste avant l'exil 

chanson de Gérard Manset


Juste avant l'exil,
On pose un dernier regard sur sa ville,
Les colliers de fleurs que les hommes enfilent
Et plus loin, sur le bord du quai,
Le secret que personne ne sait,
C'est qu'on est né ici
Et qu'on sait ce qu'on va laisser,
Alors on reste assis
Juste avant l'exil.
Ça semblait facile
De tout quitter.
On était le loup sans son collier,
L'arbre sans son espalier

Mais quand le sable a quitté le sablier,
Que le marbre et la pierre se sont brisés,
Que le chêne a fini quand même par retomber,

On se retrouve comme on est né
A nouveau dans un monde damnés,
A nouveau dans un monde damnés,
Sans rien ni personne pour nous aider.

Juste avant l'exil,
Juste avant l'exil,
Avant le dernier regard sur la ville,
Dans le bruit des trains qui défilent
Et là-bas, sur le bord du quai,
Comme la flamme d'un briquet,
Dans une main qui tremble,
Ce visage, on le connaît :
Il nous ressemble.
Juste avant l'exil,
Que cherche-t-il vers l'horizon ?
Le dessein dans la forme d'une maison
Ou peut-être la guérison 

 bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique

           Dominique Mertens          Ma rencontre avec Adelheide           

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique

"Oh ! combien il serait doux de parler longtemps du bonheur de Valancourt et d'Emilie !  de dire avec quelle joie, après avoir souffert l'oppression des méchants et le mépris des faibles, ils furent enfin rendus l'un à l'autre ; avec quel plaisir ils retrouvèrent les paysages chéris de leur patrie !  Combien il serait doux de raconter comment, rentrés dans la route qui conduit  le plus sûrement   au bonheur, tendant sans cesse à la perfection de leur intelligence, ils jouirent  des douceurs d'une société éclairée, des plaisirs d'une bienfaisance active, et comment les bosquets de La Vallée redevinrent le séjour de la sagesse et le temple de la félicité domestique ! ......"

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique

"..... Puisse-t-il du moins avoir été utile de démontrer que le vice peut quelquefois affliger la vertu ; mais que son pouvoir est passager, et son châtiment certain !  Tandis que la vertu froissée par l'injustice, mais appuyée sur la patience, triomphe enfin de l'infortune.

Et si la faible main qui a tracé cette histoire a pu, par ses tableaux, soulager un moment la tristesse de l'affligé, par sa morale consolante si elle a pu lui apprendre à en supporter le fardeau, ses humbles efforts n'auront pas été vains, et l'auteur aura reçu sa récompense."

(extrait de la conclusion du roman d'Ann Radcliffe, "Les Mystères d'Udolphe")

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique

 bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique

 "Leur vie passée offrit un exemple d'épreuves bien dures et leur vie présente un modèle de vertus grandement récompensées; et ils continuèrent de mériter cette récompense.  Car leur bonheur ne se bornait pas à eux seuls, mais ils le faisaient sentir à tous les individus  qui vivaient dans la sphère de leur influence.  L'indigent et l'infortuné avaient à se louer de leur bienveillance, l'homme vertueux et éclairé, de leur amitié, et leurs enfants, d'aavoir des parents dont l'exemple imprimait dans leurs coeurs les préceptes qu'ils offraient à leur esprit."

(extrait de la conclusion du roman d'Ann Radcliffe, "Les Mystères de la forêt")

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique

 Lovis Corinth        Adam et Eve 

"Le comte et la comtesse Masérini, lord et lady Milverne, jouirent longtemps d'une félicité parfaite.  Ils eurent chacun plusieurs enfants qui devinrent l'ornement et le modèle de leur siècle.  Le temps semblait ajouter chaque jour quelque chose à leur bonheur, et le déclin de leur vie fut comme la fin d'un beau jour, où le soleil en se couchant, brille des rayons les plus purs, jusqu'à ce qu'il ait entièrement disparu de dessous l'horizon."

                                          Geoge Moore     L'Abbaye de Grasville

bonheur,ann radcliffe, george moore, gothique,fantastique

"Ah ! jamais la solitude n'a plu à des êtres trop dissipés et frivoles ; elle ne convient qu'à des coeurs purs, seuls capables d'en goûter les charmes."

                                                             Charlotte Dacre        Zofloya, ou la Maure 

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore

"Ainsi, après divers incidents autant étranges que déprimants, Matilda reçut la récompense de sa persévérance, de sa force d'âme, et de sa vertueuse abnégation.  Une conscience de remplir ses nombreux devoirs assura son bonheur , aussi,  lorqu'elle écrivit la conclusion de ses aventures à sa Mère Sainte-Madeleine bien-aimée, ne dit-elle pas :  de vous, j'ai appris la résignation, et une certaine dépendance vis à vis d'un Etre qui n'abandonne jamais celui qui est vertueux.  De vous, j'ai appris à ne jamais désespérer.  De vos préceptes et de vos mises en garde, je vous suis redevable de n'avoir pris le voile, et je crois fermement que, appelée à un état supérieur, je me souviendrai toujours que les infortunés ont des suppliques à adresser aux coeurs de ceux que Dieu a bénis avec générosité, et que, grâce à vos ressources, vouées à expérimenter toutes les bénédictions de la vie, je vais ressentir comme un devoir d'étendre par des vertus vivaces, et au mieux de mes capacités, ces bénédictions à d'autres, moins chanceux que moi."

                                 Eliza Parsons          Le Château de Wolfenbach

                                                              (traduction Dominique Mertens)

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore

 ქრისტე აღსდგა მკვდრეთით,
სიკვდილითა სიკვდილისა დამთრგუნველი
და საფლავების შინათა
ცხოვრების მიმნიჭებელი !

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach

"Tu voudrais être aimée ?

Puisse donc ton cœur ne pas s’écarter

de son actuel cheminement !

Étant en tous points ce que tu es maintenant,

ne sois rien de ce que tu n’es pas.

Ainsi, pour le monde, tes nobles façons,

ta grâce, bien plus que de la beauté,

seront un thème sans fin de louange,

un simple devoir rendu à l'amour."

                                                                 Edgar Allan Poe

                                                                        poème            à  F.-S. O.

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach

John Simmons       Hermia et Lysander

(Songe d'une nuit d'été)

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach

Dominique Mertens       Adelheide, l'héroïne de mon roman

"Ils me montraient leurs arbres, et j'étais incapable de comprendre le degré d'amour avec lequel ils les regardaient : comme s'ils parlaient avec des êtres qui leur étaient semblables.  Et vous savez, je ne me tromperai pas, peut-être, si je dis qu'ils conversaient !  Oui, ils avaient trouvé leur langue, et je suis convaincu que les arbres les comprenaient.  Ainsi  regardaient-ils toute la nature  -les animaux, qui vivaient avec eux dans la concorde, ne les attaquaient pas et les aimaient, vaincus par leur amour.  Ils me montraient les étoiles et ils me parlaient d'elles à propos de quelque chose que je n'arrivais pas à comprendre, mais je suis convaincu que, d'une façon ou d'une autre, ils communiquaient avec les étoiles du ciel, et pas seulement par la pensée, non, par je ne sais quel moyen vivant.  Oh, ces gens, ils ne s'acharnaient pas à ce que je les comprenne, ils m'aimaient même sans cela, et pourtant je savais qu'eux non plus, ils ne me comprenaient jamais, et c'est pourquoi je ne leur parlais presque pas de notre terre,.  Je me contentais d'embrasser devant eux la terre sur laquelle ils vivaient et, sans paroles, je les adorais tous, et eux, ils voyaient cela et me laissaient les adorer, sans avoir honte de mon adoration, parce qu'ils étaient eux-mêmes pleins d'amour."

                        Fiodor Dostoïevski         Le Rêve d'un homme ridicule

 bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach

 John Simmons        Le Songe d'une nuit d'été

 

An die Freunde

             Ode à la Joie        

poème de Friedrich Schiller  (extrait)

 version française :

Ô amis, pas de ces accents !

Laissez-nous en entonner de plus agréables,

Et de plus joyeux !

Joie, belle étincelle divine,

Fille de l'assemblée des dieux,

Nous pénétrons, ivres de feu,

Ton sanctuaire céleste !

Tes charmes assemblent

Ce que, sévèrement, les coutumes divisent ;

Tous les humains deviennent frères,

lorsque se déploie ton aile douce.

Celui qui, d'un coup de maître,

a réussi

D'un ami d'être l'ami ;

Qui a fait sienne une femme accorte,

Qu'il mêle son allégresse à la nôtre !

Oui, et même celui qui ne peut appeler sienne

Qu'une seule âme sur la Terre !

Mais celui qui jamais ne l'a su,

Qu'en larmes il se retire, de cette union !

Tous les êtres boivent la joie

Aux seins de la nature ;

Tous les bons, tous les méchants,

Suivent sa trace parsemée de roses.

Elle nous a donné des baisers et la vigne ;

Un ami, éprouvé par la mort ;

La volupté fut donnée au vermisseau,

Et le Chérubin se tient devant Dieu.

