20/05/2018

TESTAMENT GOTHIQUE

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Alors que les skynetblogs nous annoncent la fin programmée de leur formule gratuite actuelle pour le 31 mai 2018, le moment me semble venu de vous livrer le message que je considère essentiel à la compréhension de mon blog.  Ce message, c'est Sir Arthur Conan Doyle, le père de Sherlock Homes,  qui l'a exprimé sans doute mieux que je ne pourrais jamais le faire.  Le voici : 

 "La science nous donne, comme je vous l’ai dit, du confort, et occasionnellement de la sécurité.

– Alors pourquoi la dédaignez-vous ?

– Parce qu’elle met sous le boisseau la lumière principale : l’objet de notre existence. Nous n’avons pas été créés sur cette planète pour faire une moyenne de quatre-vingts kilomètres à l’heure en voiture sur les routes, ni pour traverser l’Atlantique en avion, ni pour communiquer avec ou sans fil. Ce sont là de simples accompagnements de la vie, des garnitures… Mais les savants ont tellement rivé notre attention sur ces détails que nous avons oublié notre but essentiel. 

– Je ne vous comprends pas.

– Ce qui importe, ce n’est pas la vitesse à laquelle vous voyagez, c’est le but de votre voyage. Ce n’est pas la façon dont vous expédiez un message, c’est la valeur propre de ce message. À tous égards ce soi-disant progrès peut être une calamité, en ce sens que chaque fois que nous utilisons ce mot nous l’identifions faussement avec le progrès réel, et nous nous imaginons à tort que nous accomplissons la mission pour laquelle Dieu nous a mis au monde.

– Et cette mission ce serait… ?

– De nous préparer à la phase suivante de la vie. Cette préparation doit être et mentale et spirituelle, or nous les négligeons autant l’une que l’autre. Nous sommes au monde pour devenir plus tard meilleurs, moins égoïstes, plus larges d’esprit, plus cultivés, moins sectaires. La terre est une fabrique d’âmes et elle produit un article de médiocre qualité. Mais…"

                                                                                          Arthur Conan Doyle       Au pays des brumes

En guise de consolation, vous aurez le plaisir de me retrouver dans quelque temps sur les overblogs de nos amis Français, sous un nouveau vocable qui reste encore à définir.

Au plaisir de vous y retrouver... 

17/05/2018

La NUIT GOTHIQUE

LA  N U I T    G O T H I Q U E

"Ah !  Que revienne l'ombre de la nuit,

Qu'elle transforme les monde des humains !

Que par lambeaux le jour sera.

A toutes ces lumières sordides,

A ces méthodes particulières,

A ces cruelles habitudes,

O nuit, viens rôder dans mon corps,

Serre-moi, viens t'abîmer en moi, 

Viens me faire oublier le jour !

Nuit, transfuge de ma déraison,

Epanouissement de mes sens,

Délivrée de toute mascarade,

Insoutenable aube à venir,

Je me dévore tant et si bien

Que le sommeil devient repos.

Pénètre-moi de ton silence,

Couvre-moi de ta plénitude.

Que l'aube devienne supportable.

Que l'aube devienne supportable."

(extraits de la chanson "La Nuit des errants"

 album "Tapages nocturnes"  de Catherine Ribeiro

avec la sublîmissime musique de Patrice Moullet

et de son groupe Alpes)

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     Dominique Mertens          La Dame de la nuit          

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 L A  N U I T  M Y S T I Q U E

Par une nuit obscure

(texte poétique de Saint-Jean de la Croix)

Par une nuit obscure,

enflammée d'un amour plein d'ardeur,
ô l'heureuse aventure,
j'allai sans être vue,
sortant de ma maison apaisée.

Dans l'obscur et très sûre,
par l'échelle secrète, déguisée,
ô l'heureuse aventure,
dans l'obscur, en cachette,
ma maison désormais apaisée.

 Dans cette nuit heureuse,
en secret, car nul ne me voyait,
ni moi ne voyais rien,
sans autre lueur ni guide
que celle qui en mon cœur brûlait.

Celle-ci me guidait,
plus sûre que celle de midi
au lieu où m'attendait,
moi, je savais bien qui,
à un endroit où nul ne paraissait.

Ô nuit qui a conduit,
ô nuit plus aimable que l'aurore,
ô nuit qui a uni
l'ami avec l'aimée,
l'aimée en son ami transformée.

Contre mon sein fleuri
qui entier, pour lui seul, se gardait,
il resta endormi,
moi je le caressais
et l'éventail des cèdres l'éventait.

L'air venant du créneau,
quand mes doigts caressaient ses cheveux,
avec sa main légère
à mon cou me blessait,
et tenait en suspens tous mes sens.

M'oubliant, je restai 
le visage penché sur l'ami.
Tout cessa, je cédai,
délaissant mon souci,
parmi les fleurs de lis oublié.

*exégèse exhaustive sur le site

abbaye-saint-benoit.ch/saints/carmel/jeandelacroix   

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Dominique Mertens          détail de la fresque de la Vie

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"La pensée ne livre rien de la pureté et des profondeurs de l'âme

ni de la vie du cœur, sinon les motifs qui la conduisent."

Edith Stein      La Crèche et la croix

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"Les enfants du monde appellent « liberté » le fait de n'être soumis à aucune volonté étrangère, et de n'être restreints par personne dans la satisfaction de leurs désirs et de leurs inclinations. Pour ce rêve de liberté, ils se jettent dans des combats sanglants, sacrifiant leur vie et leurs biens.

Par liberté, les enfants de Dieu entendent tout autre chose : suivre sans entrave l'Esprit de Dieu ; ils savent bien que les plus grands obstacles de sont pas à l'extérieur mais en nous. Quand la raison et la volonté poussent l'homme à être son propre maître, il ne remarque pas à quel point il se laisse abuser et asservir par ses désirs naturels."

Edith Stein      La Crèche et la croix

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 "Arrivée au terme d'une longue et pénible carrière, le coeur flétri par les souffrances, et les yeux épuisés de larmes, mes pensées ne se tournent plus que vers le tombeau où je suis prête à descendre : pourquoi donc, trop généreuse amie, exigez-vous que je me nourrisse encore de ces douloureux souvenirs ?  Telle a été la singularité de ma destinée, qu'après m'être vue attachée à l'humanité par les liens les plus sacrés, et par les plus douces espérances, il ne restera pourtant après moi aucune trace de mon existence, si ce n'est dans la conscience épouvantée de ceux qui m'ont marquée comme une victime expiatoire des crimes réunis de mes ancêtres, car sûrement je n'ai jamais mérité par moi-même le malheur de vivre comme j'ai vécu, et de mourir comme je mourrai bientôt."

sophia-lee        le-souterrain

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ce lieu où la nuit gothique

 n'a ni commencement ni fin... 

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 "Cette retraite n'était point, proprement parlant, une caverne, car elle était divisée en plusieurs compartiments et les murs étaient visiblement construits de main d'homme.  Chaque appartement était séparé du reste par des passages qui aboutissaient à divers escaliers.  Le jour nous venait par des lucarnes de verre peint si au-dessus de notre portée que nous ne soupçonnions point qu'il y eût un monde au-delà et si obscures que les rayons du soleil étaient presque un objet nouveau pour nous, quand nous sortîmes de cette retraite."                

sophia-lee         le-souterrain (the-recess)

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 sophia-lee (1750-1824)  une des précurseures-du-genre-littéraire-gothique,

(son nom est souvent associé à celui de sa soeur, Harriet Lee)

dont le roman "le souterain" est à découvrir sur Google Books

 "ô monde, 

que les sentiments

qu'on puise dans tes cercles brillants

sont faux !"

 sophia-lee          le souterrain

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 Dominique Mertens           L'Enjeu de toutes les manipulations

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 Dominique Mertens          L' Enjeu de toutes les manipulations  

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cet indescriptible chaos

que nous portons en nous...

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et qui, tous, nous aspirera

inexorablement... !

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"Tu te dérobes à ma vue, et ne veux pas me voir.  tous les feux du ciel  see sont voilés.  Dans cette nuit profonde, il ne se trouve rien, sous la voûte obscure du firmament, d'aussi ténébreux que mon coeur ; ma gloire infernale m'a même quitté"

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 Dominique Mertens           Détail de la Fresque de la Vie         

 

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extraits et illustration de "Julia,ou Le Château d'Aldobrand", roman d'Anne Radcliffe

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Dominique Mertens           détail de la Fresque de la Vie

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extrait de "Emmeline, ou l' orpheline du château", roman de Charlotte Smith

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Salvator  Rosa        Paysage avec un ermite 

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                                                    Angellore        Errances (pochettte cd)                                                 

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 "Les sceptiques, les pessimistes sont des gens d'expérience qui ont payé de leur sang et de leurs souffrances leur dur savoir, leur compréhension de la guerre.  C'est là que réside leur supériorité sur les innocents aux joues roses."

Vassili Grossman       Vie et destin       

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 Marcantonio Raimondi       Le Massacre des innocents

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 Vassili Grossman       Vie et destin (extrait 1)

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Vassili Grossman       Vie et destin (suite)

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Vassili Grossman       Vie et destin (suite)

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Dominique Mertens       L'axe de l'univers (encre et crayon)

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Eye of solitude       pochette cd 

 "Que d'autres se fassent raconter des histoires où il est question de fleurs et de soleil, moi, je choisis pour ma part les nuits obscures, les nuits d'aventures que hantent de fantastiques apparitions.  Je choisis les destins cruels, les souffrances des coeurs désolés."

Selma Lagerlöf       Gösta Berling

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Carl Gustav Carus       Le Colysée au clair de lune

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Quentin Metsys       Vieille femme se tirant les cheveux

 "Que de fois m'attardant au clair de lune

J'ai guetté seul pour voir surgir ce spectre

Et parmi brume et rochers aperçu

ses cheveux lustrés, ses yeux solennels.

 

C'est le premier seigneur du gris Aspin,

Murmurent les anciens en secret,

Qui hante ainsi son château

 Mais pourquoi -près de sa tombe là-bas

A mille lieues par-delà l'océan-

Sous la voûte du ciel anglais

Où ses cendres sont exilées

N'erre-t'-il plutôt ?  

 

J'ai vu son portrait dans la grande salle,

Sur un mur à l'est il est suspendu

Et souvent quand le soleil décline

L'image comme un ange resplendit-

 

Et quand bleu et glacé le clair de lune

Pénètre à flots par les croisées spectrales

Cette image est comme un spectre elle aussi-

 

La salle est emplie de portraits précieux ;

Là se mêlent mystère et beauté-

A droite du sien, une belle enfant

Regarde en son cadre doré.

 

Tout pareil sont ses cheveux bouclés

Son grand oeil noir à la sombre lumière

Son teint pur, la blancheur de son front

Et pareil est son noble nom."

 Emily Brontë       poème (extrrait)

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.....à  suivre.....

 

ambiance gothique

Pour se plonger immédiatement dans la plus pure ambiance gothique...


Observez soigneusement les subtiles transformations de l'image de ce clip vidéo hypnotique..... !

09:02 Écrit par Dominique Mertens dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/05/2018

la Blanche Biche aux abois

La  Blanche  Biche  

aux 

abois

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Dominique Mertens       Blanche biche

Malicorne, un groupe folk français des années '70...

à découvrir  :  leur sublime version de "Blanche Biche" 

  cliquez sur le lien qui suit...

https://youtu.be/V0IbzMGTND0

 

et  ensuite, laissez-vous emporter dans un autre rêve...


"Celles qui vont au bois, c’est la mère et la fille,
La mère va chantant et la fille soupire :
– Qu’avez vous à soupirer, ma fille Marguerite ?
– J’ai bien grand ire en moi, et n’ose vous le dire :

Je suis fille le jour et la nuit blanche biche.
La chasse est après moi, des barons et des princes,
Et mon frère Renaud qui est encore bien pire.
Allez, ma mère, allez bien promptement lui dire

Qu’il arrête ses chiens jusqu’à demain midi.
– Où sont tes chiens, Renaud, et ta chasse gentille ?
– Ils sont dedans le bois à courre blanche biche.
– Arrête-les Renaud, arrête, je t’en prie !

Trois fois les a cornés de son cornet de cuivre ;
A la troisième fois, la blanche biche est prise :
– Mandons le dépouilleur, qu’il dépouille la biche.
Celui qui la dépouille dit : – Je ne sais que dire :

Elle a le cheveu blonds et le sein d’une fille.
A tiré son couteau, en quartiers il l’a mise.
En ont fait un dîner aux barons et aux princes :
– Nous voici tous ici, sauf ma sœur Marguerite.

– Vous n’avez qu’à manger, suis la première assise :
Ma tête est dans le plat et mon cœur aux chevilles,
Mon sang est répandu par toute la cuisine,
Et sur vos noirs charbons, mes pauvres os se grillent."

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Dominique Mertens       Thorhild gisant sur son tombeau (encre)

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Dominique Mertens       Amour fait perdre la tête et rendre l'âme (encre)

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dans_ses_yeux_je_voyais_ma_mort_tome_2.jpg

rendez-vous sur

www.editionsdestourments.fr

12:40 Écrit par Dominique Mertens dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/05/2018

La FORET GOTHIQUE

La Forêt gothique

"Oh ! Ciel !  La forêt est pleine de sang

et nos mains en sont toutes couvertes"

extrait de "Klosterheim"

roman de Thomas de Qincey

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Dans son ouvrage, incontournable pour tout amateur de Fantastique, 

"L'Art Fantastique" (réédité aux éditions Albin Michel en 1989) 

Marcel Brion évoque la forêt fantastique en ces termes:

"La selva oscura, pleine de dangers extérieurs, représente également la forêt intérieure à l'homme, le labyrinthe des passions et des vices, dans lequel il s'égare et dont il faut qu'il sorte pour atteindre la lumière.  car la lumière ne pénètre pas plus dans la forêt que dans le labyrinthe.  ...   La forêt est l'endroit où l'on se perd, matériellement, moralement.  La région qu'il faut traverser, selon les romans de chevalerie, pour atteindre le château.  Château et forêt s'opposent ainsi, l'un signifiant sécurité, ordre humain, protection ; le formel contre l'informe, l'immuable contre le perpétuel mouvant.  Le chevalier qui s'aventure dans la fprêt  -la forêt obscure des mystiques-  afin d'arriver au château  -les châteaux de l'âme, de sainte Thérèse-  est un nouveau Thésée : il affronte les minotaures et les dragons, qu'il tuera, afin que vices et passions bestiales ne fassent plus obstacle à la marche vers la lumière"

 

"Comme l'écrivait Mircea Eliade : Il y a là déjà un symbole de la mort : la forêt, la jungle, les ténèbres, symbolisent l'au-delà, les enfers.

La forêt est un monde inhumain, d'où l'homme est exclu, où il n'est admis qu'à regret.  Les êtres et les choses, les plantes et les animaux y confondent leurs formes, leurs couleurs, leurs propriétés.  C'est un monde irrationnel, où se rassemblent, féroces et tranquilles, les éléments hostiles, un monde autre, qui ne devient accueillant que dans les clairières, aux endroits où la cognée du bûcheron a ouvert un passage pour la lumière."

 ...

"Inchangée depuis les origines du monde, dressant dans un colossal pullulement la foule des jeunes arbres sur les débris des troncs antiques qui se décomposent en humus aux fortes odeurs, la forêt incarne les forces élémentaires et primordiales, ce qui était à l'origine, ce qui demeure des temps disparus et ce qui survivra lorsque l'humanité aura disparu de la surface de la terre.  Elle est un être, aussi, multiforme, capable de passions, habité par une âme que l'on sent palpiter dans le frisson des branches et le craquement des troncs, et dont le souffle vient au-devant du voyageur, redoutable à l'égaré."

 ...

"Seuls poussent jusqu'au creux de la forêt l'ermite c'est à dire l'homme qui va se combattre lui-même, vaincre son minotaure, son dragon intérieur, et le chevalier dont la vocation est de détruire les monstres..."

 ...

"Il y a aussi le saint-chasseur, dont la forêt triomphe par sa propre conversion au christianisme, et qui fait apparaître aux yeux émerveillés de saint-Hubert un cerf portant une croix entre ses bois ; c'est parce qu'il s'est dompté lui-même que, contrairement à ce qui se passe d'ordinaire, le cerf triomphe du chasseur : non pas en fuyant, mais en atteignant avant lui le havre du salut, la Croix."

 ...

Et, enfin, ce bref passage où l'auteur évoque les liens qu'entretiennent la Mort et le Fantastique :

"L'idée de la mort ajoute, à la souffrance de la séparation du corps et de l'âme, le pressentiment du châtiment qui attend l'homme dans l'au-delà s'il a manqué aux préceptes de la religion.  Le thème fantastique de la mort est ainsi lié aux deux autres grands thèmes fantastiques, celui de la Tentation, c'est à dire de l'insidieux assaut du péché, et de la damnation qui menace le pécheur, de l'enfer."

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L'Homme qui vendit son âme au diable        encre de Chine de l'auteur

"Pe-tit frère... Pe-tit frère... m'as-tu re-con-nu... re-con-nu ?  

Ou-ou-vre-moi, nous irons dans la forêt... dans la forêt..."

E.T.A. Hoffmann     Les Elixirs du Diable

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"Cette vaste forêt, célèbre par les voleurs et les précipices qui s'y rencontraient, semblait encore être l'objet du courroux céleste.

Ses arbres, hauts et touffus, étaient à tout moment frappés par la foudre : on y entendait sans cesse le sifflement des vents déchaînés.  Tout, dans ce lieu sinistre, inspirait  l'horreur et l'effroi."

Ducray Duminil      Alexis ou La maisonnette dans les bois

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William Gilpin      exécution  (peinture)

"Il avait été si près du but, si près d'atteindre la paix et le silence des forêts éternelles."

Selma Lagerlöf       Gösta Berling

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Dominique Mertens       Le Bûcheron     

(encre)

 

"Nul ne s'évade jamais tout entier du pays au-delà de la forêt..."

Fançoise-Sylvie Pauly        L'Invitée de Dracula

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"Alors, dans cette sombre forêt, des images de ma vie m'apparurent."

E.T.A. Hoffmann     Les Elixirs du Diable

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"D'ailleurs, monsieur, la forêt par elle-même est si joyeuse et si animée que je ne m'y sens jamais seul.  Comme je connais chaque place et chaque arbre, il me semble que chacun des arbres qui a grandi sous mes yeux et dont la cime vivante et resplendissante s'élève maintenant dans les airs me connaît et m'aime, parce que je lui ai accordé mon attention et donné mes soins.  Oui, dans le murmure et le bruissement merveilleux de la forêt, je crois réellement entendre des voix qui me parlent, des voix tout à fait particulières, et j'ai l'impression que ce langage est la louange véritable de Dieu et de sa toute-puissance, en même temps qu'une prière que la parole humaine ne pourrait jamais arriver à exprimer."

E.T.A. Hoffmann     Les Elixirs du Diable

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"Il ne m'est pas possible de dire avec précision combien de temps dura ma fuite, à travers la sombre forêt, toujours poursuivi par mon double ; il me semble que cela dura des mois, sans que je prisse ni aliments ni boisson.  je ne me rappelle avec netteté qu'un seul moment, après lequel je tombai complètement inanimé.  Je venais précisément de réussir à me débarrasser de mon double, lorsqu'un clair rayon de soleil traversa la forêt, suivi d'un son charmant et gracieux.  Je distinguai une cloche de couvent qui sonnait matines.  

"tu as assassiné Aurélie."  Cette pensée me saisit, comme avec les bras glacés de la mort, et je tombai sur le sol, évanoui."

E.T.A.  Hoffmann        Les Elixirs du diable

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Dominique Mertens       Amour de la forêt (encre)  

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 La  forêt,  lieu  de  transmutation  des  amours...

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Dominique Mertens       Amour sylvestre  (encre)   

 "Ne dis point qu'ici-bas le bonheur est mensonge

Mais ensemble voguons sur les eaux bleues du songe.

 Je frémis cependant car amour criminel

 Ne peut que m'attirer châtiment éternel."

 Charles Robert Maturin       Fatale vengeance

 forêt gothique

  La  forêt,  lieu  de  transmutation  alchimique...

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"Il poursuivit la route qu'il avait devant lui, elle le conduisit à la partie de la forêt la plus obscure qu'il eût encore rencontrée et aboutit à un sombre réduit, cintré par une haute futaie, dont les rameaux entremêlés offraient une barrière impénétrable aux rayons du soleil et n'admettaient qu'une espèce de crépuscule mystérieux."

Ann Radcliffe       Les Mystères de la forêt

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la  forêt,  lieu de transmutation  des  amours  alchimiques...

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Ses yeux dans la forêt gothique...

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Evariste Vital Luminais     Le Pâtre de Kerlaz

"Alors on aperçut des milliers de follets dansant en rond, voire même en procession autour des murs du châtel, et aussi à la lueur d'un éclair on entrevit les huarts avec leur grande bouche fendue, leurs dents vertes et leurs ailes de souris chauves voltiger autour du gisant, et insulter par leurs rires cruels et des huées bizarres à sa défaite malencontreuse.

Alors sortit du bois voisin berger maigre et hideux, caché dans un manteau rouge, et qui conduisait un troupeau de loups.."

Ferdinand Langlé

La Dame sans merci

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Dominique Mertens       le berger (encre) 

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Moritz  von Schwind

"Mais aujourd'hui, hélas, où sommes-nous égarés ?  Où la marée de la civilisation nous a-elle-portés ?  Elle s'est installée sur une terre qui n'était pas prêté pour elle et, après son passage, a laissé une nudité désolée.  Nous avons perdu nos forêts mais avons conservé leurs maraudeurs ; nous avons détruit tout ce qui était beau, mais ce qui révoltait de barbarie, nous l'avons gardé. "

Sheridan Le Fanu        Le destin de Sir robert Ardagh

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Dominique Mertens       abandonnée en forêt  (encre) 

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"Au milieu du feuillage obscur,

J'ai découvert un beau fruit mûr.

Je tends vers lui mes doigts graciles.

Las, mes efforts sont inutiles !

 

J'eusse tenu pour grand plaisir

Humer son parfum à loisir

Et presser sur ma joue fiévreuse

Sa peau à la douceur soyeuse.

 

A sa fraîcheur de jouvenceau,

J'offrirais, si j'étais oiseau,

La tiède caresse d'une aile,

Et, de mes chansons, la plus belle.

 

Si j'étais la brise du soir,

Sans doute aurais-je ardent vouloir

D'effleurer sa rondeur vermeille

En murmurant mainte merveille.

 

Mais voici qu'un hideux serpent

S'approche de lui en rampant.

J'observe, effrayée, le perfide

Qui darde une langue biffide.

 

Et dans la chair du fruit, soudain,

Plongent les crochets à venin.

Depuis, sa pulpe est desséchée,

Sa peau fendillée et tachée."

Charles-Robert Maturin       Fatale vengeance

                                                                          (traduction Bernard Tissier)

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Daubigny        Forêt du Morvan 

"Ecoute, c'est la cloche du couvent .  Suspends le récit de ton histoire.  Ce son, que le vent amène des murs redoutables de mon château, réveille en moi l'idée chérie de ma famille.  

.....

Il n'existe pas de forêt dont l'ombrage soit assez épais pour nous cacher."

Charles Robert Maturin         Bertram, ou  Le Château d' Aldobrand

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SOUDAIN, une présence... 

forêt gothique

"Je ne me connaissais pas  La nuit dernière...  Oh !  La nuit dernière révéla un mystère terrible ...  La lune descendit, ses rayons obscurcis cachèrent le départ d'un homme qui n'est malheureusement que trop aimé !  Alors je me sentis comme anéantie ; mes yeux s'éteignirent et se désséchèrent.  N'ayant plus rien pour m'aimer, et n'aimant plus rien, je me trouvai comme seule sur la terre.  Je restai tout étonnée de ma désolation, car j'avais dédaigné le monde pour lui, et à peine pouvais-je obtenir de sa pitié un peu d'intérêt que mes devoirs m'ordonnaient de repousser !"

 "C'était la beauté dormant au sein de l'horreur."

Ann Radcliffe   Les Mystères d' Udolphe

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Dominique Mertens        accrochée à la vie (encre) 

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"Que celui qui veut vivre dans le désert des bois fasse provision d'abord de bons et doux souvenirs, de bonnes pensées, sinon la forêt est une demeure sinistre.  On n'y voit que lutte et meurtre."

Selma Lagerlöf       Gösta Berling

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13/05/2018

LUMIERES GOTHIQUES

Lumières  gothiques

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Ernst Theodor Wilhelm HOFFMANN

(1776-1822)

brillant fantastiqueur 

et grand admirateur du peintre  baroque

Salvator  ROSA

(1615-1673)

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dont nous pouvons déchiffrer la devise ci-dessus :

« aut tace aut loquere meliora silentio » 

« Tais-toi,

à moins que ce que tu as à dire

vaille mieux que le silence »

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Salvator Rosa        la tentation de Saint-Antoine

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Salvator Rosa       autoportrait

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Salvator Rosa       sorcière

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Salvator Rosa        bandits au détours d'une rivière

"Lorsque la réputation de Salvator  (Rosa) se fut répandue à Naples, à Rome, dans la Toscane et même par toute l’Italie, lorsque les peintres qui voulaient plaire devaient tâcher d’imiter le style étrange de son pinceau, à cette époque même de méchants envieux faisaient naître des bruits fâcheux qui devaient obscurcir la gloire divine de l’artiste. On prétendait qu’à une époque antérieure de sa vie Salvator avait fait partie d’une bande de brigands, et que c’était dans cette société maudite qu’il avait pris les originaux de 77 toutes ces figures féroces, fières, si fantastiquement costumées, qu’il plaça plus tard dans ses tableaux. On disait que les déserts sombres et affreux ! les selve selvage, comme les nomme le Dante, où il s’était tenu caché, étaient fidèlement reproduits dans ses paysages. Mais ce qu’il y avait de pire, c’est qu’on soutenait qu’il avait été entraîné dans la terrible et sanguinaire conspiration tramée à Naples par le fameux Mas’Aniello, et l’on en racontait les particularités avec les plus petits détails.

Aniello Falcone, le peintre de batailles – c’était ainsi qu’on racontait la chose, – s’enflamma de fureur et de vengeance, lorsque les soldats espagnols eurent tué, dans une mêlée, un de ses parents. Il rassembla aussitôt une bande de jeunes gens audacieux, artistes pour la plupart, leur donna des armes, et les appela la Compagnie de la Mort. En effet, cette troupe répondit parfaitement à sa fatale dénomination. Ces jeunes gens parcouraient par bandes la ville de Naples, et poignardaient sans pitié tout Espagnol qu’ils rencontraient. – Ils pénétraient dans les asiles sacrés, et là ils tuaient sans miséricorde le 78 malheureux qui s’était réfugié dans ces lieux. La nuit ils se rendaient auprès de leur chef, le sanguinaire et frénétique Mas’Aniello, qu’ils peignaient à la lueur de flambeaux allumés, de sorte que bientôt ces portraits se répandirent par milliers dans Naples et dans les environs. On disait donc que Salvator faisait partie de cette bande meurtrière ; le jour il égorgeait, et la nuit il peignait assidûment. Un critique célèbre, Taillasson, je crois, a remarqué avec justesse que ses tableaux portent le caractère d’une fierté féroce, d’une énergie bizarre et d’une exécution sauvage. La nature ne se révèle pas à lui dans les charmes riants des vertes prairies, des champs fleuris, des bois odorants, des sources murmurantes, mais dans la terreur des rochers gigantesquement entassés, des arides rivages de la mer, des forêts désertes et inhospitalières. Ce n’est point l’haleine des vents du soir, ni le doux frémissement des feuilles ; c’est le mugissement de l’ouragan, le fracas de la cataracte, qui seuls se sont fait entendre à son oreille. En contemplant dans ses tableaux ces déserts, et les hommes d’un extérieur étrange et sauvage qui se glissent çà et 79 là, tantôt seuls, tantôt en troupe, les pensées sinistres se présentent d’elles-mêmes. On se dit : Ici se commit un meurtre ; là le cadavre sanglant fut jeté dans le précipice."

                         Ernst Theodor Wilhelm Hoffmann       extrait de la nouvelle intitulée Salvator Rosa"

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Salvator Rosa        autoportrait

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Salvator Rosa        Lucrèce en poétesse

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"L'événement le plus marquant de ces courses hardies de Salvator Rosa dans ces montagnes, (les Abbruzes) est sa captivité parmi les bandits qui en étaient les seuls habitants, et son association temporaire (et même, dit-on, volontaire) avec ces hommes terribles.  On ne peut douter qu'il n'ait vécu quelque temps avec les brigands pittoresques dont il a multiplié les portraits à l'infini."

                                                     Lady Morgan (pseudonyme pour Sydney Owenson)

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   "Astre brillant de mon amour, ne t'es-tu donc levé que pour disparaître aussitôt, et me laisser dans une nuit profonde !"

                                Ernst Theodor Wilhelm Hoffmann        L'Homme au sable

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James Arthur o'Connor        Paysage au clair de lune

"La mort est aussi soudaine dans ses caprices qu'une courtisane l'est dans ses dédains ; mais plus fidèle, elle n'a jamais trompé personne."

                                                   Honoré de Balzac       L'Elixir de longue vie

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Salvator Rosa       Scène de sorcellerie

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Salvator Rosa       Scène de sorcellerie

... car le sang est un précieux adjuvant de la volupté... 

c'est le vin de l'amour."

                                       Octave Mirbeau       Le Jardin des supplices

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Salvator Rosa       Scène de sorcellerie

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Le thème du double, thème fantastique par excellence,  illustré par un maître  :

"Couché sur un lit de camp, j’entendais que les soldats s’entretenaient d’un inconnu arrêté comme moi et dont la voix avait retenti dans la même salle. Par un singulier effet de vibration, il me semblait que cette voix résonnait dans ma poitrine et que mon âme se dédoublait pour ainsi dire, — distinctement partagée entre la vision et la réalité. Un instant, j’eus l’idée de me retourner avec effort vers celui dont il était question, puis je frémis en me rappelant une tradition bien connue en Allemagne, qui dit que chaque homme a un double, et que, lorsqu’il le voit, la mort est proche. — Je fermai les yeux et j’entrai dans un état d’esprit confus où les figures fantasques ou réelles qui m’entouraient se brisaient en mille apparences fugitives. Un instant, je vis près de moi deux de mes amis qui me réclamaient, les soldats me désignèrent ; puis la porte s’ouvrit et quelqu’un de ma taille, dont je ne voyais pas la figure, sortit avec mes amis que je rappelais en vain. — Mais on se trompe ! m’écriais-je, c’est moi qu’ils sont venus chercher et c’est un autre qui sort ! Je fis tant de bruit que l’on me mit au cachot."

                                                              Gérard de Nerval       Aurelia (extrait)

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dante_gabriel_rosetti       double

  « Mais la vengeance céleste, poursuivit Estevan après une pause assez solennelle ; mais l’infaillible justice de Dieu n’avait pas perdu ses droits. À peine le sommeil eut commencé à dissiper les vapeurs qui obscurcissaient la raison de Ghismondo, qu’il vit Inès entrer dans sa chambre à pas mesurés, non pas belle, frémissant d’amour et de volupté, et vêtue comme autrefois d’un tissu léger qui allait tomber ; mais pâle, ensanglantée, traînant le long habit des morts, et déployant vers lui une main flamboyante qu’elle vint imposer lourdement sur son cœur, à l’endroit même qu’elle avait inutilement pressé quelques heures auparavant. Lié par une puissance irrésistible, Ghismondo tenta en vain de se soustraire à l’effroyable apparition. Ses efforts et sa douleur ne purent se manifester que par quelques gémissements sourds et confus. L’implacable main restait clouée à sa place, et le cœur de Ghismondo brûlait, et il brûla ainsi jusqu’au lever du soleil, où disparut le fantôme. Ses complices reçurent la même visite et subirent le même supplice."

                                                Charles Nodier       Inès de la sierras    (extrait)

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"Il n’est rien sur la terre qui élève plus

l’homme dans sa plus intime pensée que l’amour ; c’est

l’amour dont l’influence immense et mystérieuse éclaire

notre coeur et y porte à la fois le bonheur et la confusion.

