23/06/2010

SOURCES FANTASTIQUES

 

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Gethsémani ou La mort de Julia  (extrait)

 Je fus dès la mamelle un homme de douleur ;

Mon cœur, au lieu de sang, ne roule que des larmes ;

ou plutôt de ces pleurs Dieu m’a ravi les charmes,

Il a pétrifié les larmes dans mon cœur.

L’amertume est mon miel, la tristesse est ma joie ;

Un instinct fraternel m’attache à tout cercueil ;

Nul chemin ne m’arrête, à moins que je n’y voie

           Quelque ruine ou quelque deuil !

 

Si je vois des champs verts qu’un ciel pur entretienne,

De doux vallons s’ouvrant pour embrasser la mer,

Je passe, et je me dis avec un rire amer :

Place pour le bonheur, hélas ! Et non la mienne !

Mon esprit n’a d’écho qu’où l’on entend gémir ;

Partout où l’on pleura mon âme a sa patrie :

Une terre de cendre et de larmes pétrie

           Est le lit où j’aime à dormir.

 

Demandez-vous pourquoi ? Je ne pourrais le dire :

De cet abîme amer je remuais les flots,

Ma bouche pour parler n’aurait que des sanglots.

Mais déchirez ce cœur, si vous voulez y lire !

La mort dans chaque fibre a plongé le couteau ;

Ses battements ne sont que lentes agonies,

Il n’est plein que de morts comme des gémonies ;

           Toute mon âme est un tombeau !

                                                                                                                                                                    Alphonse de Lamartine

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Hippolyte Sebron      Intérieur d'une abbaye en ruine

Enfant, je fus longtemps impressionné par cette aquarelle peinte par mon père, (une oeuvre de jeunesse ?) et qui était accrochée dans la chambre à coucher de mes parents.

cimetière 2

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