Joyeux, comme ses soleils volant

À travers le somptueux dessein du ciel,

Hâtez-vous, frères, sur votre route,

Joyeux comme un héros vers la victoire.

Soyez enlacés, millions.

Ce baiser au monde entier !

Frères ! Au-dessus de la voûte étoilée

Doit habiter un père bien-aimé.

Vous vous effondrez, millions ?

Monde, as-tu pressenti le Créateur ?

Cherche-le par-delà le firmament !

C'est au-dessus des étoiles qu'il doit habiter.

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach

John simmons      Le Songe d'une nuit d'été

version allemande :

Freude, schöner Götterfunken

Tochter aus Elysium,

Wir betreten feuertrunken,

Himmlische, dein Heiligtum !

Deine Zauber binden wieder

Was die Mode streng geteilt ;

Alle Menschen werden Brüder

Wo dein sanfter Flügel weilt.

Wem der große Wurf gelungen,

Eines Freundes Freund zu sein ;

Wer ein holdes Weib errungen,

Mische seinen Jubel ein !

Ja, wer auch nur eine Seele

Sein nennt auf dem Erdenrund!

Und wer's nie gekonnt, der stehle

Weinend sich aus diesem Bund !

Freude trinken alle Wesen

An den Brüsten der Natur ;

Alle Guten, alle Bösen

Folgen ihrer Rosenspur.

Küsse gab sie uns und Reben,

Einen Freund, geprüft im Tod ;

Wollust ward dem Wurm gegeben,

und der Cherub steht vor Gott.

Froh, wie seine Sonnen fliegen

Durch des Himmels prächt'gen Plan,

Laufet, Brüder, eure Bahn,

Freudig, wie ein Held zum Siegen.

Seid umschlungen, Millionen !

Diesen Kuß der ganzen Welt !

Brüder, über'm Sternenzelt

Muß ein lieber Vater wohnen.

Ihr stürzt nieder, Millionen ?

Ahnest du den Schöpfer, Welt ?

Such' ihn über'm Sternenzelt !

Über Sternen muß er wohnen.

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach

John Simmons        There lies Titania

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach

John Simmons        Titania lying on a leaf

 

ADELHEIDE

(mélodie de Ludwig von Beethoven,

paroles de Friedrich Mathisson, 1795)

Ton ami erre seul dans le jardin nimbé de lumière

par le tamis tremblant de ses branches fleuries, Adelaide !

 

Dans le jet d'eau étincelant sur la neige des Alpes,

Dans les nuages d'or du crépuscule,

Dans le champ des étoiles,

Ton image brille, Adelheide !

 

Les feuilles tendres chuchotent dans la brise du soir,

Les cloches argentées du muguet sont le carillon de Mai,

Les vagues murmurent et les rossignols sifflent, Adelheide !

 

Un jour, ô merveille, sur ma tombe poussera 

Une fleur des cendres de mon coeur,

Et de chaque fleur pourpre brillera ton nom, Adelheide !

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach

John Simmons       Titania

"Il ne sut pas comment cela se passa, mais il se sentit soulevé par une force inconnue et jeté aux pieds de Sonia. Il pleurait et il étreignait ses genoux. Au premier moment, elle s’effraya terriblement et son visage devint mortellement pâle. Elle bondit et, toute tremblante, elle se mit à le regarder. Mais – 774 – immédiatement, à l’instant même, elle comprit tout. Un bonheur infini brilla dans ses yeux ; elle avait compris, elle n’avait plus de doute maintenant, il l’aimait, il l’aimait d’un amour sans limite et son heure était enfin venue… Ils voulaient parler, mais ils ne le pouvaient pas. Les larmes inondaient leurs yeux. Ils étaient hâves tous les deux ; mais ces visages maladifs et pâles s’auréolaient déjà du renouveau futur, de la résurrection totale à une vie nouvelle. L’amour les avait ressuscités ; le cœur de l’un contenait des sources intarissables de vie pour l’autre."

                                                  Fiodor Dostoïevski        Crime et châtiment

"Fiodor Dostoïevski, un talent cruel"

                                                                         Mikhailovski, critique

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques

Franck Pauwels   (connu sous le nom italianisé de Paolo Fiammingo) 

   Amori reciproco amore

"Ce que je sais, c'est que nous vivons, nous souffrons et nous mourons bêtes, sans savoir ni pourquoi ni comment.  Je sais encore que notre plus grande erreur est de trop désirer le bonheur, tandis que la vie reste indifférente à nos désirs : si nous sommes heureux, c'est par hasard ; et si nous sommes malheureux, c'est encore par hasard.  Dans cette mer pleine d'écueils qu'est la vie, notre barque est à la merci des vents, et notre adresse  ne peut éviter  que peu de choses.  Et c'est inutile d'accuser quelqu'un, ou d'accrocher son espoir à quelque chose : on est destiné au bonheur ou au malheur avant de sortir du ventre de sa mère.  Heureux est celui qui sent le moins ou qui ne sent rien, et malheureux est celui qui sent et qui veut : il n'a jamais assez."

                 Panaït Istrati       oncle Anghel - les récits d'Adrien Zograffi

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques

Franck Pauwels        Amori amore letheo

 bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques

Dominique Mertens       La source de la Vie (encre) 

 

Hymne à la Vie

un poème de Mère Térésa

 La vie est beauté, admire-la.

La vie est félicité, profites-en.

La vie est un rêve, réalise-le.

La vie est un défi, relève-le.

La vie est un devoir, fais-le.

La vie est un jeu, joue-le.

La vie est précieuse, soigne-la bien.

La vie est richesse, conserve-la.

La vie est amour, jouis-en.

La vie est un mystère, pénètre-le.

La vie est une promesse, tiens-la.

La vie est tristesse, dépasse-la.

La vie est un hymne, chante-le.

La vie est un combat, accepte-le.

La vie est une tragédie, lutte avec elle.

La vie est une aventure, ose-la

La vie est bonheur, mérite-le.

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques

Mère Térésa 

 "Premier jour dans la forêt. J’étais joyeux et las, toutes les bêtes s’approchaient de moi et me considéraient, sur les arbres à feuilles étaient posés des coléoptères et des « scarabées onctueux » se traînaient sur le chemin. Soyez les bienvenus, pensais-je. L’atmosphère de la forêt allait et venait à travers mes sens, je pleurais de tendresse et j’en étais absolument joyeux, j’étais éperdu d’actions de grâce. Toi, bonne forêt, mon foyer, paix de Dieu, je dois te dire du fond de mon cœur... Je m’arrête, me tourne dans toutes les directions et nomme en pleurant les oiseaux, les arbres, les pierres, l’herbe et les marais par leur nom, je regarde autour de moi et je les nomme en litanies. Je lève les yeux vers les montagnes et pense : Oui, me voilà ! comme si je répondais à un appel."

                                                           Knut Hamsun        Pan 

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques

John Simmons       Titania se reposant

"Ne t'estimes heureux que le jour

où toutes tes joies naîtront de toi-même."

                                                                                                               Sénèque       Lettres à Lucillius 

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

"Tiens, on dirait que le ciel s'assombrit !"

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons

Angellore        Errances pochette cd

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons

Ivan Aivazovsky        Jésus marchant sur l'eau

"Il y a mille ans, un moine, vêtu de noir, cheminait dans le désert, en Syrie ou en Arabie. 20 À quelques mètres de l’endroit où il passait, des pêcheurs virent un autre moine qui marchait lentement sur l’eau d’un lac. Le second moine était un mirage. Perdez de vue maintenant toutes les lois de l’optique que la légende, semble-t-il, ignore, et écoutez ce qui suit. De ce mirage en naquit un second, du second un troisième, en sorte que l’image du moine noir se transmit à l’infini d’une couche de l’atmosphère dans l’autre. On la voyait tantôt en Afrique, tantôt en Espagne, tantôt aux Indes, tantôt dans l’extrême Nord... Elle sortit enfin des limites de l’atmosphère terrestre, et, maintenant elle erre dans l’univers entier, sans pouvoir se trouver jamais dans des conditions où elle pourrait disparaître."

                                                          Anton Tchékhov      Le Moine noir

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons

"Une jeune fille à l'imagination malade entendit une nuit, dans un jardin, des sons mystérieux, si beaux et si étranges, qu'elle dut les regarder comme une harmonie sacrée, incompréhensible pour nous, mortels, et qui, pour cette raison, s'en retourne aux cieux."