Peut-on s’étonner que don Juan ait espéré d’apaiser par

l’amour les désirs qui déchirent son sein, et que là le

démon ait tendu son piège ? C’est lui qui inspira à don

Juan la pensée que par l’amour, par la jouissance des

femmes, on peut déjà accomplir sur la terre les promesses

célestes que nous portons écrites au fond de notre âme,

désir infini qui nous apparente, dès notre premier jour,

avec le ciel. Volant sans relâche de beauté en beauté,

jouissant de leurs charmes jusqu’à satiété, jusqu’à l’ivresse

la plus accablante ; se croyant sans cesse trompé dans

son choix, espérant atteindre l’idéal qu’il poursuivait, don

Juan se trouva enfin écrasé par les plaisirs de la vie réelle ;

et méprisant surtout les hommes, il dut surtout s’irriter

contre ces fantômes de volupté qu’il avait si longtemps

regardés comme le bien suprême, et qui l’avaient si

amèrement trompé. Chaque femme dont il abusait, n’était

plus pour lui une joie des sens, mais une insulte   

audacieuse à la nature humaine et à son créateur. Un

profond mépris pour la manière vulgaire d’envisager la vie,

au-dessus de laquelle il se sentait élevé ; la gaieté ironique

et intarissable qu’il éprouvait à la vue du bonheur, selon les

idées bourgeoises ; le dédain que lui inspiraient le calme

et la paix de ceux en qui le besoin de remplir les hautes

destinées de notre nature divine ne s’est pas fait sentir, le

portaient à se faire un jeu cruel de ces créatures douces,

humbles et plaintives, à les faire servir de but à son humeur

blasée. Chaque fois qu’il enlevait une fiancée chérie, qu’il

troublait le repos d’une famille unie, c’était un triomphe

remporté sur la nature et sur son Dieu. L’enlèvement

d’Anna, avec les circonstances qui l’accompagnent, est la

plus haute victoire de ce genre à laquelle il puisse

prétendre. Dona Anna est placée en opposition à don

Juan, par les hautes perfections qu’elle a également

reçues. Comme à don Juan, la beauté du corps et de l’âme

lui a été départie ; mais elle a conservé la pureté idéale, et

l’enfer ne peut la perdre que sur la terre. Dès que ce mal

est accompli, la vengeance doit arriver."

                                              Ernst Theodor Wilhelm HOFFMANN       don Juan (extrait)

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Comme à Ostende
chanson musique et paroles de Léo Ferré
On voyait les chevaux de la mer
Qui fonçaient, la tête la première
Et qui fracassaient leur crinière
Devant le casino désert...
La barmaid avait dix-huit ans
Et moi qui suis vieux comme l'hiver
Au lieu d'me noyer dans un verre
Je me  suis baladé dans le printemps
De ses yeux taillés en amande
Ni gris, ni verts
Ni gris, ni verts
Comme à Ostende
Et comme partout
Quand sur la ville
Tombe la pluie
Et qu'on se demande
Si c'est utile
Et puis surtout
Si ça vaut le coup
Si ça vaut le coup
De vivre sa vie !...
Je suis parti vers ma destinée
Mais voilà qu'une odeur de bière
De frites et de moules marinières
M'attire dans un estaminet...
Là y'avait des types qui buvaient
Des rigolos, des tout rougeauds
Qui s'esclaffaient, qui parlaient haut
Et la bière, on vous la servait
Bien avant

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Dominique Mertens       Phare dans le Maelstrom (encre)

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 "Tout d'abord, quand ils ont quittés les contrées habitées pour ne plus rencontrer que de rares paysans ou ermites hébétés, vivant déjà en-deçà du langage, n'est-ce pas la possibilité de communiquer qui s'est refermée derrière eux ? Puis le monde s'est progressivement clos : les tempêtes, les orages, les forêts ont été autant de murailles de feu, d'eau, de ténèbres conjuguant leurs pouvoirs pour les prendre au piège d'un mécanisme de plus en plus rapide. Une fois le seuil du château franchi rien ne change : la topographie intérieure est calquée sur celle de la forêt. L'enchevêtrement des souterrains égare comme l'enchevêtrement végétal, l'apparition du moindre flambeau déchire la nuit et inquiète avec la même fulgurance que les orages du dehors... Seulement, à l'intérieur, tout devient insupportablement concentré et ostentatoire."

                                                                Annie Lebrun       Les châteaux de la subversion

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LÉNORE   poème d' Edgar Allan Poe

Ah ! brisée est la coupe d’or ! l’esprit à jamais envolé ! Que sonne le glas ! — une âme sanctifiée flotte sur le fleuve Stygien ; et toi, Guy de Vere, n’as-tu de larmes ? pleure maintenant ou jamais plus ! Vois ! sur cette morne et rigide bière gît ton amour, Lénore ! Allons ! que l’office mortuaire se lise, le chant funèbre se chante ! Une antienne pour la morte la plus royale qui jamais soit morte si jeune, — une psalmodie pour elle, morte deux fois parce qu’elle est morte si jeune !

« Misérables ! vous l’aimiez pour sa richesse et la haïssiez pour son orgueil, et quand sa santé chancela vous la bénissiez — parce qu’elle mourait. Comment donc le rituel sera-t-il lu ? — le Requiem, chanté — par vous, — par toi, l’œil mauvais, par toi, la langue infamante, qui avez causé la mort de l’innocence qui est morte si jeune ? »

« — Peccavimus ; mais ne délire pas de la sorte ! et qu’un chant du sabbat monte à Dieu si solennellement qua la morte ne sente de mal ! La suave Lénore a “pris les devants” avec l’espoir qui volait à côté, te laissant dans l’égarement à cause de cette chère enfant qui aurait été ton épousée, — elle la belle et de grand air qui maintenant gît si profondément, la vie sur la blonde chevelure, mais pas dans les yeux, — la vie là encore, sur la chevelure, — la mort aux yeux. »

« Arrière ! ce soir j’ai le cœur léger. Je n’entonnerai de chant mortuaire, mais soutiendrai, dans son vol, l’ange par un Péan des vieux jours ! Que ne tinte de glas ! — de peur que son âme suave, parmi sa religieuse allégresse, n’en saisisse la note, comme Elle plane sur la Terre maudite. Vers les amis d’en haut, aux démons d’en bas le fantôme indigné s’arrache — à l’Enfer, vers une haute condition au loin dans les Cieux, — aux pleurs et aux plaintes, vers un trône d’or à côté du Roi des Cieux. »

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Edgar Allan Poe, le Maître dont l'oeuvre traverse les siècles 

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Virginia Clemm, sa cousine germaine qui devint  son épouse en 1836, avant de  décéder en 1847

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Edouard Manet illustration pour le poème Le Corbeau

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la tour de l'Université de Forham qui serait l'inspiratrice de son poème intitulé "Les Cloches"

LES CLOCHES        poème de Edgar Allan Poe

"Entendez les traîneaux à cloches — cloches d’argent ! Quel monde d’amusement annonce leur mélodie ! Comme elle tinte, tinte, tinte, dans le glacial air de nuit ! tandis que les astres qui étincellent sur tout le ciel semblent cligner, avec cristalline délice, de l’œil : allant, elle, d’accord (d’accord, d’accord) en une sorte de rythme runique, avec la « tintinnabulisation » qui surgit si musicalement des cloches (des cloches, cloches, cloches, cloches, cloches, cloches), du cliquetis et du tintement des cloches.

Entendez les mûres cloches nuptiales, cloches d’or ! Quel monde de bonheur annonce leur harmonie ! à travers l’air de nuit embaumé, comme elles sonnent partout leur délice ! Hors des notes d’or fondues, toutes ensemble, quelle liquide chanson flotte pour la tourterelle, qui écoute tandis qu’elle couve de son amour la lune ! Oh ! des sonores cellules quel jaillissement d’euphonie sourd bruyamment ! qu’il s’enfle, qu’il demeure parmi le Futur ! qu’il dit le ravissement qui porte au branle et à la sonnerie des cloches (cloches, cloches — des cloches, cloches, cloches, cloches), au rythme et au carillon des cloches !

Entendez les bruyantes cloches d’alarme — cloches de bronze ! Quelle histoire de terreur dit maintenant leur turbulence ! Dans l’oreille saisie de la nuit comme elles crient leur effroi ! Trop terrifiées pour parler, elles peuvent seulement s’écrier hors de ton, dans une clameur d’appel à la merci du feu, dans une remontrance au feu sourd et frénétique bondissant plus haut (plus haut, plus haut), avec un désespéré désir ou une recherche résolue, maintenant, de maintenant siéger, ou jamais, aux côtés de la lune à la face pâle. Oh ! les cloches (cloches, cloches), quelle histoire dit leur terreur — de Désespoir ! Qu’elles frappent et choquent, et rugissent ! Quelle horreur elles versent sur le sein de l’air palpitant ! encore l’ouïe sait-elle, pleinement par le tintouin et le vacarme, comment tourbillonne et s’épanche le danger ; encore l’ouïe dit-elle, distinctement, dans le vacarme et la querelle, comment s’abat ou s’enfle le danger, à l’abattement ou à l’enflure dans la colère des cloches, dans la clameur et l’éclat des cloches !

Entendez le glas des cloches — cloches de fer ! Quel monde de pensée solennelle comporte leur monodie ! Dans le silence de la nuit que nous frémissons de l’effroi ! à la mélancolique menace de leur ton. Car chaque son qui flotte, hors la rouille en leur gorge — est un gémissement. Et le peuple — le peuple — ceux qui demeurent haut dans le clocher, tous seuls, qui sonnant (sonnant, sonnant) dans cette mélancolie voilée, sentent une gloire à ainsi rouler sur le cœur humain une pierre — ils ne sont ni homme ni femme — ils ne sont ni brute ni humain — ils sont des Goules : et leur roi, ce l’est, qui sonne ; et il roule (roule — roule), roule un Péan hors des cloches ! Et son sein content se gonfle de ce Péan des cloches ! et il danse, et il danse, et il hurle : allant d’accord (d’accord, d’accord) en une sorte de rythme runique, avec le tressaut des cloches — (des cloches, cloches, cloches) avec le sanglot des cloches ; allant d’accord (d’accord, d’accord) dans le glas (le glas, le glas) en un heureux rythme runique, avec le roulis des cloches — (des cloches, cloches, cloches) avec la sonnerie des cloches — (des cloches, cloches, cloches, cloches, cloches — cloches, cloches, cloches) — le geignement et le gémissement des cloches."

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lodovico Carracci       Apparition de la Vierge à Saint-Hyacinth (détail)

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"Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.

Il y eut un homme envoyé de Dieu: son nom était Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n'était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière.

Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l'a point connue. Elle est venue chez les siens, et les siens ne l'ont point reçue. Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu."                         

                                                                                                         Saint-Jean apôtre salvator rosa,peinture baroque,littératurre fantastique,gothique,gérard de nerval,octave mirbeau,charles nodier,ernst theodor hexperos,wilhelm hoffmann

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« Où ai-je donc lu, pensait Raskolnikoff en s’éloignant, 

ce propos qu’on prête à un condamné à mort une heure avant l’exécution ? 

S’il lui fallait vivre

 sur une cime escarpée, sur un rocher perdu au milieu de l’océan

 et où il n’aurait que juste la place pour poser ses pieds ; 

s’il devait passer ainsi toute  son existence, mille ans, 

l’éternité, debout sur un espace d’un pied carré,

 dans la solitude, dans les ténèbres, 

exposé à toutes les intempéries de l’air,

 il préférerait encore cette vie-là à la mort ! 

Vivre n’importe comment, mais vivre !"

                                             Fiodor Dostoïevski          Crime et châtiment

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 Fiodor Dostoïevski

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pages dessinées et calligraphiées par Fiodor Dostoïevski

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 "Il existe un assez grand nombre de gens de la même espèce que Harry ; beaucoup d'artistes notamment appartiennent à cette catégorie.  Ces hommes ont tous en eux deux âmes, deux essences ; le divin et le diabolique, le sang maternel et le sang paternel, le don du bonheur et le génie de la souffrance coexistent et interexistent en eux aussi haineusement et désordonnément que le loup et l'homme en Harry."

                                                                Hermann Hesse       Le Loup des steppes

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 "Par malheur, je ne suis ni philosophe ni théologien. Je sais très bien que je ne vivrai pas plus de six mois ; il semblerait donc que les questions des ténèbres funèbres et des visions qui hanteront mon sommeil sépulcral devraient m'occuper avant tout. Mais, je ne sais pourquoi, mon âme ne veut pas s'occuper de ces questions-là, bien que mon esprit en reconnaisse toute l'importance. Maintenant, en face de la mort, comme il y a vingt ou trente ans, la science seule m'intéresse. En rendant le dernier soupir, je continuerai à croire que la science est ce qu'il y a d'essentiel, de plus beau et de plus nécessaire dans la vie de l'homme, qu'elle a toujours été et sera la plus haute manifestation d'amour, et que, par elle seule, l'homme vaincra la nature et lui-même. Cette foi est peut- être naïve et mal fondée, mais est-ce ma faute si je crois ainsi et non autrement? Je ne puis vaincre en moi cette foi."

Anton Tchékov       Une banale histoire (extrait)

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Giovanni Baglione        autoportrait et nature morte 

"Ce sommeil fut troublé par des rêves effrayants, et lorsqu’elle se réveilla, son front était couvert d’une sueur froide. Elle soulève ses paupières appesanties et promène ses regards sur la sombre muraille, où la lueur mourante de sa lampe lutte à peine contre les premières clartés du jour. Un bruit léger se fait entendre auprès d’elle ; elle prête l’oreille, et elle croit distinguer les pas lents d’une personne foulant avec précaution la paille de son cachot. Saisie d’effroi, elle jette les yeux sur la porte qui est exactement fermée. L’épaisseur des voûtes et des murs, et l’étroitesse de la lucarne défendue par deux barreaux de fer, ne permettent pas de supposer qu’une créature humaine ait pu s’introduire dans ce lieu. Et pourtant, à peu de distance de son oreille, une voix forte et éclatante prononce ces mots : Malheureuse victime ! — Ciel ! s’écrie Victoria, en recommandant son âme à Dieu, que me présage ce cri terrible ? — La torture… la mort ! répond la voix dont l’accent exprimait la dérision plutôt que la pitié. Et ces effroyables mots, plusieurs fois répétés, sont suivis d’un éclat de rire satanique. L’infortunée, plus morte que vive, se cache la tête dans ses mains, comme pour se dérober à quelque effroyable vision ; aussitôt un sifflement se fait entendre, auquel répond un cri aigu ; un choc violent renverse la lampe ; puis tout se tait ; l’ombre et le silence règnent seuls dans le souterrain. Quand le grand jour permit à l’orpheline d’examiner l’intérieur de son cachot, elle put se convaincre plus fermement que jamais, que nul effort, nul moyen imaginable n’avait pu en ouvrir l’accès à quelque personne que ce fût ; et, cependant, plus elle y songeait, plus elle se rappelait que ce qu’elle avait entendu ne pouvait être l’effet d’une hallucination." 

Catherine Cuthbertson  (1775?-1842?)     Romance des Pyrénées     (ou)

Les Visions du château des Pyrénées

(ce roman serait douteusement attribué à Ann Radcliffe)

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         Johann Heinrich Füssli

 "Je suis loin d'être brave, repartit la jeune fille ; mais pourquoi aurais-je peur des morts ?  Je n'ai pas à craindre que l'âme d'aucun d'eux vienne me reprocher d'avoir troublé ou détruit sa vie."

Catherine Cuthbertson         La Romance des Pyrénées     (ou)

Les Visions du château des Pyrénées

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  .... à  suivre.....

 

11/05/2018

MON LIVRE D'HEURES GOTHIQUE

Mon livre d'heures gothique

Mon livre d'heurts gothique

livre d'heures noir de Charles le Téméraire Pierpont Morgan Library de New-York 1475.jpg

Livre d'Heures noir de Charles le Téméraire 

 Livre d'heures noir de Charles le Téméraire (Pierpont Morgan Library  de New-York).jpg

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 La Caravage   La Trahison de JudasREC.jpg

 Le Caravage      La Trahison de Judas

"Il y a à la vérité, dit le marquis, des esprits si faibles qu'ils sont effrayés de faire des choses qu'ils sont accoutumés de regarder comme mauvaises, quelque avantageuses qu'elles puissent être.  Ils ne se laissent jamais guider par les circonstances, mais adoptent un plan fixe de vie dont ils ne veulent jamais, sous aucune considération, se départir.  La conservation de soi-même est la première loi de la nature.  Quand un reptile nous nuit ou qu'un animal de proie nous menace, nous ne pensons qu'à l'écraser.  Quand ma vie ou ce qui est essentiel à ma vie exige le sacrifice d'un autre ou même si quelque passion invincible l'exigeait, je serais un fou d'hésiter. "

ann-radcliffe      les-mystères-de-la-forêt

 violence, couple, fantastique

Tu me fais horreur        encre de chine de l'auteur, Dominique Mertens

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 Quelques extraits de

"l'apprenti-sorcier"

de

Hanns Heinz Ewers

violence au sein du couple

"Frank Braun s'interposa entre l'image sainte et la jeune fille.

- C'est la Madone qui m'a appelé, fit-il, le verbe ardent.

Il arracha la chemise virginale, découvrant la chair blanche comme l'écume.  Il répéta sourdement :

- C'est la Madone qui m'envoie !                                         

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Maria von Mörl

"La jeune fille jeta un cri et, des poings et des ongles, tenta d'échapper à l'étreinte.  Frank Braun la saisit aux hanches, la repoussa et lui renversa la tête, de la main droite.  Alors, sans qu'il sût comment, son doigt se trouva pris entre des dents solides.  Il cria de douleur, mais tordit autour de son poignet les nattes de la jeune fille.  Les dents lachèrent prise.  De la main droite il lui serra la gorge, tandis que de la gauche il lui maintenait les bras derrière le dos. 

C'est ainsi qu'il la prit."

Elle ne baissa pas les paupières.  Douloureuse, sans un geste, en silence elle considérait l'étranger, son bourreau.  Ses yeux étaient rivés sur cette impitoyable main qui lui emprisonnait le bras, sur cette main, hideuse et terrible !  Pas une plainte ne tomba de ses lèvres, pas une larme de ses yeux.

Frank Braun sentit, peu à peu, la force qui guidait ses mains refluer vers son âme.  Sa poitrine en feu s'apaisa.  Une harmonie, seraine et subite, se prit à sourdre en lui.  Il parla.

Sa voix avait la douceur des musiques lointaines.  Et les mots tombaient dans l'oreille de la jeune fille qui ne pouvait s'empêcher de les écouter : mots de tendresse infinie, mots étranges et persuasifs qu'il avait dits, jadis, à d'autres femmes, et d'autres mots encore, dont la douceur l'enivrait lui-même.  Ils descendaient, pluie merveilleuse et rafraîchissante, sur le pauvre corps martyrisé.

Alors, elle pleura."

 violence au sein du couple

rené-gabriel-ojeda      jeune femme fuyant avec son enfant dans les bras

"Il la prit dans ses bras, avec mille précautions, comme un petit enfant.

- La Madone l'a voulu !  murmura-t-il.

Elle tourna la tête et le regarda.  Etait-ce bien le même homme que tout à l'heure ?  Cependant tout à l'heure...  Mais savait-elle, au juste, ce qui s'était passé tout à l'heure ?  Elle se retrouvait dans les bras d'un être nouveau.  Elle lui pressa inconsciemment le bras, puis retira sa main, effrayée du geste involontaire."

 

"Lui, continuait à parler.  Il tissait, lentement, le tendre réseau d'amour autour de l'âme de la jeune fille.  Elle ferma les yeux et sentait les pulsations du corps de Frank Braun contre sa chair, à elle.  Une chaleur infinie la pénétra.  Cet amour, débordant de caresses, amollissait sa volonté.  Elle ne se défendit plus, quand il chercha ses lèvres.  Le cauchemar s'était mué en rêve.  Elle s'abandonna."

 violence au sein du couple

"Frank perçut, entre ses bras, l'éveil d'une vie nouvelle.  Le vainqueur savoura l'ivresse de sa victoire.  Une femme venait de naître.  Elle emprisonna la tête de Frank Braun, dans ses deux mains, l'attira à soi et la baisa fougueusement.

-  Oui, cria-t-elle, enfin, c'est la Madone qui t'a envoyé.  Je suis à toi !

Et ses étreintes se firent plus ardentes.

Elle lui prit les mains, ne se rappelant plus l'impression terrifiante qu'elle en avait ressentie quelques instants auparavant.  Elle les porta à ses lèvres, heureuse et docile.

Ils restèrent étendus, sans dormir, sans parler.  Un long frémissement de volupté les agitait.  L'amour les avait emportés dans son tourbillon..."

violence au sein du couple

Dominique Mertens       L'amour est illumination         

 

 

 

 

09/05/2018

RENAITRE GOTHIQUE

 

renaître   gothique

c'est renaître à la vie

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       Dominique Mertens          L'Oeil de Dieu donne vie aux spermatozoïdes    

(détail de La Fresque de la Vie)     

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Dominique Mertens          L'Oeil-de-Dieu        

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     Dominique Mertns           La Migration des spermatozoïdes        

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Dominique Mertens           In utero 1   

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Dominique Mertens           In utero  2     

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Dominique Mertens           In utero  3 

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Dominique Mertens          Le sablier-uterus        

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 Parcourons le journal d'une gothique,

extrait du chef-d'oeuvre  de Charles-Robert Maturin,

"Fatale vengeance", publié aux éditions José Corti,

notre fournisseur attitré de Gothique.

jose-corti.fr

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  "Ce 1er avril"

"Il est minuit... tout se tait autour de moi... pas un souffle de vent, pas un murmure.  Et moi, au sein de ce repos de la nature, comment suis-je ,  Que suis-je ? ... Quel est ce trouble de mon âme que semble encore accentuer la paix qui m'entoure ?  Qui ai-je vu ?  Je n'en sais rien ; je ne veux pas prononcer son nom ; je ne veux pas penser à ce qu'il est.  Je ressens un tel bonheur !  Il n'y a place pour rien d'autre.  Mes sentiments m'appartiennent ; ils sont mon trésor secret.  La joie que je sens en moi est suave et caressante comme une belle journée de printemps.  Il n'y a personne d'aussi heureux que moi cette nuit... Sauf lui peut-être ?  Il est si beau ! ... Comment peut-on être à la fois bercée par une douce quiétude et secouée par la tempête ?  Mes esprits sont agités, mais mon âme est paisible..."                                                                                     (suite ci-dessous)

Charles-Robert Maturin        Fatale vengeance

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Dominique Mertens          Naissance au gothique    

  

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Dominique Mertens           Naissance au gothique      

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 Dominique Mertens          La dame sans espoir de retour        

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Dominique Mertens           La Femme est née de l'eau          

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Viens...!!!

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Viens...!!!

 

Et  prends-moi...!

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naître au gothique

c'est naître à la mort   

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 naître-au-gothique         encre de l'auteur

"Enlever ses vêtements, reprit-il, comporte une autre signification, positive celle-ci, et dont tu ne peux qu'être fier.  Par ce geste on rejette, pour renaître à la vérité, ce qui nous a été imposé par la coutume, on disparaît du monde pour rejaillir dans la lumière, purifié.  Si le grain ne meurt, comment porterait-il son fruit ?"

Dominique Fernandez       La Société du mystère

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et

remonter le courant

de

 la Vie, cette vierge blanche

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 Dominique Mertens          Vierge blanche        

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  et  de

 la Mort, cette vierge noire

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Dominique Mertens          Vierge noire          

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        "Que j'aime à voir la décadence

de ces vieux chasteaux ruinez                                   

                    """""""""""""""                         

Contre qui les ans mutinez

Ont déployé leur insolence !

Les sorciers y ont leur sabat ;

Les démons follets s'y retirent,

Qui d'un malicieux ébat

Trompent nos sens et nous martirent ;

Là se nichent en mille trou,

Les couleuvres et les hyboux.

L'orfraye, avec ses cris funèbres,

Mortels augures des destins,

Fait rire et danser les lutins,

Dans ces leix remplis de ténèbres.

Sous un chevron de bois maudit

Y branle le squelette horrible

D'un pauvre amant qui se pendit

Pour une bergère insensible ..."

marc-antoine-de-gérard-de-saint-amant         la-solitude

du sieur de Saint-Amant

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"Les cheveux hérissez, j'entre en des resveries

De contes de sorciers, de sabaths, de furies ;

J'erre dans les enfers, je raude dans les cieux ;

L'âme de mon ayeul se présente à mes yeux ;

Ce fantôme léger, coiffé d'un vieux suaire,

Et tristement vestu d'un long drap mortuaire,

A pas affreux et lents, s'approche de mon lit ;

Mon sang en est glacé, mon visage en paslit,

De frayeur mon bonnet sur mes cheveux se dresse,

Je sens sur l'estomach un fardeau qui m'oppresse.

Je voudrais bien crier, mais je l'essaye en vain :

il me ferme la bouche avec sa froide main..."

 marc antoine de gérard de saint amant      les visions

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"... Au travers  de ce feu puant, bleuastre et sombre,

J'entrevoy cheminer la figure d'une ombre,

J'entends passer dans l'air certains gémissements,

J'avise, en me tournant, un spectre d'ossements,

Lors, jettant un grand cry qui jusqu'au ciel transperce,

Sans poux et sans couleur, je tombe à la renverse."

marc antoine de gérard de saint amant      les visions

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malédiction !!!

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Claudine

Guérin de Tencin 

 une des innombrables précurseures du genre littéraire gothique

 dont voici un extrait de l'adaptation de son roman  "Mémoires du Comte de Comminge " au théâtre par Baculard d'Arnaud 

sous le titre "Les Amants malheureux, ou Le Comte de Comminge" :

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 "un souterrain vaste et profond consacré aux sépultures de la trappe ; deux ailes du cloître, fort longues et à perte de vue, y viennent aboutir ; on y descend par deux escaliers de pierres grossièrement taillées et d'une vingtaine de degrés.  il n'est éclairé que d'une lampe.  au fond s'élève une grande croix, telle qu'on en voit dans nos cimetières, au bas de laquelle est adossé un sépulchre peu élevé, et formé de pierres brutes ; plusieurs têtes de mort amoncelées lient ce monument avec la croix ; c'est le tombeau du célèbre abbé de Rancé, fondateur de la Trappe.  Plus avant, du côté gauche, est une tombe qui paraît nouvellement creusée, sur les bords de laquelle sont une pioche, une pelle, etc.  Au devant  de la scène, dans un des côtés à droite, est une autre fosse.  Sur les ailes du souterrain, se distinguent de distance en distance, et à peu de hauteur de terre, une infinité de petites croix qui désignent les sépultures des religieux."

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 malédiction !!!

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illustration de l'ouvrage de Baculard d'Arnaud,

" Le Comte de Comminges ou Les Amants malheureux"

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"En disant ces derniers mots, le marquis sortit avec fureur de son cabinet.  Julia avait succombé à l'effroi de cette sorte de malédiction.  Ses jambes ayant cessé de la soutenir, elle était tombée à la renverse sur le parquet.  Seule et sans secours, ce ne fut qu'au bout de quelques heures qu'elle revint de son évanouissement.  Alors elle essaya de sortir de ce funeste cabinet, en s'appuyant tantôt contre un meuble, tantôt contre le mur."

anne_radcliffe       julia_ou_les_souterrains_du_château_de_mazzini

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 "Je m'avance, égaré, dans des plaines désertes :

De la destruction elles étaient couvertes,

Du fonds de noirs tombeaux, antiques monuments

J'entendais s'échapper de longs gémissements ;

Dans les débris épars de ces vieux mausollées,

Je voyais se traîner des ombres désollées ;

D'un lamentable écho ces champs retentissaient ;

Des monceaux de cercueils jusqu'aux cieux s'entassaient..."

Baculard d'Arnaud    

  Le Comte de Comminges ou Les Amants malheureux

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 Dominique Mertens          détail de la fresque de la Vie 

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illustration pour le roman de "emmeline_ou_l'_orpheline_du_château" 

de charlotte_turner_smith

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Dominique Mertens           détail de la fresque de la Vie

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illustration pour le roman "emmeline_ou_l'_orpheline_du_château" de charlotte_turner_smith

                   

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Et maintenant,

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      que se déchaîne

           le souffle de l'esprit...          

"Ida Munster, sorcière accusée de meurtre et de haute trahison,  apparais !  

Nous, les secrets vengeurs de l'Eternel,

nous te citons à comparaître devant le tribunal de Dieu

endéans les trois jours !"

christiane_bénédicte-naubert        herman_of_unna    

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illustration pour"le_spectre_du_château", pièce de théâtre de matthew_gregory_lewis

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david_teniers       scène de sabbath_des_sorcières

 accoucher !  accoucher au plus vite !!

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Dominique Mertens         Naissance gothique (encre et crayon)

Apparais...!!!

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"Apparais...!!!"

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"Apparais...!!!"

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               " Apparais...!!! "                              littérature gothique,fantastique,amour

                                        

"Apparais !!!" 

                                                                                                     

 

                                                        ..... à suivre.....

 

08/05/2018

Le JARDIN DES SEVICES

Entrez,

entrez sans crainte,

entrez

au Jardin des sévices...

 daphne1-0836.jpg

Giovanni Biliverti    Apollon et Daphné

  La Belle est au jardin d’amour
Elle y a passé la semaine
Son père l cherche partout

Et son amant qu’en est en peine
Faut demander à ce berger
S’il l’a pas vu dedans la plaine
Berger, berger n’as-tu point vu
Passer ici la beauté même?

Comment est-elle donc vêtue
Est-ce de soie ou bien de laine?
Elle est vêtue de satin blanc
Dont la doublure est de futaine
Elle est là-bas dans ce vallon
Assise au bord d’une fontaine
Entre ses mains elle tient un oiseau
La Belle lui conte ses peines

Petit oiseau que t’es heureux
D’être entre les mains de ma Belle
Et moi qui suis son amoureux
Je ne puis pas m’approcher d’elle

Faut-il être auprès du ruisseau
Sans pouvoir boire à la fontaine?
Buvez mon cher amant buvez
Car cette eau-là est souveraine
Faut-il être auprès du rosier
Sans en pouvoir cueillir la rose?
Cueillez mon cher amant cueillez
Car c’est pour vous qu’elle est éclose

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Le Jardin des délices

 Sévices d'amour.jpg

Dominique Mertens           Agression

sorcières au bucher sculptées.jpg

Gentil coquelicot  

(chanson poupulaire pour enfants)

J'ai descendu dans mon jardin (bis)

Pour y cuieillir du romarin

Gentil coquelicot Mesdames, (refrain)

Gentil coquelicot nouveau.

Un rossignol vint sur ma main (bis)

Il me dit trois mots en latin.

Que les hommes ne valent rien (bis)

Et les garçons encore bien moins.

Des dames il ne me dit rien (bis)

Des demoiselles beaucoup de bien.

Tarquin et Lucrèce.jpg

Le Tintoret        Tarquin et Lucrèce

"L'Impression que je crus avoir faite sur la belle me mit tout juste dans l'état qu'elle voulait : je perdis la tête et je la suivis dès lors avec mille peines, à la faveur de l'ombre et du crépuscule, partout où je pouvais.  Toute ma vanité était de la rendre vaine de moi, et je ne parvenais pas, avec la meilleure volonté, à chasser de mon cerveau cette ivresse pour la faire pénétrer dans mon coeur."

Adelbert von Chamisso 

"L'étrange histoire de Peter Schlemihl"

 Mon seul Amour.jpg

Dominique Mertens           Ecrit sur la pierre

"Brièvement, il posa un baiser sur le front de son épouse et s'en fut, happé par cette insatiable nuit qui n'avait semble-t-il d'autre but que de dévorer le peu d'espoir qui nous restait encore."

Françoise-Sylvie Pauly    L'Invitée de Dracula

   

"Les images que je jetais en son âme devaient, sans qu'elle s'en rendît compte, prendre un développement merveilleux, devenir plus brillantes et plus étincelantes ; apparaissant alors dans leur véritable signification, elles devaient la remplir de l'idée de jouissances inconnues, jusqu'à ce que, martyrisée et déchirée par un désir indicible, elle se jetât d'elle-même dans mes bras."

E.TA Hoffmann      Les Elixirs du Diable

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"Elle aimait en femme,

faisant le sacrifice d'elle-même,

s'oubliant, se dévouant sans réserve,

occupée seulement de celui qui était sa vie

et ne se souciant pas de savoir

si elle n'allait pas elle-même à sa perte..."

Adelbert von Chamisso  

"L'étrange histoire de Peter Schlemihl"

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L'Enlèvement d'une licorne         gravure d'Albrecht Dürer

"Impossible de décrire le changement qui s'opéra alors en moi, la soif dévorante des joies du monde que j'éprouvai, le sentiment qui me faisait voir le vice sous les formes les plus séduisantes et comme le summum du bonheur qu'on puisse goûter sur terre."

E.T.A. Hoffmann     Les elixirs du Diable

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Hans Sebald Beham    Haust du mich, so stich ich dich

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Orphée battu par les Bacchantes        gravure d'Albrecht Dürer

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    Dominique Mertens            Amour éconduit        

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Prison d'Amour

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Jardin d'Amour gothique,  jardin de cauchemar ?

 

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Le couple en noir... et blanc

      

"Au moment où la malheureuse croyait étourdiment pouvoir se jouer des enchaînements périlleux de la vie, elle était livrée au hasard, ou mieux à la destinée maligne qui conduisait ma main.  Car c'était uniquement ma force enflammée par des puissances mystérieuses qui la contraignait à prendre pour ami et allié l'homme qui ne se couvrait des apparences de l'amitié que pour la tenir prisonnière comme une ennemie et la conduire à sa perte."

E.T.A. Hoffmann       Les Elixirs du Diable

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le Tintoret        La Mort de Lucrèce (détail)

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Fête au Jardin d'Amour

"Car il est des jardins  -plantés par des monarques

qui un moment s'y délassèrent

avec de jeunes femmes qui à la musique

étrange  de leur rire mêlaient des fleurs.

