18/12/2009

ART FANTASTIQUE GOTHIQUE

Art  Fantastique  Gothique

"Misérable railleur, tu veux être artiste et jamais la foi et l'amour n'ont brûlé dans ton coeur.  Aussi tes oeuvres seront-elles froides et sans vie, comme toi-même.

Comme un réprouvé, tu désespéreras dans le vide de ton âme et tu succomberas sous le poids de ton impuissance."

E.T.A. Hoffmann      Les Elixirs du diable

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yann-dargent     les laveuses-de-la-nuit (détail)

"Abdiquant  toute originalité, l'artiste se satisfait de copier ou imiter le crayon de celui-ci, la palette de celui-là, de travailler dans la manière que lui ont enseignée ses professeurs, qui eux-mêmes se bornaient à transmettre sans rien y changer un savoir acquis.  Je l'encouragerais à regarder désormais autour de lui, à peindre d'après nature, à traduire par le dessin, par la couleur, l'incessant mouvement des moeurs et des sentiments dans nos sociétés tellement plus bigarrées et diversifiées que celles où vivaient les vieux maîtres, à insuffler la vie à ses paysages, ses figures, ses portraits."

charles-robert-maturin      fatale-vengeance

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artemisia-gentileschi      autoportrait

Edgar Allan POE   

Une descente dans le Maelström   (extrait)

 ……..

"Je regardai vertigineusement,

et je vis une vaste étendue de mer,

dont la couleur d’encre me rappela tout d’abord

le tableau du géographe Nubien et sa Mer des Ténèbres.

C’était un panorama plus effroyablement désolé

qu’il n’est donné à une imagination humaine

de le concevoir. À droite et à gauche, aussi loin

que l’œil pouvait atteindre, s’allongeaient,

comme les remparts du monde,

les lignes d’une falaise horriblement noire

et surplombante, dont le caractère sombre

était puissamment renforcé par le ressac

qui montait jusque sur sa crête blanche

et lugubre, hurlant et mugissant éternellement.

 

Là, le vaste lit des eaux, sillonné et couturé

par mille courants contraires, éclatait soudainement

en convulsions frénétiques,  haletant, bouillonnant,

sifflant, pirouettant en gigantesques et innombrables

 tourbillons, et tournoyant et se ruant

tout entier vers l’est avec une rapidité qui ne se manifeste

que dans des chutes d’eau précipitées.

Au bout de quelques minutes, le tableau subit

un autre changement radical.

La surface générale devint un peu plus unie,

et les tourbillons disparurent un à un,

pendant que de prodigieuses bandes d’écume

apparurent là où je n’en avais vu aucune jusqu’alors.

Ces bandes, à la longue, s’étendirent

à une grande distance, et, se combinant entre elles,

elles adoptèrent le mouvement giratoire

des tourbillons apaisés et semblèrent former le germe

d’un vortex plus vaste.

Soudainement, celui-ci apparut

et prit une existence distincte et définie,

dans un cercle de plus d’un mille de diamètre.

Le bord du tourbillon était marqué

par une large ceinture d’écume lumineuse ;

mais pas une parcelle ne glissait

dans la gueule du terrible entonnoir,

dont l’intérieur, aussi loin que l’œil pouvait y

plonger, était fait d’un mur liquide,

poli, brillant et d’un noir de jais,

faisant avec l’horizon un angle de 45 degrés environ,

tournant sur lui-même sous l’influence d’un mouvement

étourdissant, et projetant dans les airs

une voix effrayante, moitié cri, moitié rugissement,

telle que la puissante cataracte du Niagara elle-même,

dans ses convulsions, n’en a jamais envoyé

de pareille vers le ciel.

 

Un changement singulier avait eu lieu aussi dans le ciel.

Autour de nous, dans toutes les directions,

il était toujours noir comme de la poix,

mais presque au-dessus de nous il s’était fait

une ouverture circulaire, un ciel clair,

clair comme je ne l’ai jamais vu,  d’un bleu brillant

et foncé,  et à travers ce trou resplendissait

la pleine lune avec un éclat que je ne lui avais

jamais connu. Elle éclairait toutes choses

autour de nous avec la plus grande netteté, mais,

grand Dieu ! quelle scène à éclairer !

Cela peut paraître étrange ; mais alors,

quand nous fûmes dans la gueule même de l’abîme,

je me sentis plus de sang-froid

que quand nous en approchions.

Ayant fait mon deuil de toute espérance,

 je fus délivré d’une grande partie de cette terreur

qui m’avait d’abord écrasé.

Je suppose que c’était le désespoir qui raidissait

mes nerfs."

……..

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Edgar Allan Poe, daguerreotype

 Jean Delville l'idole de la perversité.jpg

jean-delville      l'idole-de-la-perversité

"Ou bien parais tel que tu es,

ou bien sois tel que tu parais"

djalâl ad dîn rûmi

mystique persan  (1207-1273)

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Dominique Mertens         La Chute

 

 

 

 

09:57 Écrit par Dominique Mertens dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art fantastique, gothique, artistes gothiques |  Facebook |

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