                                                                                  Anton Tchékhov        Le Moine noir

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons

aimer  la  vie,  c'est  …

 aimer  la MUSIQUE  AFRICAINE,

pure source de bonheur

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons

Rokia Traoré

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons

Sona Jobarteh

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons

Toumani Sibiti Diabaté

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons

Habib Koité

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

la case aux fétiches

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

Solo et Indré, une magnifique fusion de deux cultures 

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

Dominique Mertens        Fétiche (encre, crayon)

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

"Ils songent, tête basse… Dans la paix automnale, lorsqu’un froid et morne brouillard s’élève de terre, et se glisse dans l’âme, lorsqu’il reste planté devant les yeux comme un mur de prison et atteste à l’homme la limite de sa volonté, il est doux de penser aux larges fleuves rapides, aux rives plantureuses et abruptes, aux forêts infranchissables, aux steppes illimitées. Lentement, paisiblement, l’imagination vous retrace comment, le matin, à l’aube, alors que le carmin de l’aurore n’a pas encore quitté le ciel, un homme, pareil à une petite tache, avance sur la rive escarpée et déserte. Les sapins séculaires qui étagent leurs masses sur les deux côtés du torrent, regardent maussadement cet homme libre, et grondent sévèrement. Des racines, d’énormes pierres, des fourrés épineux lui barrent le chemin ; mais, robuste de corps, l’esprit alerte, il ne s’effraie ni des sapins, ni des pierres, ni de sa solitude, ni de l’écho bruyant qui répercute chacun de ses pas. Les centeniers se dessinent les tableaux d’une vie libre qu’ils n’ont jamais vécue. Ils se remémorent confusément les images de ce qui leur a été raconté il y a longtemps, ou, peut- être, Dieu le sait, cette représentation d’une vie libre leur est-elle venue avec la chair et le sang de leurs libres aïeux !"  

                                       Anton Tchékov       Rêves (extrait)

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

            bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

aimer  la  vie,  c'est  …

aimer la musique traditionnelle Géorgienne, (ex URSS)

  source vive de bonheur

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

 bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

la musique polyphonique Géorgienne (ex URSS) tout un monde fascinant à découvrir sur You Tube

https://youtu.be/yYF_MHTfMeo

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

Envie de découvrir mon roman  ?

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

le tome 1 de mon roman est disponible aux Editions des Tourments

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

le tome 2 de mon roman est disponible aux Editions des Tourments

 editionsdestourments.fr

 

 aimer  la  vie,  c'est…  

aimer DASHIELL  HEDAYAT, 

figure emblématique des années '70/'80

et de la révolution sexuelle

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

Daniel Théron, plus connu sous les pseudonymes de Dashiell Hedayat et de Jack-Alain Léger, est un chanteur et romancier  français, né à Toulon le 05 juin 1947 et mort à Paris le 17 juillet 2013.

À la fin des années 1960, il enregistre deux albums, dont le premier, "Obsolète", qui contient la fameuse chanson  "Chrysler rose", album qui lui valu le grand prix de l'Académie Charles-Cros.  Il se consacra ensuite à l'écriture.

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

un album incontournable à découvrir sur You Tube

https://youtu.be/JDimqdooGXE

Chrysler ! Chrysler rose
Elle repose sur ses jantes, abandonnée
Deux roues sont voilées
Et sa capote est déchirée
On voit le ciel à travers
Tant elle est usée
Une Chrysler, une Chrysler rose
Une Chrysler que j’ai au fond de la cour
Une Chrysler rouillée

J’ai une Chrysler tout au fond de la cour
Elle ne peut plus rouler mais c’est là
Que je fais l’amour

Il y pousse de la mousse
Des glycines mauves sur le volant
D’un doigt malhabile dans la poussière
Sur la portière
Les enfants ont écrit que Dashiell est un con…
Oui, Chrysler!
Chrysler rose, elle ne peut plus rouler
Mais quand les ressorts grincent
Quand les ressorts grincent
Les enfants de l’immeuble
Aussitôt cessent de jouer
Pour venir regarder…

 bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

aimer  la  vie,c'est  …

aimer ce qui nous dépasse,

et accepter ce qui doit arriver.

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

Henry Ossawa Tanner        L'Annonciation

"Ce fut un moment grand et bien faisant.  L'amour versa au coeur du mari sa joie et son courage.  Il voyait un avenir où sa femme et lui, toujours unis dans la tendresse, feraient de leur humble foyer un paradis qui pourrait servir d'exemple à toute la paroisse."

Selma Lagerlöf       Anna Svärd

 bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie

 Antonello da Messina       L'Annonciation

"Non, vivre très modestement, libéré d'une foule de besoins, élevé au-dessus du vain et mesquin désir d'éclabousser ses semblables, voilà le chemin du bonheur dans ce monde et de la béatitude dans l'autre."

Selma Lagerlöf       Anna Svärd

 bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli

 Sandro Botticelli       la madone du magnificat

"Partout la méditation et l'étude sont nécessaires au bonheur ; à la campagne, elles préviennent les langueurs d'une existence apathique et enseignent à comprendre le grand spectacle de la nature ; à la ville, elles dispensent de ces vaines distractions qui ouvrent la porte à tant de dangers."

Ann Radcliffe       Les mystères d'Udolphe

 bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli

 aimer  la  vie,  c'est  …

aimer les hommes et les femmes 

tels qu'ils sont, tant pour leurs qualités,

que pour leurs défauts. 

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli

Andrea Mantegna       Etude de Christ

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli

 Sandro Botticelli       Portrait de femme

aimer  la  vie,  c'est  …

garder l'espoir

quelles que soient les circonstances

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli

" Magnificat anima mea Dominum, et exsultavit spiritus meus in Deo salutari meo"

« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

 Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

 Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

 Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères,

en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais .

Magnificat       Cantique de la Vierge Marie

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli

Le Caravage       L'Annonciation

 bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli

 la violoniste    (auteur présumé : blackrosedu59 )

"Quelle joie doit éprouver un mari en introduisant sa jeune femme dans une maison confortable et riche. Passer de pièce en pièce et entendre ses exclamations admiratives, la précéder de quelques pas pour ouvrir les portes de la pièce suivante et dire : « Voici qui n’est pas trop mal, je crois. » La voir voltiger comme un papillon, jouer quelques mesures au piano, courir vers un tableau, jeter ensuite un coup d’œil dans un miroir, afin de savoir s’il reflétait d’elle une image favorable, ou se précipiter à une fenêtre pour admirer l’admirable paysage. "

Selma Lagerlöf        Charlotte Löwensköld

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli,edmund blair leighton

"'Qui redoute ou qui évite l'amour, n'est pas libre."

Anton Tchékov       Ma vie

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli,edmund blair leighton

Léon Bonnat       Idylle

"Je m'habillai et passai dans mon atelier.  Tessie était là, assise près de la fenêtre, mais en me voyant arriver elle se leva et passa ses bras autour de mon cou pour un innocent baiser.  Elle était si fraîche et charmante que je l'embrassai à nouveau avant d'aller m'asseoir à mon chevalet.

"Hé ! Où est passée cette étude que j'avais commencée hier ?" demandai-je.

 Tessie me regarda sans rien répndre.  Je commençai à fouiller parmi mes toiles et lui dis :

"Dépêche-toi de te préparer, Tessie, il faut profiter de la lumière matinale."

Quand enfin j'abandonnai mes recherches parmi les autres toiles et décidai de regarder le reste de la pièce, je vis que Tessie était debout près du paravent, toujours habillée.

"Que se passe-'t-il , lui demandai-je.Tu ne te sens pas bien ?

- Si.

- Alors dépêche-toi.

- Vous voulez que je pose comme... comme je le faisais habituellement ?"

Alors je compris.  C'était encore une complication.  J'avais bien sûr  perdu le meilleur modèle nu que j'aie jamais vue.  Je regardai Tessie.  Son visage était écarlate.  Hélas ! Hélas ! Nous avions mangé le fruit de l'arbre de la connaissance et l'Eden et l'innocence originelle étaient perdus pour nous - je veux dire pour elle.

Robert W. Chambers        Le Signe jaune

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli,edmund blair leighton

Dominique Mertens       L'Artiste et son modèle (encre et crayon)

"Le spectre du Passé n'irait pas plus loin.

"S'il est vrai, soupirait-elle, que tu vois en moi une amie, alors revenons en arrière ensemble.  Tu oublieras, ici, sous le soleil de l'été."

Je la pris dans mes bras, suppliant, caressant ; je la saisis, pâle de colère, mais elle résistait toujours.

"S'il est vrai, soupirait-elle, que tu vois en moi une amie, alors revenons en arrière ensemble." 

Le Spectre du Passé n'irait pas plus loin."

Robert W. Chambers       Le Roi en jaune

 bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli,edmund blair leighton

Karoly Ferenczy       Le Peintre et son modèle

"_ Ainsi, dit-elle, vous êtes marié ?  Mais ne vous inquiétez pas, je n'en ferai pas  une maladie et je saurai vous arracher de mon coeur.  Il est triste seulement et amer que vous soyez  le même rien qui vaille que tous les autres hommes, que vous n'ayez besoin chez la femme ni d'esprit, ni d'intelligence et seulement d'un corps, et de beauté et de jeunesse ! ... Vous avez besoin de pureté : Reinheit ! Reinheit ! ... Elle se renversa sur le dossier du fauteuil en riant : Reinheit !

Quand elle eut fini de rire, ses yeux étaient humides de larmes."