Elles animaient ces parcs las ;

murmuraient comme souffles en les buissons,

étincelaient dans leurs fourrures et peluches,

et les ruches soyeuses de leurs robes matinales

comme un ruisseau bruissaient sur le gravier."

Rainer Maria Rilke

Le Livre de la pauvreté et de la mort

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Dominique Mertens           Amour fait perdre la tête et rendre l'âme

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Gustave Doré   gravure pour  La divine comédie  de Dante

 

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Dominique Mertens          Au jardin d'Amour

      

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Dominique Mertens            Amour craint  dévoiement      

 

 

Amour gothique...

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... au Jardin des Délices

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Dominique Mertens          Fruit de l'Amour        

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Aristote et Phyllis     le Maître du Housebook 

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Daniel Hopfer    Gib Frid  (Trois vieilles femmes battant à mort un diable) 

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Dominique Mertens           A quelques pas de là...        

 

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"L'Amour sacré,

l'amour virginal,

l'amour plus fort que le tombeau

ne cherche que le dévouement

et fuit, éperdu, devant l'égoïsme du désir."

Eliphas Lévi

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"Vous qui par malheur dans ce lieu solitaire,

Peut-être fûtes amenés,

Sachez qu'il est des mortels sur la terre

Autant que vous infortunés."

Ann Radcliffe

Les Mystères de la forêt

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"Je fus rappelée de cette mort momentanée par le soin d'une voix qui me fit désirer qu'elle eût été éternelle.  C'était la voix terrible de Williams.  De quelle horreur mon âme fut à l'instant frappée !  Quelles affreuses images s'offrirent à mes yeux, que j'ouvrais à peine !  J'osai enfin jeter en tremblant quelques regards autour de moi.  Je vis que l'on m'avait transportée dans le grand appartement du souterrain.  Ce lieu, consacré jadis  à l'innocence et à la piété, n'était plus qu'une caverne de brigands, peut-être, hélas, de meurtriers.  Ils étaient une bande nombreuse, et paraissaient prêts à exécuter au premier signal les ordres de leur féroce commandant.  Williams contemplait avec une joie maligne deux malheureuses victimes que le ciel semblait livrer à sa vengeance.  Je me crus perdue sans ressource, aussi bien que Lord Leicester qui, désarmé, et demeurant à mes côtés, les regardait d'un oeil intrépide, et recueillait son âmes en silence.  J'aperçus autour de nous divers ustensiles qui m'étaient inconnus ; je crus voir autant d'instruments de torture et de mort.  

"Dieu tout puissant, dis-je en moi-même, épargne-nous les tortures, si la mort est inévitable !"

Sophia Lee

Le Souterrain

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 "Je me trouvai dans une petite chambre carrée dont une table à moitié brisée, une chaise et un matelas composaient tout l'ameublement.  Les murailles qui avaient été revêtués de plâtre, étaient dégradées en quelques endroits, et dans d'autres, recouvertes d'une croûte verte qui me confirma dans l'opinion où j'étais de l'humidité de cette prison, car en y entrant, j'avais été saisi de froid."

 Francis Lathom     La Cloche de minuit

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Dominique Mertens          La Prisonnière          

"Il n'est pas nécessaire de croire en une source surnaturelle du mal.  Les hommes sont, par eux-mêmes, capables de toutes les méchancetés." 

Joseph Conrad

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Dominique Mertens           Je t'en supplie !        

"Fais ce que tu voudras, pauvre insensée !  Je remplis mon devoir.  Si tu te crois intéressée à protéger ton suborneur, à ne pas corriger un méchant par des épreuves, à ne pas le garantir de sa perte par les châtiments, suis ton inclination ; tu le peux sans obstacle.  Mais si tu veux écouter le conseil de la vieillesse et de l'expérience, fuis ce monstre qui se fait un jeu des lois les plus sacrées.  Sa conscience est chargée de l'opprobe de toutes les femmes qu'il a déshonorées, son âme est souillée de sang."

Christian Heinrich Spiess        Le Petit Pierre

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 Rembrandt van Rijn         Le Philosophe

"J'exige, dit-il enfin avec emportement, j'exige une confession simple et pure de ton crime ; c'est le seul moyen de te sauver !  Cet aveu, s'il est sincère, peut seul amortir dans mon coeur la soif de vengeance."

Christian Heinrich Spiess     Le Petit Pierre

 

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illustration de Sc. Huyot pour "Quentin Durward" de Walter Scott

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Emile Friant       La Douleur

"Et de cette ombre incertaine surgit peu à peu  une silhouette qui paraissait tourner le dos à la dormeuse.  C'était celle d'une femme qui, dans le plus profond silence, exprimait, autant que le pouvait son langage gestuel, la souffrance la plus extrême, en se tordant les mains, en jetant sa tête de part et d'autre, à la manière de quelqu'un que l'ultime affliction a mené à l'épuisement et qui n'en peut plus de souffrir."

Sheridan Le Fanu      Le Destin de Sir Robert Ardagh

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le massacre de la Saint-Barthélémy

"Dois-je comprendre que vous avez commis un de ces actes terribles qui sont les stigmates de notre société civilisée ?  Exerçant une implacable vengeance, auriez-vous banni de ce monde l'un de vos semblables qui, à son insu peut-être, vous aurait offensé ?  L'auriez-vous envoyé devant son souverain juge avant que son temps fût accompli, sa tâche achevée, son âme absoute, son salut assuré ?  Si vous êtes l'auteur d'un crime que la société pardonne mais que la conscience réprouve, il n'y a oas lieu de perdre espoir.  Et si la justice humaine vous poursuit, alors fuyons !

Charles-Robert Maturin      Fatale vengeance

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Barthélémy Vieillevoye       Caïen

"Femme !  Femme !  A la fois fragile et téméraire.  Vous vous évanouissez en entendant parler de sang, et l'instant d'après vous m'incitez à le verser."

Charles-Robert Maturin      Fatale vengeance

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Le Titien       Le viol de Lucrèce

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Werner Peiners      Europa und der Stier

(ce tableau trônait dans la chambre à coucher du sinistre officier nazi Herman Göring)

"Dans le jardin de l'amour, ses mains cueillaient tous les fruits empoisonnés et elle les dégustait en riant..."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

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 "L'horreur du spectacle, l'ignorance de tout ce qui  concernait la façon dont ce malheur était arrivé,  et surtout le caractère extraordinaire du phénomène, avaient rendu le Prince complètement muet."

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 "Il ne manque souvent à la cruauté, à la vengeance et au libertinage, pour commettre les plus grands crimes, que les faveurs de la fortune ; si vous voulez connaître jusqu'où ces passions peuvent aller, mettez-les dans le coeur d'un homme puissant."

sénèque       lettres_ à_ lucilius

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abraham_bosse       homme_menaçant_sa_femme

 

 

 

 

 à suivre...

01/05/2018

WOLFRAM MANTEUFEL

W  O  L  F  R  A  M

M  A  N  T  E  U  F  E  L

C'EST  MOI

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(cliquez sur les illustrations pour les agrandir)

ET  ENCORE  MOI

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 ET  TOUJOURS  MOI

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ET  ENCORE  TOUJOURS  MOI

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" C'est en sortant de soi-même

qu'on peut contempler d'un autre point de vue son propre moi,

qui apparaît alors comme un instrument

cédant à la volonté supérieure

qu'on a de poursuivre le but qu'on s'est assigné

comme le plus haut dans la vie.

Et sais-tu quelque chose de plus élevé

que d'imposer sa volonté,

que de dominer la vie dans la vie,

que de retenir arbitrairement, à son gré,

comme sous le charme d'une force magique,

tous ses phénomènes et ses joies multiples ? "

E.T.A Hoffmann     Les Elixirs du Diable

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Venez, suivez-moi

et découvrez pourquoi j'ai transcrit

ce que j'ai vécu au fil des pages de 

ce manuscrit que j'ai intitulé 

"Dans ses yeux je voyais ma mort"

 

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Dominique Mertens       Ivre d' amour (encre de Chine)

"Ce'que je suis !  Qui saurait le dire ?  Parfois je l'ignore moi-même.  Pourtant je me comporte comme les autres hommes et j'accomplis les mêmes actes de la vie quotidienne.  Mais quand vient l'heure, quand la puissance est sur moi, alors (...) je chevauche les coursiers de la nuit, je vais de région en région tel une ombre et seul je foule aux pieds les confins de l'être."

Charles-Robert Maturin     Fatale vengeance

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"Chez moi, 

le temps est toujours à son commencement,

la souffrance toujours à venir." 

Charles-Robert Maturin      Fatale vengeance

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Hercules (détail)     gravure d'albrecht-dürer

"Je suis invisible là où il me convient et présent là où il me plaît."

Charles-Robert Maturin      Fatale vengeance

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"Seul, sans trouver d'issue et sans voir de clarté,

Je tâte dans la nuit ce mur, l'éternité"

Victor Hugo  

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"Hi !...  Hi !...  Hi !... petit frère... petit frère...

toujours, toujours, je suis près de toi...

Je ne te lâche pas... Je ne te lâche pas..."

E.T.A. Hoffmann     Les Elixirs du Diable

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"Ce n'est pas par hasard que le thème de l'amour nous ramène ici au thème du double, déjà rencontré dans Les Elixirs.  Comme tout ce qui met l'homme en présence du surnaturel, l'amour provoque un dédoublement de sa personnalité."

max-milner 

le-diable-dans-la-littérature-française

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invocation-d'-un-esprit

"Une nuit, la neuvième peut-être, alors que l'horreur et l'effroi m'avaient fait perdre à demi connaissance et que j'étais étendu sur la froide dalle, j'entendis distinctement qu'on frappait sous moi à coups légers et réguliers.  Je tendis l'oreille ; les coups continuaient, cependant que, de temps en temps, un éclat de rire étrange semblait sortir du sol !  Je me relevai précipitamment et allai me jeter sur la paille ; mais le bruit persistait, coupé de rires et de gémissements.  Enfin j'entendis appeler à plusieurs reprises, doucement, tout doucement, mais d'une voix balbutiante, rauque et affreuse : "Médard !  Médard ! "  Un frisson glacial me traversa les membres.  Je pris une résolution énergique et criai : "Qui est là ?  Qui est là ?"  A présent, les rires devenaient plus éclatants, les soupirs et les gémissements redoublaient, les coups étaient plus bruyants et les rauques balbutiements plus distincts : "Médard !  Médard !"  Je me levai brusquement : "Qui que tu sois, toi qui fais ici le revenant, montre-toi devant moi, afin que je puisse te voir, ou cesse de rire et de frapper aussi follement !"  m'écriai-je dans les ténèbres épaisses.  Mais juste sous mes pieds les coups et les balbutiements se firent encore mieux entendre : "Hihihi... hihihi... Pe-tit frè-re...  Pe-tit frè-re... Mé-dard...  je suis là... suis là... ou-ou-vre-moi... ou-vre... nous i-rons dans la fo-fo-rêt... irons... forêt..."

A présent, la voix résonnait en moi comme si elle m'eût été vaguement connue ; je l'avais, du reste, déjà entendue, mais alors elle n'était pas décousue de la sorte ; elle ne bégayait pas ainsi, me semblait-il.  Effrayé, je croyais même discerner le son de ma propre voix.  Involontairement, comme si j'eusse voulu voir s'il en était réellement ainsi, je répétai l'appel : "Médard !... Médard !..."  A ce moment, les rires reprirent, mais moqueurs et furieux, et j'entendis appeler : " Pe-tit frè-re..., Pe-tit frè-re... m'as-tu re-connu... re-con-nu... re-con-nu ?  Ou-ou-vre-moi, nous irons dans la fo-forêt... dans la forêt..."

E.T.A. Hoffmann   les-élixirs-du-diable

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mon-âme-et-son-double        encre de Chine de l'auteur

"Je me hâtai à travers la nuit obscure vers la résidence et il me semblait que quelqu'un courait à côté de moi et qu'une voix murmurait :

"Tou... touj... toujours je suis auprès de... de toi..., pe... petit frère... petit frère Médard."

En regardant autour de moi, je m'apercevais bien que ce fantôme, mon double, n'existait que dans mon imagination ; mais je ne pouvais pas me débarasser de cette effroyable vision.  Il me sembla même finalement qu'il me fallait lui parler et lui raconter que j'avais une fois de plus été très sot et que je m'étais laissé effrayer par ce fou d'Hermogène.  Sainte Rosalie allait donc bientôt être à moi, toute à moi, car c'est pour cela que j'étais moine et que j'avais été consacré.  Alors mon double se mit à rire et à soupirer, comme il le faisait d'habitude, et il balbutia :

"Alors vi... vite... vite !

-Prends patience, continuai-je.  Prends patience, mon garçon.  Tout ira bien.  Il n'y a qu'Hermogène que j'aie manqué ; il a au cou une maudite croix, comme nous deux, mais mon petit couteau agile est encore tranchant et bien effilé.  

- Hi... hi... fra... fra... frappe bien... frappe bien..."

Ainsi murmurait la voix de mon double dans le sifflement du vent matinal, qui soufflait du côté où un feu pourpre s'embrasait à l'orient."

E.T.A. Hoffmann        Les Elixirs du diable

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"Un homme demi-nu, à la mine furieuse, au regard épouvantablement sauvage, portant autour de son corps les lambeaux d'un habit de capucin, se pressait à travers la foule en renversant tout sur son passage, à coups de poing.

Je reconnus mon horrible double ; mais au moment où, pressentant une chose atroce, je voulais m'élancer et me jeter au-devant de lui, le monstre délirant avait bondi par-dessus la galerie qui entourait le maître-autel.  Les nonnes s'enfuyaient en criant ; l'abbesse avait saisi aurélie et la tenait fortement dans ses bras.

"Ah !  Ah !  Ah !  cria le forcené d'une voix puissante, vous voulez me voler la princesse ?  Ah !  Ah !  Ah !  La princesse est ma petite fiancée."

Et, ce disant, il attira à lui Aurélie et lui plongea dans la poitrine jusqu'au manche le couteau qu'il brandissait dans sa main, de telle sorte que le sang jaillit en l'air comme un jet de source.

"Hi !  Hi !  Hi ! ... hi ! hi !  Maintenant, j'ai ma petite fiancée ; maintenant, j'ai pris possession de la princesse."

E.T.A. Hoffmann        Les Elixirs du diable

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 "Lorsque je me réveillai, comme sortant d'un profond engourdissement, il faisait déjà nuit.  Seule la pensée de fuir, comme une bête aux abois, vivait en mon âme.  Je me levai, mais à peine eus-je fait quelques pas que, bondissant hors du fourré, un homme sauta sur mon dos et de ses bras me serra le cou.  En vain, je cherchai à m'en débarrasser : je me jetai à terre, je me frottai l'échine contre les arbres, tout était inutile.  L'homme ricanait et riait  sarcastiquement ; alors la lune brilla à travers les sapins noirs et le visage hideux, blème comme un cadavre, du moine, du prétendu Médard  -de mon double-  me regardait fixement et horriblement, comme quand il était sur la charrette.

"Hi !... Hi !... Hi !... petit frère... petit frère... toujours, toujours, je suis près de toi...  Je ne te lâche pas...  Je ne te lâche pas...  Je ne puis... cou... courir, comme toi.  Il faut que tu me por... portes...  je viens de l'écha... l'échafaud...  on a voulu me rou... rouer...  Hi !  Hi i..."

E.T.A. Hoffmann        Les Elixirs du diable

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"C'est moi  qui avais parlé ainsi, mais, lorsque je me sentis séparé de mon propre moi qui était mort, je remarquai que j'étais devenu la pensée immatérielle de mon être, et bientôt je me reconnus comme étant le rouge qui nageait dans l'éther.  Je m'élançais jusqu'aux sommets éclatants des montagnes.  Je voulais entrer par la porte des nuages dorés du matin dansle château de mes pères ; mais des éclairs traversèrent, comme des serpents de feu, la voûte du ciel, et je fis précipité vers le bas, comme un nuage humide et sans couleur.

"C'est moi, moi, disait la pensée, c'est moi qui colore vos fleurs et votre sang : les fleurs et le sang sont la parure de votre noce que je prépare."

Et, en descendant toujours plus bas, j'apercevais le cadavre, avec sa plaie béante à la poitrine, d'où coulait à flots cette eau impure.  Mon souffle devait changer cette eau en sang ; mais cela ne se produisit pas : le cadavre se dressait et me regardait fixement avec des yeux vides et hideux et il hurlait, comme le vent du nord dans la profondeur des abîmes : "Pensée folle et aveugle, il n'y a pas de combat entre la lumière et le feu, mais la lumière est le baptême du feu par le rouge que tu as essayé d'empoisonner."   ...  

Ainsi parla en moi une voix intérieure et je me mis à prier.  J'entendis frapper doucement à ma porte.  je crus que quelque moine voulait me voir, mais j'entendis bientôt, avec une profonde frayeur, les rires et ricanements épouvantables du fantôme qui était mon double, et il s'écriait sarcastiquement et pour me taquiner :

"Petit frère... me voici de nouveau près de toi... la blessure saigne... la blessure saigne, rouge...  

Viens avec moi, petit frère Médard...

 Viens avec moi."

E.T.A.  Hoffmann        Les Elixirs du diable

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 "En un sens, on ne regagne jamais qui l'on a commencé de perdre.

Mais on peut rencontrer l'autre qui se cache derrière."

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Façonnée à son image        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

 "Accablé de regrets, Rodolphe revint sur ses pas. Il traversa le pays sans projet ; mais bientôt, trompé par une nouvelle illusion, il s'enfonça dans la forêt de Spessart.  Il y avait entendu une voix qui criait et l'appelait par son nom.  Cette voix le détourna de sa route et l'attira dans un endroit sauvage.  "Tu te crois malheureux ; Agnès se croit sans secours, criait la voix du sommet d'un rocher.  Regarde-moi et juge lequel de nous est le plus abandonné, le plus misérable !"  Rodolphe leva les yeux et vit le Petit Pierre enchaîné dans les airs au-dessus du rocher escarpé."

 Christian Heinrich Spiess        Le Petit Pierre

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 "Me dévorant des yeux, elle m'attirait vers elle, et ses lèvres brûlantes couvraient mes joues de baisers tandis qu'elle murmurait d'une voix entrecoupée : "Tu es mienne, tu seras mienne, et toi et moi  nous ne ferons qu'une à jamais !"  Après quoi, elle se rejetait en arrière sur sa chaise-longue, couvrait ses yeux de ses petites mains, et me laissait toute tremblante.

-  Sommes-nous donc apparentées ? lui demandais-je.  Que signifient tous ces transports ?  Peut-être retrouves-tu en moi l'image d'un être que tu chéris ; mais tu ne dois pas te comporter de la sorte.  Je déteste cela.  Je ne te reconnais pas, je ne me reconnais pas moi-même, quand tu prends ce visage, quand tu prononces ces paroles."

Sheridan Le Fanu      Carmilla

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"C'est moi qui avais parlé ainsi, mais, lorsque je me sentis séparé de mon propre moi qui était mort, je remarquai que j'étais devenu la pensée immatérielle de mon être, et bientôt je me reconnus comme étant le rouge qui nageait dans l'éther.  Je voulais entrer par la porte des nuages dorés du matin dans le château de mes pères ; mais des éclairs traversèrent, comme des serpents de feu, la voûte du ciel, et je fus précipité vers le bas, comme un nuage humide et sans couleur."

E.T.A. Hoffmann      Les Elixirs du Diable 

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"Les morts se lèvent hors du tombeau et célèbrent l'office divin."

Ainsi parla en moi une voix intérieure et je me mis à prier. J'entendis frapper doucement à ma porte.  Je crus que quelque moine voulait me voir, mais j'entendis bientôt, avec une profonde frayeur, les rires et ricanements épouvantables du fantôme qui était mon double, et il s'écriait sarcastiquement et pour me taquiner : 

"Petit frère... me voici de nouveau près de toi... la blessure saigne... la blessure saigne, rouge...  Viens avec moi, petit frère Médard... viens avec moi."

E.T.A. Hoffmann      Les elixirs du Diable

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"Mon double était devant mes yeux.  Non, ce n'était pas l'affreux démon immatériel du délire qui courait derrière moi et qui, comme un monstre me dévorant jusqu'au plus profond de mon être, était monté sur mes épaules ; c'était le moine fugitif et insensé qui me poursuivait et qui enfin, lorsque j'étais étendu sur le sol profondément évanoui, me prit mes vêtements et jeta sur moi le froc.  C'était lui qui était couché devant la porte du couvent et qui me ressemblait, me ressemblait de façon abominable."

E.T.A Hoffmann      Les Elixirs du Diable

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"Tou... touj... toujours je suis auprès de ... de toi...,

pe... petit frère... petit frère Médard."

E.T.A.  Hoffmann      Les Elixirs du diable

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"En regardant autour de moi, je m'apercevais bien que ce fantôme, mon double, n'existait que dans mon imagination ; mais je ne pouvais pas me débarasser de cette effroyable vision.  Il me sembla même finalement qu'il me fallait lui parler et lui raconter que j'avais une fois de plus été très sot et que je m'étais laissé effrayer par ce fou d'Hermogène.  Sainte Rosalie allait donc bientôt être à moi, toute à moi, car c'est pour cela que j'étais moine et que j'avais été consacré.  Alors mon double se mit à rire et à soupirer, comme il le faisait d'habitude, et il balbutia : 

"Alors vi... vite... vite !

-  Prends patience, continuai-je.  Prends patience, mon garçon.  Tout ira bien.  Il n'y a qu'Hermogène que j'aie manqué ; il a au cou une maudite croix, comme nous deux, mais mon petit couteau agile est encore tranchant et bien affilé.  

-  Hi... hi... fra... fra... frappe bien... frappe bien..."

Ainsi murmurait la voix de mon double dans le sifflement du vent matinal, qui soufflait du côté où un feu pourpre s'embrasait à l'orient."

E.T.A. Hoffmann      Les Elixirs du diable

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"Les jours, les nuits, les semaines s'envolèrent.  Ni l'un ni l'autre ne savait ce qu'ils accomplissaient.  Et des phénomènes singuliers se passaient maintenant, où il devenait difficile de distinguer le point où l'imaginaire et le réel étaient identiques.  Une présence flottait dans l'air : une forme s'efforçait de transparaître, de se tramer sur l'espace devenu indéfinissable. 

D'Athol vivait double, en illuminé.  Un visage doux et pâle, entrevu comme l'éclair, entre deux clins d'yeux ; un faible accord frappé au piano, tout à coup ; un baiser qui lui fermait la bouche au moment où il allait frapper, des affinités de pensées  féminines qui  s'éveillaient  en lui en réponse à ce qu'il disait, un dédoublement de lui-même tel qu'il sentait, comme en un brouillard fluide, le parfum vertigineusement doux de sa bien-aimée auprès de lui, et, la nuit, entre la veille et le sommeil, des paroles entendues très bas : tout l'avertissait.  C'était une négation de la Mort élevée, enfin, à une puissance inconnue ! "

auguste-villiers-de-l'-isle-adam      véra

 

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 Et maintenant, sois-moi,

DOMINIQUE   MERTENS,

et suis-moi...

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...car le temps nous est compté !!!

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 "Quelquefois, par un suprême effort, je parviens à reculer l'instant fatal.  Quelle n'est pas alors ma joie lorsque j'entends sonner la première heure après minuit  - c'est autant de dérobé à l'ennemi !  Mais cette nuit, aucun répit ne me sera accordé.  Déjà je sens s'insinuer en moi le sommeil de la mort."

Charles-Robert Maturin      Fatale vengeance

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abbaye-de-flône      châsse-de-sainte-denise

"Ma tâche est la mort, répéta-t-il.  Entreprise longtemps différée, longtemps mûrie, mais pas encore conclue.  C'est pour elle que j'ai été rappelé ; c'est à cause d'elle que j'erre depuis tant d'années, sans espérance ni repos.  J'ai voyagé seul, j'ai agi dans l'ombre : nul ne me connaissait, nul ne s'enquérait de mon nom et de mes intentions.  Mais le moment est proche qui verra l'accomplissement de ma mission.  C'est pourquoi il m'est permis de venir à vous et de vous parler."

Charles-Robert Maturin       Fatale vengeance

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"Du miroir me vint la connaissance, du vieux miroir au cadre d'or, qui vit tant de jeux amoureux dans la grande pièce du château de San Costanzo.  De ce miroir me vint la vérité, en feuilletant le livre de cuir rouge : l'innocence est le plus doux de tous les péchés."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

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Ich wil auch mit (moi aussi je veux en être)

   gravure de hans-sebald-beham

MOI  AUSSI  JE  VEUX  EN  ETRE... !

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le tome 1 de mon roman, disponible aux Editions des Tourments

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le tome 2 de mon roman, disponible aux Editions des Tourments

editionsdestourments.fr

 

 

.....

AMOURS VAMPIRIQUES

AMOURS  VAMPIRIQUES

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"il profita indignement de cette occasion, imprima sans résistance des baisers sur ses joues et dévoiula sa gorge de ses mains téméraires.  Le prompt instinct de la pudeur la réveilla bientôt ; elle s'arracha de ses bras, versa des pleurs, poussa des cris et s'abandonna au plus mortel désespoir.  Rodolphe la laissa exhaler librement sa fureur : les gémissements de la douleur avaient déjà pour lui autant de charme que les sons d'une lyre mélodieuse.  L'égarement d'une femme qui, dans son délire, ne prend plus garde à son corps, le découvre et l'expose aux regards sans y songer, était devenu un spectacle délicieux pour son coeur perverti ; il en rassasia ses sens et le feu de la volupté l'embrasa de ses plus vives flammes.  Marie eut bientôt épuisé toutes ses forces et tomba sans respiration.  Elle ne put empêcher le monstre de la serrer de nouveau dans ses bras, de lui ravir ses baisers...

"Grâce !  Miséricorde !" fut tout ce que put prononcer sa voix gémissante."

Christian Heinrich Spiess     Le Petit Pierre

 

"Non, tu vivras ; je ravirai de force ce que tu ne veux pas m'accorder.  Après t'avoir déshonorée, je te chasserai, je t'exposerai à la risée du peuple ; un héraut marchera devant toi et criera :

"La voilà, la prostituée ! La voilà !"  

christian-heinrich-spiess       le-petit-pierre

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"L'embrasser avec toute la passion d'un désir furieux et puis lui donner la mort, telle était la pensée qui me poursuivait irrésistiblement."

e-t-a-hoffmann      les-elixirs-du-diable

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Dans l'enfer de l'amour...

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Par pitié, mon ami        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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"Nous le disons ici pour consoler toute femme chaste et prévenir toute femme légère : elle sentit profondément la perte de son innocence ; elle aurait voulu racheter de la moitié de sa vie, de sa vie toute entière l'heure unique qui, dans l'ivresse du plaisir, lui avait paru si délicieuse ; mais l'heure avait fui sans retour."

Christian Heinrich Spiess     Le Petit Pierre

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Jeune fille gothique        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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"Mon coeur est mort à, l'amour ; je ne veux plus lui rendre aucun hommage.  J'ai senti tous ses plaisirs ; mais ses peines les ont tellement surpassées, qu'ils ne peuvent plus me séduire."

Christian  Heinrich Spiess     Le Petit Pierre

 

"Furieux, il s'élance vers l'échafaud et voir... le corps imprimé d'Agnès sur le sable, la tête séparée du tronc, cette tête dont les yeux ouverts à demi le pénètrent d'horreur et qui demandait vengeance !  A cette affreuse image, il perd connaissance et tombe.  Depuis une heure, Agnès n'était plus.  trois fois elle avait jeté des regards dans la foule, trois fois elle avait appelé rodolphe et elle était sortie de ce monde avec l'idée cruelle qu'il l'avait totalement oubliée, qu'il aurait pu la sauver s'il l'eût encore aimée."

Christian Heinrich Spiess     Le Petit Pierre

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"Ils poursuivirent leur route : ils avaient déjà franchi la moitié des hautes montagnes de la Suisse, lorsqu'un de ces orages fréquents dans les pesantes soirées de l'été s'éleva derrière eux.  Ils pressèrent le pas de leurs chevaux pour arriver au gîte ; mais bientôt l'orage et la nuit les surprirent à la fois.  Enveloppés des plus épaisses ténèbres, ils s'écartèrent du chemin frayé et s'engagèrent dans la forêt.  L'éclair leur montrait par intervalles des abîmes prêts à les engloutir : ils reculaient d'épouvante et s'égaraient de plus en plus.  Enfin l'orage se dissipa et ils reprirent courage ; mais ils cherchèrent vainement leur route.

Vers minuit, ils aperçurent une lumière dans l'éloignement ; ils tâchèrent de s'en approcher.  Cette clarté partait d'un château illuminé qui s'élevait sur  un rocher au milieu de la forêt.  Ils prirent le sentier  étroit et tournoyant qui y conduisait et arrivèrent enfin à la porte : elle était fermée.  rodolphe appelle la vedette ; point de réponse.  Il ordonne de frapper ; soudain les portes s'ouvrent d'elles-mêmes.  le chevalier entre avec ses écuyers dans une cour spacieuse.  là, il attend que quelqu'un vienne lui demander son nom ; mais un morne silence régnait partout.  Déjà les cavaliers parlaient de fantômes ; plusieurs même voulaient retourner sur leurs pas ; mais, à leur grand étonnement, la porte s'était refermée derrière eux et il leur était impossible de lk'ouvrir.  Tout à coup retentit dans le lointain le son perçant d'une petite cloche ; bientôt des cloches plus fortes se firent entendre ; leur nombre allait toujours croissant : à la fin les oreilles furent assourdies de leur sonnerie bruyante ; les chevaux hérissèrent leurs crins et les cavaliers tremblants eurent peine à les contenir."

Christian Heinrich Spiess     Le Petit Pierre

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"Nuit après nuit, je te tue dans mes rêves."

Walter Sparrow  dans le film  " Le Nombre 23"

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"Désormais, un seul but peut retenir mon intérêt pendant les quelques années qui me restent à passer en ce monde : c'est d'exercer sur cette femme la vengeance dont un bras humain est encore capable, grâce à Dieu !"

 sheridan-le-fanu     carmilla

 

"Une nuit, la voix que j'avais coutume d'entendre au coeur des ténèbres fut remplacée par une autre, mélodieuse et tendre aussi bien que terrible, qui prononçait les paroles suivantes :

"Ta mère t'avertit de prendre garde à l'assassin."

Au même instant, une lumière soudaine jaillit devant mes yeux, et je vis Carmilla, debout près de mon lit, vêtue de sa chemise de nuit blanche, baignant du menton jusqu'aux pieds dans une immense tache de sang."

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"La connaissance est souvent douloureuse."

Sheridan Le Fanu        Ultor de Lacy

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"A mon réveil, à la suite de ces rêves, je gardais le souvenir de m'être trouvée dans un lieu plein de ténèbres, et d'avoir conversé avec des êtres invisibles ; je me rappelais tout particulièrement une voie féminine très distincte, lente, au timbre grave, qui semblait venir de fort loin et ne manquait jamais de m'inspirer une indicible terreur solennelle.  Parfois, je sentais une main glisser lentement sur ma joue et sur mon cou.  Parfois encore, des lèvres brûlantes couvraient mon visage de baisers qui se faisaient plus appuyés et plus amoureux à mesure qu'ils atteignaient ma gorge où se fixait leur caresse.  les battements de mon coeur s'accéléraient ; je respirais plus vitte et plus profondément.  puis survenait une crise de sanglots qui me donnait une sensation d'étranglement et se transformait enfin en une convulsion effroyable au cours de laquelle je perdais l'usage de mes sens."  

 Sheridan Le Fanu      Carmilla

 

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En finir avec toi        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

"Je fus tout étonnée de voir un très beau visage à l'expression solennelle en train de me regarder d'un côté du lit.  C'était celui d'une jeune fille agenouillée, les mains sous mon couvre-pied.  Je la contemplai avec un émerveillement ravi, et cessai de pleurnicher.  Elle me caressa de ses mains, puis s'étendit à côté de moi et m'attira contre elle en souriant.  Aussitôt, j'éprouvai un calme délicieux et je me rendormis.  Je fus réveillée par la sensation de deux aiguilles qui s'enfonçaient profondément dans ma gorge, et je poussai un cri perçant.  La jeune fille s'écarta d'un mouvement brusque, les yeux fixés sur moi, puis se laissa glisser sur le parquet, et, à ce qu'il me sembla, se cacha sous le lit."

Sheridan Le Fanu      Carmilla

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"Il y a longtemps que je t'aime,

jamais je ne t'oublierai..."

 

"Elle soupira, et ses beaux yeux noirs me lancèrent un regard passionné.  Or, à vrai dire, cette belle inconnue m'inspirait un sentiments inexplicable.  J'étais effectivement, selon ses propres termes, "attirée vers elle", mais j'éprouvais aussi une certaine répulsion à son égard.  Néanmoins, dans cet état d'âme ambigu, l'attirance l'emportait de beaucoup. Elle m'intéressait et me captivait car elle était très belle et possédait un charme indescriptible."

Sheridan Le Fanu      Carmilla

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"Il y a longtemps que je t'ai oubliée,

jamais plus je ne t'aimerai..."

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"JAMAIS PLUS..."

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"NEVER  MORE..."

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"NEVER  MORE !!!   

JAMAIS  PLUS !!!"

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"Il en vint ensuite à souhaiter l'existence d'un succube, avec lequel il se plongerait  dans d'infernales amours, pour savoir ce qu'il y a au fond."

.....

"L'être mystérieux ne tarde pas à se manifester : c'est une haleine moite que le sculpteur trouve un jour à la vitre de son atelier, c'est un profil d'une beauté sombre dessiné au charbon sur un mur, c'est un souffle de femme dont il se sent effleuré pendant son sommeil.  Mais son désir reste associé aux images de sa frénésie marine : "La nuit trouvait en lui ainsi que la mer, une forte sympathie : c'étaient ses deux soeurs.  Aussi était-il désormais incapable d'aimer une autre femme qu'une brune aux yeux glauques : c'est ainsi qu'il se figurait son démon."  La formule qu'il emploie pour se donner à lui reste marquée de cette obsession : "Si tu veux de moi, ô mon beau démon, si tu as de longs cheveux noirs et de grands yeux couleur de l'onde, viens, je me donne à toi."

alphonse-esquiros     le-magicien

 

"Et puis comme la magie nous servira, ô mon amant, pour nous retrouver dans toutes les grandes sympathies du monde !  Pendant ton sommeil, je t'enverrai mes songes ; je suspendrai mon regard aux yeux des étoiles ; je cacherai dans les branches ou l'onde des fontaines des pensées d'amour, et les fontaines et les branches te les rediront au long bruit des vents et des flots ; je soufflerai sur ta coupe une magnétique haleine, et je suis sûre qu'après cela tu boiras mon âme..."

Alphonse Esquiros     Le Magicien

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 "Il se dit même que ça devait être, aux clartés de la lune, un spectacle étrange que celui de ces dragons, ces hydres, ces sphinx, ces tarasques, ces hippogrigges frottant, l'un contre l'autre, avec un choc luxurieux, leurs ventres semés d'écailles." 

Alphonse esquiros      Le magicien

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"Mais est-il des mots pour peindre la déchéance de lucifer, l'astre du matin, qui fut précipité du gouffre de la perdition, où il demeure à jamais, chargé de chaînes de diamant et couché sur un lac de feu ?  Ma chute fut aussi radicale, aussi définitive ; j'ose même dire qu'elle fut pire, car il n'est rien de comparable aux tourments de l'être humain dans l'enfer de l'amour."

Charles Robert Maturin      Fatale vengeance

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Succube Meistzeinbrach      figurine créée par l'auteur pour sa mise en scène

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Succube Füchtemborgd      figurine créée par l'auteur pour sa mise en scène

"L'Antre du vampire"

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"Mais Amour est un despote peu enclin à renoncer à ses conquêtes.  La jeune fille s'épuisait à en vouloir secouer le joug.  Ellle demeurait entièrement occupée de celui dont elle ne parvenait pas à effacer l'image. Suivait un poème du désenchantement : retombée la fièvre des sens, dissipés les rêves et les illusions, seule se faisait entendre la voix d'une âme qui pleure sur des ruines et dénonce dans une passion à son déclin la source de tous ses maux présents et futurs.  Une âme qui, consumée de langueur, sent peu à peu se refermer sur elle la froide étreinte du désespoir, qui attend dans l'angoisse l'instant où "se déchirera le cordon d'argent et se brisera la coupe d'or."  Les accents du poème n'étaient pas de ceux que dicte une quelconque infortune ; ils ressortissaient au délire visionnaire de l'amour et du remords."

Charles Robert Maturin      Fatale vengeance

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Lamentation d'amour          encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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-  "Où est-elle allée ?  Je vous en supplie, poursuivez ...!  Où votre âme est-elle allée ?

- Il m'est interdit de le révéler, et d'ailleurs vous n'êtes pas de taille à supporter les secrets du royaume des ombres.  Si je vous dévoilais leurs oeuvres, ceux auxquels j'obéis, et dont je suis environné à tout moment, surgiraient devant vous dans un jaillissement d'éclairs et m'emporteraient dans la nuit."

Charles Robert Maturin      Fatale vengeance

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Amours me fait désirer

(complainte médiévale)

Amours me fait désirer 

Et aimer

Mais si folletement

Que je ne puis espérer

Ni penser

Ni imaginer nullement

Que le doux et noble visage

Qui m'éprend

Doive me donner joie,

Ainsi amour ne fait véritablement

Que je l'aie sans implorer.

Ainsi l'ai-je sans implorer.

Ainsi ai-je si durement souffert

Que poursuivre je ne puis plus longtemps

Car en mon coeur je veux cacher

Et porter 

Cet amour secrètement,

Sans requérir allégeance,

Ma vie veux finir de meilleure manière

Qu'en tourments.

Ainsi n'ai-je préoccupation vraiment

Que je l'aie sans implorer,

Mais désir fait embraser

Et douter

Cet amour si âprement

Que tout m'en fait oublier

Et que en dehors d'elle je n'ai nulle pensée,

Et à cause de cela, amoureusement,

Avec discrétion, patience, docilité, soumission,

Je languis sans joie goûter.

Ainsi j'en mourrai, si bientôt elle ne consent

Que je l'aie sans l'implorer.

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Pureté       encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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"La fidélité prit naissance dans le coeur d'une femme.  Mais depuis que le doute soupçonneux s'est introduit sur la terre, les amis se sont rompus ; ceux qu'on avait séparés ne se sont retrouvés qu'avec froideur ; les mères elles-mêmes ont regardé leurs enfants avec des pensées de terreur ou de haine, et cependant l'amour n'a jamais eu d'asile plus pur que le coeur d'une femme, s'il est vrai que jamais une femme ait aimé comme moi."

Charles Robert Maturin      Bertram, ou Le Château de Saint-Aldobrand

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 honoré_de_fragonard   illustration pour le roman 

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roman de charles_robert_maturin

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"Une nuit qu'il attendait vainement le repos, et qu'il avait même éteint sa bougie, il entendit distinctement un gémissement sourd et prolongé qui troubla le silence profond et habituel du donjon."

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(titre original : "a_sicilian_romance")

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"Tu es à moi !" 

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Ensemble sous la pluie        encre de l'auteur, Dominique Mertens

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"Tu m'appartiens !"

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.....

 

 

 

Une VIE GOTHIQUE

 UNE  VIE  GOTHIQUE

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"Oui, je ris de l'humanité et du mensonge perpétuel qu'elle commet en parlant de son coeur.

Je ris des passions humaines, du vice et de la vertu, de la religion et de l'impiété, car ce n'est autre chose que le résultat des conventions locales et des situations artificielles.    (.....)

Misérables humains !  Comédiens de bonne foi, d'un ridicule amer, débitant de grands mots, et n'éprouvant rien de profond !"

charles_robert_maturin      melmoth_l'_homme_errant

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 mon  roman  

est  en  vente  

à  la  librairie  des

éditions des tourments

librairiedestourments.fr/livre/dans-ses-yeux-je-voyais-ma-mort/

et

editionsdestourments.fr

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     Dominique Mertens           L'Axe de l'Univers       

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 " Qui donc est parmi nous, s'écria enfin le moine ?

Là où il mange, la nourriture devient poison ;

là où il marche, l'herbe se sèche.  Son oeil est un éclair.

Qui est-il ? "        (.....)

" Qui l'a amené ici , qui le connaît ? répétait le moine. 

Et comme personne ne lui répondait, Olavida s'adressa personnellement à chacun d'eux et chacun d'eux lui fit un signe négatif.

 Alors moi seul puis le connaître, s'écria-t-il, et je sens déjà ses marques sur moi."  (.....)

" Sa voix s'éteignit un instant, puis reprenant avec effort : 

 Je le connais et je lui ordonne de sortir, car il s'appelle le ... "

charles_robert_maturin       melmoth,_l'_homme_errant

   

 

Pourquoi teinter ainsi d'hypocrisie

nos relations humaines ?

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"Non, je ne connais pas cet homme !"

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Est-ce ainsi que les hommes vivent ?  

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

(chanson de Léo Ferré - extrait)

Tout est affaire de décor

Changer de lit changer de corps

A quoi bon puisque c´est encore

Moi qui moi-même me trahis

Moi qui me traîne et m´éparpille

Et mon ombre se déshabille

Dans les bras semblables des filles

Où j´ai cru trouver un pays.

Cœur léger cœur changeant cœur lourd

Le temps de rêver est bien court

Que faut-il faire de mes jours

Que faut-il faire de mes nuits ?

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                     Dominique Mertens          Wolfram Manteufel    

Deviens  un  autre !!!

DEVIENS  AUTRE !!!

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       charles_robert_maturin

Charles Robert Maturin (1782-1824)  est issu d'une famille de la bourgeoisie irlandaise protestante.  Il mena toute sa vie durant une carrière d'ecclésiastique à la paroisse de Saint-Peter de Dublin.  Il fut constamment en proie à de grandes difficultés financières, ce qui le poussa à développer sa production littéraire, laquelle fut taxée d'athéisme.

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"Il en est ainsi de la curiosité et de l'amour, qui sont certes les deux plus grands moteurs du monde, et qui colorent tous les faits, toutes les erreurs, d'une sorte de grandeur romanesque, en donnant naissance à de grandes dépenses d'énergie pour obtenir la possession d'êtres ou de choses bien souvent fort misérables, hélas !"

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 les âmes anéanties pleurent sur le misérable orgueil des hommes 

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 "Seigneur, prends pitié !"

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Requiem  pour  l'espèce  humaine...

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"Et comme si, à cet instant même, dans mes yeux qui ressemblaient aux yeux de ma mère, il eût deviné toute une destinée de souffrance, il m'étreignit avec force contre sa poitrine et fondit en larmes."

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Dominique Mertens          L'Enfer m'étreint        

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"D'ailleurs, signor, je vous le répète : n'allez pas vous mêler des affaires

qui peuvent intéresser les Frères Noirs ou tout autre habitant de la forêt sombre ;

on ne peut jamais avoir qu'à s'en repentir !"

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 "Parce que les malheureux aiment à avoir des compagnons d'infortune.  Les oiseaux en cage désirent voir enfermer les autres oiseaux.  Il est possible que ce soit le désir d'une âmes corrompue, mais il est très naturel."

charles_robert_maturin       melmoth,_l'_homme_errant

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"C'était la beauté dormant au sein de l'horreur."

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Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

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"Puis tout à coup ma vision s'obscurcit et une tempête éclata dans tout mon être.  Je me redressai sous l'influence d'un pouvoir plus fort que la raison, la nature reprenait son empire, ma jeunesse me criait : tu peux encore changer les rôles dans cette atroce comédie, et de victime sacrificateur.  Je puis faire rougir ma mère devant moi ; mon père demeurera confondu.  A mon tour, je puis jeter le désespoir dans l'âme de ceux qui m'entourent et leur rendre souffrance pour souffrance."

charles_robert_maturin       melmoth_l'_homme_errant

Est-ce ainsi que les hommes vivent ? 

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Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

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"Et comme si, à cet instant même, dans mes yeux qui ressemblaient aux yeux de ma mère, il eût deviné toute une destinée de souffrane, il m'étreignit avec force contre sa poitrine et fondit en larmes."

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Dominique Mertens             Crime odieux

 Tout, tout, tout au nom du seul ARGENT  !!!!

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L'argent, ce sang impur qui vicie les pensées et les actes  des êtres humains...

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un chaos de sentiments et d'actes frelatés, 

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que le feu seul parviendrait éventuellement à purifier... en les anéantissant !

  médaille décernée par le gouvernement russe aux liquidateurs (décédés)

 de la centrale nucléaire de Tchernobyl

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"Quel dommage que tant de riches qui pourraient se procurer à volonté un soleil brillant laissent flétrir leurs jours dans les brouillards de l'égoïsme!"

ann_radcliffe_les_mystères_d'_udolphe

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ASSEZ  de ces  financiers

et autres spéculateurs!!!

 Ils  dénaturent  la  Vie

et transforment toutes choses,

et  jusqu'aux sentiments-mêmes,

en viles marchandises.

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La Vie n'est ni un spectacle, ni une marchandise...

(lire à ce sujet "La Société du spectacle", ouvrage fondamental de Guy Debord)

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      Dominique Mertens          Enchaînée et dénaturée       

 

Dénaturer, c'est déjà détruire...

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  La mer n'est pas la mer

(extrait de la chanson de  Félix Leclerc)

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La mer n'est pas la mer,

C'est un gouffre sans fond       

Qui avale les garçons

Par les matins trop clairs...

L'amour n'est pas l'amour...

C'est un faux carrefour

Où les filles entrent en chantant

En ressortent en pleurant...

La vie n'est pas la vie...

Mais triste comédie

Qu'il faut vite quitter

Avant que d'y goûter...

Moi je sais un pays

Qui est bien loin d'ici

Où la mer et la vie

Et l'amour sont unis...

...Où la mer et la vie

 Et l'amour sont unis

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Sur les traces de l'infâme Montorio...

( héros du roman "fatale_vengeance",  de charles_robert_maturin ) et du tout aussi sinistre montoni... (héros du roman "les_mystères_d'_udolphe", de ann_radcliffe)

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... qui  va  jusqu'à  faire  de  l'amour  une  simple  marchandise...

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éviter les mauvaises rencontres

 en s'enfouissant au plus profond de soi-même

 

"  - Tu es parfois d'une naïveté incroyable !

-  Qu'est-ce qui te fait croire qu'il a des

sentiments pour moi ?

-  Il ne te touche jamais ! "

dialogue extrait du film le_village,  de m_night-shyamalan

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"L'idée de s'ensevelir dans des caves profondes et de se mettre à la merci des esprits infernaux, loin de la lumière du jour, et pour ainsi dire dans les entrailles de la terre, glaça les domestiques d'une terreur si forte que tous se refusèrent à obéir à l'ordre de leur maître."

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"Mon geolier me conduisit, les yeux bandés, à travers une multitude de passages, jusqu'à ce qu'enfin nous arrivâmes à une salle de la partie méridionale du château."

julia_ou_les_souterrains_du_château_de_mazzini       ann_radcliffe

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et  chercher  inlassablement  la  lumière

  afin d'accueillir l'énergie

 

 

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Dominique Mertens          Attachée à la vie par de simples ronces         

 car l'amour

est

transformation

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"Le Monde tourne grâce à l'Amour.  

Chacun s'incline respectueusement devant lui."

dialogue extrait du film le_village, de m_night_shyamalan

 

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amphitheatrum_sapientiae_aeternae

  "Pour arriver à tout savoir, veillez à ne posséder quoi que ce soit.  (...)  Pour arriver à être tout, veillez à n'être rien de rien,  (...)  car  pour venir du tout au tout, il faut renoncer à soi du tout au tout."

jean_de_la_croix   citant maître_eckart   ("Du détachement")

  Voici que l'été est passé

(poème d'Arseni Tarkovski , fils d'Andréi Tarkovski,  extrait du film  Stalker)

Voici que l'été est passé,

Autant dire un mirage !

Au soleil il fait bon

Mais on en voudrait davantage.

Tout ce qui devait arriver

Comme une feuille échancrée

Est tombé sur ma page,

Mais j'en voudrais davantage.

Ni le mal, ni le bien,

Rien ne s'est perdu en vain.

Tout à fait flamme claire et sage,

Mais j'en voudrais davantage.

La vie m'a accueilli sous son aile

Pour me garder et me sauver,

Et c'est vrai que j'ai évité le naufrage,

Mais j'en voudrais davantage.

Pas de feuilles brûlées,

Pas de branches brisées,

Un jour propre comme le vitrage,

 Mais j'en voudrais davantage !

 

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"Qu'ai-je à craindre ?  dit-elle ;

si les âmes de ceux que nous chérissons reviennent,

ce ne peut être que par bonté."

 ann_radcliffe      les_mystères-d'_udolphe

 

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philip_galle       le_triomphe_du_temps     

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philip_galle       le_triomphe_de_la_mort

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les roues du Temps, les roues de la Mort

sont-elles bien les seules à nous broyer, 

nous, pauvres humains... ?

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"Quand son esprit fut remis de ce premier choc, elle comprit le danger de céder à l'indolence ; et pensant qu'une activité soutenue pourrait seule lui donner de la force, elle s'attacha scrupuleusement à bien employer toutes ses heures.  C'est bien alors qu'elle connut le prix de l'éducation qu'elle avait reçue.  En cultivant son esprit, Saint-Aubert lui avait assuré un refuge contre l'ennui et l'oisiveté, la dissipation, les brillants amusements, les distractions de la société dont sa position la séparait, ne lui étaient point nécessaires.  Mais en même temps, Saint-Aubert avait développé les touchantes qualités de son âme ; elle répandait sa bienveillance autour d'elle, et les maux qu'elle ne pouvait écarter par ses secours, elle les adoucissait par la compassion et la bonté ; en un mot, elle savait compatir aux douleurs de tous les êtres qui souffraient."

ann_radcliffe       les-mystères_d'_udolphe

 

Enfin libre !!

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 Oui, mais libre de quoi ?

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Enfin seul(e) !!

Oui, mais seul(e) avec qui ?

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amour_désarmé

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 Sur les pas d'une héroïne gothique exemplaire,

en feuilletant le roman d'Ann Radcliffe

"Julia, ou les souterrains du château de Mazzini"

("a sicilian romance")

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 "Près de cette porte que l'on referma, le marquis fit découvrir une trappe que des broussailles et des pierres détachées de l'escalier masquaient en quelque sorte.  Le terrain étant déblayé, il ordonna encore au valet le plus proche de lever cette trappe, qui nécessairement devait conduire à quelques souterrains.  L'idée de s'ensevelir dans des caves profondes et de se mettre à la merci des esprits infernaux loin de la lumière du jour et pour ainsi dire dans les entrailles de la terre glaça les domestiques d'une terreur si forte que tous se refusèrent d'obéir à l'ordre de leur maître."

.....

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Sur les pas d'une héroïne gothique...

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 Dominique Mertens          C'est ici que le chemin s'efface        

..... "Il n'en fallut pas davantage pour décider Julia à fuir à travers l'espace ténébreux qu'elle avait à parcourir.  Après avoir couru longtemps sans trouver le terme de cette vaste enceinte, elle s'arrêta pour respirer.  Tout était calme en ce moment, et comme elle regardait autour d'elle, la sombre obscurité du lieu porta dans son imagination les images les plus effrayantes.  Elle fut étonnée de la profondeur de cet abîme, dont elle ne découvrait qu'imparfaitement l'étendue.  Cet asile ne semblait propre qu'à servir de repaire aux brigands."

.....

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photo extraite du film "der_turm_ des_schweigens"  de johannes_guter

..... "L'escalier, arrivé à la plus déplorable vétusté, était composé de marches rompues et de pierres toutes disjointes.  Le mur même contre lequel il était appuyé, était entamé à plusieurs endroits.  Tout donnait à craindre que le moindre poids ou la plus légère secousse n'entraînât l'escalier et le mur.  Il y avait donc au moins de l'imprudence à se hasarder au milieu de ces effrayantes ruines.   Mais le désir de fixer ses idées et d'arriver à un résultat quelconque, l'emporta sur l'imminence du péril.  Ferdinand hasarda le pied sur la première marche de l'escalier, et passant de pierre en pierre, toujours en évitant les points dégradés, il arriva à la seizième marche.   Il espère aller plus loin, mais par suite de l'ébranlement qu'il vient de donner à cet amas de pierres disjointes, les marches inférieures se rompent subitement, et il reste suspendu sur le point où il se trouve, à dix ou douze pieds de terre, ayant au-dessous de lui un monceau de pierres et de décombres qui le briseront infailliblement s'il tombe de la hauteur où il est en quelque sorte suspendu."

.....

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..... "Au risque de périr, il se saisit d'une solive placée le long des marches de l'escalier ; il espère qu'elle pourra supporter le poids de son corps, et qu'en se laissant glisser tout au long, il lui sera possible de parvenir sans accident au pied des degrés.  Mais à l'instant où il avance la main pour la porter sur la pièce de bois, sa lampe lui échappe, elle s'éteint et tombe au milieu des décombres."

.....

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 ..... "Le ciel était couvert de nuages, la lune ne devait pas paraître, ainsi la nuit était extrêmement obscure.  En vain essaya-t'-il d'ouvrir la petite fenêtre qui lui donnait un peu d'air et de jour.  Elle était scellée, cadenassée et garnie en dehors d'énormes barreaux."

.....

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"Des rochers semi-circulaires s'élevaient en groupe, et dans leurs formes fantastiques présentaient les attitudes de la nature les plus frappantes et les plus hardies : sa vaste magnificence élevait ici l'âme du spectateur jusqu'à l'enthousiasme  ; l'imagination ravie exerçait encore son empire sur les objets ; elle ajoutait à l'obscurité du bas, à l'horreur des cavernes, à l'aspect effrayant des rochers, au murmure des vents."

.....

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 "Elle marcha quelque temps en tâtonnant ; elle fut encore arrêtée par une autre porte qu'elle essaya également d'ouvrir.  Le désespoir doublait ses forces.  Après une assez longue résistance, la porte céda, et Julia vit un très petit appartement, éclairé par une petite fenêtre pratiquée dans la voûte.  Au milieu, dans une espèce de fauteuil à bras, était une femme pâle, défigurée, les yeux à moitié fermés."

 .....

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Dominique Mertens          Tout près d'Eux       

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"Si la compassion n'est pas un sentiment voluptueux, comment se fait-il que rien ne nous bouleverse autant que la beauté souffrante ?"

christophe_martin_wieland          histoire_de_agathon

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 "Je ne peux vivre  plus longtemps dans cette confusion, cette incohérence...  L'amour profane m'est interdit.  Le Très-haut est ma seule nourriture, ma seule consolation.  Vers Lui j'élève mes regards.  Vers Lui montent mes prières.  Je ne puis aimer nul autre que Lui...  Mon sang  bouillonne...  Que m'arrive-t'-il ?  Je ne sais pas, je ne sais plus.  Oh !  vers où porter mes pas ?  Les journées me sont une torture.  Je voudrais trouver refuge dans les bras de Celui que j'ai offensé... Une voix résonne à mes oreilles : "Tu vis dans le péché."  Est-ce donc péché que d'aimer ?"

charles_robert-maturin        fatale_vengeance

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"Est-ce moi cette créature tombée en faute, est-ce moi cette créature échevelée, hagarde, qui s'enfonce dans des terres stériles à la poursuite d'un objet insaisissable, et qui se retournant soudain découvre avec horreur qu'elle est perdue ?"

idem

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 "Je ne peux plus nier l'évidence.  Oui, j'aime d'amour.  J'étais ballottée de-ci de-là dans la nuit sombre.  Un courant m'emportait sans que j'en eusse conscience.   Quand le jour a paru, je flottais à la dérive sur le vaste océan : seule, frissonnante, désemparée.  Si autrefois j'avais entendu raconter une histoire semblable à la mienne, je n'aurais pas eu de mots assez durs pour condamner les illusions et les mensonges dont se serait bercée la triste héroïne.  Moi aussi je me targuais d'une vertu qui n'avait pas encore été mise à l'épreuve.  Moi aussi je me croyais au-dessus des tentations alors que j'ignorais tout de leur puissance.  Moi aussi j'étais pure, j'étais fière.  Aujourd'hui je suis une brebis égarée dans le désert.  La servante du Seigneur s'est détournée de l'amour divin, du Guide de sa jeunesse, et s'attache aux pas d'un inconnu."

idem

 

"Il est venu à ma rencontre souriant comme un ange, brillant des mille feux de l'aurore.  L'allégresse, la beauté, la splendeur, tous les attraits et ornements de la vie, tout ce qui est capable de captiver les sens, lui faisaient cortège.  Je regardai, écoutai et succombai.  Il me tendit la coupe que j'approchai de mes lèvres tremblantes.  Je bus.  Oh !  le doux, le délicieux breuvage !  C'est ainsi qu'Amour prit possession de moi."

idem

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       Dominique Mertens         Confrontation des lumières       

 

"Lumières"

chanson de Gérard Manset

Mais où sont passées les lumières
Qui nous guidaient ?
Peut-être étions-nous trop fiers
Pour baisser la tête.
Le monde a tourné sans nous,
Sans nous attendre.
Les ténèbres sont partout
Couvertes de cendres.

Mais souviens-toi
Que l'on s'aimait quand même.
Nous étions si jeunes, si fiers
Et, comment le dire,
Nous avons perdu la lumière,
L'étoile qui caressait nos paupières.
Tout m'est égal.

Et quand même
On se souvient,
On se rappelle
De quelque chose
Qu'on pose près du lit,
D'une lumière
Qui brillait la nuit.

Mais où sont passées les lumières
Qui nous guidaient ?
Devenus statues de pierre,
Qu'avons nous fait ?
Les instants, comme des clous de fer
Qu'on enfonce
Et rien que le bruit de la mer
Pour seule réponse.

Souviens-toi, c'était hier,
Mais aujourd'hui,
Le lion secoue sa crinière.
Peur de la nuit,
Gratte le fond de la rivière
Où il venait boire.
Nous avons perdu la lumière.
Nous sommes dans le noir.

Mais où sont passées les lumières
Qui nous guidaient ?
Le lion secoue sa crinière
A chaque coup de fouet
Derrière les barreaux de fer,
Sans illusion.
Derrière les barreaux de fer,
De sa prison

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"Est-ce ainsi que les hommes meurent ?"

chanson de Gérard Manset

                                      Depuis bien longtemps déjà,
J'ai cessé d'écrire,
Cesser de lever les yeux,
Cessé de relire.
Dans le parc, devant la grille,
Les hommes arrivent
Et juste une trace de pas
Le long des rives,
Juste une trace de pas
Le long des rives.

Depuis bien lontemps,
Je ne dirige plus les musiciens.
Depuis bien lontemps,
Laissé pendu l'habit de magicien
Dans le parc, devant la mer.
Les robes blanches,
Enfants fragiles comme du verre,
Jouent sous les branches,
Enfants fragiles comme du verre,
Jouent sous les branches...

Est-ce ainsi que les hommes meurent ?
Et leur parfum, au loin, demeure.

Depuis bien longtemps déjà,
J'ai cessé de vivre,
De toucher du bout des doigts
La tranche des livres.
Dans le parc, devant la rive,
Des bruits étranges,
Bruissements d'ailes, lumières,
Cheveux des anges,
Le bruissements des ailes, les lumières,
Les cheveux des anges...

Depuis bien lontemps déjà,
Le seul souvenir
D'une miette de vie encore
Que je respire,
Dans le parc devant l'allée,
Le vide immense.
Bruits des pas sur le gravier,
De mon enfance,
Les bruit des pas sur le gravier,
Les ombres dansent...

Est-ce ainsi que les hommes meurent ?
Et leur parfum, au loin, demeure,
Et leur parfum, au loin, demeure.

 

 catafalque.jpg

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"Samuel Hall"

chanson d'Alain Bashung

J'suis parti à 15 heures trente

J'étais fatigué j'avais mal
Tu es fatigué c'est tout
Dit-elle

Acheté une livre et demie de viande hachée
Haricots en boîte plus chips
Quel besoin avais-tu d'acheter tout ca
Dit-elle

Tu ferais mieux de nous pondre un truc qui marche mon garçon
Dit-elle
Tu ferais mieux de nous pondre un truc qui marche

Allez continue comme ça
Continue comme ça

Ohé ohé

Avale me disais-je
Allez avale

Allez au diable je m'appelle Samuel Hall
Je vous déteste tous
Allez au diable je m'appelle Samuel Hall
Je vous déteste tous

Mon estomac s'est contracté oh de la mortadelle ou Dieu sait quoi
Oh Seigneur j'ai dit Oh
Tu ferais mieux de revoir tes vieux amis
Dit-elle
Tu ferais mieux de revoir tes vieux amis

Glissé le carbone plus papier dans la machine et au travail
C'est ça oui c'est ça
Dit-elle

Avale me disais-je
Allez avale

Allez au diable je m'appelle Samuel Hall
Je vous déteste tous
Allez au diable je m'appelle Samuel Hall
Je vous déteste tous

Allez continue comme ça
Continue comme ça

Ohé ohé

Continue comme ça ...

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"Toi à qui m'enchaîne une passion fatale, approche et regarde ce que tu as fait de moi.  Non, ne viens pas !  Je ne veux pas que tu me voies vautrée dans le péché.  Je ne veux pas d'un soupir   de compassion devant des souffrances qui me procurent d'atroces volupés."

idem

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"Rien ne sert de lutter contre un sort misérable.  Renoncer à ma faute serait renoncer à la vie.  Je ne le puis ; je m'y refuse.  Mon malheur m'est cher.  De l'amour j'ai goûté les fruits amers, la solitude, les larmes.  Si cela est souffrance, alors je veux souffrir encore."

idem

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      Dominique Mertens          L'angelus  ou  le combat pour la vie         

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          Dominique Mertens            Le rond de sorcière           

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"Ses yeux se posent sur moi et semblent demander : "Est-ce que tu gémis ?" Et monte à ses lèvres un sourire enchanteur et caressant qui ranime mes forces défaillantes.  Lorsque la lune, déchirant la sombre masse d'un ciel d'orage, répand sur les flots tumultueux des gerbes de douce lumière, l'infortuné navigateur relève la tête et bénit l'apparition de l'astre nocturne.  C'est ainsi qu'il illumine mes ténèbres de son éclat et de sa splendeur."

idem

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dossier complet 

à  découvrir sur le site

editionsdestourments.fr

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           Dominique Mertens          Prière à la vierge             

"Je suis ébranlée par le flux et le reflux de sentiments discordants que seuls connaissent ceux qui aiment.  En société, j'ai peur à tout instant qu'un geste inconsidéré ne trahisse mon agitation au regard d'autrui.  Je reste impassible quand j'entends son nom  - mais appliqué à un autre membre de sa famille.  A l'inverse, quand il est prononcé  -serait-ce de manière négligente-  pour le désigner, lui, tout mon corps se met à trembler, mes yeux s'embuent, mon esprit ébauche un sourire triste et coupable."

idem

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amour, quand tu nous tiens...!

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photos des  "amants_de_teruel "

  

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          Dominique Mertens          Meurtre dans la forêt         

 

"Si encore je me cantonnais dans une prudente expectative !  Mais non !  Je ne me fie pas au hasard.  Toutes les ruses me sont bonnes, les plus grossières comme les plus subtiles, pour imprimer à la conversation un cours qui tôt ou tard amènera son nom sur les lèvres d'un des convives.  Et quand j'y réussis, quand il est fait mention de lui, alors mon coeur se dilate.  se peut-il que jamais oeil inquisiteur n'ait lu dans mon jeu... ?"

idem

 les 12 coups de minuit sonnent,

le Gothique est sur le point de naître...

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 le Gothique est né du feu...

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le grand incendie de Londres en 1666, peinture anonyme

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colonne commémorative du grand incendie de Londres en 1666

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le Gothique s'est répandu avec la révolution française, cet événement majeur qui mit le feu aux inégalités sociales

issues du Moyen Age

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c'est en 1764 qu'Horace Walpole publia son premier

roman gothique, "Le Château d'Otrante"...

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tandis qu'Ann Radcliffe publia ses "Mystères d'Udolphe" en 1794

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scène de rue à Paris en 1789

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 Tu viens d'incendier la Bibliothèque ? 

- Oui. J'ai mis le feu là.
       - Mais c'est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !


 victor_hugo    extrait du recueil "L'année terrible",  

dialogue intitulé "à qui la faute ?"

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le Gothique met le feu...

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 la prise de la Bastille, prélude à la révolution, et espoir de justice sociale 

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à  propos  du  Tribunal  des Terres  Rouges ..... 

(voir  dans mon roman)

Le Tribunal secret ou la Sainte-Vehme.

(d'après la notice rédigée par Jean-Nicolas-Etienne de Bock accompagnant le drame historique intitulé "Le Tribunal secret", 1791)

 

L'origine des francs-comtes et des francs-juges remonte au règne de Charlemagne.  Ils prétendaient avoir été substitués aux commissaires impériaux qui allaient tous les ans, et même plus souvent, faire leur tournée dans l'empire.  Chacun pouvait leur porter ses plaintes contre les gouverneurs de provinces et autres principaux officiers, ainsi que plaider par devant eux les causes dont la décision était réservée exclusivement à l'empereur.

Ces commissaires jugeaient souverainement presque toutes les affaires et ils avaient seuls le droit d'infliger, au nom de l'empereur, des peines corporelles.  Comme ces commissaires ne pouvaient pas demeurer longtemps dans le même lieu, l'instruction des procès se faisait sommairement et de la manière suivante : on choisissait dans chaque district deux personnes d'une probité reconnue, et quelques fois davantage ; on les prenait à serment, puis on les chargeait d'examiner les crimes de ceux qui étaient accusés, et d'après leur rapport on rendait un jugement définitif.  

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Les francs-comtes et les francs-juges de Westphalie, que leur puissance et leur constitution rendirent, vers le commencement du XVè siècle, si célèbres et si redoutables qu'il s'en fallut de peu qu'on ne sévît contre eux avec la même rigueur que contre les templiers, sont aujourd'hui tellement oubliés qu'à peine l'histoire en conserve quelques traces. 