Anton Tchékov         Trois ans

 bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli,edmund blair leighton

Jules Joseph Lefèbvre       La Vérité

  bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli,edmund blair leighton

Jean Hélion       Le Peintre piétiné par son modèle

    bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli,edmund blair leighton,réseaux sociaux

René Magritte       Les Amants

"Mais mon compagnon m’avait déjà laissé seul et, tout à coup, ― sans savoir comment, je me trouvai sur cette nouvelle terre, baigné de la lumière d’une journée paradisiaque. J’avais pris pied, me semble-t-il bien, sur l’une des îles de l’archipel grec ou sur une côte voisine. Oh ! que tout était bien terrestre, mais comme tout brillait d’une lumière de fête ! Une mer caressante, d’une couleur smaragdine, frôlait la plage, qu’elle semblait baiser avec un amour presque conscient. De grands arbres innombrables, fleuris et parés de belles feuilles brillantes, me félicitaient, j’en suis sûr, de mon arrivée, tant leur frisselis faisait une tendre musique. L’herbe était diaprée de fleurs embaumées. Dans l’air, des oiseaux volaient par troupes, et beaucoup d’entre eux, sans montrer la moindre frayeur, venaient se poser sur mes mains, sur mes épaules en battant gentiment des ailes. Bientôt les hommes de cette terre heureuse vinrent à moi, ils m’entourèrent joyeusement et m’embrassèrent. Comme ces enfants d’un autre soleil étaient beaux ! Sur mon ancienne terre, pareille beauté était introuvable. C’est à peine si chez nos plus petits enfants on pourrait découvrir un faible reflet de cette beauté. Les yeux de ces êtres heureux brillaient d’un doux éclat. Leurs visages exprimaient la sagesse et une conscience sereine, une gaîté charmante. Leurs voix étaient pures et joyeuses comme des voix d’enfants. Dès le premier regard, je compris tout. J’étais sur une terre qui n’avait pas encore été profanée par le péché. L’humanité vivait comme la légende veut qu’aient vécu nos premiers ancêtres, dans un paradis terrestre. Et ces hommes étaient si bons que, lorsqu’ils m’emmenèrent vers leurs demeures, ils s’efforçaient, par tous les moyens, de chasser de mon être le plus léger soupçon de tristesse. Ils ne m’interrogeaient pas, mais ils semblaient savoir tout ce qui me concernait, et leur plus grand souci était de me voir redevenir vraiment heureux."

Fiodor Dostoïevski       Journal d'un écrivain

Le Rêve d'un drôle d'homme (récit fantastique)

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli,edmund blair leighton,réseaux sociaux

Dominique Mertens       Peintre et modèle (encre et crayon)

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli,edmund blair leighton,réseaux sociaux

"Ging heut' morgen über's Feld"

Ce matin, j'ai marché à travers les champs

 "Ce matin, j'ai marché à travers les champs,
La rosée était encore accrochée à l'herbe ;
Le joyeux pinson me parlait :
"Eh, toi ! N'est-ce pas ? Quel beau matin ! N'est-ce pas ?
Toi ! Le monde ne sera-t-il pas beau ?
Cui-cui ! Beau et vif !
Comme le monde me plaît !"

Et dans le champ les campanules
gaiement, ding-ding,
m'ont carillonné avec leurs clochettes
leur bonjour :
"Le monde ne sera-t-il pas beau ?
Ding-ding ! Il sera beau !
Comme le monde me plaît ! Holà !"

Et alors, dans l'éclat du soleil,
le monde commença soudain à briller ;
tout a gagné son et couleur
dans l'éclat du soleil !
Fleur et oiseau, petit et grand !
"Bonjour, le monde n'est-il pas beau ?
Eh, toi! N'est-ce pas ? Un beau monde !"

Mon bonheur commencera-t-il maintenant aussi ?
Non, non, ce à quoi je pense
Ne fleurira jamais !"

 extrait de

Lieder eines fahrenden Gesellen

(Chants d'un compagnon errant)

de Gustav Mahler (et repris dans sa Symphonie n°1)

gros_bec.jpg

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli,edmund blair leighton,réseaux sociaux,dostoïevski

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli,edmund blair leighton,réseaux sociaux,dostoïevski

"Wenn mein Schatz Hochzeit macht"

 Quand ma bien-aimée aura ses noces

 "Quand ma bien-aimée aura ses noces,
Ses noces joyeuses,
J'aurai mon jour de chagrin !
J'irai dans ma petite chambre,
Ma petite chambre sombre !
Je pleurerai sur ma bien-aimée,
Sur ma chère bien-aimée !

Petite fleur bleue ! Ne te dessèche pas !
Gentil petit oiseau !
Tu chantes au-dessus du pré vert.
Ah, que le monde est beau !
cui-cui ! cui-cui !

Ne chantez pas ! Ne fleurissez pas !
Le printemps est fini !
Tous les chants sont terminés maintenant !
La nuit quand je vais dormir,
Je pense à mon chagrin,
À mon chagrin."

extrait de

Lieder eines fahrenden Gesellen

(Chants d'un compagnon errant)

de Gustav Mahler (et repris dans sa Symphonie n°1)

bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli,edmund blair leighton,réseaux sociaux,dostoïevski

 bonheur,ann radcliffe,gothique,fantastique,charlotte dacre,l'abbaye de grasville,zofloya ou le maure,george moore,eliza parsons,le château de wolfenbach,blogs gothiques,john simmons,dans ses yeux je voyais ma vie,sandro botticelli,edmund blair leighton,réseaux sociaux,dostoïevski

 

 

 

 ..à suivre .....

 

13/04/2018

COMMUNIQUER AVEC LES MORTS

La Mort,

thème majeur du gothique

img916.jpg

désespoir        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

...

 

Catherine RIBEIRO

...

"Un jour... la Mort"

extrait d'une chanson essentielle 

(paroles et musique de Catherine Ribeiro+Alpes)

 Z.gif

 Un jour, la Mort,

Cette grande femme démoniaque,

M'invita dans sa fantastique demeure.

Depuis longtemps elle me guettait, m'épiait,

Usant de ses dons,

De ses charmes magiques,

Elle cambrait sa croupe féline,

Fermait à demi ses paupières lourdes de sommeil,

Au-delà desquelles brillaient deux yeux de guet-apens.

Le souffle court, les lèvres entrouvertes,

Elle murmurait :

"Viens chez moi, viens, viens encore !

Viens t'enrouler dans mon repos, repos, repos,

L'éternel repos..." 

Z.gif

 

"Aimer la Vie autant que je l'ai haïe..."

Z.gif

succubes.jpg

éros-et-thanatos        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

         Michael_Maier_Atalanta_Fugiens_Embleme_1.jpg

michael-maier        atalanta-fugiens

Le Feu, symbole de la Vie, symbole de l'énergie sexuelle... 

 altdorfer le sommeil.jpg

albrecht-altdorfer        pyramus-mort

 damnatio et condamnatio.jpg

damnatio-et-condamnatio        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

  le chant.jpg

Arabella chantant une complainte du Klagebüchlein de Hartmann von Aue

       encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

Hartmann- von Aue   weingartner.jpg

Hartmann von Aue

 427px-Iwein_de Hartman von Auecpg397_78r_ret.jpg

Ywein      complainte de Hartmann von Aue

 img917.jpg

Arabella  r.i.p.        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

 Altdorfer le sacrifice d'abraham.jpg

albrecht-altdorfer        le-sSacrifice-d-abraham

 Thorhild sur son tombeau.jpg

Torhild gisant sur son tombeau        encre de Chine de l'auteur, 

Dominique Mertens

...

"E s p r i t,  e s - t u   l à  ???"

C O M M U N I Q U E R     A V E C     L E S     M O R T S   ?

 poste à cadrans 1.jpg

RECEVOIR DES MESSAGES DE  L'AU-DELA ?

... --- ...

 poste à cadrans 2.jpg

... --- ...

C'est d'abord notre respect

qu'implorent de nous les morts...

le sacrilège.jpg

Le Sacrilège        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

 crypte2.jpg

"Il tenait toujours ma main ; je l'entraînai, en courant à travers les herbes et les pierres, jusqu'au pied du tombeau.  Mais l'étonnement dont nous avions été saisies en l'apercevant, ne fut pas comparable au sien, lorsqu'il vit quelle était l'entrée de notre demeure.  le temps ne nous permettait pas d'explications ; il nous aida à entrer, et nous suivit ; après avoir remis la barre, nous laissâmes ma soeur, pour observer, au travers de la porte, l'approche de ceux que nous avions entendus, et je conduisis notre hôte dans la grande salle du Souterrain.  

sophia-lee        le-souterrain

 De profundis.jpg

De Profundis        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

"La mort est un dialogue entre 

L'esprit et la cendre.

"Dissous-toi ", dit la mort.

L'esprit : "Madame,

j'ai une autre espérance "

La mort hésite, reprend sa plaidoirie.