 La nature de cette commission exigeait deux sortes de procédures : l'une publique et l'autre secrète. La sorcellerie, la magie et les vols commis dans les églises, étant rangés dans la classe des crimes irrémissibles, il fallait nécessairement faire à ce sujet des informations secrètes ; de là on peut induire que si les premières séances de ce tribunal se tenaient publiquement, il y en avait ensuite d'autres où personne n'était admis.

Comme ces commissaires ne pouvaient pas demeurer longtemps dans le même lieu, l'instruction des procès se faisait sommairement et de la manière suivante : on choisissait dans chaque district deux personnes d'une probité reconnue, et quelques fois davantage ; on les prenait à serment, puis on les chargeait d'examiner les crimes de ceux qui étaient accusés, et d'après leur rapport on rendait un jugement définitif.  Nous observons qu'on avait grand soin de cacher au peuple le nom de ces jurés, afin qu'il ne s'en méfiât point.

On tenait des séances publiques en plein air, et il y avait d'autres secrètes où se traitaient les principales affaires, d'où lui est venu le nom de tribunal secret. (heimliche Acht) Le peuple ne connaissait pas les francs-juges, et ceux-ci s'étaient engagés par le serment le plus terrible à livrer père, mère, frère, sœur, ami ou parent sans exception, s'ils avaient commis quelque crime qui fût dans le cas d'être dénoncé au tribunal secret.  Les francs-juges étaient alors obligés de lui faire part de ce qu'ils avaient appris relativement à l'affaire dont il s'agissait, d'aller citer les coupables et, si la sentence l'ordonnait, de les pendre partout où ils les trouvaient. 

Les membres de ce tribunal maintenaient par là l'autorité de l'empereur, en qualité de commissaires impériaux, dans toute l'étendue de l'empire, sans s'embarrasser des droits des états chez lesquels ils exerçaient.

Les tribunaux secrets restèrent longtemps dans cet état, mais, vers la fin du XIVè siècle, on les vit tout à coup s'élever à un degré de puissance si formidable que l'Allemagne entière en fut épouvantée.  

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Lorsqu'en Bavière, en Autriche, en franconie et en Souabe, quelqu'un refusait de comparaître devant ses juges naturels, on avait aussitôt recours à un des francs-tribunaux de Westphalie où l'on rendait une sentence qui, dès qu'elle était connue de l'ordre des francs-juges, mettait en mouvement cent mille assassins qui avaient juré de n'épargner ni leurs parents, ni leurs meilleurs amis. 

Il n'y avait aucune objection à faire contre les sentences de ce trribunal.  Il fallait les exécuter sur le champ avec la dernière ponctualité et la plus parfaite obéissance.

Cela engagea presque tous ceux qui avaient de la naissance ou de la fortune à se faire agréger à cet ordre.  Chaque prince avait quelques francs-juges dans son conseil ; il en était de même parmi les magistrats des villes impériales.

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Il était très rare qu'on pût se soustraire aux procédures de ce tribunal, car les francs-juges n'étant pas connus, épiaient le moment où un prince sortait de son palais, un gentilhomme de son château, ou un bourgeois de sa ville, pour aller pendant la nuit afficher à sa porte l'assignation qu'on lui donnait de comparaître devant le tribunal.  Si, après avoir renouvelé cette formalité par 3 fois, il ne se présentait pas, il était condamné, mais avant que de faire exécuter la sentence, on le citait encore une dernière fois, après quoi on l'abandonnait à la vengeance de cette armée invisible de francs-juges qui le poursuivaient jusqu'à ce qu'il fût mis à mort.

Le plus profond mystère accompagnait toutes leurs opérations, et l'on ignore à l'aide de quels signes les sages (c'était le nom qu'on leur donnait) se reconnaissaient entre eux. 

Quoique l'empereur fût sensé être le chef suprême de cet ordre, il était défendu de lui révéler ce qu'il s'y passait. 

L'empereur seul  avait le droit de donner une sauve-garde à ceux qui avaient été condamnés par le tribunal secret. 

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peinture d'un artiste inconnu (johann_heinrich_füssli ?)

illustrant le thème de la malédiction cher à m_g_lewis, auteur du roman  "le_moine"

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la persécution, un thème abondement mis en scène dans la littérature gothique...

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 la "boîte aux lettres" aux servant aux dénonciations dans la Venise de la Renaissance 

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paru aux

editionsdestourments.fr 

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alfred_rethel_nemesis

une version plus que sombre glanée sur le web

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   "Entrez, entrez, beau monde !

Choisissez votre tombe,

Dans le cimetière des arlequins !

Entrez, entrez, braves gens,

Recherchez le tourment

Dans le cimetière des arlequins !

(extrait de la chanson "le cimetière des arlequins"

du groupe Ange,  paroles de christian_decamps)

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"Cesse de pleurer celui qui a disparu  !" 

dante_alighieri      la_divine_comédie

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24/04/2018

BAISER GOTHIQUE

BAISER  GOTHIQUE

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"A nouveau, il reprit ses paroles, mais elle sentit que cette fois il le faisait exprès. "Je t'aime bien, dit-il, tu as été bonne pour moi, aujourd'hui.  Bien des lèvres rouges ont embrassé les miennes et sont devenues très pâles.  Maintenant, maintenant ton tour viendrait.  Voilà pourquoi il vaut mieux que tu ne m'embrasses pas."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

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"Il alla vers le large divan et s'y allongea ; puis il appuya sa tête sur les coussins, étendit les bras de chaque côté et ferma les yeux.

"Maintenant viens, Mandragore !"

Elle s'approcha, s'agenouilla devant lui.  Elle hésita, le regarda puis s'élança soudain vers lui, saisit sa tête et pressa ses lèvres avec passion sur les siennes.

il ne l'étreignit pas, ne bougea pas les bras.  Mais ses doigts se crispèrent sur ses poings.  Il sentit sa langue, et la légère morsure de ses dents..."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

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"Embrasse-moi, supplia-t-il, embrasse-moi !"

Il buvait ses baisers, buvait le sang brûlant de ses lèvres, déchirées par les dents de Mandragore.  Et il s'enivrait, le sachant et le voulant, comme avec un vin mousseux, comme avec les poisons qu'il avait ramenés d'Orient..."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

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"Les lèvres de Mandragore étaient à demi ouvertes.  Avide, la pointe de sa langue se faufilait entre ses dents blanches.  Ses seins mats se soulevaient rapidement et une lueur folle brillait dans ses yeux hagards.  Soudain, elle se jeta sur lui, pressa sa bouche contre la blessure et but, but..."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

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Baiser gothique         Dominique Mertens

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"Ses baisers étaient bons, caressants et tendres comme le chant d'une harpe par une nuit d'été, mais aussi sauvages, rudes et violents, comme le vent de la tempête sur la mer du Nord, brûlants comme le souffle de feu de la bouche de l'Etna, déchirants et impétueux comme le tourbillon du Maelstrôm...

Tout s'engloutit, pensa-t-elle, tout sombre.

 Puis le feu s'alluma, les flammes montèrent jusqu'au ciel.  Quand le loup, les babines sanglantes, se rua dans le sanctuaire, les tisons volèrent et brûlèrent les autels.

Elle l'étreignit, se pressant contre sa poitrine...

"Je brûle, exulta-t-elle, je me consume..."

Un à un, il arracha les vêtements de son corps.

Le soleil était haut lorsqu'elle s'éveilla.  Elle vit qu'elle était nue, mais ne se couvrit pas.  Elle tourna la tête et le vit allongé à son côté, nu comme elle.

Elle demanda : "Partiras-tu aujourd'hui ?

- Veux-tu que je parte ?

- Reste, murmura-t-elle, reste !"

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"Lorsqu'il fut auprès d'elle, elle vit qu'il saignait.  Des gouttes tombaient de ses joues, de son cou et de son oreille gauche.  "Je t'ai mordu", murmura-t-elle.

Il acquiesça d'un signe de tête.  Alors elle se dressa, lui enlaça la nuque et, de ses lèvres brillantes, but le sang rouge."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

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Leurs caresses, leur tendresse et tous les mots doux étaient morts et fanés, comme les fleurs, comme le fin gazon sur lequel  la  tempête de leur amour avait roulé.  Le feu qui les avait dévorés de ses dents avides était mort de lui-même, et de ses cendres une haine terrible, implacable, naissait.

Ils se regardèrent.  Maintenant, ils savaient qu'ils étaient des ennemis mortels.

La longue ligne rouge des cuisses de Mandragore lui parut dégoûtante et odieuse.  Sa bouche était amère, comme s'il avait porté un poison à ses lèvres.  Et les morsures de ses dents, les égratinures de ses ongles devenaient douloureuses et le brûlaient...

Elle va m'empoisonner, pensa-t-il, comme elle le fit autrefois pour le docteur Petersen."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

 

"Les yeux verts de Mandragore le regardaient, moqueurs, effrontés et excitants.  Il ferma les yeux, se mordit les lèvres ; ses doigts se crispèrent.  Mais elle se leva, se détourna et négligemment marcha sur lui avec mépris.

Il se leva d'un bond, se tint devant elle, croisant son regard...

Pas un mot ne sortit de ses lèvres, elle se taisait, puis elle leva le bras et le frappa au visage.  Alors, il se jeta sur elle, la secoua brutalement, la traîna à terre par les cheveux, la frappa, la piétina et lui serra violemment le cou.

Elle se défendait bien.  Ses ongles déchiraient son visage, ses morsures déchiquetaient ses bras et sa poitrine.  Et, baveuses et sanglantes, leurs lèvres se cherchèrent, se trouvèrent et se prirent dans de violentes souffrances...

Soudain il la repoussa et la jeta au loin, elle retomba sans connaissance sur le gazon."

Hanns Heinz Ewers      Mandragore

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"Sur l'épaule de son amant, elle aperçut 

Trois cicatrices, trois morsures de sa bouche,

Trois témoins indiscrets de leur amour farouche

Et posa les lèvres dessus."

Hanns Heinz Ewers      L'apprenti sorcier

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Entre moi et mon ami

(complainte médiévale)

Ensemble, mon ami et moi

En un bois près de Béthune,

Nous allâmes jouant mardi

Toute la nuit sous la lune,

Si bien que le jour se leva

Et que l'alouette chanta

Disant "Ami, allons-nous en."

Et il répondit doucement :

"Il n'est point encore jour,

Savoureuse au corps gentil,

Que m'assiste l'Amour ;

L'alouette nous a menti !"

Alors il se rapprocha de moi,

Et je ne fus pas rebelle.

Bien trois fois il m'embrassa.

Je le fis moi aussi plus d'une

Et cela ne m'ennuya pas.

Comme nous aurions voulu

Que cette nuit durât cent nuits

Et que plus jamais il n'eût à dire 

"Il n'est point encore jour !"

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Départir  (Se séparer)

complainte médiévale

Quand je vois l'aube du jour venir

Mille choses je ne dois tant haïr

Car elle fait de moi se séparer

Mon ami que j'aime par amour.

Maintenant je ne hais rien tant que le jour,

Ami, qui me sépare de vous.

Quand je suis couchée dans mon lit,

Que je regarde à mon côté

Et n'y trouve pas mon ami,

Je m'en plains aux parfaits amoureux.

Bel ami, vous vous en irez.

Que votre personne soit recommandée à Dieu.

Par Dieu, je vous prie, ne m'oubliez pas !

Je n'aime rien tant que vous.

Maintenant, je prie tous les vrais amants

De cheminer en chantant cette chanson

Et ce en dépit des médisants,

Et des mauvais maris jaloux.

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Baiser gothique

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Départir         Dominique Mertens

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Lasse (Hélas !)

complainte médiévale

Hélas, pourquoi repoussai-je

Celui qui m'a tant aimée ?

Longtemps à moi il a pensé et n'y a trouvé pitié.

Hélas, si très dur coeur ai, qu'en dirai

Egarée je fus plus cruelle 

Quand je le repoussai.

J'en ferai droit à son plaisir

S'il m'en daigne ouïr.

Certes, bien me dois clamer et épuisée et malheureuse

Quand s'il n'a pas d'amour,

Mais grande douceur et rosée

Tant doucement me pria et n'y a recouvré merci.

Egarée fus quand ne l'aimais.

J'en ferai droit à son plaisir

S'il m'en daigne ouïr.

Chanson va sans délais à celui qui tant m'agrée.

Car Dieu je prie et demande qu'il vienne à moi sans retard.

En sa merci je me mettrais toute.

Puisse trouver celui qui m'agrée,

Que j'ai trop mal trahi.

J'en ferai droit à son plaisir

S'il m'en daigne ouïr.

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Je vivrai liement (librement)

complainte médiévale

Je vivrai  dans la liesse

Douce créature

Si vous saviez vraiment

Qu'en vous est tout mon souci.

Dame de maintien joli,

Plaisant, clair et pur,

Souvent me fait dire : "Aïe, moi ! !"

Le malheur que j'endure

Pour vous servir loyalement

Et soyez sûre 

Que je ne puis plus vivre ainsi

Si longtemps cela dure,

Car vous m'êtes dure

Sans merci et sans pitié,

Et ainsi vous avez mis mon coeur

En telle ardeur

Qu'il pourra certainement de mort très laide

Si pour son soulagement

Votre pitié n'est pas prochainement mûre.

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...le baiser de la Mort... 

...le baiser de l'Amour...

 

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De toutes flours (fleurs)

complainte médiévale

Pour toute fleur et pour tout fruit

Dans mon verger il n'y avait qu'une seule rose,

Le reste était gâté et détruit

Par Fortune qui durement s'oppose

A cette douce fleur pour flétrir sa couleur et son odeur.

Mais si je la vois cueillir ou se laisser choir

Jamais ne désire avoir une autre après elle.

Mais vraiment je ne puis imaginer

Que la vertu  où ma rose est enclose,

Vienne par toi et par tes faux conduits,

Mais au contraire est droit, donc naturel. 

Aussi je suppose 

Que tu n'auras jamais la vigueur

D'amoindrir son prix et sa valeur.

Laisse-la moi, puisque nulle part en mon verger

Je ne désire avoir une autre après elle.

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Baiser gothique

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"Dès sa première jeunesse, elle montra une sensibilité ardente et une imagination plus ardente encore.  Son âme voleta sur les traces du bonheur idéal, et le bonheur resta pour elle inaccessible idéal : car elle aima, quand aimer ne pouvait entraîner que folie et perdition.  De ce moment pesa sur son existence un nuage épais, que les éclairs d'une passion sauvage et rebelle réussissaient parfois à percer mais jamais à dissiper.  A l'insu de tous, elle s'enfonça dans la détresse et chercha consolation dans le rêve.  Mais il est un lieu où cessent les plaintes et où s'apaisent les orages de la passion. Là, le pèlerinage mortel retrouve les chemins de l'espoir.  Là, l'esprit fatigué du monde est rendu à la quiétude.  Là, elle repose enfin auprès de son bien-aimé ; son coeur redevient poussière auprès de celui pour qui il avait battu jusqu'à se briser ; ses lèvres qu'autrefois enfiévrait le désir, se décolorent et s'étiolent contre les siennes.  Oui, elle repose enfin auprès de son bien-aimé

 Nul ne pourra maintenant les séparer, et nul ne voudra maintenant la blâmer.  Est-il en effet quelqu'un qui, songeant à ses souffrances et à sa fin, aurait la cruauté de lui reprocher ses erreurs ?"

Charles-Robert Maturin       Fatale vengeance

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le baiser de la mort

 

 

 

 

 

22/04/2018

CAUCHEMARS FANTASTIQUES

CAUCHEMARS  FANTASTIQUES

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John Martin     Pandemonium

"Je ne puis appeler cela un cauchemar, car j'avais pleinement conscience d'être endormie.  Mais j'avais également conscience de me trouver dans ma chambre, couchée dans mon lit, comme je m'y trouvais en réalité.  Je voyais, ou croyais voir, la pièce et ses meubles tels que je les avais vus avant de fermer les yeux, à cette exception près qu'il faisait très sombre.  dans cette obscurité j'aperçus une forme vague qui contournait le pied du lit.  tout d'abord je ne pus la distinguer nettement, mais je finis par me rendre compte que c'était un animal noir comme la suie, semblable à un chat monstrueux.  il me parut avoir quatre ou cinq pieds de long, car, lorsqu'il passa sur le devant du foyer, il en couvrit toute la longueur.  il ne cessait pas d'aller et de venir avec l'agitation sinistre et souple d'un fauve en cage.  Malgré la terreur que j'éprouvais, (comme vous pouvez l'imaginer) j'étais incapable de crier.  L'horrible bête précipita son allure tandis que les ténèbres croissaient dans la chambre.  Finalement, il fit si noir que je ne distinguai plus que les yeux de l'animal.  Je le sentis bondir légèrement sur mon lit.  Les deux yeux énormes vinrent tout près de mon visage, et, soudain, j'éprouvai une très vive douleur, comme si deux aiguilles, à quelques centimètres l'une de l'autre, s'enfonçaient profondément dans ma gorge.  Je m'éveillai en hurlant.  La chambre était éclairée par la bougie qui brûlait toute la nuit, et je vis une forme féminine, debout au pied du lit, un peu sur la droite.  Elle portait une ample robe de couleur sombre, et ses cheveux dénoués recouvraient ses épaules.  Un bloc de pierre n'eût pas été plus immobile.  Je ne pouvais déceler le moindre mouvement de respiration.  Tandis que je la regardais fixement, la silhouette me parut avoir changé de place : elle se trouvait maintenant plus près de la porte.  Bientôt, elle fut tout contre ; la porte s'ouvrit, l'apparition disparut."

Sheridan Le Fanu      Carmilla

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La Chasse sauvage       F.W. Heine

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"On eût dit que l'âme avait quitté ce corps sans combattre pour y demeurer."

Sheridan Le Fanu       Le Destin de Sir Robert Ardagh

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La succube Ostärdtenschtein                                      figurine créée par l'auteur dans le cadre 

de sa mise en scène fantastique  

"L'Antre du Vampire"

"Ce soir-là, cependant, on eût dit que, du fond des ténèbres, la comtesse Véra s'efforçait adorablement de revenir dans cette chambre tout embaumée d'elle !  Elle y avait laissé tant de sa personne !  Tout ce qui avait constitué son existence l'y attirait.  Son charme y flottait ; les longues violences faites par la volonté passionnée de son époux y devaient avoir desserré les vagues liens de l'Invisible autour d'elle !...

Elle y était nécessitée.   Tout ce qu'elle aimait, c'était là.

Elle devait avoir envie de venir se sourire encore en cette glace mystérieuse où elle avait tant de fois admiré son lilial visage !  La douce morte, là-bas, avait tressailli, certes, dans ses violettes, sous les lampes éteintes ; la divine morte avait frémi, dans le caveau, toute seule, en regardant la clé d'argent jetée sur les dalles.  Elle voulait s'en venir vers lui, aussi !  Et sa volonté se perdait dans l'idée de l'encens et de l'isolement.  La Mort n'est une circonstance définitive que pour ceux qui espèrent des cieux ; mais la Mort, et les Cieux, et la Vie, pour elle, n'était-ce pas leur embrassement ?  Et le baiser solitaire de son époux attirait ses lèvres, dans l'ombre.  Et le son passé des mélodies, les paroles enivrées de jadis, les étoffes qui couvraient son corps et en gardaient le parfum, ces pierreries magiques qui la voulaient, dans leur obscure sympathie,  -et surtout l'immense et absolue impression de sa présence, opinion partagée à la fin par les choses elles-mêmes, tout l'appelait là, l'attirait là depuis si longtemps, et si insensiblement, que, guérie enfin de la dormante Mort, il ne manquait plus qu' Elle seule !"

Auguste de Villiers de l'Isle-Adam       Véra

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 "Tout à coup je crus apercevoir une figure qui sortait du mur à l'une des extrémités du couloir puis s'approchait d'un pas lent et mal assuré. Sous les vêtements aux plis lâches devait se cacher une forme humaine, mais l'obscurité ne permettait pas d'en rien distinguer."

Charles-Robert Maturin

"Il me semble que je rêve, et je cherche vainement à donner une forme

et une réalité aux ombres qui planent autour de moi."

Charles-Robert Maturin         Fatale vengeance

 

"Le soleil ne pénétrait jamais dans notre demeure ; nous avions besoin d'être éclairés continuellement par la lumière d'une bougie (...)  Ce lieu ténébreux est appelé Rummey Hole par les habitants du pays ; les environs sont déserts ; on en trouve l'ouverture dans le fonds d'une vallée si étroite qu'elle est remplie presque entièrement par un ruisseau qui sort du pied de la montagne à côté de l'entrée de la caverne. (...)  Le roc qui sert de voûte naturelle s'abaisse quelques fois si près de la terre, et les bords du ruisseau sont si escarpés dans ces endroits, qu'on ne saurait pénétrer plus avant sans s'exposer à un péril manifeste.  Mais le souterrain est si vaste et si exhaussé à droite et à gauche qu'on ne cesse point d'admirer la nature qui a formé, l'on ne sait pour quel usage, des salles immenses qu'on se lasse de parcourir.  La caverne se rétrécit néanmoins en certains lieux.  On y trouve des espèces de salons et de cabinets, les uns servent de communication à d'autres salles de la grandeur des premières, d'autres n'ont point de deuxième ouverture après leur entrée."

abbé_prévost     le_philosophe_anglais_ou-histoire_de_monsieur_cleveland

 

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19/04/2018

La CHAMBRE AUX ENTITES

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vers_le_néant        encre de l'auteur

*********

Regarde toutes ces tombes.  

Cent, deux cents.  

Tu n'aimes pas les morts, mon enfant ?

Je t'apprendrai à les aimer.

Tu vas me voir morte ici, 

aujourd'hui,

pendant une demie heure, parmi eux.

Voilà ce que j'aime."

Sheridan_Le_Fanu      L'Oncle_Silas

 

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 thomas_de_leu      la_mort_et_le soldat

******

"Allons, viens !"

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toutes_ces_tombes          encre de l'auteur

*******

"Allons, viens !

{...}  Nous en sommes tout près.  

Tu les aimeras tout comme moi.

Tu vas en voir cinq.

ah ça ira, ça ira, ça ira !

Viens, traverse, vite !

Je suis madame la Morgue.  

Mrs Deadhouse !

Je vais te présenter mes amis, 

Mr Cadavre et Mr Squelette. 

Viens, viens petite mortelle, amusons-nous."

Sheridan_Le_Fanu     L'Oncle_Silas

 

   *********

"Allons, viens !"

********

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 "Tout cela était dans l'ordre des choses, 

les hommes ayant été créés pour se faire souffrir

les uns les autres."

dostoïevski   l'_idiot

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"Allons, viens !"

*******

 

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"Tout à coup, sur l'herbe devant la maison,

se dessina une figure bizarre enveloppée de draperies grises

qui paraissaient presque blanches sous la lune."

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 "Allons, viens !"

 

"Il est là... là... devant mes yeux." goethe       faust

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"Allons, viens !"

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apparition d'un esprit         encre de l'auteur

"Allons, viens !"

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élévation       encre de l'auteur

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(romance extraite de "La Vampire, ou la Vierge de Hongrie", voir ci-dessous)

 

"L'horloge du château sonna une heure du matin... Alors la figure d'Alinska se décompose, une affreuse joie contracte ses traits ; elle ôte précipitamment le gant qui cache sa main gauche, et soudain se précipite sur le lit.  Elle pose sa bouche fétide sur la bouche pure de l'enfant, et semble boire à longs traits le sang qu'elle aspire de la poitrine de cet être infortuné."     ........

(ci-contre, quelques extraits du roman du baron de Lamothe-Langon, publié en 1825,  "La Vampire, ou La Vierge de Hongrie)

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"Elle vit encore, l'infortunée ! Ah !  Sauvons-la à l'horreur de sa position !"

"Ils s'approchèrent avec empressement du cercueil dans lequel Alinska était couchée ; ils la soulevèrent doucement, et sans la débarrasser de son suaire, ils la transportèrent,  avec précaution,  dans la chambre qu'elle avait occupée."      .......

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... trois blessures alors r'ouvertes s'épanchaient les flots d'un sang impur et corrompu."    (fin du roman)

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"Elle batailla d'abord, avec acha rnement ; puis elle en arriva par degrés au silence, au silence complet.  Ses yeux seuls écoutaient, de plus en plus attentifs et grands, grands de terreur.  Et... et, de plus, je vis poindre un sourire défiant, fermé, mauvais.  C'est avec ce sourire-là que je l'ai amenée dans ma maison.  Il est vrai qu'elle n'avait plus d'autre refuge."

                                                              Fiodor Dostoïevski        La douce

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à suivre....

17/04/2018

AMOUR ET FANTASTIQUE

Explorer les rapports

qu'entretiennent

Amour et Fantastique.... 

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Dominique Mertens       Echeveau d'Amour (encre)

Les Règles de l'Amour 

1. Le prétexte de mariage n’est pas une excuse valable contre l’amour. 

2. Qui n’est pas jaloux ne peut pas aimer. 

3. Personne ne peut avoir deux liaisons à la fois.

4. Toujours l’amour doit croître ou décroître.

5. Il n’y a point de saveur à ce que l’amant obtient sans le gré de son amante.

6. L’homme ne peut aimer qu’après la puberté. 

7. A la mort de son amant, le survivant attendra deux ans.

8. Personne ne doit sans raison suffisante être privé de l’objet de son amour. 

9. Personne ne peut aimer vraiment sans être poussé par l’espoir de l’amour.

10. L'amour est toujours étranger dans la maison de l'avarice.

11. Il n'est pas bon d'aimer une femme qu'on aurait quelque honte à épouser.

12. L’amant véritable ne désire d’autres baisers que ceux de son amante.

13. Rendu public, l'amour résiste peu.

14. Une conquête facile rend l’amour sans valeur, une conquête difficile lui donne du prix.

15. Tout amant doit pâlir en présence de son amante.

16. A la vue soudaine de son amante, le coeur d’un amant doit tressaillir. 

17. Un nouvel amour fait partir l'ancien.

18. Rien que le bon caractère rend l'homme digne d'amour. 

19. Quand l'amour diminue, il diminue vite et se renforce rarement.

20. L’amoureux est toujours craintif. 

21. Vraie jalousie fait toujours croître l’amour.

22. Un soupçon sur son amante, jalousie et ardeur d’aimer augmentent. 

23. Il ne dort ni ne mange celui que passion d’amour démange. 

24. N’importe quel acte de l’amant se termine dans la pensée de son amante. 

25. L’amant véritable ne trouve rien de bien, qui à son amante ne plaise bien.

26. L’amant ne saurait rien refuser à son amante.

27. L’amant ne peut se rassasier des plaisirs de son amante.

28. La moindre présomption pousse l’amant à soupçonner le pire sur son amante. 

29. Il n’aime pas vraiment celui qui possède une trop grande luxure. 

30. L’amant véritable est toujours absorbé par l’image de son amante.

              31. Rien ne défend à une femme d’être aimée de deux hommes, ni à un homme          d’être aimé de deux femmes.

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Dominique Mertens       Miroir d'amour (encre) 

Quelques poésies du Moyen age...

D'être avec elle

D'être avec elle tant m'étonne

Que n'ose avouer mon désir

Et quand m'en vais d'elle il me semble 

Que perds tout sens et tout savoir.

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Joyssance vous donneray

Joyssance vous donneray,

Mon amy, et vous meneray

Là où pretend vostre esperance.

Vivante ne vous laisseray ;

Encore quant morte je seray,

L'esprit en aura souvenance.

 

Si pour moy avez du soucy,

Pour vous n'en ay pas moins aussi ;

Amour le vous doit faire entendre.

Mais s'il vous greve d'estre ainsi,

Apaisez vostre cueur transy ;

Tout vient à point qui peult attendre.

 

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Dominique Mertens       Temple d'amour (encre)  

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Dont vient cela

Dont vient cela, belle, je vous supply,

Que plus à moy ne vous recommandez ?

Toujours seray de tristesse remply,

Jusques a tant qu'au vray me le mandez.

Je croy que plus d'amy ne demandez.

Ou maulvais bruyt de moy on vous revelle

ou vostre coeur a fait Amour nouvelle.

 

Si vous laissez d'Amour le train joly,

Vostre beauté prisonnrendez ;

Si pour autruy m'avez mis en oubly,

Dieu vous y doint le bien que pretendez ;

Mais si de mal en rien m'apprehendez,

Je veulx qu'autant que vous me semblez belle,

D'autant ou plus vous me soyez rebelle.

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Dominique Mertens       Plaisir d'amour ne dure qu' un instant (encre)   

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Dominique Mertens       Chagrin d' amour dure toute une vie  (encre)   

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Dominique Mertens       Amour éconduit  (encre)   

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L'Amour, la Mort et la Vie

L'Amour, la Mort et la Vie

Me tourmentent à toute heure.

De me laysser ont envye

Et veullent que j'y demeure.

Quand je veulx rire je pleure

Du feu d'Amour qui s'avive

La Vie veult que je meure

Et la Mort veult que je vive.

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Dominique Mertens       Amour fortifié  (encre)   

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amour-champêtre        encre de Chine de l'auteur

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Dominique Mertens       Amours ancillaires  (encre)   

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Dominique Mertens       Amour contrarié (encre)   

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Dominique Mertens       Amour aveugle (encre)   

 

Cet   Enfer   au   Paradis

une chanson de

Dark  Sanctuary

Je ne sais que faire de cette vie,

Dans cet Enfer au Paradis.

J'ai perdu mes ailes et ma liberté,

A cause de celle que j'ai tant aimé.

Des larmes de glace sont comme des espoirs,

Lentement ils s'effacent de ma mémoire.

J'aurais tant voulu ne jamais exister,

Ni jamais avoir cru pouvoir aimer.

J'ai tant de haine contre ceux qui ont

Créé mes peines et mes passions.

Je crie de douleur, j'ai mal et j'ai peur,

J'aimerais tant pouvoir encore la revoir.

J'ai beau crier, elle ne m'entend pas,

J'ai beau pleurer, elle ne m'aimera pas.

 

"Brièvement, il posa un baiser sur le front  de son épouse

et s'en fut, happé par cette insatiable nuit

qui n'avait semble-t-il 

d'autre but que de dévorer le peu d'espoir

qui nous restait encore."

Françoise-Sylvie Pauly

L'Invitée de Dracula, roman

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"Il  serait trop long de vous conter toute ma souffrance

Mais ce qui me torture avant tout,

c'est une bouche rouge dont mon coeur est meurtri jusqu'à l'amère mort.

Devant elle mon corps était baigné de sueur,

Et mon visage devenait rouge puis blème, 

Quand je rendais mes devoirs à la délicate jeune fille.

A force de soupirer et frémir,

Souvent je ne sentais plus mon propre corps,

Comme si je m'étais consumé.

Souvent m'a l'épouvante fait fuir à deux cents milles d'elle,

Et jamais je ne reprenais espoir.

Gel, pluie, neige ne m'ont pas tant glacé

Que le soleil de la bien-aimée ne pût m'enflammer.

Lorsque je suis près d'elle,

Je perds ma mesure.

Ainsi dois-je à cause d'elle aller par les chemins lointains,

En désarroi, jusqu'à ce que la grâce ait remplacé la haine.

Ah, ma tristesse serait allégresse si elle voulait bien m'aider."

Oswald von Wolkenstein

 

 

........

"Je suis à toi pour l'éternité"

 

"Rejoins-moi à jamais..."

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Giovanni Lorenzo Bernini        Santa Ludovica Albertoni

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Giovanni Lorenzo Bernini        Extase de Sainte-Thérèse

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"Rappelle-toi ce jour du plus lointain passé

Où ma voix ranima ton cadavre glacé.

Je vis un feu si beau sous ta noire prunelle

Que je te dis alors : Courtisane éternelle,

Toujours jeune et toujours soumise tu vivras,

Et les plus nobles coeurs s'éteindront dans tes bras !"

     Gérard de Nerval       L'Imagier

 

"Le soleil du matin traversait en rayons colorés les verrières du cloître.  Assis au confessionnal, j'étais plongé solitaire dans mes pensées.  Seuls les pas des frères servants qui nettoyaient l'église résonnaient sous la voûte.  Soudain, j'entendis près de moi un frôlement, et j'aperçus une dame grande et svelte, habillée d'une façon étrange,.  un voile couvrait sa figure ; elle était entrée par une porte latérale et s'approchait de moi pour se confesser.  Ses mouvements avaient une grâce indescriptible.  

Elle s'agenouilla.  Un profond soupir s'échappa de sa poitrine.  Je sentais son haleine brûlante ; avant même qu'elle parlât, j'étais sous l'emprise d'un charme étourdissant.  Comment décrire le ton tout à fait particulier de sa voix, qui pénétrait au plus profond du coeur ?  Chacune de ses paroles me saisissait l'âme, lorsqu'elle m'avoua qu'elle nourrissait un amour défendu.  Cet amour, elle le combattait en vain depuis longtemps ; il était d'autant plus coupable que des chaînes sacrées liaient à jamais l'objet de son amour.  Mais dans la folie d'un désespoir sans bornes, elle avait maudit ces chaînes.

Elle s'arrêta.  Puis, au milieu d'un flot de larmes, qui étouffaient presque ses mots, elle s'écria :

"Médard !  c'est toi, toi-même, que j'aime d'un amour indicible."

Comme saisi d'un spasme mortel, tous mes nerfs se mirent à trembler ; j'étais hors de moi ; un sentiment inconnu me déchirait la poitrine.  Je voulais la voir, la presser contre mon coeur, mourir de joie et de souffrance !  Pour une minute de cette félicité, j'étais prêt à endurer le martyre éternel de l'enfer !"

E.T.A  Hoffmann        Les Elixirs du diable

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Cornelis van Haarlem       le-moine-et-la-religieuse

"Effrayé, je m'avançai en courant ; la porte du cabinet était entrouverte.  Aurélie était agenouillée, le dos tourné vers moi, devant un tabouret sur lequel était placé un livre ouvert.  Rempli de crainte, je regardai involontairement derrière moi ; je ne vis rien et je m'écriai, dans un ravissement suprême :  "Aurélie, Aurélie !"

Elle se retourna rapidement, mais , avant qu'elle se fût levée, j'étais déjà à ses genoux et je l'avais enlacée avec force.

"Léonard !  mon bien-aimé", murmura-t-elle tout bas.

Alors fermenta et bouillonna dans mon être un désir furieux, une passion coupable et sauvage.  Elle était là inerte dans mes bras; ses cheveux dénoués tombaient en boucles épaisses sur mes épaules ; sa gorge juvénile se soulevait ; elle gémissait sourdement.  Je ne me connaissais plus moi-même.  Je la relevai ; elle parut animée d'une force nouvelle ; une ardeur inconnue brûlait dans ses yeux et elle rendait avec plus de feu mes baisers délirants."

E.T.A. Hoffmann        Les Elixirs du diable

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Edenfall pochette cd 

"Dis seulement que tu m'aimes

et tu seras délivrée de toute détresse." 

 E.T.A.  Hoffmann        Les Elixirs du diable

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Dominique Mertens       Rappelle-toi ce jour  (encre)  

"Coeur qui soupire n'a pas ce qu'il désire..."

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"Diffamée, méprisée, oubliée de tous, à l'exception des généreuses soeurs de la famille de Sydnei, je résignai mes volontés à celles de Lord Arlington, et repris la route de cette abbaye, destinée, dès mon enfance, à me servir de tombeau.  La même main qui avait ruiné l'édifice de mon bonheur, avait dépouillé cette demeure de ce qui en faisait pour moi l'unique charme.  Toutes les ruines étaient abattues, et les bois épais qui nous avaient si longtemps protégés, avaient fait place à des plantations naissantes.  Je détournai les yeux de cette scène de désolation, et me renfermai dans la chambre la plus reculée et la plus obscure, résolue d'y passer le reste de ma vie à méditer et à pleurer."

Sophia Lee         Le souterrain

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"... en vérité, on n'a pas encore appris à aimer.  Nous n'utilisons qu'une fraction infime de nos possibilités dans ce domaine.  L'amour est indivisible.  Il parle toutes les langues de Babel.  Mais, à chaque instant, nous en faisons l'économie.  Nous lésinons.  A certaines heures désespérées parce que nous y sommes acculés, nous acceptons d'aimer enfin."

pierre-mertens     "Perdre"

 

"Car s'il est vrai, comme l'a affirmé un écrivain célèbre, qu'aucune jeune fille n'a le droit de tomber amoureuse avant que le monsieur n'ait déclaré sa flamme, il serait des plus inconvenants qu'une jeune fille rêvat d'un jeune homme avant qu'on sache d'abord si le jeune homme a été le premier à rêver d'elle."

jane-austen       l'-abbaye-de-northanger

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Dominique Mertens       Etreinte_1  (encre)  

"Amour, tes jouissances sont infinies, comme tes peines !  Tu es plus amer que l'absinthe, mais le miel est moins doux que toi."

Christian Heinrich Spiess      Le petit Pierre

 

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Dominique Mertens       Etreinte  (encre)   

"L'embrasser avec toute la passion d'un désir furieux

et puis lui donner la mort, telle était la pensée

qui me poursuivait irrésistiblement."

E.T.A. Hoffmann      Les Elixirs du diable

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Dominique Mertens       Comme morte (encre)   

 

Amours me fait désirer

Amours me fait désirer et aimer ;

Mais si follettement 

Que je ne puis espérer

Ni penser

N'imaginer nullement

Que le doux et beau visage

Duquel je suis tombé amoureux

Me donnera joie,

A moins qu'Amour n'agisse proprement et tellement 

Que je l'obtienne sans le demander.

Guillaume de Machaut

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Dominique Mertens       Pleur -d' amour (encre)   

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"Sur l'épaule de son amant,

elle aperçut trois cicatrices, 

trois morsures de sa bouche, 

trois témoins indiscrets 

de leur amour farouche

et posa les lèvres dessus !

Hanns Heinz Ewers      L'apprenti sorcier

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 Il n'y a pas de rose sans épines...

 

 

à  suivre...

 

15/04/2018

DANS SES YEUX JE VOYAIS MA VIE

DANS  SES  YEUX

JE  VOYAIS  MA  VIE 

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"Il aimait ce moment où les dernières clartés s'éteignent, où les étoiles, l'une après l'autre, viennent briller dans l'espace et se réfléchir sur le miroir des eaux ; moment touchant et doux, où l'âme dilatée s'ouvre aux plus tendres sentiments, aux contemplations les plus sublimes."

Ann Radcliffe          Les Mystères d'Udolphe 

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Juste avant l'exil 

chanson de Gérard Manset


Juste avant l'exil,
On pose un dernier regard sur sa ville,
Les colliers de fleurs que les hommes enfilent
Et plus loin, sur le bord du quai,
Le secret que personne ne sait,
C'est qu'on est né ici
Et qu'on sait ce qu'on va laisser,
Alors on reste assis
Juste avant l'exil.
Ça semblait facile
De tout quitter.
On était le loup sans son collier,
L'arbre sans son espalier

Mais quand le sable a quitté le sablier,
Que le marbre et la pierre se sont brisés,
Que le chêne a fini quand même par retomber,

On se retrouve comme on est né
A nouveau dans un monde damnés,
A nouveau dans un monde damnés,
Sans rien ni personne pour nous aider.

Juste avant l'exil,
Juste avant l'exil,
Avant le dernier regard sur la ville,
Dans le bruit des trains qui défilent
Et là-bas, sur le bord du quai,
Comme la flamme d'un briquet,
Dans une main qui tremble,
Ce visage, on le connaît :
Il nous ressemble.
Juste avant l'exil,
Que cherche-t-il vers l'horizon ?
Le dessein dans la forme d'une maison
Ou peut-être la guérison 

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           Dominique Mertens          Ma rencontre avec Adelheide           

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"Oh ! combien il serait doux de parler longtemps du bonheur de Valancourt et d'Emilie !  de dire avec quelle joie, après avoir souffert l'oppression des méchants et le mépris des faibles, ils furent enfin rendus l'un à l'autre ; avec quel plaisir ils retrouvèrent les paysages chéris de leur patrie !  Combien il serait doux de raconter comment, rentrés dans la route qui conduit  le plus sûrement   au bonheur, tendant sans cesse à la perfection de leur intelligence, ils jouirent  des douceurs d'une société éclairée, des plaisirs d'une bienfaisance active, et comment les bosquets de La Vallée redevinrent le séjour de la sagesse et le temple de la félicité domestique ! ......"

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"..... Puisse-t-il du moins avoir été utile de démontrer que le vice peut quelquefois affliger la vertu ; mais que son pouvoir est passager, et son châtiment certain !  Tandis que la vertu froissée par l'injustice, mais appuyée sur la patience, triomphe enfin de l'infortune.

Et si la faible main qui a tracé cette histoire a pu, par ses tableaux, soulager un moment la tristesse de l'affligé, par sa morale consolante si elle a pu lui apprendre à en supporter le fardeau, ses humbles efforts n'auront pas été vains, et l'auteur aura reçu sa récompense."

(extrait de la conclusion du roman d'Ann Radcliffe, "Les Mystères d'Udolphe")

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 "Leur vie passée offrit un exemple d'épreuves bien dures et leur vie présente un modèle de vertus grandement récompensées; et ils continuèrent de mériter cette récompense.  Car leur bonheur ne se bornait pas à eux seuls, mais ils le faisaient sentir à tous les individus  qui vivaient dans la sphère de leur influence.  L'indigent et l'infortuné avaient à se louer de leur bienveillance, l'homme vertueux et éclairé, de leur amitié, et leurs enfants, d'aavoir des parents dont l'exemple imprimait dans leurs coeurs les préceptes qu'ils offraient à leur esprit."

(extrait de la conclusion du roman d'Ann Radcliffe, "Les Mystères de la forêt")

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 Lovis Corinth        Adam et Eve 

"Le comte et la comtesse Masérini, lord et lady Milverne, jouirent longtemps d'une félicité parfaite.  Ils eurent chacun plusieurs enfants qui devinrent l'ornement et le modèle de leur siècle.  Le temps semblait ajouter chaque jour quelque chose à leur bonheur, et le déclin de leur vie fut comme la fin d'un beau jour, où le soleil en se couchant, brille des rayons les plus purs, jusqu'à ce qu'il ait entièrement disparu de dessous l'horizon."

                                          Geoge Moore     L'Abbaye de Grasville

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"Ah ! jamais la solitude n'a plu à des êtres trop dissipés et frivoles ; elle ne convient qu'à des coeurs purs, seuls capables d'en goûter les charmes."

                                                             Charlotte Dacre        Zofloya, ou la Maure 

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"Ainsi, après divers incidents autant étranges que déprimants, Matilda reçut la récompense de sa persévérance, de sa force d'âme, et de sa vertueuse abnégation.  Une conscience de remplir ses nombreux devoirs assura son bonheur , aussi,  lorqu'elle écrivit la conclusion de ses aventures à sa Mère Sainte-Madeleine bien-aimée, ne dit-elle pas :  de vous, j'ai appris la résignation, et une certaine dépendance vis à vis d'un Etre qui n'abandonne jamais celui qui est vertueux.  De vous, j'ai appris à ne jamais désespérer.  De vos préceptes et de vos mises en garde, je vous suis redevable de n'avoir pris le voile, et je crois fermement que, appelée à un état supérieur, je me souviendrai toujours que les infortunés ont des suppliques à adresser aux coeurs de ceux que Dieu a bénis avec générosité, et que, grâce à vos ressources, vouées à expérimenter toutes les bénédictions de la vie, je vais ressentir comme un devoir d'étendre par des vertus vivaces, et au mieux de mes capacités, ces bénédictions à d'autres, moins chanceux que moi."

                                 Eliza Parsons          Le Château de Wolfenbach

                                                              (traduction Dominique Mertens)

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 ქრისტე აღსდგა მკვდრეთით,
სიკვდილითა სიკვდილისა დამთრგუნველი
და საფლავების შინათა
ცხოვრების მიმნიჭებელი !

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"Tu voudrais être aimée ?

Puisse donc ton cœur ne pas s’écarter

de son actuel cheminement !

Étant en tous points ce que tu es maintenant,

ne sois rien de ce que tu n’es pas.

Ainsi, pour le monde, tes nobles façons,

ta grâce, bien plus que de la beauté,

seront un thème sans fin de louange,

un simple devoir rendu à l'amour."

                                                                 Edgar Allan Poe

                                                                        poème            à  F.-S. O.

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John Simmons       Hermia et Lysander

(Songe d'une nuit d'été)

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Dominique Mertens       Adelheide, l'héroïne de mon roman

"Ils me montraient leurs arbres, et j'étais incapable de comprendre le degré d'amour avec lequel ils les regardaient : comme s'ils parlaient avec des êtres qui leur étaient semblables.  Et vous savez, je ne me tromperai pas, peut-être, si je dis qu'ils conversaient !  Oui, ils avaient trouvé leur langue, et je suis convaincu que les arbres les comprenaient.  Ainsi  regardaient-ils toute la nature  -les animaux, qui vivaient avec eux dans la concorde, ne les attaquaient pas et les aimaient, vaincus par leur amour.  Ils me montraient les étoiles et ils me parlaient d'elles à propos de quelque chose que je n'arrivais pas à comprendre, mais je suis convaincu que, d'une façon ou d'une autre, ils communiquaient avec les étoiles du ciel, et pas seulement par la pensée, non, par je ne sais quel moyen vivant.  Oh, ces gens, ils ne s'acharnaient pas à ce que je les comprenne, ils m'aimaient même sans cela, et pourtant je savais qu'eux non plus, ils ne me comprenaient jamais, et c'est pourquoi je ne leur parlais presque pas de notre terre,.  Je me contentais d'embrasser devant eux la terre sur laquelle ils vivaient et, sans paroles, je les adorais tous, et eux, ils voyaient cela et me laissaient les adorer, sans avoir honte de mon adoration, parce qu'ils étaient eux-mêmes pleins d'amour."

                        Fiodor Dostoïevski         Le Rêve d'un homme ridicule

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 John Simmons        Le Songe d'une nuit d'été

 

An die Freunde

             Ode à la Joie        

poème de Friedrich Schiller  (extrait)

 version française :

Ô amis, pas de ces accents !

Laissez-nous en entonner de plus agréables,

Et de plus joyeux !

Joie, belle étincelle divine,

Fille de l'assemblée des dieux,

Nous pénétrons, ivres de feu,

Ton sanctuaire céleste !

Tes charmes assemblent

Ce que, sévèrement, les coutumes divisent ;

Tous les humains deviennent frères,

lorsque se déploie ton aile douce.

Celui qui, d'un coup de maître,

a réussi

D'un ami d'être l'ami ;

Qui a fait sienne une femme accorte,

Qu'il mêle son allégresse à la nôtre !

Oui, et même celui qui ne peut appeler sienne

Qu'une seule âme sur la Terre !

Mais celui qui jamais ne l'a su,

Qu'en larmes il se retire, de cette union !

Tous les êtres boivent la joie

Aux seins de la nature ;

Tous les bons, tous les méchants,

Suivent sa trace parsemée de roses.

Elle nous a donné des baisers et la vigne ;

Un ami, éprouvé par la mort ;

La volupté fut donnée au vermisseau,

Et le Chérubin se tient devant Dieu.

Joyeux, comme ses soleils volant

À travers le somptueux dessein du ciel,

Hâtez-vous, frères, sur votre route,

Joyeux comme un héros vers la victoire.

Soyez enlacés, millions.

Ce baiser au monde entier !

Frères ! Au-dessus de la voûte étoilée

Doit habiter un père bien-aimé.

Vous vous effondrez, millions ?

Monde, as-tu pressenti le Créateur ?

Cherche-le par-delà le firmament !

C'est au-dessus des étoiles qu'il doit habiter.

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John simmons      Le Songe d'une nuit d'été

version allemande :

Freude, schöner Götterfunken

Tochter aus Elysium,

Wir betreten feuertrunken,

Himmlische, dein Heiligtum !

Deine Zauber binden wieder

Was die Mode streng geteilt ;

Alle Menschen werden Brüder

Wo dein sanfter Flügel weilt.

Wem der große Wurf gelungen,

Eines Freundes Freund zu sein ;

Wer ein holdes Weib errungen,

Mische seinen Jubel ein !

Ja, wer auch nur eine Seele

Sein nennt auf dem Erdenrund!

Und wer's nie gekonnt, der stehle

Weinend sich aus diesem Bund !

Freude trinken alle Wesen

An den Brüsten der Natur ;

Alle Guten, alle Bösen

Folgen ihrer Rosenspur.

Küsse gab sie uns und Reben,

Einen Freund, geprüft im Tod ;

Wollust ward dem Wurm gegeben,

und der Cherub steht vor Gott.

Froh, wie seine Sonnen fliegen

Durch des Himmels prächt'gen Plan,

Laufet, Brüder, eure Bahn,

Freudig, wie ein Held zum Siegen.

Seid umschlungen, Millionen !

Diesen Kuß der ganzen Welt !

Brüder, über'm Sternenzelt

Muß ein lieber Vater wohnen.

Ihr stürzt nieder, Millionen ?

Ahnest du den Schöpfer, Welt ?

Such' ihn über'm Sternenzelt !

Über Sternen muß er wohnen.

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John Simmons        There lies Titania

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John Simmons        Titania lying on a leaf

 

ADELHEIDE

(mélodie de Ludwig von Beethoven,

paroles de Friedrich Mathisson, 1795)

Ton ami erre seul dans le jardin nimbé de lumière

par le tamis tremblant de ses branches fleuries, Adelaide !

 

Dans le jet d'eau étincelant sur la neige des Alpes,

Dans les nuages d'or du crépuscule,

Dans le champ des étoiles,

Ton image brille, Adelheide !

 

Les feuilles tendres chuchotent dans la brise du soir,

Les cloches argentées du muguet sont le carillon de Mai,

Les vagues murmurent et les rossignols sifflent, Adelheide !

 

Un jour, ô merveille, sur ma tombe poussera 

Une fleur des cendres de mon coeur,

Et de chaque fleur pourpre brillera ton nom, Adelheide !

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John Simmons       Titania

"Il ne sut pas comment cela se passa, mais il se sentit soulevé par une force inconnue et jeté aux pieds de Sonia. Il pleurait et il étreignait ses genoux. Au premier moment, elle s’effraya terriblement et son visage devint mortellement pâle. Elle bondit et, toute tremblante, elle se mit à le regarder. Mais – 774 – immédiatement, à l’instant même, elle comprit tout. Un bonheur infini brilla dans ses yeux ; elle avait compris, elle n’avait plus de doute maintenant, il l’aimait, il l’aimait d’un amour sans limite et son heure était enfin venue… Ils voulaient parler, mais ils ne le pouvaient pas. Les larmes inondaient leurs yeux. Ils étaient hâves tous les deux ; mais ces visages maladifs et pâles s’auréolaient déjà du renouveau futur, de la résurrection totale à une vie nouvelle. L’amour les avait ressuscités ; le cœur de l’un contenait des sources intarissables de vie pour l’autre."

                                                  Fiodor Dostoïevski        Crime et châtiment

"Fiodor Dostoïevski, un talent cruel"

                                                                         Mikhailovski, critique

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Franck Pauwels   (connu sous le nom italianisé de Paolo Fiammingo) 

   Amori reciproco amore

"Ce que je sais, c'est que nous vivons, nous souffrons et nous mourons bêtes, sans savoir ni pourquoi ni comment.  Je sais encore que notre plus grande erreur est de trop désirer le bonheur, tandis que la vie reste indifférente à nos désirs : si nous sommes heureux, c'est par hasard ; et si nous sommes malheureux, c'est encore par hasard.  Dans cette mer pleine d'écueils qu'est la vie, notre barque est à la merci des vents, et notre adresse  ne peut éviter  que peu de choses.  Et c'est inutile d'accuser quelqu'un, ou d'accrocher son espoir à quelque chose : on est destiné au bonheur ou au malheur avant de sortir du ventre de sa mère.  Heureux est celui qui sent le moins ou qui ne sent rien, et malheureux est celui qui sent et qui veut : il n'a jamais assez."

                 Panaït Istrati       oncle Anghel - les récits d'Adrien Zograffi

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Franck Pauwels        Amori amore letheo

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Dominique Mertens       La source de la Vie (encre) 

 

Hymne à la Vie

un poème de Mère Térésa

 La vie est beauté, admire-la.

La vie est félicité, profites-en.

La vie est un rêve, réalise-le.

La vie est un défi, relève-le.

La vie est un devoir, fais-le.

La vie est un jeu, joue-le.

La vie est précieuse, soigne-la bien.

La vie est richesse, conserve-la.

La vie est amour, jouis-en.

La vie est un mystère, pénètre-le.

La vie est une promesse, tiens-la.

La vie est tristesse, dépasse-la.

La vie est un hymne, chante-le.

La vie est un combat, accepte-le.

La vie est une tragédie, lutte avec elle.

La vie est une aventure, ose-la

La vie est bonheur, mérite-le.

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Mère Térésa 

 "Premier jour dans la forêt. J’étais joyeux et las, toutes les bêtes s’approchaient de moi et me considéraient, sur les arbres à feuilles étaient posés des coléoptères et des « scarabées onctueux » se traînaient sur le chemin. Soyez les bienvenus, pensais-je. L’atmosphère de la forêt allait et venait à travers mes sens, je pleurais de tendresse et j’en étais absolument joyeux, j’étais éperdu d’actions de grâce. Toi, bonne forêt, mon foyer, paix de Dieu, je dois te dire du fond de mon cœur... Je m’arrête, me tourne dans toutes les directions et nomme en pleurant les oiseaux, les arbres, les pierres, l’herbe et les marais par leur nom, je regarde autour de moi et je les nomme en litanies. Je lève les yeux vers les montagnes et pense : Oui, me voilà ! comme si je répondais à un appel."

                                                           Knut Hamsun        Pan 

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John Simmons       Titania se reposant

"Ne t'estimes heureux que le jour

où toutes tes joies naîtront de toi-même."

                                                                                                               Sénèque       Lettres à Lucillius 

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"Tiens, on dirait que le ciel s'assombrit !"

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Angellore        Errances pochette cd

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Ivan Aivazovsky        Jésus marchant sur l'eau

"Il y a mille ans, un moine, vêtu de noir, cheminait dans le désert, en Syrie ou en Arabie. 20 À quelques mètres de l’endroit où il passait, des pêcheurs virent un autre moine qui marchait lentement sur l’eau d’un lac. Le second moine était un mirage. Perdez de vue maintenant toutes les lois de l’optique que la légende, semble-t-il, ignore, et écoutez ce qui suit. De ce mirage en naquit un second, du second un troisième, en sorte que l’image du moine noir se transmit à l’infini d’une couche de l’atmosphère dans l’autre. On la voyait tantôt en Afrique, tantôt en Espagne, tantôt aux Indes, tantôt dans l’extrême Nord... Elle sortit enfin des limites de l’atmosphère terrestre, et, maintenant elle erre dans l’univers entier, sans pouvoir se trouver jamais dans des conditions où elle pourrait disparaître."

                                                          Anton Tchékhov      Le Moine noir

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"Une jeune fille à l'imagination malade entendit une nuit, dans un jardin, des sons mystérieux, si beaux et si étranges, qu'elle dut les regarder comme une harmonie sacrée, incompréhensible pour nous, mortels, et qui, pour cette raison, s'en retourne aux cieux."

                                                                                  Anton Tchékhov        Le Moine noir

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aimer  la  vie,  c'est  …

 aimer  la MUSIQUE  AFRICAINE,

pure source de bonheur

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Rokia Traoré

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Sona Jobarteh

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Toumani Sibiti Diabaté

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Habib Koité

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la case aux fétiches

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Solo et Indré, une magnifique fusion de deux cultures 

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Dominique Mertens        Fétiche (encre, crayon)

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"Ils songent, tête basse… Dans la paix automnale, lorsqu’un froid et morne brouillard s’élève de terre, et se glisse dans l’âme, lorsqu’il reste planté devant les yeux comme un mur de prison et atteste à l’homme la limite de sa volonté, il est doux de penser aux larges fleuves rapides, aux rives plantureuses et abruptes, aux forêts infranchissables, aux steppes illimitées. Lentement, paisiblement, l’imagination vous retrace comment, le matin, à l’aube, alors que le carmin de l’aurore n’a pas encore quitté le ciel, un homme, pareil à une petite tache, avance sur la rive escarpée et déserte. Les sapins séculaires qui étagent leurs masses sur les deux côtés du torrent, regardent maussadement cet homme libre, et grondent sévèrement. Des racines, d’énormes pierres, des fourrés épineux lui barrent le chemin ; mais, robuste de corps, l’esprit alerte, il ne s’effraie ni des sapins, ni des pierres, ni de sa solitude, ni de l’écho bruyant qui répercute chacun de ses pas. Les centeniers se dessinent les tableaux d’une vie libre qu’ils n’ont jamais vécue. Ils se remémorent confusément les images de ce qui leur a été raconté il y a longtemps, ou, peut- être, Dieu le sait, cette représentation d’une vie libre leur est-elle venue avec la chair et le sang de leurs libres aïeux !"  

                                       Anton Tchékov       Rêves (extrait)

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aimer  la  vie,  c'est  …

aimer la musique traditionnelle Géorgienne, (ex URSS)

  source vive de bonheur

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la musique polyphonique Géorgienne (ex URSS) tout un monde fascinant à découvrir sur You Tube

https://youtu.be/yYF_MHTfMeo

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Envie de découvrir mon roman  ?

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le tome 1 de mon roman est disponible aux Editions des Tourments

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le tome 2 de mon roman est disponible aux Editions des Tourments

 editionsdestourments.fr

 

 aimer  la  vie,  c'est…  

aimer DASHIELL  HEDAYAT, 

figure emblématique des années '70/'80

et de la révolution sexuelle

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Daniel Théron, plus connu sous les pseudonymes de Dashiell Hedayat et de Jack-Alain Léger, est un chanteur et romancier  français, né à Toulon le 05 juin 1947 et mort à Paris le 17 juillet 2013.

À la fin des années 1960, il enregistre deux albums, dont le premier, "Obsolète", qui contient la fameuse chanson  "Chrysler rose", album qui lui valu le grand prix de l'Académie Charles-Cros.  Il se consacra ensuite à l'écriture.

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un album incontournable à découvrir sur You Tube

https://youtu.be/JDimqdooGXE

Chrysler ! Chrysler rose
Elle repose sur ses jantes, abandonnée
Deux roues sont voilées
Et sa capote est déchirée
On voit le ciel à travers
Tant elle est usée
Une Chrysler, une Chrysler rose
Une Chrysler que j’ai au fond de la cour
Une Chrysler rouillée

J’ai une Chrysler tout au fond de la cour
Elle ne peut plus rouler mais c’est là
Que je fais l’amour

Il y pousse de la mousse
Des glycines mauves sur le volant
D’un doigt malhabile dans la poussière
Sur la portière
Les enfants ont écrit que Dashiell est un con…
Oui, Chrysler!
Chrysler rose, elle ne peut plus rouler
Mais quand les ressorts grincent
Quand les ressorts grincent
Les enfants de l’immeuble
Aussitôt cessent de jouer
Pour venir regarder…

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aimer  la  vie,c'est  …

aimer ce qui nous dépasse,

et accepter ce qui doit arriver.

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Henry Ossawa Tanner        L'Annonciation

"Ce fut un moment grand et bien faisant.  L'amour versa au coeur du mari sa joie et son courage.  Il voyait un avenir où sa femme et lui, toujours unis dans la tendresse, feraient de leur humble foyer un paradis qui pourrait servir d'exemple à toute la paroisse."

Selma Lagerlöf       Anna Svärd

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 Antonello da Messina       L'Annonciation

"Non, vivre très modestement, libéré d'une foule de besoins, élevé au-dessus du vain et mesquin désir d'éclabousser ses semblables, voilà le chemin du bonheur dans ce monde et de la béatitude dans l'autre."

Selma Lagerlöf       Anna Svärd

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 Sandro Botticelli       la madone du magnificat

"Partout la méditation et l'étude sont nécessaires au bonheur ; à la campagne, elles préviennent les langueurs d'une existence apathique et enseignent à comprendre le grand spectacle de la nature ; à la ville, elles dispensent de ces vaines distractions qui ouvrent la porte à tant de dangers."

Ann Radcliffe       Les mystères d'Udolphe

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 aimer  la  vie,  c'est  …

aimer les hommes et les femmes 

tels qu'ils sont, tant pour leurs qualités,

que pour leurs défauts. 

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Andrea Mantegna       Etude de Christ

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 Sandro Botticelli       Portrait de femme

aimer  la  vie,  c'est  …

garder l'espoir

quelles que soient les circonstances

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" Magnificat anima mea Dominum, et exsultavit spiritus meus in Deo salutari meo"

« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

 Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

 Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

 Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères,

en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais .

Magnificat       Cantique de la Vierge Marie

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Le Caravage       L'Annonciation

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 la violoniste    (auteur présumé : blackrosedu59 )

"Quelle joie doit éprouver un mari en introduisant sa jeune femme dans une maison confortable et riche. Passer de pièce en pièce et entendre ses exclamations admiratives, la précéder de quelques pas pour ouvrir les portes de la pièce suivante et dire : « Voici qui n’est pas trop mal, je crois. » La voir voltiger comme un papillon, jouer quelques mesures au piano, courir vers un tableau, jeter ensuite un coup d’œil dans un miroir, afin de savoir s’il reflétait d’elle une image favorable, ou se précipiter à une fenêtre pour admirer l’admirable paysage. "

Selma Lagerlöf        Charlotte Löwensköld

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"'Qui redoute ou qui évite l'amour, n'est pas libre."

Anton Tchékov       Ma vie

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Léon Bonnat       Idylle

"Je m'habillai et passai dans mon atelier.  Tessie était là, assise près de la fenêtre, mais en me voyant arriver elle se leva et passa ses bras autour de mon cou pour un innocent baiser.  Elle était si fraîche et charmante que je l'embrassai à nouveau avant d'aller m'asseoir à mon chevalet.

"Hé ! Où est passée cette étude que j'avais commencée hier ?" demandai-je.

 Tessie me regarda sans rien répndre.  Je commençai à fouiller parmi mes toiles et lui dis :

"Dépêche-toi de te préparer, Tessie, il faut profiter de la lumière matinale."

Quand enfin j'abandonnai mes recherches parmi les autres toiles et décidai de regarder le reste de la pièce, je vis que Tessie était debout près du paravent, toujours habillée.

"Que se passe-'t-il , lui demandai-je.Tu ne te sens pas bien ?

- Si.

- Alors dépêche-toi.

- Vous voulez que je pose comme... comme je le faisais habituellement ?"

Alors je compris.  C'était encore une complication.  J'avais bien sûr  perdu le meilleur modèle nu que j'aie jamais vue.  Je regardai Tessie.  Son visage était écarlate.  Hélas ! Hélas ! Nous avions mangé le fruit de l'arbre de la connaissance et l'Eden et l'innocence originelle étaient perdus pour nous - je veux dire pour elle.

Robert W. Chambers        Le Signe jaune

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Dominique Mertens       L'Artiste et son modèle (encre et crayon)

"Le spectre du Passé n'irait pas plus loin.

"S'il est vrai, soupirait-elle, que tu vois en moi une amie, alors revenons en arrière ensemble.  Tu oublieras, ici, sous le soleil de l'été."

Je la pris dans mes bras, suppliant, caressant ; je la saisis, pâle de colère, mais elle résistait toujours.

"S'il est vrai, soupirait-elle, que tu vois en moi une amie, alors revenons en arrière ensemble." 

Le Spectre du Passé n'irait pas plus loin."

Robert W. Chambers       Le Roi en jaune

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Karoly Ferenczy       Le Peintre et son modèle

"_ Ainsi, dit-elle, vous êtes marié ?  Mais ne vous inquiétez pas, je n'en ferai pas  une maladie et je saurai vous arracher de mon coeur.  Il est triste seulement et amer que vous soyez  le même rien qui vaille que tous les autres hommes, que vous n'ayez besoin chez la femme ni d'esprit, ni d'intelligence et seulement d'un corps, et de beauté et de jeunesse ! ... Vous avez besoin de pureté : Reinheit ! Reinheit ! ... Elle se renversa sur le dossier du fauteuil en riant : Reinheit !

Quand elle eut fini de rire, ses yeux étaient humides de larmes."

Anton Tchékov         Trois ans

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Jules Joseph Lefèbvre       La Vérité

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Jean Hélion       Le Peintre piétiné par son modèle

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René Magritte       Les Amants

"Mais mon compagnon m’avait déjà laissé seul et, tout à coup, ― sans savoir comment, je me trouvai sur cette nouvelle terre, baigné de la lumière d’une journée paradisiaque. J’avais pris pied, me semble-t-il bien, sur l’une des îles de l’archipel grec ou sur une côte voisine. Oh ! que tout était bien terrestre, mais comme tout brillait d’une lumière de fête ! Une mer caressante, d’une couleur smaragdine, frôlait la plage, qu’elle semblait baiser avec un amour presque conscient. De grands arbres innombrables, fleuris et parés de belles feuilles brillantes, me félicitaient, j’en suis sûr, de mon arrivée, tant leur frisselis faisait une tendre musique. L’herbe était diaprée de fleurs embaumées. Dans l’air, des oiseaux volaient par troupes, et beaucoup d’entre eux, sans montrer la moindre frayeur, venaient se poser sur mes mains, sur mes épaules en battant gentiment des ailes. Bientôt les hommes de cette terre heureuse vinrent à moi, ils m’entourèrent joyeusement et m’embrassèrent. Comme ces enfants d’un autre soleil étaient beaux ! Sur mon ancienne terre, pareille beauté était introuvable. C’est à peine si chez nos plus petits enfants on pourrait découvrir un faible reflet de cette beauté. Les yeux de ces êtres heureux brillaient d’un doux éclat. Leurs visages exprimaient la sagesse et une conscience sereine, une gaîté charmante. Leurs voix étaient pures et joyeuses comme des voix d’enfants. Dès le premier regard, je compris tout. J’étais sur une terre qui n’avait pas encore été profanée par le péché. L’humanité vivait comme la légende veut qu’aient vécu nos premiers ancêtres, dans un paradis terrestre. Et ces hommes étaient si bons que, lorsqu’ils m’emmenèrent vers leurs demeures, ils s’efforçaient, par tous les moyens, de chasser de mon être le plus léger soupçon de tristesse. Ils ne m’interrogeaient pas, mais ils semblaient savoir tout ce qui me concernait, et leur plus grand souci était de me voir redevenir vraiment heureux."