L'esprit lui tourne le dos,

Ne laissant pour témoin

Qu'un manteau d'argile."

emily-dickinson

 2012-08-12 11-37-20_0369.jpg

 "A cette  même heure, heure de minuit, était réunie en quelque antre souterrain une assemblée d'êtres dont l'aspect était en parfaite et monstrueuse harmonie avec le lieu.  D'ù venaient-ils 8  à quel mystérieux appel avaient-ils répondu ?  rien ne le laissait entrevoir.  Beaucoup arboraient ces protubérances, gibbosités, difformités, dont les cauchemars et les terreurs nocturnes sont prodigues.  D'autres, non moins nombreux, étaient drapés dans une sorte de brume qui dissimulait à demi ces figures hideuses que seules les ténèbres peuvent engendrer. Tous étaient silencieux et affairés, mais à quoi s'occupaient-ils ?"

Charles-robert Maturin      Fatale vengeance

 

"Il voyait le château plein de fantômes et de revenants.  S'ils en rencontraient un seulement, le moindre risque qu'ils couraient tous deux, était d'en être étranglés.  Il était inutile de vouloir communiquer avec les gens de l'autre monde et il n'y avait que des coups à y gagner."

anne-radcliffe       julia,- ou_les_souterrains_du_château_de-mazzini 

(a_sicilian_romance)

 

 mine2.jpg

 le_spectreCOl.jpg

"Man soll die Toten ruhen lassen...

... Man soll Sie aber auch nicht vergessen !" 

 ("On doit laisser les morts en paix...

... Mais on doit cependant aussi ne pas les oublier !")

(extrait du film  muet "der Turm des Schweigens",  "La Tour du silence", de Johannes Guter, 1925)

 machine_à_évoquer_les_esprits.jpg

 

 la_pythie_rec.jpg

 

AUX SOURCES DU GOTHIQUE

Ann RADCLIFFE

aux sources du gothique

Ann WARD naquit à londres en 1764 dans une famille de commerçants estimés.  Elle y reçut une éducation anglicane stricte.  Toute jeune encore, elle aurait connu l'écrivaine Sophia Lee, auteure du roman pré-gothique "Le Souterrain, ou Mathilde", (1785) laquelle dirigeait une école pour jeunes filles de bonnes familles, et sa soeur, Harriet Lee, elle aussi écrivaine.  Ce serait ce roman dont tout le monde parlait alors, qui l'aurait influencée dans l'écriture de ses trois principaux romans que sont La Romance de la forêt, (1791) Les Mystères d'Udolphe, (1794) et L'Italien, ou le Confessionnal des Pénitents Noirs. 1797)

C'est dans le respect de la tradition bourgeoise et conservatrice que grandit Ann.  A l'âge de 23 ans, elle épousa William Radcliffe, un juriste propriétaire de la gazette The English Chronicle.  Ensemble, ils voyagèrent en Allemagne où ils sillonnèrent la vallée du Rhin, admirant au passage les anciennes forteresses qui émaillent son cours.

Restée sans enfants, Ann consacra son temps libre à l'écriture de ses cinq romans, de 1789 à 1797, après quoi elle mit un terme définitif à sa carrière littéraire.  A l'époque où elle les écrivit, Horace Walpole connaissait la célébrité pour son roman Le Château d'Otrante, (1764) et la vogue du gothique était en plein essor. Hélas, d'insistantes rumeurs ne tardèrent pas à circuler au sujet de l'état mental de la romancière, rumeurs qui finirent par provoquer l'exaspération de son mari au point pour celui-ci de se voir dans l'obligation d'exhiber un certificat médical attestant du parfait équilibre mental de son épouse.  

Ann Radcliffe décédera en 1823 à l'âge de 59 ans.  Son succès littéraire fut tel qu'il suscita un engouement sans précédent, engouement qui se traduisit par un florilège d'imitations souvent plus insignifiantes les unes que les autres.  

...

Reportons-nous à présent à l'érudite approche du roman Les Mystères d'Udolphe, telle que nous la livre Maurice Lévy dans sa préface du dit roman, non sans rappeler au préalable que ce dernier en a revu et corrigé la traduction originellement établie par la comtesse Louise Marie Victorine de Chastenay de Lanty en 1797.

hans burgmair  amants surpris par la mort NB.jpg

Hans Burgmaier        Amants surpris par la mort

"Il faut retenir de ces premiers romans l'essentiel de ce qu'ils ont en commun : une intrigue plus complexe à mesure que l'art de la romancière se confirme, mais toujours centrée sur des aventures qui ne font sens que lorsqu'elles sont vécues dans le cadre d'architectures médiévales : des châteaux ou des abbayes sui, en Ecosse, en Sicile ou en France sont un même décor et illustrent un symptomatique rêve labyrinthique.  Poursuites effénées, rencontres terrifiantes, découvertes macabres et autres aventures au sens propre déroutantes disent la perte d'une difficile orientation dans des sites nocturnes, toujours tragiquement traversés."

...

"L'espace narratif a toujours des murailles pour limites, comme pour enfermer ensemble héroïne et lecteur dans un univers où n'ont plus cours les codes de la vie ordinaire."

...

"Toutes les héroïnes d'ann Radcliffe font à un moment ou un autre l'expérience de l'angoisse du seuil : Emilie n'échappe pas à la règle.  Quand elle franchit le portail de la forteresse, son coeur se serre et lui viennent à l'esprit des pensées de longues souffrances et de meurtres.  Pressentiment qui se vérifie sans tarder : il y a dans une salle d'Udolphe un fauteuil de fer fixé au sol, dont les pieds et les bras sont garnis de barres et de chaînes, et au-dessus duquel pend un effrayant collier d'acier.  A toutes fins utiles et pour qu'on ne croie pas que ces instruments sont purement décoratifs, un corps ensanglanté gît dans un recoin de la pièce.  Les souffrances infligées par Montoni à sa femme, sa séquestration dans une tour du château et sa mort sont une autre preuve, s'il en était besoin, des tourments associés à l'image du château.  tout se passe comme si l'effrayante demeure était la matérialisation dans l'espace de la volonté de puissance de son infâme propriétaire... et bien sûr pèse sur des centaines de pages l'horreur incertaine de la scène initiale (ou faut-il dire primitive ?) tue par la romancière, orientant l'imaginaire vers d'innombrables supplices : qu'a bien pu voir Emilie derrière le sinistre voile noir ?  Udolphe, aperçu de l'extérieur, paraît suspendu entre deux abîmes : ses remparts prolongent la paroi abrupte du roc et ses tours donnent sur le vide qui s'ouvre à son pied. La verticalité du château continue celle de la montagne.  Des dangers analogues y guettent l'explorateur, liés à la nature du site : danger du vertige, crainte de la chute.  Chute physique et déchéance morale : l'une est souvent dans l'écriture gothique une représentation figurée de l'autre."

...

"Lourde d'un sens pudiquement tu est cette porte sans verrou intérieur qui donne sur les noirs abysses du château, sur l'en dessous des choses, du monde et de la ceinture.  Lieu de tous les dangers, c'est une chambre à coucher, où l'intimité risque à chaque instant l'outrage."

 charles-marie bouton  moine en prières dans une église gothique en ruines.jpg

Charles-marie Bouton        Moine en prières dans une église gothique en ruines

"Il y a beaucoup de non-dit dans le discours d'Ann radcliffe, des opacités, une violence le plus souvent contenue mais qui parfois éclate en descriptions sanglantes, en corps mutilés, en duels meurtriers, en séquestrations et tortures.  Troubles, textuellement parlant, sont les imaginations d'une romancière réputée pour sa pudibonderie : le texte est plein d'appétits inassouvis.  Il s'écrit simultanément sur deux faces : à l'endroit, il y a beaucoup de dignité, de decorum, de décence et d'honnêtes sentiments : rien que de très avouable.  Un côté vertu, dont on pourrait même dire que la romancière l'exhibe avec quelque ostentation.  A l'envers, il y a du désir.  Il y aurait certes quelque ridicule à faire d'Ann Radcliffe une émule ou une rivale du marquis embastillé  -elle qui, lorsqu'elle prévoit une intrusion masculine dans la chambre de son héroïne, la fait providentiellement aller au lit toute habillée... Mais il y a aussi en elle des zones d'ombre, du ténébreux, des choses tues ou qu'il faut lire entre les lignes : de l'inter-dit.  Le XVIIIè siècle voulait que le gothique empruntât à la forêt sa pénombre, en même temps que l'ogive de ses voûtes naturelles et la verticalité de ses troncs."

...

"Métaphorique obscurité : le château cache aussi bien les desseins du maître des lieux.  On ne sait jamais très exactement ce qui se passe à Udolphe : décisions floues et contradictoires concernant Emilie, allées et venues de soldats à figure patibulaire, arrivée de femmes dont le comportement dit avec une tacite véhémence la profession.  Mais que veut donc Montoni ?  Qu'attend-il exactement de celle qui est, depuis qu'il a épousé sa tante, sous sa tutelle légale ?"

...