Fiodor Dostoïevski       Journal d'un écrivain

Le Rêve d'un drôle d'homme (récit fantastique)

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Dominique Mertens       Peintre et modèle (encre et crayon)

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"Ging heut' morgen über's Feld"

Ce matin, j'ai marché à travers les champs

 "Ce matin, j'ai marché à travers les champs,
La rosée était encore accrochée à l'herbe ;
Le joyeux pinson me parlait :
"Eh, toi ! N'est-ce pas ? Quel beau matin ! N'est-ce pas ?
Toi ! Le monde ne sera-t-il pas beau ?
Cui-cui ! Beau et vif !
Comme le monde me plaît !"

Et dans le champ les campanules
gaiement, ding-ding,
m'ont carillonné avec leurs clochettes
leur bonjour :
"Le monde ne sera-t-il pas beau ?
Ding-ding ! Il sera beau !
Comme le monde me plaît ! Holà !"

Et alors, dans l'éclat du soleil,
le monde commença soudain à briller ;
tout a gagné son et couleur
dans l'éclat du soleil !
Fleur et oiseau, petit et grand !
"Bonjour, le monde n'est-il pas beau ?
Eh, toi! N'est-ce pas ? Un beau monde !"

Mon bonheur commencera-t-il maintenant aussi ?
Non, non, ce à quoi je pense
Ne fleurira jamais !"

 extrait de

Lieder eines fahrenden Gesellen

(Chants d'un compagnon errant)

de Gustav Mahler (et repris dans sa Symphonie n°1)

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"Wenn mein Schatz Hochzeit macht"

 Quand ma bien-aimée aura ses noces

 "Quand ma bien-aimée aura ses noces,
Ses noces joyeuses,
J'aurai mon jour de chagrin !
J'irai dans ma petite chambre,
Ma petite chambre sombre !
Je pleurerai sur ma bien-aimée,
Sur ma chère bien-aimée !

Petite fleur bleue ! Ne te dessèche pas !
Gentil petit oiseau !
Tu chantes au-dessus du pré vert.
Ah, que le monde est beau !
cui-cui ! cui-cui !

Ne chantez pas ! Ne fleurissez pas !
Le printemps est fini !
Tous les chants sont terminés maintenant !
La nuit quand je vais dormir,
Je pense à mon chagrin,
À mon chagrin."

extrait de

Lieder eines fahrenden Gesellen

(Chants d'un compagnon errant)

de Gustav Mahler (et repris dans sa Symphonie n°1)

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 ..à suivre .....

 

13/04/2018

COMMUNIQUER AVEC LES MORTS

La Mort,

thème majeur du gothique

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désespoir        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

...

 

Catherine RIBEIRO

...

"Un jour... la Mort"

extrait d'une chanson essentielle 

(paroles et musique de Catherine Ribeiro+Alpes)

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 Un jour, la Mort,

Cette grande femme démoniaque,

M'invita dans sa fantastique demeure.

Depuis longtemps elle me guettait, m'épiait,

Usant de ses dons,

De ses charmes magiques,

Elle cambrait sa croupe féline,

Fermait à demi ses paupières lourdes de sommeil,

Au-delà desquelles brillaient deux yeux de guet-apens.

Le souffle court, les lèvres entrouvertes,

Elle murmurait :

"Viens chez moi, viens, viens encore !

Viens t'enrouler dans mon repos, repos, repos,

L'éternel repos..." 

Z.gif

 

"Aimer la Vie autant que je l'ai haïe..."

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éros-et-thanatos        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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Le Feu, symbole de la Vie, symbole de l'énergie sexuelle... 

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damnatio-et-condamnatio        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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Arabella chantant une complainte du Klagebüchlein de Hartmann von Aue

       encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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Hartmann von Aue

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Ywein      complainte de Hartmann von Aue

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Arabella  r.i.p.        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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albrecht-altdorfer        le-sSacrifice-d-abraham

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Torhild gisant sur son tombeau        encre de Chine de l'auteur, 

Dominique Mertens

...

"E s p r i t,  e s - t u   l à  ???"

C O M M U N I Q U E R     A V E C     L E S     M O R T S   ?

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RECEVOIR DES MESSAGES DE  L'AU-DELA ?

... --- ...

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... --- ...

C'est d'abord notre respect

qu'implorent de nous les morts...

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Le Sacrilège        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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"Il tenait toujours ma main ; je l'entraînai, en courant à travers les herbes et les pierres, jusqu'au pied du tombeau.  Mais l'étonnement dont nous avions été saisies en l'apercevant, ne fut pas comparable au sien, lorsqu'il vit quelle était l'entrée de notre demeure.  le temps ne nous permettait pas d'explications ; il nous aida à entrer, et nous suivit ; après avoir remis la barre, nous laissâmes ma soeur, pour observer, au travers de la porte, l'approche de ceux que nous avions entendus, et je conduisis notre hôte dans la grande salle du Souterrain.  

sophia-lee        le-souterrain

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De Profundis        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

"La mort est un dialogue entre 

L'esprit et la cendre.

"Dissous-toi ", dit la mort.

L'esprit : "Madame,

j'ai une autre espérance "

La mort hésite, reprend sa plaidoirie.

L'esprit lui tourne le dos,

Ne laissant pour témoin

Qu'un manteau d'argile."

emily-dickinson

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 "A cette  même heure, heure de minuit, était réunie en quelque antre souterrain une assemblée d'êtres dont l'aspect était en parfaite et monstrueuse harmonie avec le lieu.  D'ù venaient-ils 8  à quel mystérieux appel avaient-ils répondu ?  rien ne le laissait entrevoir.  Beaucoup arboraient ces protubérances, gibbosités, difformités, dont les cauchemars et les terreurs nocturnes sont prodigues.  D'autres, non moins nombreux, étaient drapés dans une sorte de brume qui dissimulait à demi ces figures hideuses que seules les ténèbres peuvent engendrer. Tous étaient silencieux et affairés, mais à quoi s'occupaient-ils ?"

Charles-robert Maturin      Fatale vengeance

 

"Il voyait le château plein de fantômes et de revenants.  S'ils en rencontraient un seulement, le moindre risque qu'ils couraient tous deux, était d'en être étranglés.  Il était inutile de vouloir communiquer avec les gens de l'autre monde et il n'y avait que des coups à y gagner."

anne-radcliffe       julia,- ou_les_souterrains_du_château_de-mazzini 

(a_sicilian_romance)

 

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"Man soll die Toten ruhen lassen...

... Man soll Sie aber auch nicht vergessen !" 

 ("On doit laisser les morts en paix...

... Mais on doit cependant aussi ne pas les oublier !")

(extrait du film  muet "der Turm des Schweigens",  "La Tour du silence", de Johannes Guter, 1925)

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AUX SOURCES DU GOTHIQUE

Ann RADCLIFFE

aux sources du gothique

Ann WARD naquit à londres en 1764 dans une famille de commerçants estimés.  Elle y reçut une éducation anglicane stricte.  Toute jeune encore, elle aurait connu l'écrivaine Sophia Lee, auteure du roman pré-gothique "Le Souterrain, ou Mathilde", (1785) laquelle dirigeait une école pour jeunes filles de bonnes familles, et sa soeur, Harriet Lee, elle aussi écrivaine.  Ce serait ce roman dont tout le monde parlait alors, qui l'aurait influencée dans l'écriture de ses trois principaux romans que sont La Romance de la forêt, (1791) Les Mystères d'Udolphe, (1794) et L'Italien, ou le Confessionnal des Pénitents Noirs. 1797)

C'est dans le respect de la tradition bourgeoise et conservatrice que grandit Ann.  A l'âge de 23 ans, elle épousa William Radcliffe, un juriste propriétaire de la gazette The English Chronicle.  Ensemble, ils voyagèrent en Allemagne où ils sillonnèrent la vallée du Rhin, admirant au passage les anciennes forteresses qui émaillent son cours.

Restée sans enfants, Ann consacra son temps libre à l'écriture de ses cinq romans, de 1789 à 1797, après quoi elle mit un terme définitif à sa carrière littéraire.  A l'époque où elle les écrivit, Horace Walpole connaissait la célébrité pour son roman Le Château d'Otrante, (1764) et la vogue du gothique était en plein essor. Hélas, d'insistantes rumeurs ne tardèrent pas à circuler au sujet de l'état mental de la romancière, rumeurs qui finirent par provoquer l'exaspération de son mari au point pour celui-ci de se voir dans l'obligation d'exhiber un certificat médical attestant du parfait équilibre mental de son épouse.  

Ann Radcliffe décédera en 1823 à l'âge de 59 ans.  Son succès littéraire fut tel qu'il suscita un engouement sans précédent, engouement qui se traduisit par un florilège d'imitations souvent plus insignifiantes les unes que les autres.  

...

Reportons-nous à présent à l'érudite approche du roman Les Mystères d'Udolphe, telle que nous la livre Maurice Lévy dans sa préface du dit roman, non sans rappeler au préalable que ce dernier en a revu et corrigé la traduction originellement établie par la comtesse Louise Marie Victorine de Chastenay de Lanty en 1797.

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Hans Burgmaier        Amants surpris par la mort

"Il faut retenir de ces premiers romans l'essentiel de ce qu'ils ont en commun : une intrigue plus complexe à mesure que l'art de la romancière se confirme, mais toujours centrée sur des aventures qui ne font sens que lorsqu'elles sont vécues dans le cadre d'architectures médiévales : des châteaux ou des abbayes sui, en Ecosse, en Sicile ou en France sont un même décor et illustrent un symptomatique rêve labyrinthique.  Poursuites effénées, rencontres terrifiantes, découvertes macabres et autres aventures au sens propre déroutantes disent la perte d'une difficile orientation dans des sites nocturnes, toujours tragiquement traversés."

...

"L'espace narratif a toujours des murailles pour limites, comme pour enfermer ensemble héroïne et lecteur dans un univers où n'ont plus cours les codes de la vie ordinaire."

...

"Toutes les héroïnes d'ann Radcliffe font à un moment ou un autre l'expérience de l'angoisse du seuil : Emilie n'échappe pas à la règle.  Quand elle franchit le portail de la forteresse, son coeur se serre et lui viennent à l'esprit des pensées de longues souffrances et de meurtres.  Pressentiment qui se vérifie sans tarder : il y a dans une salle d'Udolphe un fauteuil de fer fixé au sol, dont les pieds et les bras sont garnis de barres et de chaînes, et au-dessus duquel pend un effrayant collier d'acier.  A toutes fins utiles et pour qu'on ne croie pas que ces instruments sont purement décoratifs, un corps ensanglanté gît dans un recoin de la pièce.  Les souffrances infligées par Montoni à sa femme, sa séquestration dans une tour du château et sa mort sont une autre preuve, s'il en était besoin, des tourments associés à l'image du château.  tout se passe comme si l'effrayante demeure était la matérialisation dans l'espace de la volonté de puissance de son infâme propriétaire... et bien sûr pèse sur des centaines de pages l'horreur incertaine de la scène initiale (ou faut-il dire primitive ?) tue par la romancière, orientant l'imaginaire vers d'innombrables supplices : qu'a bien pu voir Emilie derrière le sinistre voile noir ?  Udolphe, aperçu de l'extérieur, paraît suspendu entre deux abîmes : ses remparts prolongent la paroi abrupte du roc et ses tours donnent sur le vide qui s'ouvre à son pied. La verticalité du château continue celle de la montagne.  Des dangers analogues y guettent l'explorateur, liés à la nature du site : danger du vertige, crainte de la chute.  Chute physique et déchéance morale : l'une est souvent dans l'écriture gothique une représentation figurée de l'autre."

...

"Lourde d'un sens pudiquement tu est cette porte sans verrou intérieur qui donne sur les noirs abysses du château, sur l'en dessous des choses, du monde et de la ceinture.  Lieu de tous les dangers, c'est une chambre à coucher, où l'intimité risque à chaque instant l'outrage."

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Charles-marie Bouton        Moine en prières dans une église gothique en ruines

"Il y a beaucoup de non-dit dans le discours d'Ann radcliffe, des opacités, une violence le plus souvent contenue mais qui parfois éclate en descriptions sanglantes, en corps mutilés, en duels meurtriers, en séquestrations et tortures.  Troubles, textuellement parlant, sont les imaginations d'une romancière réputée pour sa pudibonderie : le texte est plein d'appétits inassouvis.  Il s'écrit simultanément sur deux faces : à l'endroit, il y a beaucoup de dignité, de decorum, de décence et d'honnêtes sentiments : rien que de très avouable.  Un côté vertu, dont on pourrait même dire que la romancière l'exhibe avec quelque ostentation.  A l'envers, il y a du désir.  Il y aurait certes quelque ridicule à faire d'Ann Radcliffe une émule ou une rivale du marquis embastillé  -elle qui, lorsqu'elle prévoit une intrusion masculine dans la chambre de son héroïne, la fait providentiellement aller au lit toute habillée... Mais il y a aussi en elle des zones d'ombre, du ténébreux, des choses tues ou qu'il faut lire entre les lignes : de l'inter-dit.  Le XVIIIè siècle voulait que le gothique empruntât à la forêt sa pénombre, en même temps que l'ogive de ses voûtes naturelles et la verticalité de ses troncs."

...

"Métaphorique obscurité : le château cache aussi bien les desseins du maître des lieux.  On ne sait jamais très exactement ce qui se passe à Udolphe : décisions floues et contradictoires concernant Emilie, allées et venues de soldats à figure patibulaire, arrivée de femmes dont le comportement dit avec une tacite véhémence la profession.  Mais que veut donc Montoni ?  Qu'attend-il exactement de celle qui est, depuis qu'il a épousé sa tante, sous sa tutelle légale ?"

...

"En fait, le seigneur d'Udolphe se comporte plus en geôlier jaloux qu'en tuteur légal.  Ou plus exactement, il se dresse, au seuil de son redoutable repaire, tel l'un de ces pères des origines écartant, l'arme à la main, la horde primitive des fils conquérants."

...

"On a souvent désigné le mystère de la chambre close imaginé par Ann Radcliffe comme étant à l'origine de maintes situations analogues du roman policier contemporain : mais a-t-on suffisamment fait remarquer que ces lieux clos sont surtout des appartements interdits ?  Mieux : des chambres à coucher qui ont un passé et une histoire, avec un lit pour principal mobilier ?"

...

"Les déambulations nocturnes de la jeune fille à la recherche de sa tante (image d'une mère de substitution, si peu digne que Mme Montoni soit de l'être) dans les entrailles d'Udolphe peuvent s'interpréter classiquement comme l'exploration du corps maternel, en quête d'une problématique origine.  N'est-il pas significatif que les demeures dont Emilie ne se lasse pas de parcourir nuitamment les couloirs et les appartements, soient toutes deux encore très fortement habitées, hantées par le souvenir des femmes à qui elles ont jadis appartenu ?"

...

"Le message est clair : toute tentative d'affranchissement ou d'émancipation conduit au crime, à la folie et au désespoir."

...

"Mais la romancière ne se contente pas de donner de ses toiles favorites des reproductions sans relief ou des chromos de mauvais goût : son art se situe bien plus haut.  Tout se passe comme si les scènes qu'elle transpose, loin d'être passivement incorporées à l'intrigue, agissaient sur le discours narratif, l'activaient, et d'une certaine manière, l'orientaient.  Les images, devenues texte, colorent et contrôlent l'écriture.  Chaque nouvelle vignette crée l'événement, impose au récit un nouveau régime.  A mesure que l'intrigue se noue et se développe, le texte se plie aux exigences de nouvelles images qui se pressent, s'enchaînent ou se superposent."

...

"Le gothique, de par sa nature, exclut la lumière."

...

"Tout l'art d'Ann Radcliffe tient dans cette écriture nocturne et dissimulatrice, qu'éclairent seules de l'intérieur, des compositions picturales qui sont des pauses, des intervalles, de brefs instants de répit."

Maurice Lévy

(extraits de la préface des Mystères d'Udolphe, éditions Gallimard)

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 Les Mystères d'Udolphe

roman gothique de Ann Radcliffe

 

Quelle oeuvre colossale !  Pensez donc : en édition de poche, (Gallimard, collection Folio classique) ce roman ne totalise pas moins de 800 pages d'une rare densité !  Pour une oeuvre qui fut écrite en 1794, cela représente quand même un certain exploit compte tenu de l'indéniable qualité littéraire de celle-ci.  Ann Radcliffe s'y montre sous le jour d'une écrivaine scrupuleuse, soucieuse de vraisemblance, minutieuse dans ses descriptions, fidèle dans l'étude psychologique de ses personnages, sensible, novatrice et, ce qui ne gâte rien, passionnante à lire, même si son écriture élégante date évidemment d'un autre âge et peut donc nous  sembler parfois quelque peu désuète.

Féréol de bonnemaison  Jeune femme surprise par un orage (détail)  couverture de l'édition Gallimard des Mystères d'Udolphe.jpg

Féréol de Bonnemaison     jeune femme surprise par un orage

En guiser d'introduction à ce grand roman gothique, voici un échantillon typique du style de son auteur. Vous remarquerez au passage l'usage particulier qu'elle fait de la ponctuation...

"Sa femme était retirée dans son appartement ; la langueur et l'abattement qui l'avaient accablée, et que l'arrivée des étrangers avait comme suspendue, la saisirent de nouveau, mais avec des symptômes plus fâcheux.  Le lendemain, la fièvre se déclara ; le médecin y reconnut les mêmes caractères qu'à celle dont Saint-Aubert venait d'échapper ; elle en avait reçu le poison en soignant son époux ; sa complexion trop faible n'avait pu y résister ; le mal s'était répandu dans ses veines, et l'avait jetée dans la langueur."

...

 

Dès le début du roman  -dont le déroulement s'avère extrêmement lent- nos esprits cartésiens sont quelque peu étonnés par la caractérisation souvent fantaisiste des paysages que traversent les héros : la Garonne y sert de liaison expresse entre la Guyenne et le Languedoc-Roussillon, la notion des distances semblant réduite à son minimum pour les besoins de l'action.  Qu'il suffise de se reporter à la description du Voyage en Espagne de Théophile Gautier pour se représenter les incroyables difficultés que comportait ce genre d'entreprise...

Mais poursuivons nos observations au fil du récit qui s'ouvre sous nos yeux : Ann Radcliffe ne craint pas de s'engager au devant de sa propre part de ténèbres, fascinée qu'elle est sans doute par l'insondable mystère du masochisme féminin.  Dans sa quête, elle apportera sa sensibilité et ses hautes exigences morales, qualités qu'elle ne manquera pas de répandre dans toute son oeuvre comme un parfum quelque peu entêtant. En voici un témoignage tout à fait exemplaire :

"Le monde, disait-il en suivant sa pensée, le monde ridiculise une passion qu'il connaît à peine ; ses mouvements, ses intérêts distraient l'esprit, dépravent les goûts, corrompent le coeur ; et l'amour ne peut exister dans un coeur quand il n'a plus la douce dignité de l'innocence.  La vertu et le goût sont presque la même chose ; la vertu, c'est le goût mis en action, et les plus délicates affections de deux coeurs forment ensemble le véritable amour.  Comment pourrait-on chercher l'amour au sein des grandes villes ?  La frivolité, l'intérêt, la dissipation, la fausseté y remplacent continuellement la simplicité, la tendresse et la franchise."

...

"Ma soeur, ajouta-t-elle gravement ; et prenant de sa main froide et humide une des mains d'Emilie, que cet attouchement fit frémir : ma soeur, prenez bien garde au premier mouvement des passions !  prenez garde au premier !  si l'on n'arrête leur course, elle est rapide ; leur force ne connaît aucun frein ; elles nous entraînent aveuglément ; elles nous mènent à des crimes que des années de prières et de pénitence n'effacent pas.  Tel est l'empire d'une passion !  Elle domine toutes les autres, elle s'empare de tous les chemins du coeur ; c'est une furie qui nous possède, et qui nous fait agir en furie, qui nous rend insensible à la pitié, à la conscience ; et quand son but est rempli, furie toujours plus impitoyable, elle nous livre, pour notre tourment, à tous ces sentiments qu'elle avait suspendus, qu'elle n'avait point étouffés, aux supplices de la compassion, du remords, du désespoir.  Nous nous éveillons comme dans un songe : un nouveau monde nous entoure, nous sommes étonnés, épouvantés, mais le forfait est commis.  les pouvoirs réunis du ciel et de la terre ne sauraient plus l'anéantir, les fantômes nous poursuivent.  Que sont les richesses, la grandeur, la santé même, auprès de l'inestimable avantage d'une conscience pure, auprès de la santé de l'âme ?  Que sont les chagrins de la pauvreté, du mépris, de la misère, près des angoisses d'une conscience affligée ?  Oh ! quel temps s'est écoulé depuis que j'ai perdu cette richesse de l'innocence !  je croyais avoir épuisé l'excès des maux, l'amour, la jalousie, le désespoir : ces peines étaient des jouissances, auprès des tourments de ma conscience.  J'ai goûté ce qu'on appelait les douceurs de la vengeance : mais qu'elles sont passagères !  Elles expirent avec leur objet.  Souvenez-vous-en, ma soeur : les passions sont le germe du vice aussi bien que de la vertu !  Tous deux en peuvent sortir, selon qu'on les gouverne.  Malheur à ceux qui n'ont jamais appris l'art si nécessaire de les régler."

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Singulier roman que celui-là, disséminant au fil des pages des principes moraux bien arrêtés, et considérant par ailleurs d'un oeil critique les choses de la religion :

"Qui donc a pu inventer les couvents ? se disait-elle.  Qui donc a pu le premier persuader à des humains de s'y rendre, et, prenant la religion pour prétexte, les éloigner de tous les objets qui l'inspirent ?  L'hommage d'un coeur reconnaissant est celui que Dieu nous demande ; et quand on voit sa gloire, n'est-on pas bien reconnaissant ?  je n'ai jamais senti tant de dévotion pendant les heures d'ennui que j'ai passées au couvent, que pendant le peu de minutes que j'ai passées ici : je regarde autour de moi, et j'adore Dieu du fond de mon coeur."

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Terminons ce  bref hommage à Ann Radcliffe par ces quelques mots de Joseph Méry écrits en 1840 :

"Chaque page semble tourner avec accompagnement de ferailles ; chaque ligne est sablée avec de la poudre de tombe ; chaque lettre est un oeil éteint qui regarde le lecteur.  un homme nerveux ne peut dormir dans une chambre habitée par ces quatre volumes sulfureux ; il est obligé de les exiler, dans l'intérêt de son sommeil."

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 La   Cloche   de   minuit  

(the midnight bell) 

                                           roman gothique (extraits)

                                                   de

                                          Francis LATHOM   

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 "A peine avait-il fait quelques pas, que le son  éloigné d’une cloche frappa son oreille.  Il regretta beaucoup d’avoir été obligé de partir plus tard qu’il ne l’avait projeté, mais toujours résolu de poursuivre son entreprise, il accéléra le pas."

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Albrecht Dürer     château de Trient (aquarelle)

 "Arrivé sous les murs du château, et favorisé par la lumière de la lune, il en fit le tour en cherchant des yeux la poterne.  Un instant, il crut apercevoir une lumière dans une des croisées du second étage.  Il s’arrêta, mais la lumière n’ayant pas reparu, il passa outre, persuadé que son imagination l’avait trompé.

 Il arriva enfin à la poterne ; elle était fermée !  Il la poussa d’un bras vigoureux.  Elle céda  sous ses efforts.  Il entra, fit quelques pas, tendit l’oreille et regarda tout  autour de lui ; il n’entendit que le silence, et ne vit que les ténèbres.

Il retourna alors sur ses pas, et franchit à nouveau la porte.  Là, ayant allumé sa lanterne qu’il a soin de tenir de manière à pouvoir la cacher promptement sous son large manteau, il rentra dans le château, et ferma sur lui la porte, juste comme il l’avait trouvée. 

 Il s’avança le long d’un passage voûté à l’extrémité duquel, en tournant à gauche, il trouva une porte ; il la franchit, et entra dans la grande cour du château.  Il fit encore quelques pas, puis leva sa lanterne afin de mieux voir les objets qui l’environnaient.  Tout autour de la cour, il aperçut de nombreuses colonnes de marbre, et à l’extrémité, une grande porte de fer.  En face se trouvaient quelques marches  bordées d’une rampe aux côtés de laquelle il y avait deux portes hautes et étroites.  C’est par l’une de ces portes que le comte était entré dans la cour.

 Il monta les marches.  Une longue galerie s’étendait sur la droite et sur la gauche.   Levant à nouveau sa lanterne, il porta d’abord son regard vers l’extrémité de la galerie, à droite.  Il aperçut des portes de chacun des côtés.  Cette galerie se terminait par un mur blanc.  Il obliqua à gauche.  Cette seconde galerie était plus étendue que la première.  Pendant qu’il l’examinait, il crut voir passer rapidement une silhouette cernée d’ombre."

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"Il avança lentement.  Au bout de la galerie de droite se trouvait un corridor  qui conduisait en descendant à une autre galerie fort semblable à celle qu’il venait de quitter.  Au fond de cette galerie, il découvrit soudain une porte entrouverte.  Cachant sa lanterne, il regarda au travers de cette porte.  Tout était enténébré.  Il tira sa lanterne de dessous son manteau, et entra dans une chambre magnifiquement meublée.  Rien n’indiquait qu’elle eût été récemment habitée.  Ne trouvant pas d’autre issue, il retourna dans la galerie.  Le bruit d’une porte à peu de distance attira son attention.  Il ne put pas déterminer de façon précise de quelle partie du château provenait le bruit, mais il conjectura qu’il était parti de la galerie située à droite des escaliers qui l’avaient conduit de la cour au château.  Il suivit le son.  Cette galerie se terminait elle aussi par quelques escaliers donnant sur un corridor de même longueur.

 Après avoir réfléchi un instant sur la marche à suivre, il descendit les escaliers.  Au bas de ceux-ci se trouvait une porte, comme de l’autre côté.  Il remit sa lanterne sous son manteau, et il se disposait déjà à tenter de forcer la porte, quand il entendit un long gémissement qui lui parut poussé par une personne proche de lui.  Il tourna la tête, mais n’aperçut rien.  Il commençait à croire que ses sens l’avaient trompé, et il était sur le point de poser la main sur la porte, quand il en fut empêché par un cri étouffé en provenance de l’appartement auquel menait cette porte.  Il écouta.  Par deux fois encore le même bruit se fit entendre.  Il ne douta plus qu’il ne vint de l’appartement fermé par la porte devant laquelle il se trouvait.  Le silence se fit à nouveau.  Pour la troisième fois, il se disposait à entrer quand plusieurs voix parlant ensemble et d’un ton suppliant, se firent entendre.  Son étonnement fut à son comble.  Tout à coup, les voix se modifièrent et entonnèrent un chant solennel.  Le comte reconnut un chant religieux.  Toujours inébranlable dans son dessein, il cacha à nouveau sa lanterne, ouvrit la porte, et entra."

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"En face de la porte par laquelle il était entré, il y avait une autre porte, plus petite, et voûtée, d’où s’échappait une faible lumière.  En regardant autour de lui, il remarqua qu’il se trouvait dans une petite sacristie située juste derrière l’autel d’une chapelle à laquelle aboutissait la porte voûtée.  Il marcha avec précaution vers un endroit à partir duquel il put découvrir tout l’intérieur de la chapelle.  A faible distance des marches de l’autel, une figure pâle et décharnée était agenouillée auprès d’un cercueil, une croix dans la main gauche, et une discipline dans la main droite."

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Albrecht Dürer      le pénitent 

"Trois moines étaient agenouillés de l’autre côté du cercueil.  C’étaient leurs voix qu’avait entendues le comte.  Ils poursuivaient leur chant.  Lorsqu’ils en eurent fini, tout trois se signèrent du signe de la croix, et commencèrent une prière dans laquelle 

ils  imploraient la miséricorde divine en faveur du pénitent.  En même temps, la figure dont l’ample vêtement noir ne permettait pas de distinguer le sexe, se leva et se fustigea les épaules avec la discipline qu’elle tenait dans la main droite.  La douleur lui arracha bientôt de sourds gémissements, comme ceux que le comte avait entendus.  Bientôt les moines firent une autre prière à laquelle se joignit le pénitent.  Après cela, ils quittèrent ensemble la chapelle par la porte faisant face à l’autel.  L’un des moines portait une lampe qui, durant leurs dévotions, était placée sur le cercueil devant lequel ils s’étaient agenouillés." 

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Francisco Zurbaran    Saint Sérapion (détail)

 "A la vue de cette scène, la ferme résolution du comte Byroff de débrouiller enfin le mystère qui enveloppait ce château, s’était évanouie.  La psalmodie résolument religieuse des moines, la douleur de la personne pour le salut de laquelle ceux-ci imploraient le ciel, ne l’autorisèrent pas à troubler l’impressionnante et terrible cérémonie, et quand celle-ci fut terminée, il sentit une répugnance insurmontable à se présenter devant des hommes qui auraient le droit de lui reprocher son intrusion furtive dans le château, et qui refuseraient probablement ses excuses. 

 Il perdit quelques instants à réfléchir sur le parti à prendre. Il entendit des pas dans la galerie, mais le bruit expira sur le  champs. Il ne douta pas, d’après ce que Jacques lui avait dit, que ce bruit ne fût fait par les moines en se retirant.  Le bruit d’une porte qui retentit dans tout le château le confirma dans son opinion.

 

Il se détermina à entrer dans la chapelle, et chercha à découvrir ce qu’était devenue l’apparition qu’il avait entrevue, car il croyait fermement, sans trop cependant savoir pourquoi, que celle-ci n’avait pas quitté le château.  Il ne doutait plus que cette personne ne fût, ou le comte Frédéric, ou la comtesse Anna.  Naturellement, il inclinait à croire que c’était le premier.  Cependant, les propos d’Alphonse semblaient indiquer que c’était cette dernière. 

Arrivé au fond de la chapelle, il trouva que la porte par laquelle étaient passés les moines, était fermée.  Il voulut l’ouvrir, mais elle résista à ses efforts.  A ce moment-là, une lumière frappa ses yeux.  Il cacha aussitôt sa lanterne.  La lumière s’avança, et lui permit d’apercevoir une autre porte de fer, laquelle menait à un long et étroit passage à l’extrémité duquel parut presque simultanément, portant une lampe, la silhouette qu’il avait vue dans la chapelle.  Elle ouvrit une porte en face de celle où était le comte, et la referma sur elle.  L’obscurité revint. 

Il reprit sa lanterne à la main, mais la porte par laquelle la personne était entrée, était trop éloignée  pour qu’il put en discerner  les traits à la faible lueur que procurait sa lanterne.  Il résolut néanmoins de la poursuivre, et s’il parvenait jamais à la rattraper, de s’adresser à elle. 

Après avoir traversé successivement plusieurs passages, une suite d’appartements le conduisit à une chambre et à un petit cabinet attenant.  Au fond de ce cabinet, il aperçut un escalier dérobé du pied duquel  partait la galerie à l’extrémité de laquelle s’ouvrait la porte de la chapelle.  Il se précipita de ce côté dans l’espoir d’y retrouver la porte par laquelle avait disparu l’obscure silhouette.  La muraille était de forme semi-circulaire.  Il en conclut qu’il se trouvait à présent dans une des tours qui enserrait les quatre coins du château ; mais toutes ses recherches ne purent lui faire découvrir la moindre porte en cet endroit du château.

Posant sa lanterne à même le sol, il passa et repassa la main sur toutes les parties de la muraille.  Finalement, il crut sentir une légère proéminence qui, au toucher, lui parut être un gond.  Il reprit sa lanterne afin de s’en assurer.  A son grand désespoir, il vit que la mèche de sa lampe était sur le point de se consumer.  Il se hâta donc de retourner à la galerie tant qu’il lui restait quelque lumière.  Il craignait, si elle venait à s’éteindre, qu’en cherchant son chemin dans l’obscurité, son absence ne se prolongeât jusqu’au moment où il fût impossible de la dissimuler à Lauretta dont le courage n’arriverait certes pas à surmonter cette nouvelle épreuve.  A pas précipités, il suivit le couloir qui l’avait mené à la chapelle, mais à peine arrivé dans la galerie, sa lampe expira." 

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"Heureusement, le jour commençait à poindre.  Il descendit sans peine jusqu’à la cour.  Il se remémora bien le chemin qu’il avait suivi, et gagna la poterne.  Mais quelle fut sa surprise en la trouvant fermée !

Il se reprocha de n’être pas sorti du château avant les moines, d’autant plus qu’il savait par le récit de Jacques que ceux-ci fermaient la porte lorsqu’ils quittaient les lieux.  Il retourna dans la cour, et essaya d’ouvrir la grande porte.  Ses efforts furent vains ! 

« Mais comment, se disait-il à lui-même, Alphonse a-t-il pu sortir d’ici après le départ des moines ? »

Cette idée lui redonna espoir de trouver une autre issue.  Après de longues et pénibles recherches, force lui fut de renoncer.  Il s’inquiétait que Lauretta ne découvrît son absence et n’en soupçonnât le motif."

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 Après avoir passé ainsi deux heures en recherches stériles et en vaines lamentations, il crut entendre le bruit d’une clef tourner dans la serrure de la poterne.  Il s’arrêta pour mieux écouter et n’entendit plus rien.  Il s’imagina alors qu’il s’était trompé.  Néanmoins, il voulut s’assurer de la vérité, et courut à la porte.  Elle était ouverte !!!  Il tressaillit de joie et, franchissant le seuil de la poterne, il s’éloigna rapidement du château sans plus chercher à savoir par qui et pour quelle cause la porte avait été ouverte."

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à suivre... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11/04/2018

GOTHIQUE FLAMBOYANT

GOTHIQUE  FLAMBOYANT

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"Mit dem Feuer,

von Leben zum Tod gericht"

(formule médiévale usuelle  de condamnation au bûcher)

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"... liée sur l'échelle, elle sera pincée deux fois avec une tenaille incandescente, puis par le feu brûlée de vie à trépas jusqu'à cendre et poudre.

A la demande de l'accusateur, ses biens seront remis

à l'autorité et selon la coutûme confisqués. 

Après la proclamation de cette sentence, l'accusateur lui a accordé la faveur d'être d'abord étranglée

puis pincée et brûlée."

jugement de Catherine Heydler , Tribunal des maléfices, Bergheim, 17.05.1627

(document cité dans l'exposition permanente de la

Maison des Sorcières de Bergheim, Alsace)

 sans trêve,

durant le jour,

durant la nuit...

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"La douleur a ses feux

et l'amour a ses flammes."

alfred-de-vigny :    "satan"

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"Lass dich den Teufel bei einem Haare fassen,

und du bist auf ewig sein."

proverbe allemand

"Laisse le diable te saisir par un cheveu,

et tu es à lui pour toujours."

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"Le plaisir des sens ne vaut pas celui d'une union intime avec une belle âme.  Cet empire qu'on prend sur elle quand on la subjugue et qu'on s'en empare, voilà principalement ce qui m'attire, ce qui me fera rôder désormais sans trêve autour de vous."

 baron-lamothe-langon  :  "Le diable"

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"La source de la vie et du mouvement, c'est la flamme, et que suis-je sinon le roi des flammes ?   C'est donc moi qui règne sur la vie.  Vois les êtres qu'on appelle les hommes : leur amour extrême, ils le sentent par le feu, leurs grandes douleurs, c'est encore par le feu, tout leur être ne peut sortir du cercle enflammé que j'ai tracé."

Alfred de Vigny  :  "Satan"

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 "Les fenêtres du donjon et celles des tours paraissaient éclairées de lumières bleues, et tant brillantes qu'effaçaient l'éclat de la lune ; en plus, les meurtrières pratiquées dans l'épaisseur des murs reflétaient feux rougeâtres si vifs et éblouissants, qu'on eût dit les crevasses d'une forge à couler le fer."

Ferdinand Langlé

La Dame sans merci

 800px-Lübecker_Salzspeicher  le grenier à sel  à Lübeck  en feu.jpg

"je me suis trop enflé, j'ai heurté trop violemment les barrières éternelles de ce monde, et après le désir inaccompli d'aller jusqu'en haut, il ne m'en reste qu'un c'est d'aller jusqu'au fond."

Gérard de Nerval        Fragments de Nicolas Flamel

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"Tibi dabo potestatem 

hanc universam et gloriam illorum"

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"Approche-toi, ne réfléchis pas, étreins moi jusqu'à mourir, tandis que l'obscurité nous favorise ; ta femme te demande cette dernière preuve de ton amour.  Aucun gémissement ne sortira de ce coeur, s'il peut rentrer innocent dans la poussière dont il est sorti."

sophia-lee        le-souterrain

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"Prends garde, jeune homme !  Prends garde, jeune fille !  

C'est pour vous instruire que je dérobe cette histoire aux vers qui la rongeaient depuis longtemps.  

Il est facile de s'écarter du droit chemin, il est difficile de le reprendre."

Christian Heinrich Spiess       Le petit Pierre

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"Le coeur demande le plaisir d'abord,

Et puis une dispense de la douleur,

Et puis ces petits apaisements

Qui calment la souffrance,

Et puis il demande de dormir,

Et puis, si c'est la volonté de son tourmenteur,

Le privilèger de mourir.

émily-dickinson

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"Le souffle chlorotique de la fin de la jeunesse

s'abattit sur moi et m'emporta."

joseph-conrad

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 "Je meurs contente, puisque je t'ai revu ! ... Oh !  Puisse mon image !... l'image de mon agonie ne jamais s'effacer de devant tes yeux !  Puisse-t-elle te rappeler sans cesse le pouvoir de la mort !  Puisses-tu aussi te repentir des péchés que tu as commis en ce monde... afin qu'un jour... un jour, nous nous retrouvions encore !  

Donne-moi ta main !  Adieu Rodolphe !  Pense à ta mort !  Réconcilie-toi avec Dieu.  Rends quelques honneurs à mes restes... et souviens-toi topujours de ma dernière heure !"

Christian Heinrich Spiess      Le Petit Pierre

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"Mais un parjure déshonore, mais un parjure est un horrible péché !  Il entraîne avec soi sa punition dans ce monde et peut-être la damnation éternelle dans l'autre ! "

Christian Heinrich Spiess      Le Petit Pierre

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"Un seul pas hors du droit sentier le conduisit d'égarement en égarement, de précipice en précipice, jusqu'aux bords de l'abîme qui finit par l'engloutir."

christian-heinrich-spiess      le-petit-pierre

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"Demeure !  Oh !  Demeure !  Je te pardonne tout... Je voudrais te voir plus coupable encore pour pouvoir te pardonner davantage.  Le pardon est un aliment du véritable amour.  Je ne te quitte pas, je ne me détache point de toi."

Christian Heinrich Spiess      Le Petit Pierre

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 M U S  P E L L H E I M,

le royaume du  feu

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torrent  de  feu,

fleuve de révolte

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 "Les cieux sont-ils en colère qu'ils nous châtient ainsi ?"

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 à  suivre...

 

06/04/2018

Au-delà du Gothique et du Fantastique

Au-delà  du  Gothique

 

“Il y a dans le coeur d'une femme qui commence à aimer

un immense besoin de souffrir."

                                                                                Charles Nodier        Smarra

la voie de la moindre résistance…

 

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"La souffrance est l'unique cause

 de la conscience" 

                                                                                    Fiodor Dostoïevski

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"Il fait nuit ! ... et l'enfer va se rouvrir !"

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"Tous avaient écouté en silence le récit d'Anne Savichena, surtout les dames.  Beaucoup d'entre elles en secret voulaient du bien à Doubrovski, (un brigand notoire) voyant en lui un type de héros romanesque, principalement Marie Kirilovna, à cause de son imagination ardente nourrie des horreurs mystérieuses de (Anne) Radcliffe." 

                                                               Alexandre Pouchkine       Doubrovski

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"Sa souffrance faisait peine à voir.  C'était le tourment d'un esprit consciencieux, indicible, torturé par une responsabilité incompréhensible concernant des vies humaines."

                                                                        Charles Dickens       Le signaleur

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"Celui qui se ment à lui-même et écoute son propre mensonge  va jusqu'à ne plus distinguer la vérité ni en lui ni autour de lui ; il perd donc le respect de lui et des autres.  Ne respectant personne, il cesse d'aimer, et pour s'occuper et se distraire, en l'absence d'amour, il s'adonne aux passions et aux grossières jouissances ; il va jusqu'à la bestialité dans ses vices, et tout cela provient du mensonge continuel à lui-même et aux autres.  Celui qui se ment à lui-même peut être le premier à s'offenser. On éprouve parfois du plaisir à s’offenser, n’est-ce pas ? Un individu sait que personne ne l’a offensé, mais qu’il s’est lui-même forgé une offense, noircissant à plaisir le tableau, qu’il s’est attaché à un mot et a fait d’un monticule une montagne, – il le sait, pourtant il est le premier à s’offenser, jusqu’à en éprouver une grande satisfaction ; par là –  même il parvient à la véritable haine…"

Fiodor Dostoïevski       Les Frères Karamazov

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« Hé ! Vous, là-bas ! Attention ! Attention ! Pour l'amour du ciel, écartez-vous ! »

                                          Charles Dickens       Le signaleur

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"Je repris ma descente et parvins au niveau de la ligne de chemin de fer ; je m'avançai alors vers lui et, en m'approchant, je constatai que c'était un homme au teint jaunâtre et qu'il avait une barbe noire et des sourcils épais. Son poste était situé dans l'un des endroits les plus solitaires et les plus lugubres que j'eusse jamais vus. De chaque côté une paroi ruisselante de pierre tailladée qui, pour tout paysage, ne laissait voir qu'une étroite bande de ciel ; la perspective à une extrémité n'était qu'une prolongation tortueuse de ce vaste cachot ; dans l'autre direction la perspective était moins étendue ; elle se terminait par un morne signal rouge et par l'entrée, plus morne encore, d'un tunnel noir dont l'architecture massive avait un aspect primitif, rébarbatif et accablant. Le soleil avait tant de peine à se glisser jusqu'à ce lieu qu'il y flottait une odeur mortelle de terre humide ; d'autre part un vent froid y soufflait si vigoureusement que je me sentis glacé tout à coup, comme si je venais de quitter le monde des vivants."

                                            Charles Dickens              Le signaleur

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"Et alors s'écroulera la puissance factice de ceux qui ne sont forts que de leur avidité, la terre se dérobera sous leurs pas, ils ne sauront plus sur quoi s'appuyer."

                                                                                                                     Maxime Gorki       La Mère

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 "Pour être heureux jusqu'à un certain point, il faut que nous ayons souffert  jusqu'au même point"

                                                                                                             Edgar Allan Poe

Friedrich Nietsche a dit :

"Vivre, c'est souffrir,

 et survivre, c'est trouver un sens

 à la souffrance"

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Lovis Corinth     la déposition du corps du Christ

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"Depuis longtemps réprouvé, il  (un ange déchu) errait dans les solitudes du monde sans trouver un asile. Et cependant les siècles succédaient aux siècles, les instants aux instants. Lui, dominant le misérable genre humain, semait le mal sans plaisir et nulle part ne rencontrait de résistance à ses habiles séductions. Aussi le mal l’ennuyait…"

                                                   Lermontov       Le Démon (extrait)

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"Et le démon la vit !… Et à l’instant même il ressentit dans tout son être une agitation étrange. Une bienfaisante harmonie vibra dans la solitude de son âme muette, et de nouveau il put comprendre cette divine merveille d’amour de douceur et d’incomparable beauté. Longtemps il admira cette tendre image et les rêves d’un bonheur évanoui se déroulèrent encore devant lui, comme une longue chaîne ou comme les groupes d’étoiles au firmament. Cloué par une force invisible, il fit connaissance avec une nouvelle tristesse et soudain le sentiment fit résonner en lui sa puissante voix d’autrefois. Était-ce un symptôme de régénération ? au fond de son âme, il ne pouvait trouver des paroles de perfide séduction. Devait-il oublier ? Mais Dieu lui refusa l’oubli et du reste, il ne l’eût point accepté !"

                                                                    Lermontov       Le Démon (extrait)

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"La pauvre Tamara s’est jetée sur sa couche en sanglotant, ses larmes coulent avec abondance, et son sein gonflé se soulève péniblement !… tout à coup au-dessus d’elle une voix surnaturelle se fait entendre : « Ne pleure pas enfant, ne pleure pas en vain ; tes larmes ne peuvent tomber sur ce cadavre muet comme une rosée vivifiante ; les larmes ne peuvent que ternir le regard limpide des jeunes filles et creuser leurs joues. Il est bien loin déjà ; il ne connaîtra point ta douleur et ne pourra l’apprécier ; la lumière céleste réjouit maintenant ses yeux qui n’ont plus rien de ce monde et il n’entend plus que les concerts du paradis. Que sont les rêves insignifiants de la vie, et les gémissements et les larmes d’une pauvre fille, pour un hôte des cieux ? Rien. Non ! le sort d’une créature mortelle, crois-moi, mon ange terrestre, ne vaut pas un seul instant de ta chère tristesse. À travers les océans éthérés sans gouvernail et sans voiles, les chœurs des astres brillants voguent doucement au milieu des vapeurs ; dans les espaces infinis des cieux, les groupes floconneux des nuages impalpables passent sans laisser de trace ; l’heure de la séparation, l’heure du retour, n’ont pour eux ni joie ni tristesse ; pour eux l’avenir est vide de désirs et le passé sans regret. En ce jour d’affreux malheurs souviens-toi d’eux, bannis toute pensée terrestre, et comme eux, écarte de toi tout souci : dès que la nuit enveloppera de son ombre les sommets du Caucase ; dès que sous la puissance d’une voix magique, le monde charmé se taira ; dès que la brise du soir agitera sur les rochers l’herbe fanée, que les petits oiseaux cachés sous elle sautilleront plus gaiement dans l’ombre, et que sous les branches de la vigne la fleur des nuits s’épanouira pour boire avide- -ment la rosée céleste ; dès que la lune argentée montera lentement derrière la montagne et jettera sur toi ses regards indiscrets, je volerai aussitôt vers toi, je serai ton hôte jusqu’au jour et sur tes paupières aux cils soyeux je ferai éclore des songes d’or. » 

                                                                             Lermontov       Le démon (extrait)

     

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« O Père ! O Père ! cesse tes reproches ; ne gronde pas ta Tamara. Tu vois ses larmes ? Hélas ! ce ne sont pas les premières ! Je ne serai la femme de personne !... Dis à ceux qui demandent ma main, que mon époux repose dans la terre humide et que je ne puis donner mon cœur ! Depuis le jour où nous ensevelîmes son cadavre sanglant dans la montagne, un esprit perfide me poursuit avec une vision que je ne puis écarter et au milieu du calme des nuits, des songes tristes et étranges viennent jeter le trouble en moi. Mes pensées et mes paroles s’égarent confusément ; une flamme emplit tout mon sang ; je me dessèche et me flétris de jour en jour. O mon père ! Mon âme souffre ! Aie pitié de moi ! Livre au saint lieu ta fille déraisonnable ; là, je serai sous la protection du Sauveur et à ses pieds j’épancherai ma douleur. Ici-bas, il n’y a déjà plus de joie pour moi..... Que bientôt à l’ombre paisible des autels, une sombre cellule se referme sur moi, comme une tombe. »

                                                                        Lermontov       Le démon (extrait)

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Giuseppe Molteni       La Signora di Monza

"Le brouillard du soir a déjà couvert de ses vapeurs légères les collines de la Géorgie, et fidèle à sa douce habitude, le démon a dirigé son vol vers le couvent. Mais bien longtemps il n’osa violer ce paisible asile de la vertu. Il y eut même un moment où il parut prêt à abandonner ses affreux projets. Il errait mélancoliquement autour des murs élevés et ses pas, plus légers que le vent, faisaient doucement frissonner les feuilles dans l’ombre. Puis il levait les yeux vers cette fenêtre, qu’illuminait l’éclat de la lampe. C’est là qu’elle attendait depuis si longtemps. Soudain, au milieu de ce silence universel, une harpe harmonieuse vibra et des chants sonores résonnèrent ; ces sons semblaient se suivre avec mesure comme coulent des pleurs. C’était une mélodie si tendre, qu’elle paraissait avoir été composée au ciel pour la terre. On aurait dit un ange descendu ici-bas mystérieusement, qui venait en visiter un autre oublié et qui lui parlait du passé, afin d’adoucir sa souffrance ! Et le démon comprit alors pour la première fois les douleurs et les agitations de l’amour. Effrayé, il veut s’éloigner ; mais ses ailes restent immobiles ! et ô prodige ! une larme roule lentement de ses yeux obscurcis !… On voit encore près de cette cellule une pierre que cette larme brûlante a traversée comme une flamme et ce n’était point une larme humaine !"

                                                                  Lermontov       Le démon (extrait)

 

 « Disparais, esprit de doute et de ténèbres ; répondit le messager des cieux : tu as assez longtemps triomphé ; mais l’heure du jugement est venue, et que la sentence divine soit bénie ! Les jours de la tentation sont passés ; en quittant son enveloppe terrestre et périssable elle a secoué à jamais les chaînes du mal. Sache-le ! Depuis longtemps nous l’attendions ! Son âme était de celles dont la vie se compose d’un court instant  de souffrances intolérables et de délices qu’on ne peut comprendre. Le Créateur les a tissées avec les cordes vivantes d’un meilleur monde ; elles ne sont point créées pour la terre et la terre n’est pas faite pour elles ; elle a expié ses doutes par d’atroces douleurs ; elle a souffert et aimé et le paradis lui est ouvert pour cet amour !"

                                                  Lermontov       Le Démon

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à  suivre...

05/04/2018

La COUR D'AMOUR

La COUR d'AMOUR

...

De l'amour du Fantastique,

au fantastique de l'Amour

...

Où sont donc passés les temps heureux de l'Amour courtois ???

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La Cour d'amour       encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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Le puits d'amour        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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Amour sous le regard de Dame-la-lune        

encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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Rencontre entre Amour et Alchimie        

encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

"On prit place au repas de noces.  Après le festin, Rodolphe conduisit sa bien aimée à un appartement qu'il avait fait disposer à la hâte.  Comme ils traversaient la galerie voûtée dont les longues fenêtres gothiques recevaient les rayons de la lune, Régine, désirant contempler l'astre des amants, fut conduite par Westerbourg sur un balcon.  Là, le couple amoureux jouissait du plus charmant aspect.  C'était une nuit des plus claires et des plus ravissantes ; pas un souffle dans l'air, pas un nuage sous les cieux étincelants d'étoiles.  La nature semblait ensevelie dans un doux sommeil.  Le hibou de la tour avertissait seul nos amants que d'autres créatures veillaient encore."

Christian heinrich Spiess      Le petit Pierre

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Les trois visages de  l'amour, ou 

comment l'Amour peut aussi se nourrir du mensonge      

encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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Tendre vers le mystique amour        

encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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L'amour est un feu follet        encre de Chine de l'auteur,

Dominique Mertens

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La Source d'amour        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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Clarté d'amour        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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Amour jusqu'en sa limite         encre de chine de l'auteur,

Dominique Mertens

...

 

 

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Amour en coup-de-foudre         encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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Le  Messager d'amour        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

 

Aria sopra la ciaconna

du compositeur Tarquino Merula

Je ne pensais plus jamais

Chanter sur la lyre d'Amour,

Gaiement et doucement,

Car mon âme tourmentée

Ne devait plus jamais pleurer et soupirer

D'un air triste et douloureux.

Pourtant, l'Amour me donne de nouvelles raisons

De jouer et de chanter.

Il y a peu, j'étais un amant dépité.

Sur le bûcher de l'Amour à peine refroidi,

Je chantais encore l'Amour malheureux.

Aujourd'hui, il n'est plus de mise 

De chanter d'une voix rauque et lasse 

La flamme éteinte et les ardeurs passées.

Maintenant, un soleil nouveau enflamme mon coeur.

Il veut que je chante pour lui seul.

Pauvre dépouille déchirée,

Au coeur transpercé et brûlé.

Misérables restes du supplice amoureux.

Plutôt que de m'accueillir dans une tombe modeste,

L'Amour tyran veut encore me blesser.

Il fait de moi sa cible,

Prêt à porter son coup impitoyable et mortel.

Je n'ai jamais entendu

Que l'on sortait de sa tombe un Amour défunt

Pour le faire souffrir encore.

Pourtant l'Amour qui vient

Sonne la trompette guerrière.

Il sonne la trompette guerrière

Contre celui qui est déjà mort d'Amour .

L'Amour ferait mieux de me laisser

Enseveli au pied des cyprès

Où dans le rocher élyséen dur et froid

Il connaitrait une plus grande gloire 

En levant les armes contre les coeurs

Qui lui sont habituellement rebelles.

Il ferait mieux de me laisser en paix

Et me laisser me reposer des souffrances de la mort.

Impitoyable archer, ne t'avise pas

De blesser mon coeur encore une fois.

Ne me décoche pas une de tes flèches.

Mes chants mélodieux finiront par te vaincre.

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Amour est un air joué à la harpe        

encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

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La quête d'amour        encre de Chine de l'auteur, Dominique Mertens

 Les Préceptes d’Amour

 1. Fuis l’avarice comme un fléau dangereux et, au contraire, sois généreux. 

2. Evite toujours le mensonge.

3. Ne sois pas médisant.

4. Ne divulgue pas les secrets des amants.

5. Ne prends pas plusieurs confidents à ton amour.

6. Conserve-toi pur pour ton amante.

7. N’essaie pas sciemment de détourner l’amie d’un autre.

8. Ne recherche pas l’amour d’une femme que tu aurais quelque honte à épouser.

9. Sois toujours attentif à tous les commandements des dames.

10. Tâche toujours d’être digne d’appartenir à la chevalerie d’amour. 

11. En toutes circonstances, montre-toi poli et courtois. 

12. En t’adonnant aux plaisirs de l’amour, n’outrepasse pas le désir de ton amante. 

13. Que tu donnes ou reçoives les plaisirs de l’amour, observe toujours une certaine pudeur.

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christine-de-pisan

Voici la pathétique plainte qu'elle a composée

et qui résume magnifiquement son destin de poétesse au Moyen Age :

Je ne sais comment je dure...

Je ne sais comment je dure,

Car mon dolent (1) coeur fond d'ire (2)

Et plaindre n'ose, ni dire

Ma doleureuse (3) aventure,

 

Ma dolente vie obscure (4)

Rien, hors la Mort ne désire ;

Je ne sais comment je dure.

 

Et me faut, par couverture, (5)

Chanter que (6) mon coeur soupire

Et faire semblant de rire ;

Mais Dieu sait ce que j'endure.

Je ne sais comment je dure.

notes 

(1)  souffrant

(2) chagrin

(3) douloureuse

(4) triste

(5) par dissimulation

(6) ce que

...

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Do frayg amorss

Service d'amour en 7 langues

une chanson du poète Oswald von Wolkenstein traduite par Sieglinde Hartmann

Ah ! mon vrai amour,

Aide-moi !

Mon cheval, mon coursier,

En plus mon coeur,

N'ont qu'une seule pensée :

Courir te voir, ma Dame.

Où je cours, où je dors

Où je me dirige,

Vraiment, mon ancre 

Ne tient pas.

Esclave de moi jadis libre,

Je vous crie merci.

refrain :

Allemand, italien, vas-y!

Réveille-toi en français !

Ris en hongrois !

Fais ton pain en slave !

Fais craquer en flamand !

La septième langue : le latin !

 

Ma bien-aimée,

Voici mon coeur !

Partout, 

De tout mon corps,

Sans plaisanterie,

Avec dignité, 

Je serai entièrement 

A ton service,

Tout comme tu le voudras.

Je ne connais vraiment 

Pas de mauvais tours.

Dieu sait bien comment

Je t'aime.

 

Seulement ce que tu veux,

Ma belle Margareta,

C'est mon profond désir

De le faire aussitôt.

Crois-le, ma chère,

Sous ton obéissance,

Margareta, sur ma foi,

Jours et nuits 

Je m'y soumets.

Où j'irai, je serai

Seulement tien

En toute fidélité !

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Por una caza chica  

(chanson séfarade interprêtée par Esther Lamandier 

sur son cd "Romances" paru au label Alienor)

Dans une petite maison, un jour vis une jeune fille,

à la fleur des ans.  Mon amour lui déclarai.

 

J'allai au devant d'elle, comme l'étoile était belle,

brûlai comme une torche, sans pitié de sa part.

 

Oiseau de toute beauté au visage de clarté,

viens donc à mon côté, ta voix écouterai.

 

L'oiseau de s'approcher, l'oiseau à mon côté. 

Deux minutes passées, l'oiseau s'est envolé.

 

L'oiseau de s'envoler et mon coeur de pleurer, 

me laissant dans l'attente, sans pitié pour autant.

 

 

"Outre qu'il est extrêmement flatteur de se sentir appelé à consoler un être magnifié par la malédiction divine, il y a, dans cette préférence affirmée à la face du monde pour un être que le monde et Dieu même rejettent, une sorte de cachet d'héroïsme en même temps que l'affirmation d'un amour plus fort que les convenances sociales, que l'aspiration au bonheur terrestre, que l'attachement à la vie, que l'espérance même du salut éternel."

Max Milner

Le diable dans la littérature française

 

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 Sc. Huyot   illustration  pour  "quentin-durward" de walter-scott

"Je suis écartelée entre des volontés contraires.  Si je me résolvais à faire ce que je désire et redoute  - le revoir -  il y aurait crime, mais crime d'un instant.  Et ne serait-ce pas préférable à cette existence qui s'épuise en cruelles incertitudes d'où sont proscrits tout autant les plaisirs du péché que les joies pures de l'innocence.  Pourquoi renoncerais-je à le revoir quand toutes mes pensées sont tournées vers lui ?  Au reste, il se pourrait qu'il fût plus séduisant, plus fatalement beau dans mon imagination que sous mes regards.  oui, je le verrai, j'arrêterai mes yeux sur lui, je constaterai combien il diffère de la figure de mes rêves.  et je me détournerai de lui."

 Charles-Robert maturin       Fatale vengeance

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Lasse  *

(complainte médiévale)

Hélas, pourquoi repoussai-je  celui qui m'a tant aimée ?
Longtemps à moi il a pensé et n'y a trouvé pitié.
Hélas, si très dur coeur ai ! Qu'en dirai
Egarée je fus, plus que cruelle quand le repoussai.

J'en ferai droit à son plaisir
S'il m'en daigne ouïr.

Certes, bien me dois clamer et épuisée et malheureuse
Quand s'il n'a pas d'amour, mais grande douceur et rosée
Tant doucement me pria et n’y a recouvré merci.

Egaré fuit quand ne l’aimais.

J'en ferai droit à son plaisir
S'il m'en daigne ouïr.

Chanson va sans délai à celui qui tant m’agrée,
Car Dieu je prie et demande qu'il vienne à moi sans retard.
En sa merci  je me mettrais toute, c’est vrai.
Puisse trouver celui qui m’agrée, que j’ai trop mal trahi.

 

J'en ferai droit à son plaisir
S'il m'en daigne ouïr.

 

*hélas, en "français médiéval"

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Entre moi et mon ami

(complainte médiévale)

Ensemble mon ami et moi,
En un bois près de Béthune,
Nous allâmes jouant mardi
Toute la nuit sous la lune
Si bien que le jour se leva
Et que l’alouette chanta
Disant : « Ami, allons-nous en ! »
Et il répondit doucement :

« Il n’est point encore jour,
Savoureuse au corps gentil,
Que m’assiste l’Amour ;
L’alouette nous a menti ! »

Alors il se rapprocha de moi
Et je ne fus pas rebelle.
Bien trois fois il m’embrassa.
Je le fis moi aussi plus d’une
Et cela ne m’ennuya pas.
Comme nous aurions voulu
Que cette nuit durât cent nuits
Et que plus jamais il n’eût à dire

 « Il n’est point encore jour ! »

 

 

 

à suivre...

 

04/04/2018

L' INTERNATIONALE GOTHIQUE

L' INTERNATIONALE

GOTHIQUE

ou

le Gothique  sans frontière

l'imagination

pour  seul  voyage 


une terrifiante entrée en matière signée par le groupe 

Black tape for a blue girl

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Jehan Georges Vibert       Apothéose aux funérailles de Thiers

la création

pour  seul  passeport

(rien à voir avec l'appellation "Gothique international", faut-il le préciser !)  

"Qu'elle brille clair !  Avec quelle quiétude

Je gis sous sa lumière d'argent

Tandis que Ciel et terre me murmurent :

"Demain réveille-toi -mais cette nuit, rêve"-  

 

Oui -viens, magination, fée mon amour !

Sur ces tempes qui battent, pose un baiser,

Penche-toi sur ma couche solitaire

Et donne-moi la paix, et donne-moi l'extase-

 

Le monde s'en va.  Sombre monde, adieu !

Cruel monde, cache-toi jusqu'au jour ;

Ce coeur que tu ne peux entier réduire

Si tu tardes, devra lutter encore.

 

Ton amour, je ne veux -ne veux y avoir part.

Ta haine n'éveille qu'un sourire

Que tes maux blessent - que tes torts déchirent

Jamais tes mensonges ne leurreront.-

 

Contemplant les étoiles, lumineuses

Au-dessus de moi dans cette mer sans houle

J'ai l'ardent espoir que tout le malheur

De la création est contenu en toi !-

Emily Brontë       poème (extrait, traduction de Claire Malroux)

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"Ne raillons pas les fous : leur folie dure plus longtemps que la nôtre... Voilà la différence."

Robert William Chambers        Le Roi vêtu de jaune

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Robert William Chambers       Le Roi en jaune

illustration de Earl Geier

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 Sur  les  traces  des  gothiques

du  monde  entier  en compagnie

de groupes  remarquables  et  cependant moins  connus...

TIARRA, un groupe gothique roumain doté d'une excellente chanteuse, Anda Pomponiu...

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Tiarra

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Anda Pomponiu

 ARTROSIS, un groupe gothique polonais doté, lui aussi, d'une excellente chanteuse, Magdalena "Medeah" Stupkiewicz

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Artrosis

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Medeah

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Dominique Mertens        Sainte-Croix gothique (encre)

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"... il entendit une étrange voix impersonnelle qu'il reconnut pour la sienne propre et qui insistait sur la solitude incurable de l'âme.  Nous ne pouvons pas nous donner, disait cette voix ; nous n'appartenons qu'à nous-mêmes."

                                                  James Joyce       Gens de Dublin

"Nous ne pouvons pas

nous donner ;

nous n'appartenons qu'à

nous-mêmes"

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AMOR E MORTE, un groupe de gothique symphonique bulgare à l'indéniable qualité, dont Vera Bathory est la chanteuse.

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Amor e Morte        pochette cd

 AGGELOS, un groupe gothique symphonique colombien, aux sonorités sud-américaines, et aux paroles empreintes de ferveur religieuse étonnantes

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Aggelos       Mantos purpureos  pochette cd

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Aggelos

SYMPHONIAN, un groupe gothique ukrainien, aux mélodies lancinantes et puissantes, dont Lana Polevnichaya est l'admirable chanteuse.

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Symphonian   pochette cd

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Lana Polevnichaya 

SHAPE  OF  DESPAIR, un groupe gothique finlandais, qui atteint le  noir absolu, et dont la chanteuse Natalie Koskinen, est l'officiante inspirée.

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Shape of despair   pochette cd 

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Natalie Koskinen

AVRIGUS, un groupe gothique aux hymnes envoûtants, et dont Megan Tassaker est la voix céleste. 

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 Avrigus     The secret kingdom  pochette cd

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Megan Tassaker

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 Dominique Mertens        Loin de moi (encre et crayon)

ELEND, groupe franco-autrichien aux sonorités profondément  lancinantes, et classiques, voire même mystiques, reflet d'une grande exigence. Différentes chanteuses de grand talent ont contribué à cette formation : Esteri Remond, Nathalie Barbary, et Eve Gabrielle Siskind. (à l'origine du groupe)

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  Elend       Suori  pochette cd

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Esteri Remond

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Nathalie Barbary

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Eve Gabrielle Siskind

WHERE ANGELS FALL, un groupe norvégien à la facture gothique,  symphonique, classique en constante tension, et dont Eirin Bendigtsen est la chanteuse à la voix au timbre si particulier.

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Eiren Bendigtsen 

THE THIRD AND THE MORTAL, un nom plus que singulier pour un groupe (norvégien) qui ne l'est pas moins : une musique somptueuse, d'une rare originalité, et radicalement inventive, servie par les voix, ciselées avec amour, de deux chanteuses distillant une captivante atmosphère de sérénité et de profondeur.  

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Kari Rueslatten

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Kirsti Huke

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VIA MISTICA, un groupe polonais intéressant, dont la musique torturée contraste expressivement avec la voix de sa chanteuse, Katarzyna Polak Kozlowska.

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RAIN FELL WITHIN, un groupe américain aux sonorités parfois jazzy, porté par les voix admirablement maîtrisées des chanteuses Laurie Ann Haus, et Dawn Desiree.

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Laurie Ann Haus

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Dawn Desiree

NOTURNA, un groupe brésilien au romantisme échevelé, nourri à la plus pure tradition gothique européenne, et dont les deux chanteuses (Viviane Bueno et, sans doute, Laura Pataro ?) possèdent des voix puissantes qui se prêtent à de superbes envolées lyriques. 

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Vivian Bueno

 DREAMS OF SANITY, un groupe autrichien des premiers temps du gothique, (1991) ce qui lui a valu la collaboration de différents musiciens ; des mélodies bien balancées, soutenues par la voix de Sandra Schleret (ex chanteuse du groupe Elis)

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 DEMETHER, un groupe qui nous vient de Serbie, dont Dunja Deuric assure, de sa voix aérienne, la partie vocale en compagnie de  Agnes Meleghy.

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Dunja Deuric

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 Agnes Meleghy

 DIE VERBANNTEN KINDER EVAS, un groupe autrichien de haut vol, magnifié par les voix solennelles, majestueuses et grandioses des