"En fait, le seigneur d'Udolphe se comporte plus en geôlier jaloux qu'en tuteur légal.  Ou plus exactement, il se dresse, au seuil de son redoutable repaire, tel l'un de ces pères des origines écartant, l'arme à la main, la horde primitive des fils conquérants."

...

"On a souvent désigné le mystère de la chambre close imaginé par Ann Radcliffe comme étant à l'origine de maintes situations analogues du roman policier contemporain : mais a-t-on suffisamment fait remarquer que ces lieux clos sont surtout des appartements interdits ?  Mieux : des chambres à coucher qui ont un passé et une histoire, avec un lit pour principal mobilier ?"

...

"Les déambulations nocturnes de la jeune fille à la recherche de sa tante (image d'une mère de substitution, si peu digne que Mme Montoni soit de l'être) dans les entrailles d'Udolphe peuvent s'interpréter classiquement comme l'exploration du corps maternel, en quête d'une problématique origine.  N'est-il pas significatif que les demeures dont Emilie ne se lasse pas de parcourir nuitamment les couloirs et les appartements, soient toutes deux encore très fortement habitées, hantées par le souvenir des femmes à qui elles ont jadis appartenu ?"

...

"Le message est clair : toute tentative d'affranchissement ou d'émancipation conduit au crime, à la folie et au désespoir."

...

"Mais la romancière ne se contente pas de donner de ses toiles favorites des reproductions sans relief ou des chromos de mauvais goût : son art se situe bien plus haut.  Tout se passe comme si les scènes qu'elle transpose, loin d'être passivement incorporées à l'intrigue, agissaient sur le discours narratif, l'activaient, et d'une certaine manière, l'orientaient.  Les images, devenues texte, colorent et contrôlent l'écriture.  Chaque nouvelle vignette crée l'événement, impose au récit un nouveau régime.  A mesure que l'intrigue se noue et se développe, le texte se plie aux exigences de nouvelles images qui se pressent, s'enchaînent ou se superposent."

...

"Le gothique, de par sa nature, exclut la lumière."

...

"Tout l'art d'Ann Radcliffe tient dans cette écriture nocturne et dissimulatrice, qu'éclairent seules de l'intérieur, des compositions picturales qui sont des pauses, des intervalles, de brefs instants de répit."

Maurice Lévy

(extraits de la préface des Mystères d'Udolphe, éditions Gallimard)

sombre crypte gothique.jpg

 Les Mystères d'Udolphe

roman gothique de Ann Radcliffe

 

Quelle oeuvre colossale !  Pensez donc : en édition de poche, (Gallimard, collection Folio classique) ce roman ne totalise pas moins de 800 pages d'une rare densité !  Pour une oeuvre qui fut écrite en 1794, cela représente quand même un certain exploit compte tenu de l'indéniable qualité littéraire de celle-ci.  Ann Radcliffe s'y montre sous le jour d'une écrivaine scrupuleuse, soucieuse de vraisemblance, minutieuse dans ses descriptions, fidèle dans l'étude psychologique de ses personnages, sensible, novatrice et, ce qui ne gâte rien, passionnante à lire, même si son écriture élégante date évidemment d'un autre âge et peut donc nous  sembler parfois quelque peu désuète.

Féréol de bonnemaison  Jeune femme surprise par un orage (détail)  couverture de l'édition Gallimard des Mystères d'Udolphe.jpg

Féréol de Bonnemaison     jeune femme surprise par un orage

En guiser d'introduction à ce grand roman gothique, voici un échantillon typique du style de son auteur. Vous remarquerez au passage l'usage particulier qu'elle fait de la ponctuation...

"Sa femme était retirée dans son appartement ; la langueur et l'abattement qui l'avaient accablée, et que l'arrivée des étrangers avait comme suspendue, la saisirent de nouveau, mais avec des symptômes plus fâcheux.  Le lendemain, la fièvre se déclara ; le médecin y reconnut les mêmes caractères qu'à celle dont Saint-Aubert venait d'échapper ; elle en avait reçu le poison en soignant son époux ; sa complexion trop faible n'avait pu y résister ; le mal s'était répandu dans ses veines, et l'avait jetée dans la langueur."

...

 

Dès le début du roman  -dont le déroulement s'avère extrêmement lent- nos esprits cartésiens sont quelque peu étonnés par la caractérisation souvent fantaisiste des paysages que traversent les héros : la Garonne y sert de liaison expresse entre la Guyenne et le Languedoc-Roussillon, la notion des distances semblant réduite à son minimum pour les besoins de l'action.  Qu'il suffise de se reporter à la description du Voyage en Espagne de Théophile Gautier pour se représenter les incroyables difficultés que comportait ce genre d'entreprise...

Mais poursuivons nos observations au fil du récit qui s'ouvre sous nos yeux : Ann Radcliffe ne craint pas de s'engager au devant de sa propre part de ténèbres, fascinée qu'elle est sans doute par l'insondable mystère du masochisme féminin.  Dans sa quête, elle apportera sa sensibilité et ses hautes exigences morales, qualités qu'elle ne manquera pas de répandre dans toute son oeuvre comme un parfum quelque peu entêtant. En voici un témoignage tout à fait exemplaire :

"Le monde, disait-il en suivant sa pensée, le monde ridiculise une passion qu'il connaît à peine ; ses mouvements, ses intérêts distraient l'esprit, dépravent les goûts, corrompent le coeur ; et l'amour ne peut exister dans un coeur quand il n'a plus la douce dignité de l'innocence.  La vertu et le goût sont presque la même chose ; la vertu, c'est le goût mis en action, et les plus délicates affections de deux coeurs forment ensemble le véritable amour.  Comment pourrait-on chercher l'amour au sein des grandes villes ?  La frivolité, l'intérêt, la dissipation, la fausseté y remplacent continuellement la simplicité, la tendresse et la franchise."

...

"Ma soeur, ajouta-t-elle gravement ; et prenant de sa main froide et humide une des mains d'Emilie, que cet attouchement fit frémir : ma soeur, prenez bien garde au premier mouvement des passions !  prenez garde au premier !  si l'on n'arrête leur course, elle est rapide ; leur force ne connaît aucun frein ; elles nous entraînent aveuglément ; elles nous mènent à des crimes que des années de prières et de pénitence n'effacent pas.  Tel est l'empire d'une passion !  Elle domine toutes les autres, elle s'empare de tous les chemins du coeur ; c'est une furie qui nous possède, et qui nous fait agir en furie, qui nous rend insensible à la pitié, à la conscience ; et quand son but est rempli, furie toujours plus impitoyable, elle nous livre, pour notre tourment, à tous ces sentiments qu'elle avait suspendus, qu'elle n'avait point étouffés, aux supplices de la compassion, du remords, du désespoir.  Nous nous éveillons comme dans un songe : un nouveau monde nous entoure, nous sommes étonnés, épouvantés, mais le forfait est commis.  les pouvoirs réunis du ciel et de la terre ne sauraient plus l'anéantir, les fantômes nous poursuivent.  Que sont les richesses, la grandeur, la santé même, auprès de l'inestimable avantage d'une conscience pure, auprès de la santé de l'âme ?  Que sont les chagrins de la pauvreté, du mépris, de la misère, près des angoisses d'une conscience affligée ?  Oh ! quel temps s'est écoulé depuis que j'ai perdu cette richesse de l'innocence !  je croyais avoir épuisé l'excès des maux, l'amour, la jalousie, le désespoir : ces peines étaient des jouissances, auprès des tourments de ma conscience.  J'ai goûté ce qu'on appelait les douceurs de la vengeance : mais qu'elles sont passagères !  Elles expirent avec leur objet.  Souvenez-vous-en, ma soeur : les passions sont le germe du vice aussi bien que de la vertu !  Tous deux en peuvent sortir, selon qu'on les gouverne.  Malheur à ceux qui n'ont jamais appris l'art si nécessaire de les régler."

catacombes ténébreuses.jpg

 

Singulier roman que celui-là, disséminant au fil des pages des principes moraux bien arrêtés, et considérant par ailleurs d'un oeil critique les choses de la religion :

"Qui donc a pu inventer les couvents ? se disait-elle.  Qui donc a pu le premier persuader à des humains de s'y rendre, et, prenant la religion pour prétexte, les éloigner de tous les objets qui l'inspirent ?  L'hommage d'un coeur reconnaissant est celui que Dieu nous demande ; et quand on voit sa gloire, n'est-on pas bien reconnaissant ?  je n'ai jamais senti tant de dévotion pendant les heures d'ennui que j'ai passées au couvent, que pendant le peu de minutes que j'ai passées ici : je regarde autour de moi, et j'adore Dieu du fond de mon coeur."

homme désignant un crâne détail.jpg

Terminons ce  bref hommage à Ann Radcliffe par ces quelques mots de Joseph Méry écrits en 1840 :

"Chaque page semble tourner avec accompagnement de ferailles ; chaque ligne est sablée avec de la poudre de tombe ; chaque lettre est un oeil éteint qui regarde le lecteur.  un homme nerveux ne peut dormir dans une chambre habitée par ces quatre volumes sulfureux ; il est obligé de les exiler, dans l'intérêt de son sommeil."

saintes supplications.jpg

 La   Cloche   de   minuit  

(the midnight bell) 

                                           roman gothique (extraits)

                                                   de

                                          Francis LATHOM   

elven1.jpg             

 "A peine avait-il fait quelques pas, que le son  éloigné d’une cloche frappa son oreille.  Il regretta beaucoup d’avoir été obligé de partir plus tard qu’il ne l’avait projeté, mais toujours résolu de poursuivre son entreprise, il accéléra le pas."

 château de Trient.jpg

Albrecht Dürer     château de Trient (aquarelle)

 "Arrivé sous les murs du château, et favorisé par la lumière de la lune, il en fit le tour en cherchant des yeux la poterne.  Un instant, il crut apercevoir une lumière dans une des croisées du second étage.  Il s’arrêta, mais la lumière n’ayant pas reparu, il passa outre, persuadé que son imagination l’avait trompé.

 Il arriva enfin à la poterne ; elle était fermée !  Il la poussa d’un bras vigoureux.  Elle céda  sous ses efforts.  Il entra, fit quelques pas, tendit l’oreille et regarda tout  autour de lui ; il n’entendit que le silence, et ne vit que les ténèbres.

Il retourna alors sur ses pas, et franchit à nouveau la porte.  Là, ayant allumé sa lanterne qu’il a soin de tenir de manière à pouvoir la cacher promptement sous son large manteau, il rentra dans le château, et ferma sur lui la porte, juste comme il l’avait trouvée. 

 Il s’avança le long d’un passage voûté à l’extrémité duquel, en tournant à gauche, il trouva une porte ; il la franchit, et entra dans la grande cour du château.  Il fit encore quelques pas, puis leva sa lanterne afin de mieux voir les objets qui l’environnaient.  Tout autour de la cour, il aperçut de nombreuses colonnes de marbre, et à l’extrémité, une grande porte de fer.  En face se trouvaient quelques marches  bordées d’une rampe aux côtés de laquelle il y avait deux portes hautes et étroites.  C’est par l’une de ces portes que le comte était entré dans la cour.

 Il monta les marches.  Une longue galerie s’étendait sur la droite et sur la gauche.   Levant à nouveau sa lanterne, il porta d’abord son regard vers l’extrémité de la galerie, à droite.  Il aperçut des portes de chacun des côtés.  Cette galerie se terminait par un mur blanc.  Il obliqua à gauche.  Cette seconde galerie était plus étendue que la première.  Pendant qu’il l’examinait, il crut voir passer rapidement une silhouette cernée d’ombre."

homme au fonds d'une oubliette.jpg

"Il avança lentement.  Au bout de la galerie de droite se trouvait un corridor  qui conduisait en descendant à une autre galerie fort semblable à celle qu’il venait de quitter.  Au fond de cette galerie, il découvrit soudain une porte entrouverte.  Cachant sa lanterne, il regarda au travers de cette porte.  Tout était enténébré.  Il tira sa lanterne de dessous son manteau, et entra dans une chambre magnifiquement meublée.  Rien n’indiquait qu’elle eût été récemment habitée.  Ne trouvant pas d’autre issue, il retourna dans la galerie.  Le bruit d’une porte à peu de distance attira son attention.  Il ne put pas déterminer de façon précise de quelle partie du château provenait le bruit, mais il conjectura qu’il était parti de la galerie située à droite des escaliers qui l’avaient conduit de la cour au château.  Il suivit le son.  Cette galerie se terminait elle aussi par quelques escaliers donnant sur un corridor de même longueur.

 Après avoir réfléchi un instant sur la marche à suivre, il descendit les escaliers.  Au bas de ceux-ci se trouvait une porte, comme de l’autre côté.  Il remit sa lanterne sous son manteau, et il se disposait déjà à tenter de forcer la porte, quand il entendit un long gémissement qui lui parut poussé par une personne proche de lui.  Il tourna la tête, mais n’aperçut rien.  Il commençait à croire que ses sens l’avaient trompé, et il était sur le point de poser la main sur la porte, quand il en fut empêché par un cri étouffé en provenance de l’appartement auquel menait cette porte.  Il écouta.  Par deux fois encore le même bruit se fit entendre.  Il ne douta plus qu’il ne vint de l’appartement fermé par la porte devant laquelle il se trouvait.  Le silence se fit à nouveau.  Pour la troisième fois, il se disposait à entrer quand plusieurs voix parlant ensemble et d’un ton suppliant, se firent entendre.  Son étonnement fut à son comble.  Tout à coup, les voix se modifièrent et entonnèrent un chant solennel.  Le comte reconnut un chant religieux.  Toujours inébranlable dans son dessein, il cacha à nouveau sa lanterne, ouvrit la porte, et entra."

william holman Hunt_Light_of_the_World.jpg

"En face de la porte par laquelle il était entré, il y avait une autre porte, plus petite, et voûtée, d’où s’échappait une faible lumière.  En regardant autour de lui, il remarqua qu’il se trouvait dans une petite sacristie située juste derrière l’autel d’une chapelle à laquelle aboutissait la porte voûtée.  Il marcha avec précaution vers un endroit à partir duquel il put découvrir tout l’intérieur de la chapelle.  A faible distance des marches de l’autel, une figure pâle et décharnée était agenouillée auprès d’un cercueil, une croix dans la main gauche, et une discipline dans la main droite."

 Dürer le pénitent NB.jpg

Albrecht Dürer      le pénitent 

"Trois moines étaient agenouillés de l’autre côté du cercueil.  C’étaient leurs voix qu’avait entendues le comte.  Ils poursuivaient leur chant.  Lorsqu’ils en eurent fini, tout trois se signèrent du signe de la croix, et commencèrent une prière dans laquelle 

ils  imploraient la miséricorde divine en faveur du pénitent.  En même temps, la figure dont l’ample vêtement noir ne permettait pas de distinguer le sexe, se leva et se fustigea les épaules avec la discipline qu’elle tenait dans la main droite.  La douleur lui arracha bientôt de sourds gémissements, comme ceux que le comte avait entendus.  Bientôt les moines firent une autre prière à laquelle se joignit le pénitent.  Après cela, ils quittèrent ensemble la chapelle par la porte faisant face à l’autel.  L’un des moines portait une lampe qui, durant leurs dévotions, était placée sur le cercueil devant lequel ils s’étaient agenouillés." 

Francisco_de_Zurbarán_  moine (détail en NB).jpg

Francisco Zurbaran    Saint Sérapion (détail)

 "A la vue de cette scène, la ferme résolution du comte Byroff de débrouiller enfin le mystère qui enveloppait ce château, s’était évanouie.  La psalmodie résolument religieuse des moines, la douleur de la personne pour le salut de laquelle ceux-ci imploraient le ciel, ne l’autorisèrent pas à troubler l’impressionnante et terrible cérémonie, et quand celle-ci fut terminée, il sentit une répugnance insurmontable à se présenter devant des hommes qui auraient le droit de lui reprocher son intrusion furtive dans le château, et qui refuseraient probablement ses excuses. 

 Il perdit quelques instants à réfléchir sur le parti à prendre. Il entendit des pas dans la galerie, mais le bruit expira sur le  champs. Il ne douta pas, d’après ce que Jacques lui avait dit, que ce bruit ne fût fait par les moines en se retirant.  Le bruit d’une porte qui retentit dans tout le château le confirma dans son opinion.

 

Il se détermina à entrer dans la chapelle, et chercha à découvrir ce qu’était devenue l’apparition qu’il avait entrevue, car il croyait fermement, sans trop cependant savoir pourquoi, que celle-ci n’avait pas quitté le château.  Il ne doutait plus que cette personne ne fût, ou le comte Frédéric, ou la comtesse Anna.  Naturellement, il inclinait à croire que c’était le premier.  Cependant, les propos d’Alphonse semblaient indiquer que c’était cette dernière. 

Arrivé au fond de la chapelle, il trouva que la porte par laquelle étaient passés les moines, était fermée.  Il voulut l’ouvrir, mais elle résista à ses efforts.  A ce moment-là, une lumière frappa ses yeux.  Il cacha aussitôt sa lanterne.  La lumière s’avança, et lui permit d’apercevoir une autre porte de fer, laquelle menait à un long et étroit passage à l’extrémité duquel parut presque simultanément, portant une lampe, la silhouette qu’il avait vue dans la chapelle.  Elle ouvrit une porte en face de celle où était le comte, et la referma sur elle.  L’obscurité revint. 

Il reprit sa lanterne à la main, mais la porte par laquelle la personne était entrée, était trop éloignée  pour qu’il put en discerner  les traits à la faible lueur que procurait sa lanterne.  Il résolut néanmoins de la poursuivre, et s’il parvenait jamais à la rattraper, de s’adresser à elle. 

Après avoir traversé successivement plusieurs passages, une suite d’appartements le conduisit à une chambre et à un petit cabinet attenant.  Au fond de ce cabinet, il aperçut un escalier dérobé du pied duquel  partait la galerie à l’extrémité de laquelle s’ouvrait la porte de la chapelle.  Il se précipita de ce côté dans l’espoir d’y retrouver la porte par laquelle avait disparu l’obscure silhouette.  La muraille était de forme semi-circulaire.  Il en conclut qu’il se trouvait à présent dans une des tours qui enserrait les quatre coins du château ; mais toutes ses recherches ne purent lui faire découvrir la moindre porte en cet endroit du château.

Posant sa lanterne à même le sol, il passa et repassa la main sur toutes les parties de la muraille.  Finalement, il crut sentir une légère proéminence qui, au toucher, lui parut être un gond.  Il reprit sa lanterne afin de s’en assurer.  A son grand désespoir, il vit que la mèche de sa lampe était sur le point de se consumer.  Il se hâta donc de retourner à la galerie tant qu’il lui restait quelque lumière.  Il craignait, si elle venait à s’éteindre, qu’en cherchant son chemin dans l’obscurité, son absence ne se prolongeât jusqu’au moment où il fût impossible de la dissimuler à Lauretta dont le courage n’arriverait certes pas à surmonter cette nouvelle épreuve.  A pas précipités, il suivit le couloir qui l’avait mené à la chapelle, mais à peine arrivé dans la galerie, sa lampe expira." 

dans ses yeux.jpg

"Heureusement, le jour commençait à poindre.  Il descendit sans peine jusqu’à la cour.  Il se remémora bien le chemin qu’il avait suivi, et gagna la poterne.  Mais quelle fut sa surprise en la trouvant fermée !

Il se reprocha de n’être pas sorti du château avant les moines, d’autant plus qu’il savait par le récit de Jacques que ceux-ci fermaient la porte lorsqu’ils quittaient les lieux.  Il retourna dans la cour, et essaya d’ouvrir la grande porte.  Ses efforts furent vains ! 

« Mais comment, se disait-il à lui-même, Alphonse a-t-il pu sortir d’ici après le départ des moines ? »

Cette idée lui redonna espoir de trouver une autre issue.  Après de longues et pénibles recherches, force lui fut de renoncer.  Il s’inquiétait que Lauretta ne découvrît son absence et n’en soupçonnât le motif."

château du Haut Andlau cour intérieure.jpg

 Après avoir passé ainsi deux heures en recherches stériles et en vaines lamentations, il crut entendre le bruit d’une clef tourner dans la serrure de la poterne.  Il s’arrêta pour mieux écouter et n’entendit plus rien.  Il s’imagina alors qu’il s’était trompé.  Néanmoins, il voulut s’assurer de la vérité, et courut à la porte.  Elle était ouverte !!!  Il tressaillit de joie et, franchissant le seuil de la poterne, il s’éloigna rapidement du château sans plus chercher à savoir par qui et pour quelle cause la porte avait été ouverte."

elven2.jpg

 

 

à suivre... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11/04/2018

GOTHIQUE FLAMBOYANT

GOTHIQUE  FLAMBOYANT

feu d'enfer.jpg

"Mit dem Feuer,

von Leben zum Tod gericht"

(formule médiévale usuelle  de condamnation au bûcher)

 walpurgisnacht.jpg

enflammé

enflammé

enflammé

enflammé

enflammé

 2973100458.gif

"... liée sur l'échelle, elle sera pincée deux fois avec une tenaille incandescente, puis par le feu brûlée de vie à trépas jusqu'à cendre et poudre.

A la demande de l'accusateur, ses biens seront remis

à l'autorité et selon la coutûme confisqués. 

Après la proclamation de cette sentence, l'accusateur lui a accordé la faveur d'être d'abord étranglée

puis pincée et brûlée."

jugement de Catherine Heydler , Tribunal des maléfices, Bergheim, 17.05.1627

(document cité dans l'exposition permanente de la

Maison des Sorcières de Bergheim, Alsace)

 sans trêve,

durant le jour,

durant la nuit...

 flamme dans la forêt obscure.jpg

"La douleur a ses feux

et l'amour a ses flammes."

alfred-de-vigny :    "satan"

 feu2.jpg

"Lass dich den Teufel bei einem Haare fassen,

und du bist auf ewig sein."

proverbe allemand

"Laisse le diable te saisir par un cheveu,

et tu es à lui pour toujours."

 feu1.jpg

"Le plaisir des sens ne vaut pas celui d'une union intime avec une belle âme.  Cet empire qu'on prend sur elle quand on la subjugue et qu'on s'en empare, voilà principalement ce qui m'attire, ce qui me fera rôder désormais sans trêve autour de vous."

 baron-lamothe-langon  :  "Le diable"

 feu3.jpg

"La source de la vie et du mouvement, c'est la flamme, et que suis-je sinon le roi des flammes ?   C'est donc moi qui règne sur la vie.  Vois les êtres qu'on appelle les hommes : leur amour extrême, ils le sentent par le feu, leurs grandes douleurs, c'est encore par le feu, tout leur être ne peut sortir du cercle enflammé que j'ai tracé."

Alfred de Vigny  :  "Satan"

brasier1.jpg

 "Les fenêtres du donjon et celles des tours paraissaient éclairées de lumières bleues, et tant brillantes qu'effaçaient l'éclat de la lune ; en plus, les meurtrières pratiquées dans l'épaisseur des murs reflétaient feux rougeâtres si vifs et éblouissants, qu'on eût dit les crevasses d'une forge à couler le fer."

Ferdinand Langlé

La Dame sans merci

 800px-Lübecker_Salzspeicher  le grenier à sel  à Lübeck  en feu.jpg

"je me suis trop enflé, j'ai heurté trop violemment les barrières éternelles de ce monde, et après le désir inaccompli d'aller jusqu'en haut, il ne m'en reste qu'un c'est d'aller jusqu'au fond."

Gérard de Nerval        Fragments de Nicolas Flamel

incendie de la cité.jpg

"Tibi dabo potestatem 

hanc universam et gloriam illorum"

incendie de forêt1.jpg

"Approche-toi, ne réfléchis pas, étreins moi jusqu'à mourir, tandis que l'obscurité nous favorise ; ta femme te demande cette dernière preuve de ton amour.  Aucun gémissement ne sortira de ce coeur, s'il peut rentrer innocent dans la poussière dont il est sorti."

sophia-lee        le-souterrain

 braises1.jpg

"Prends garde, jeune homme !  Prends garde, jeune fille !  

C'est pour vous instruire que je dérobe cette histoire aux vers qui la rongeaient depuis longtemps.  

Il est facile de s'écarter du droit chemin, il est difficile de le reprendre."

Christian Heinrich Spiess       Le petit Pierre

feu-ardent-3.jpg

"Le coeur demande le plaisir d'abord,

Et puis une dispense de la douleur,

Et puis ces petits apaisements

Qui calment la souffrance,

Et puis il demande de dormir,

Et puis, si c'est la volonté de son tourmenteur,

Le privilèger de mourir.

émily-dickinson

 feu1.jpg

"Le souffle chlorotique de la fin de la jeunesse

s'abattit sur moi et m'emporta."

joseph-conrad

la-ligne-d'-ombre

 rad0699a (1).gif

 "Je meurs contente, puisque je t'ai revu ! ... Oh !  Puisse mon image !... l'image de mon agonie ne jamais s'effacer de devant tes yeux !  Puisse-t-elle te rappeler sans cesse le pouvoir de la mort !  Puisses-tu aussi te repentir des péchés que tu as commis en ce monde... afin qu'un jour... un jour, nous nous retrouvions encore !  

Donne-moi ta main !  Adieu Rodolphe !  Pense à ta mort !  Réconcilie-toi avec Dieu.  Rends quelques honneurs à mes restes... et souviens-toi topujours de ma dernière heure !"

Christian Heinrich Spiess      Le Petit Pierre

 feu de forêt1.jpg

"Mais un parjure déshonore, mais un parjure est un horrible péché !  Il entraîne avec soi sa punition dans ce monde et peut-être la damnation éternelle dans l'autre ! "

Christian Heinrich Spiess      Le Petit Pierre

 incendie de forêt1.jpg

"Un seul pas hors du droit sentier le conduisit d'égarement en égarement, de précipice en précipice, jusqu'aux bords de l'abîme qui finit par l'engloutir."

christian-heinrich-spiess      le-petit-pierre

090629135414.jpg

"Demeure !  Oh !  Demeure !  Je te pardonne tout... Je voudrais te voir plus coupable encore pour pouvoir te pardonner davantage.  Le pardon est un aliment du véritable amour.  Je ne te quitte pas, je ne me détache point de toi."

Christian Heinrich Spiess      Le Petit Pierre

grand feu.jpg

 M U S  P E L L H E I M,

le royaume du  feu

 explosion-solaire.jpg

torrent  de  feu,

fleuve de révolte

   2973100458.gif

 "Les cieux sont-ils en colère qu'ils nous châtient ainsi ?"

harriet_lee      le_mariage_mystérieux

le_château_flamboyant.jpg

    l'_oeil_de_dieu.jpg

 

 à  suivre...